RAPPORT SUR L'ANALYSE DE LA ZEOLITHE
L'acide vitriolique forme avec elle une espèce de gelée; si l'on ajoute de l'eau à la dissolution, une partie de la gelée se dissout entièrement et iLse précipite une portion qui n'est pas susceptible de se dissoudre.
La quantité en est environ d'un quart. M. Bucquet pense, avec raison, que c'est cette partie non soiuble et très-divisée, qui se trouve suspendue dans la liqueur lorsqu'elle est rapprochée à un certain point, qui lui donne l'apparence gélatineuse.
Le sel vitriolique à base de zéolithe a naturellement un excès d'acide, dont M. Bucquet est parvenu à le dépouiller, et il a obtenu un sel qui demande seize parties d'eau pour être dissous; c'est-à-dire, qui est moins soiuble que l'alun et beaucoup plus que la sélénite.
M. Bucquet a essayé de décomposer ce sel par le moyen des alcalis fixes et volatils. Il a obtenu, par la précipitation, une terre qui, encore humide, était susceptible de se redissoudre en entier dans les acides, mais qui, exactement desséchée, n'était plus qu'en partie soiuble, et ce caractère lui est commun avec la base de l'alun. Ce même sel n'a point été décomposé, ni par la terre calcaire, ni par celle qui sert de base à l'alun.
L'acide nitreux et l'acide marin dissolvent également la zéohthe; le premier fait un sel gommeux qui cristallise néanmoins en un gros faisceau d'aiguilles, lorsque la liqueur a été suffisamment rapprochée; ce sel attire l'humidité de l'air et se rapproche beaucoup, par ses propriétés, du nitre à base d'alun.
Celui qui résulte de la combinaison de l'acide marin avec la zéolithe a également beaucoup de rapport avec le sel marin à base de sel d'alun. Ce sel est susceptible d'être décomposé par l'acide vitriolique, par l'acide nitreux et par les alcalis fixes.
De toutes ces expériences, dont nous n'avons pu rapporter qu'un abrégé très-concis, M. Bucquet conclut, i" que la zéolithe n'est point du nombre des pierres quartzeuses ou siliceuses, puisqu'elle se fond sans addition; 2° que ce n'est point une substance calcaire, puisqu'elle ne fait point d'effervescence avec les acides et qu'elle ne se réduit point en chaux vive par la calcination ; 3° que ce n'est point une argile,
puisque, loin de se durcir au feu, elle y perd au contraire en quelque façon son eau de cristallisation, qu'elle n'a aucune espèce de liant et qu'elle ne donne pas d'alun par sa combinaison avec l'acide vitriolique; /i° que ce n'est point une substance saline, puisqu'elle est insoluble dans l'eau; 5° enfin, qu'elle ne contient rien de métallique. Le résultat de ces différentes conséquences conduit M. Bucquet à regarder la zéolithe comme une terre particulière dont le caractère est de se fondre seule et sans addition, et de former un verre opaque, de se dissoudre presqu'en entier dans tous les acides; enfin, que cette substance a quelques rapports avec la base de l'alun , dont elle diffère cependant à beaucoup d'égards.
Ce mémoire, ainsi que tous ceux que M. Bucquet a présentés à l'Académie, annonce un chimiste consommé, qui sait employer, pour deviner la nature, toutes les ressources de son art.
Nous ne pouvons trop l'engager à suivre le plan qu'il annonce s'être formé pour l'analyse des substances minérales, et nous croyons que son mémoire mérite l'approbation de l'Académie et d'être imprimé dans le recueil des mémoires présentés par les savants étrangers.
Fait au Louvre, le k mai i']']li.
RAPPORT SUR L'ANALYSE DU iMARBRE DE CAMPAN. 179
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