CHAPITRE IV
Fin de l'empire Grec.
Éiat île Cens- Les Francaîs, avec leur gouvernement féodal et
tantinoplejors- * ' C»
ïrançaifenfa! ^GUT barbarie, car alors ils étaient encore bien barbares, ruinèrent entièrement l'empire Grec. Il fut aussi aisé de le leur enlever, qu'il leur avait été facile de le conquérir : mais ce n'était plus le même empire qu'on reprenait sur eux. Très-borné en Asie , il était divisé en Europe en une multitude de souverainetés.
Avec beaucoup de courage, les Français travaillaient d'autant plus à se détruire réciproquement, qu'ils étaient tout -à -fait sans discipline. Soldats , et rien autre , ils achevèrent la ruine des arts et du commerce. Constantinople appauvrie n'avait plus de marine, elle n'en pouvait avoir, et cependant il en fallait une pour défendre ses côtes ^ contre les infidèles. Tels étaient les restes de cet
empire, d'où Michel Paléologue chassa les Français en 1161.
Cet empire Dcpuis cc tcmps , il scmblc que les désordres
divisé est déchi- ^ ■'■
rens'pîrtif!^^'" croisscut , ct quc les guerres civiles se multiplient , et sont plus cruelles, à mesure que les Turcs font plus de progrès. Bien loin de se réunir contre
MODERNE. l85
reiiiiemi commun, les diverses factions s'allient tour à tour avec les sultans; et, pour se ruiner mutuellement, elles se ruinent toutes ensemble.
Les moines avaient envahi tous les principaux ^ViV.* »•*«« sièges; ils étaient le seul clergé, depuis que Théodora avait rétabli le culte des images. Loin du monde par leur institution , ils s'en rapprochèrent par un esprit différent, et ils le gouvernèrent pour le troubler. Ils entraient dans les conseils du prince, ils se mêlaient dans les assemblées, et dans les émeutes du peuple : en un mot, la guerre , la paix , tout se faisait par eux.
Ils occupaient les Grecs, naturellement so- ei r«r iimp..r.
tancf qoe \e
phistes, de mille questions subtiles qui souvent /j;*;;"^',';;;,",', n'avaient aucun rapport au dogme, et qu'on trai- l[u*ii.J««T" tait cependant comme esseritielles. Les empereurs qui devenaient moines, parce qu'ils vivaient parmi des moines, s'occupaient également de ces questions. Plusieurs même se seraient crus coupables, s'ils les avaient négligées pour donner leurs soins au gouvernement. Ainsi la superstition , contraire à la religion comme à l'état , faisait naître continuellement de nouvelles disputes, qui produisaient sans cesse des schismes; et, animant les sectes les unes contre les autres, il en résultait des désordres d'autant plus funestes, qu'ils devenaient l'unique objet du gouvernement.
Pendant soixante ans que les Latins ont été fiJ^Ar^yj!^' maîtres de Ck>nstantinoplc , ils ont élevé une uou- '""«""•*•"
»<! réunir arec vellc bamère entre les deux églises , parce qu'ils
réglise laline, O ' r ^
ont aliéné les Grecs de plus en plus. Les moines surtout ne voulaient pas entendre parler de la réunion; ils connaissaient trop la puissance des papes; et les moines conduisaient le peuple. Aussi les empereurs se sont-ils rendus odieux à leurs sujets, toutes les fois qu'ils ont cherché à s'unir de communion avec les Latins. S'ils y pensaient
' sincèrement , et pour le bien de la religion , on ne peut trop les louer : mais si c'était par politique , comme on a lieu de le croire, il fallait qu'ils fussent bien aveugles. Quels grands secours pouvaient-ils attendre des princes chrétiens dans le quatorzième siècle et dans le quinzième. Cependant ils venaient s'humilier aux pieds des papes, et ils parcouraient l'Europe, mendiant des secours qu'on ne pouvait pas leur donner. Tout annonçait donc la ruine d'un empire qui, mal gouverné de]uiis long-temps, ne pouvait plus se soutenir par lui-même. Je passe rapidement sur les causes intérieures de sa décadence , parce que vous les verrez ailleurs parfaitement bien développées ^ , et
\ je viens aux causes extérieures.
ïrogrès des Lorsquc les successeurs de Gengis-Ran cono"hmanei!ouJ quircut la partie de l'Asie mineure que possédaient les Turcs Seljoucides d'Iconium, plusieurs
' Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence.
Mom.nNK. 187
émirs turcs se retirèrent dans les montagn(*$, pour ne pas subir le joug des vainqueurs. Parujî ces rochers, ils se préparèrent à devenir eux-mêmes conquérans, en se formant à la tempérance et à la fatigue; et ils en sortirent au commencement du quatorzième siècle, pour ravager et envahir les provinces orientales de Tempire Grec. Othman, un de ces émirs, est celui qui se distingua le plus, et qui devait donner son nom à un nouvel empire. Orcan, son fils, qui lui succéda en 1 3^6, fit de nouvelles conquêtes, pendant que Constantinople était troublée par Fambition du gouverneur de Thessalonique : maître de Nicée, il en fit la ^ capitale de ses états, et il se proposait de passer le Bosphore.
Cantacuzène, qui, ayant pris les armes, avait cat^t.c•.^.e
colUgaedc Jean
forcé rempereur Jean Paléologue à le recevoir p«'«»'«>8«pour collègue, suspendit les projets d'Orcan , en lui donnant sa fille en mariage. Mais quelque temps après, connaissant la préféreiice du peuple poiu* Jean Paléologue, il abdiqua, et se retira dans un monastère. Ainsi il était tout à la fois moine et beau-père d'un Turc. Pendant le peu de temps qu'il régna, il donna au moins ses soins au rétablissement de la marine. Il nous a laissé sa vie écrite par lui-même, et quelques autres ouvrages.
L'abdication de ce prince fut suivie de quelques ««c*. ^rortroubles; et Orpan, qui n'avait point fait alliauce «3i««2îu avec Paléologue, fit passer des troupes en Eu-
rope , et se rendit maître de la province de Charipolis. Amurath, son fils, eut encore de plus grands avantages. Il prit Andrinople, Philippopolis, soumit la Macédoine, l'Albanie et toute la Thessalie, à l'exception de Thessalonique. Bajazeth, son fils, surnommé Ilderim ou le Foudre , lui succéda. Bajaïciiiien- Lcs désordrcs croissent à Constantinople. An-
trclientleslrou-
'Ire Grec '""" ^^l'ouic , à qui la passion de régner avait inspiré l'horrible projet d'égorger son père , Jean Paléologue, s'échappe de sa prison, et s'étant retiré auprès de Bajazeth, il en obtient des secours, avec lesquels il se rend maître de Constantinople. Jean
i386. ^ Paléologue et Manuel, son second fils, sont traînés dans la prison où Andronic avait été enfermé.
Deux ans et demi après, ces deux princes s'échappent à leur tour. Ils obtiennent aussi de Bajazeth des secours avec lesquels ils recouvrent le trône. Ils s'engagent à l'accompagner dans ses expéditions ; et ils forcent eux-mêmes les villes de leur dépendance à passer sous la domination des Turcs. L'empire Grec était presque réduit à la seule ville de Constantinople , en iSqi, que mourut Jean Paléologue.
II assiège Mauucl , oul était alors à la cour de Bajazeth,
«constantinople. ' ^ J '
s'enfuit secrètement , et vient à Constantinople où il est reconnu empereur. Le sultan , qui veut se rendre maître de cette capitale, en ruine les environs et empêche les vivres d'y entrer. H dciait Si- C'étaient les commencemens du règne de Sigis
MODERNK. 1 89
mond en Hongrie. Ce prince, considérant que les f;;*";^*,?;;;; Turcs, maîtres de la Bulgarie et de la Valachie, IZu **"**■ menaçaient déjà ses états, crut avec raison qu'il était de son intérêt d'empêcher l'entière ruine de l'empire Grec. Il avait pris la forteresse de Raach, et il formait le siège de Nicopoli , lorsque Bajazeth vint au secours de cette place.
Un grand nombre de seigneurs français avait amené des troupes à Sigismond, et formait un corps considérable. Leur bravoure eût été d'un grand secours, s'ils avaient été plus dociles : mais ils dédaignèrent d'écouter les conseils du roi de Hongrie, qui savait mieux qu'eux la manière dont il fallait combattre les Turcs. Ils firent donc des prodiges de valeur : et en métÉfe temps ils entraînèrent dans leur déroute l'armée entière. C'est la justice que l'histoire rend à leur courage et à leur imprudence.
Bajazeth fit égorger cruellement tous les prisonniers, à l'exception de ceux dont il espérait nue grosse rançon: mais il faut avouer qu'avant la bataille, les Français eux-mêmes lui avaient donné l'exemple de cette barbarie.
Sigismond, qui s'était rendu odieux par la se- .fJ^i'^rJ Jlr"
... . ... .le» r*»*r».
vérité avec laquelle u avait poursuivi les partisans de Charles de Duras, roi de Sicile , se rendit encore méprisable, en sacrifiant ses devoirs à ses plaisirs, dans un temps où il venait d'essuyer un échec aussi fiuieste. U est un exemple de ce que
1 go Histoire
deviennent les princes , lorsque aveuglés par une fausse grandeur ils se croient tout permis , et lorsque devenus malheureux ils s'instruisent parles revers. On le voit errer de province en province ; il est enfermé dans une prison par ses propres sujets; il recouvre la liberté et la couronne; il est élevé à l'empire, et il devient grand, parce qu'il sait mieux apprécier ce qu'il est. Vous l'avez vu donner la paix à l'Église.
Baiazeib.pou- Bajazctli, vaiuqueur de Sigismond, s'approcha
vant
maître de Cons-
îanUnoVieVacl biciitôt dc Coustantinoplc. Il en ruina la cam-
corde une trêve
de dix ans. pagnc ct Ics lauDourgs. IN ayant pu s en rendre maître, il revint l'année suivante. Il continua de la sorte pendant dix ans, et pressa si fort cette ville, qu'il la réduMt à la dernière extrémité. Il se préparait à donner l'assaut, lorsque son grand visir lui représenta que la prise de Constantinople armerait contre lui toute la chrétienté, et qu'il était plus prudent d'offrir la paix à l'empereur, dans une conjoncture où il pouvait lui faire la loi. Il fallait que ce visir connût bien mal l'état actuel des princes chrétiens, leur impuissance, leurs divisions et leur ignorance sur leurs vrais intérêts. Bajazeth cependant suivit ce conseil , et il accorda une trêve de dix ans à Manuel, à condition qu'on lui paierait un tribut de dix mille pièces d'or, qu'on bâtirait une mosquée dans Constantinople, et qu'un cadi y résiderait , pour y être le magistrat des mahométans.
parTanerlan.
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Andronic, frère aine de Manuel , étant mort, h d^ipoMa^
IVropire grec.
le sultan oflrit à Jean Paléologue, fils de ce prince , (le soutenir ses droits à Tempire, s'il lui promettait d'échanger Constantinoplè contre la Morée. Jean accepta la proposition, monta sur le trône, et refusa de faire l'échange. Quant à Manuel, forcé d'obéir aux ordres de Bajazeth , il abandonna ses états, et vint mendier des secours en Italie, en France, en Angleterre : mais les historiens ne parlent que des réceptions magnifiques qu'on lui fit partout.
Bajazeth coramenrait donc à commander dans 11 est auu Constantinoplè , il étendait son empire , et il paraissait n'avoir que des ennemis peu redoutables, lorsque tout à coup il fut arrêté au milieu de ses succès.
Alors un Tartare conquérait la Perse, l'Inde, la Syrie et plusieurs autres provinces. Tamerlan , c'est ainsi que nous le nommons, sortait de la Sogdiane , aujourd'hui le pays des Usbecks. Quoique né sans états , ses conquêtes égalaient presque celles de Gengis-Ran, dont on prétend qu'il descendait par les femmes. Appelé parles émirs turcs et par Manuel , il envoya des ambassadeurs à Bajazeth, pour lui déclarer la guerre, s'il ne restituait les pays dont il s'était injustement emparé. Au milieu des ravages qu'il faisait lui-même, il voulut que la justice parut une fois du coté de ses armes. Bajazeth marcha contre ce nouvel ennemi,
' fut vaincu , fait prisonnier, et mourut bientôt de .402. chagrin dans sa prison. On fait monter le nombre des morts à plus trois cent quarante mille. Cette grande bataille se donna près de Gésarée en 1402. Les desseins Manucl, ayant appris la victoire de Tamerlan, nînst'a'nt"no! rcviiit à Coustantinoplc. L'empereur Jean, qui ^''* en fut chassé , obtint dans la suite la ville de Thes-
salonique, et se fit moine sur la fin de sa vie. Tamerlan, qui tourna ses armes d'un autre côté, mourut peu d'années après dans une grande vieillesse. Enfin les émirs turcs, rétablis dans leurs possessions , déchirèrent l'empire ottoman , tandis que les fils de Bajazeth, armés les uns contre les autres, en disputaient les restes. Cette guerre dura jusqu'en 1 4 1 3, que Mahomet, vainqueur de Moïse son frère , raffermit de nouveau la puissance ottomane. Voilà les causes qui suspendirent la ruine de l'empire Grec. Manuel vécut même en paix avec Mahomet, à qui il avait donné des secours contre Moïse.
Amurati, Il La gucrpc recommença sous Amurath II, fils
esl sur le point , . , ^g. ,
deprendrecoiis- f\Q Maliomct. Manucl se vit assiégé dans Gonstan-
tantinople. O
.4=n. tinople, pour avoir voulu semer la division parmi les Turcs. Cette ville fut sur le point d'être prise. Les Grecs , qui la défendirent par leur courage , dirent qu'ils avaient vu la Vierge combattre à leur tète , et qu'elle avait jeté l'épouvante parmi les Ottomans, qui l'avaient vue comme eux. Manuel ' .425. obtint la paix , et mourut la mcme année avec l'ha-
Jr*n Hnnnia<]r, vainqueur
MODI'RNi:. ig3
bit (lu nioirif et le nom de Mathieu, qn'il prit «loiix jours avant sa mort. Jean Paléologue son li Is et son successeur, est le même que nous avons vu au concile de Ferrare et de Florence.
Après la mort d'Albert d'Autriche , empereur et roi de Bohême et de Honcrie , les Honcrrois , à dT.na^lh'T' Texclusion du fils posthume de ce prince, avaient ii;/„'/l7^ii* donné la couronne à Ladislas, roi de Pologne. Presque aussitôt Ladislas attira les Turcs dans ses nouveaux états, et Belgrade, assiégée, ne fut sauvée que par la valeur et la conduite de Jean Hunniade, gouverneur de Transilvanie. Amurath revint Tannée suivante ; mais toujours défait par •44> Hunniade, il fut enfin contraint de demander la paix , et on fit une trêve de dix ans. Le sultan qui préférait la retraite aux grandeurs abdiqua , et laissa la couronne à son fils Mahomet II.
I^s Turcs observaient exactement le traité fait i^,cbr^tîi.« avec Ladislas, et comptant sur la même exacti- A'»huZ*'^ni
honnr foi »rtc
tndé de la part des chrétiens, ils avaient dégarni ^2";,"' ohJ" leurs provinces d'Europe, et fait passer en Asie la plus grande partie de leurs forces. Jean Paléologue jugea ce moment favorable pour repousser les infidèles au delà du Bosphore. Eugène IV en pensa de même , ainsi que le cardinal Julien , légat •en Allemagne, célèbre par le zèle avec lequel il avait poursuivi les Hussites, et par la défaite des ;irmées qu'il avait conduites contre eux.
Cependant les Hongrois se faisaient quelcpie E«g^ivet XII. ,3
î()4 HISTOIRE
le card.naj ju- scruDulc dc Fompre une trêve jurée sur l'Evan-
lien lèvent les * ^
scrupules. gj|g j^g Cardinal légat les rassura , en leur prouvant qu'ils ne devaient pas se mettre en peine d'observer un traité contraire aux intérêts des princes chrétiens , fait à l'insu du pape , et qui devenait nul aussitôt que le pape le désapprouvait. Il prouva même qu'il y aurait de la perfidie à être fidèle à ce traité impie ; c'est ainsi qu'il le qualifiait. Il semble que Julien faisait au moins ces raisonnemens trop tard; car il avait été présent à ce traité impie, et quoiqu'avec quelque répugnance, il y avait donné son consentement. Les ordres du pape vinrent à l'appui des raisons du légat; Eugène IV ordonna de rompre la trêve, déclarant Ladislas délié de tout serment; et on reprit les armes.
Amuraih II Commc Mahomct était jeune encore, les Turcs
défait les lion-
invitèrent Amuratn à reprendre la couronne, pour marcher à leur tête. Ce prince sortit donc de sa solitude , repassa la mer, et défit les Hongrois
14U. dans la Bulgarie , près de Varne. Ladislas et Julien perdirent la vie. Amurath, après cette victoire, abdiqua pour la seconde fois ; mais une nouvelle guerre le força bientôt à reprendre la couronne.
11 ne peut Bajazcth , ayant fait la conquête de l'Albanie ,
forcer Scander- . ,
bergdansiaviiie avait cmmeiié en otage Georges Castriot, fils d'un
de Lroie. 00 '
seigneur du pays. Cet enfant, élevé dans la cour ottomane ^ joignait à la figure , l'esprit , le courage et l'adresse. Les janissaires l'estimaient et
)is dans la tnigari».
MODF.RNI':. 195
raimaient ; ils rappelaient Scanclcrberg, (l'un nom composé de celui d' Alexandre, et Amurath lui donnait insensiblement toujours plus de part dans sa confiance.
Sur ces entrefaites, le père de Scanderberg étant mort, ce jeune homme ose former le projet de recouvrer la ville de Croie , qui lui appartenait. Il arrache au secrétaire du visir un ordre au gouverneur de hii remettre cette place. Il s'échappe, vient à Croie, égorge la garnison ottomane, et met la ville en état de défense. Amurath se présente bientôt devant Croie; deux fois il en forme le siège, et deux fois il est obligé de le lever, et il meurt sans pouvoir s'en rendre maître.
Jean Paléologue, mort en 144^9 n'avait point L>mpir.grte laissé d'enfant. Ses frères qui avoient troublé l'em- r «urdonnerd*» pire pendant sa vie, continuèrent à le troubler, p"""»'**»*^- Enfin Constantin l'emporta sur ses frères Thomas et Démétrius, à qui cependant il fut obligé de céder les états qu'il avait avant de monter sur le trône. Vous voyez que les Grecs avaient appris des Français à donner des seigneuries aux princes du sang, et que cet usage de démembrer l'empire s'était établi précisément dans les temps où les provinces étaient envahies par les Turcs.
£nfin Constantinople est assiégée par Maho- rn^i^cm^ metll. Constantin Paléologueest tué sur la brèche. M-^îi^".'*' La ville est prise d'assaut, et tout ce qui échappe au fer des Ottomans est réduit en esclavage.
Deuit partis, Lcs Grccs sc défendirent avec la valeur qii'ins-
quis'analhéma-
l^eiTr'aior^/lâ pî^e le désespoif. Mais il ne faut pas oublier de remarquer, que dans le temps même que la mort ou l'esclavage les menaçaient , ceux qui voulaient l'union avec l'église latine, et ceux qui ne la voulaient pas, formaient encore deux partis qui s'anathématisaient , sans considérer que Mahomet allait bientôt terminer cette question. Telle est la fureur avec laquelle ce peuple s'était toujours occupé de ses disputes.
Mahomet II Mahomct fit cucorc de grandes conquêtes en s^s conquêtes.* Europc ct cu Asic, Cependant ses armes échouèrent toujours contre Scanderberg. Elles échouèrent encore contre les chevaliers de Rhodes, aujourd'hui les chevaliers de Malte, et Hunniade lui fit lever le siège de Belgrade.
Mahomet n'ayant pu se rendre maître de l'île de Rhodes, envoya dans la Fouille une armée qui forma le siège d'Otrante. Cette place fut prise d'assaut en i48o. Mais le sultan étant mort l'année suivante, Ferdinand, fils naturel et successeur d'Alphonse, la recouvra en accordant aux Turcs une capitulation honorable.
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