PAR M. LE PRIEUR DU TEMPLE
M. le contrôleur général des finances ayant désiré de faire constater d'une manière authentique les effets d'un nouveau combustible proposé par M. le prieur du Temple, il a chargé les membres qui composent l'assemblée d'administration de l'agriculture, les régisseurs des poudres et MM. Sage, Berthollet et de Fourcroy, membres de l'Académie des sciences, de faire à l'Arsenal les expériences qui leur paraîtraient les plus propres à les éclairer sur cet objet.
Les commissaires s'étant rassemblés à l'Arsenal, le 20 septembre à neuf heures et demie du matin, on a placé dans la cheminée d'une grande salle de l'Arsenal une grille ou espèce de fourneau semblable à ceux qu'on emploie pour brûler du charbon de terre. On avait mis au bas de ce fourneau, et immédiatement sur la grille inférieure, environ 3 pouces de braise mêlée avec de petits morceaux de bois blanc; on a ensuite arrangé par-dessus le nouveau combustible : il consistait en briques de couleur grise cendrée de 6 pouces de longueur, de 3 pouces et demi de largeur et de 2 pouces d'épaisseur. Les auteurs de ce combustible ont déclaré qu'elles étaient composées de parties égales de terre et d'une matière très-commune et qui n'avait aucune valeur. Les briques se brisaient facdement et d était aisé de les réduire en poudre, même à la main. Ces briques étaient disposées
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RAPPORT SUR UN NOUVEAU COMBUSTIBLE. ^^<è
au-dessus de la braise, de manière que l'air échauffé pût circuler avec facilité dans son intérieur. On a allumé la braise à neuf heures cinquante-cinq minutes, et Ton a soufflé, pendant un demi-quart d'heure environ, avec un soufflet à main ordinaire; les petits morceaux de bois se sont bientôt allumés et la flamme qu'ils produisaient s'est introduite à travers les briques de combustible, qu'elle a rougies, et qui ont commencé à réfléchir une chaleur assez considérable :
à 10 heures 26 minutes on a remis 5 nouvelles briques;
Il en avait été employé environ une vingtaine pour commencer.
De temps en temps, celui qui conduisait le feu remuait les briques pour faire circuler l'air à travers, et tordait entre les briques de petits morceaux de menu bois, qui faisaient un feu clair, lequel circulait dans les intervalles des briques.
Les commissaires ont observé, pendant cette combustion, que les briques qui formaient le nouveau combustible ne rougissaient que dans les parties oii la flamme du combustible auxiliaire, employé pour allumer, avait circulé; mais que cette rougeur ne se communiquait pas dans les endroits qui n'étaient frappés que par l'air, à la différence des combustibles ordinaires, tels que le charbon, dans lesquels la combustion se propage et principalement dans les parties les plus exposées à l'air. Ils ont également observé que, dès que le combustible auxiliaire était consumé, la rougeur acquise par le nouveau combustible allait toujours en diminuant, et que les briques ne perdaient pas leur forme, à moins qu'on ne les brisât avec l'instrument de fer dont on se servait pour attiser.
Cette première expérience, qui avait été proposée par M. le prieur du Temple, ne pouvait donner qu'une idée très-imparfaite du mérite