‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 237 sur 347 · CONTRÔLEUR GENERAL DES FINANCES · texte numérisé non relu

CONTRÔLEUR GENERAL DES FINANCES

Monsieur,

Conformément à la lettre dont vous nous avez honorés le 9 janvier, nous nous sommes réunis peu de jours après avec le sieur Barthélémy pour convenir d'un plan d'expériences qui pût constater la réalité des découvertes qu'il annonce avoir faites relativement à la fabrication du salpêtre.

Depuis, le ministre de la guerre ayant désiré que ces mêmes expériences fussent faites en présence de commissaires par lui nommés, nous nous sommes rassemblés à l'Arsenal avec MM. Danganou, Barbarin et Vouchelle , et nous y avons même fait disposer un local où le sieur Barthélémy pût opérer commodément.

Votre lettre, Monsieur, porte qu'il nous confiera le secret de ses expériences, et nous avons cru devoir nous autoriser auprès de lui de cette disposition. Elle est d'autant plus sage que, dans des expériences de ce genre qui doivent durer plusieurs semaines, et auxquelles plusieurs agents doivent concourir, il est presque impossible de répondre qu'on n'ajoute pas furtivement des matières qui changeraient entièrement les résultats et qui pourraient donner une apparence trompeuse de succès. Nous nous serions donc exposés à ne pas répondre à votre confiance si nous nous fussions livrés aveuglément à des expériences dont le but ne nous aurait point été connu , et pendant lesquelles , malgré toute notre surveillance, il n'aurait pas été impossible que nous eussions été trompés. Nous sommes loin de prétendre que le sieur Barthélémy ne

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soit pas de bonne foi, mais la nature des fonctions dont vous nous aviez chargés exigeait que nous fussions prémunis contre tout événement.

Nous ajouterons, Monsieur, que l'Académie s'est imposé la règle de n'examiner aucun procédé, à moins que le secret n'en fut confié à ses commissaires. Une longue expérience lui a appris que c'était le seul moyen de prévenir les surprises et une perte de temps considérable.

Nous avons donc demandé au sieur Barthélémy qu'il commençât par confier son secret au moins à l'un de nous, et vous verrez, par le procès-verbal qui a été rédigé entre tous les commissaires et dont nous avons l'honneur de vous envoyer une copie, quil s'y est absolument refusé. .

Nous avons donc pris le parti de nous retirer, et comme nous sommes bien déterminés à ne point nous écarter des dispositions de la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire, et des usages de l'Académie , nous croyons notre mission terminée.

Nous avons l'honneur d'être très-respectueusement, etc.

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