UN GRAND NOMBRE DE LAMPIONS
Du /) février 177a.
J'avais été chai-gé par l'Académie, le 99 mai 1770, de lui rendre compte d'un mémoire de M. Varennes de Beost, sur la manière d'allumer en peu de temps un grand nombre de lampions, par le moyen de mèches de communication. Plusieurs circonstances ont retardé jusqu'à ce jour le rapport de ce mémoire.
Les premières tentatives qui aient été faites en ce genre, ou au moins qui aient été données au public, sont de M. Perinet Dorval, dans son Essai sur les feux d'artifice pour le spectacle et pour la guerre. Il propose, premièrement, d'imbibei' la mèche de chaque lampion avec de l'huile d'aspic; secondement, d'établir une communication entre chaque lampion avec des mèches de coton également trempées dans l'huile d'aspic, et il ajoute que la promptitude avec laquelle le dessin de feu se trouve formé est surpreriante et fait un spectacle très-agréable. Ce procédé, dont il paraît qu'il a été fait quelques essais en grand, n'est pas sans inconvénients, et ils n'ont point échappé à M. Varennes de Beost. En effet, l'huile d'aspic, qui n'est autre chose que l'huile essentielle de lavande, étant très-volatde par sa nature, il faudrait allumer les mèches dans l'instant même qu'elles ont été imbibées, ce qui est d'une pratique très-difficile dans une illumination très en giand.