MANIERE D'ALLUMER UN GRAND NOMRRE DE LAMPIONS
Indépendamment de cette première méthode, M. Perinet Dorval en propose une autre; mais elle paraît avoir encore plus d'inconvénients que la première.
Les iêtes relatives au mariage de M»' le Dauphin étaient une époque bien propre à tourner les vues des savants vers cet objet. M. Varennes deBeosty fut engagé, M. de La Fert, intendant des mines, et M. Ghalle, de l'Académie royale de peinture, furent chargés l'un et l'autre de l'ordonnance des fêtes; et voici quelles furent à peu près les vues d'après lesquelles ils se conduisirent :
La térébenthine était d'un côté trop cassante pour pouvoir être employée seule ; elle brûlait d'ailleurs trop lentement pour remplir son objet. D'un autre côté, les huiles essentielles étaient trop volatiles et il était à craindre qu'elles ne s'échappassent avant l'instant important.
M. Varennes de Beost ne vit d'autre parti à prendre que de corriger l'une par l'autre, de combiner la térébenthine avec de l'huile essentielle, d'en former une espèce de vernis dans lequel on tremperait le coton pour l'en imbiber, et dont on formerait ensuite des mèches de communication destinées à transmettre la flamme.
M. Varennes de Beost donne deux manières d'enduire les mèches de coton de ce vernis. La première consiste à mettre le peloton en entier dans un pot dans lequel on aurait fait fondre la composition, et de le dévider ensuite à mesure qu'on l'emploie, en tournant le coton autour de chaque mèche des lampions. La seconde se rapproche de la méthode qu'emploient les carriers pour faire de la bougie filée, à l'exception qu'on n'a pas ici besoin de fdière, parce que la mèche ne prend jamais trop de vernis lorsqu'il est au degré de chaleur convenable.
M. Varennes de Beost donne différentes compositions de vernis propres à remplir le même objet. Celle qui lui a paru le mieux réussir consiste en un mélange de huit livres de térébenthine, de deux livres d'huile essentielle de térébenthine et d'une livre de camphre. Cette composition a l'inconvénient de poisser les doigts pendant qu'on l'emploie; mais il paraît que les vernis plus secs ont d'autres inconvénients et qu'au total le premier doit être préféré.
M. Varennes de Beost entre ensuite dans des détails très-étendus suj" la manière de disposer les mèches. Tout se réduit à peu près à les arranger de manière que la flamme se communique toujours de bas en haut, d'éviter surtout de placer les mèches horizontalement et de faire en sorte qu'elles aient toujours une inclinaison en montant du côté où la flamme doit se communiquer; il serait à craindre, sans cette précaution, que la communication ne fût lente et qu'elle ne s'interrompît même quelquefois.
La méthode de M. Varennes de Beost a été employée avec succès pour illuminer le parc de Versadles. Nous sommes cependant encore porté à croire qu'elle est susceptible de perfection, soit dans la composition des vernis, soit dans la disposition des mèches. Quoi qu'il en soit, nous croyons qu'il est intéressant de consigner dans les Mémoires des savants étrangers les expériences et les recettes de M. Varennes de Beost, et nous pensons que son mémoire est très -propre à servir de guide à ceux qui, dans la suite, voudraient s'occuper du même objet.