RAPPORT SUR LES HUILES PAR EXPRESSION
tirées sans feu contiennent très-peu de cette substance, tandis qu'on en trouve beaucoup davantage dans celles qui ont été tirées avec le secours du feu.
La substance muqueuse des huiles donne par la distillation, comme toutes les matières végétales , de l'acide et de l'huile empyreumatique ; le charbon réduit en cendres ne contient presque point d'alcali fixe. De ces différentes expériences, M. de Machy conclut que la substance qu'on sépare de l'huile, soit par le dépôt, soit par d'autres opérations chimiques, tient en quelque façon le milieu entre l'état muqueux et l'état huileux.
L'auteur détruit, à cette occasion, une expérience de M. Geoffroy, consignée dans les Mémoires de cette Académie. Ce savant chimiste avait prétendu que l'huile par expression, séparée du savon par un acide, acquérait la propriété d'être soluble dans l'esp rit-de-vin. M. de Machy assure que cette expérience n'est vraie qu'autant que la séparation de l'alcali fixe et de l'huile n'a pas été complètement faite.
M. de Machy observe ensuite que les huiles dépouillées de leur partie muqueuse deviennent par là moins propres à s'unir à l'alcali fixe, et que le savon qui résulte de cette union acquiert beaucoup plus difficilement une consistance solide. Par la même raison, l'addition d'une petite portion de mucilage est un moyen sûr de favoriser la saponification, et les huiles mêmes les plus volatiles acquièrent par là une aptitude singulière à s'unir à l'alcali fixe.
L'examen de la partie muqueuse des huiles conduit l'auteur à l'examen de ce qui constitue leur propriété siccative. Nous ne le suivrons pas dans ses expériences, nous nous contenterons de dire qu'elles le portent à croire que cette propriété est due à une union plus parfaite de l'huile avec sa partie mucilagineuse, à une espèce de vernis qui résulte de cette dissolution. Une quantité considérable d'eau unie au corps muqueux s'oppose, suivant lui, dans l'huile non siccative, à la combinaison ; mais , sitôt que cette humidité a été enlevée , par quelque opération que ce soit, l'union, la dissolution a lieu, et l'huile devient siccative.
\àO MÉMOIRES DE LAVOISIER.
M. de Machy prétend encore qu'il existe une analogie très-marquée entre la substance macilagineuse des huiles et l'amidon qu'on retire des végétaux , et cette circonstance le conduit à l'examen de l'effet des acides sur l'amidon. Il fait voir que, si on les étend dans une grande quantité d'eau, ils forment, avec l'amidon, des gelées très-agréables au goût.
M. de Machy termine son mémoire par une observation singulière sur la décomposition du nitre mercuriel par le vinaigre radical, et réciproquement de la terre foliée mercurielle par l'acide nitreux. Cette double expérience formerait une exception bien formelle à la table des affinités; mais, quoique nous ne cherchions pas à jeter de doute sur la vérité du fait , nous invitons M. de Machy à répéter soigneusement cette expérience, afin de s'assurer de plus en plus de la réalité du résultat.
Indépendamment des expériences dont nous venons de rendre compte, et qui forment le principal objet du mémoire de M. de Machy, il contient encore plusieurs autres faits qui ne sont pas moins intéressants. Il prétend, par exemple, qu'on peut retirer, par expression, du cacao, de la muscade, de l'anis et de quelques autres substances, deux huiles très-distinctes, l'une par la seule chaleur de la vapeur de l'eau bouillante, l'autre en faisant presser le marc. Il a retiré de l'anis ces deux huiles, même en très-grande abondance. Mais ce qu'il y a de trèsremarquable, c'est que le marc d'anis, ainsi dépouillé par expression, distillé ensuite à la manière accoutumée, donne une quantité d'hude essentielle à peu près égale à celle qu'on obtiendrait de l'anis entier. Réciproquement, de l'anis épuisé par la distillation donne la même quantité d'huile par expression.
D'après l'exposé que nous venons de faire du mémoire de M. de Machy, l'Académie jugera aisément qu'il contient des expériences et des observations intéressantes et qu'il ajoute aux connaissances qu'on avait déjà sur la nature des huiles et sur la partie muqueuse qu'elles contiennent; nous pensons, en conséquence, qu'il mérite d'être imprimé dans le recueil que l'Académie publie sous le titre de Mémoires présentés par les savants étrangers.
RAPPORT SUR LA DISTILLATION DU PHOSPHORE. Ul
RAPPORT