À RÉVERBÈRE
Du 8 février 1776.
L'Académie nous a chargés, M. de Montigny et moi, de lui rendre compte d'un moyen proposé par M. Rabiqueau pour augmenter l'effet du feu des cheminées et pour produire plus de chaleur à dépense égale.
Ce moyen consiste à réfléchir la chaleur du foyer à l'aide de trois miroirs concaves ou espèces de réverbères de cuivre jaune poli. M. Rabiqueau place le principal et le plus grand au fond de la cheminée et les deux autres sur les côtés; il les incline et les dispose de manière que la totalité des rayons réfléchis soit portée en avant à une hauteur convenable. On conçoit que cet effet ne peut avoir lieu qu'autant que le bois, ou telle autre matière enflammée que ce soit, est placé vers le foyer du miroir ou réverbère. M. Rabiqueau a été obligé, pour remplir cet objet, de placer le bois sur une espèce d'élévation, et il a tiré parti de cette circonstance pour pratiquer par-dessous une espèce de four, qui peut être utile dans les différents usages de la vie.
On ne peut douter que les réverbères appliqués au feu des cheminées, comme M. Rabiqueau le propose, ne produisent quelque augmentation de chaleur. L'effet nous en a paru sensible dans l'épreuve que nous avons faite chez lui. Il suffisait d'ôter successivement et de remettre le réverbère, pour s'apercevoir d'une différence marquée dans la température. Cependant, comme les sensations sont des moyens assez équivoques d'évaluer les différences de chaleur, quand elles ne