‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 332 sur 347 · IV. gt · texte numérisé non relu

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périeure : alors ïeau serait arrivée, la plus froide possible , à la surface du réfrigérant, et serait sortie la plus chaude possible du réfrigérant.

1 1 . Cette objection n'est pas la seule qu'on ait à opposer à l'usage du serpentin : sa forme exige un grand vaisseau pour le contenir. Or, un grand vaisseau ne peut être rempli que par un grand volume d'eau ; et il en résulte que l'eau qui a été échauffée par le contact du serpentin ne peut pas sortir aussi promptement qu'il serait à désirer; qu'elle est obligée de traverser la nouvelle eau froide qui arrive au réfrigérant; qu'elle l'échauffé de proche en proche, de sorte qu'on peut dire avec vérité, qu'à l'exception du premier instant, on a toujours de l'eau tiède, et non de l'eau froide, en contact avec le serpentin.

12. Enfin, la matière même dont est formé le serpentin, fournit un nouvel obstacle au refroidissement; communément il est de plomb ou d'étain, et il a une grande épaisseur. Il s'ensuit, par une conséquence nécessaire, que, dès qu'il a acquis un certain degré de chaleur, sa masse oppose une résistance continuelle à l'action refroidissante de l'eau; de sorte, par exemple, que si l'on suppose que l'eau froide agisse comme 5o, et que la chaleur du tuyau résiste comme lo, il ne restera plus que ko pour représenter l'effet refroidissant réel.

13. On n'a point eu non plus assez d'égards, dans la construction de nos appareils distillatoires, à un principe certain et inconstestable : c'est que l'effet réfrigérant n'a lieu qu'en raison des surfaces froides qui touchent à la vapeur et qui la condensent. Une suite de ce principe est qu'on ne saurait trop multiplier les surfaces réfrigérantes; cependant nos appareils distillatoires, au mépris de ce principe, présentent une petite surface à un très-grand volume de vapeurs.

\li. Une grande partie de ces principes sont applicables à la construction des fourneaux, et de très-simples réflexions feront sentir combien les nôtres sont défectueux. Un fourneau, quel qu'il soit, n'est, à proprement parler, que Vinverse d'un réfrigérant. L'objet, dans les deux cas, est de combiner de la manière la plus avantageuse l'effet de réchauffement, si l'on peut se permettre cette expression, et du refroidissement; de la chaleur acquise, avec celui de la chaleur communiquée.

NOUVELLE METHODE DISTILLATOIRE. 723

Mais cet objet est souvent manqué dans nos fourneaux : dans la plupart, l'air froid s'introduit librement dans le foyer, et va frapper le fond de la chaudière qu'il refroidit au lieu de l'échauffer; tandis que, d'un autre côté, une portion de l'air échauffé s'échappe avant de s'être dépouillé de sa chaleur et de l'avoir transmise dans la chaudière. (Voyez le n° 76 ci-dessous.)

15. Il serait superflu de suivre plus loin cette comparaison et d'insister davantage sur des vérités aussi palpables; il suffit de les avoir indiquées aux physiciens pour qu'ils les sentent. On se contentera donc de déduire, de toutes les considérations précédentes, un certain nombre de principes propres à servir de guide dans la construction des machines distillatoires en général, et plus particulièrement de celle qu'on se propose de décrire.

16. Les principes relatifs à la construction des machines distillatoires sont, 1** de présenter la plus grande surface réfrigérante possible à la liqueur réduite en vapeur; 2° de lui présenter continuellement cette surface au plus grand degré de refroidissement possible; à cet effet, de faire en sorte que l'eau arrive, la plus froide possible, à la surface réfrigérante, et qu'elle ressorte le plus tôt qu'il est possible, parce que dès qu'elle est échauffée, loin de pouvoir être utile relativement au but de l'opération , elle ne peut plus au contraire qu'y nuire; 3** de disposer les choses de manière que les vapeurs, une fois engagées dans le voisinage du réfrigérant, ne puissent plus retomber dans la chaudière; 6° de donner très-peu de masse et d'épaisseur à la surface métallique réfrigérante, afin que l'eau froide soit appliquée, le plus immédiatement qu'il est possible, à la vapeur.

17. Les principes relatifs à la construction des fourneaux, sont de faire en sorte, 1° qu'aucune portion d'air froid ne puisse pénétrer dans le foyer et frapper dans le fond de la chaudière; 2° que tout l'air qui s'introduit dans le foyer, traverse en entier, avant d'y arriver, la masse de matière embrasée; 3° que cet air, ainsi échauffé, ne sorte du fourneau qu'après avoir circulé autour de la chaudière dans toute son étendue; qu'après s'être appliqué, en quelque façon, à tous les points

lU MEMOIRES DE LAVOISIER.

de sa surface et s'être dépouillé en sa faveur de toute la chaleur qu'il avait contractée; en sorte qu'après être arrivé, le plus chaud possible, à la chaudière, il en sorte le plus froid possible.

D'un autre côté, la chaudière pouvant être regardée, d'après les principes exposés ci-dessus, comme une espèce de réfrigérant par rapport à l'air échauffé qui la frappe, on conçoit qu'elle doit présenter le plus de surface qu'il est possible; qu'elle doit être formée d'un métal mince, qui, par sa masse, ne détruise pas une partie de son effet l'efroidissant, etc.

18. On va donner l'application de ces principes généraux, premièrement à la distillation des eaux-de-vie, secondement à la solution du fameux problème du dessalement de l'eau de la mer. Les deux machines qu'on va décrire, et qui sont, à proprement parler, la même, sont simples et d'une exécution facile, et l'on peut assurer avec d'autant plus de confiance qu'elles rempliront leur objet, qu'elles ont été éprouvées en grand avec le succès le plus complet.

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