‹ OEuvres, publiéesChapitre 28 sur 50 · XII. al · texte numérisé non relu

XII. al

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sions funestes. Il n'est donc pas à désirer que les dissensions de toute epèce soient absolument étouffées : il s'agit seulement de régler l'ambition qui les cause.

AmLition utiif. L'ambition est toujours bien réglée , lorsqu'elle ne se porte qu'aux: honneurs que la république dispense. Car alors on préfère la patrie à tout, et on regarde les premières magistratures comme le plus haut degré de la fortune. Les contendans formeront à la vérité des partis : mais ils acquerront des talens , pour mériter les suffrages ; et les plus vives dissensions seront étouffées aussitôt que les citoyens sentiront le besoin de se réunir. Elles se rallumeront sans doute à la première occasion; sans doute aussi elles s'éteindront encore d'ellesmêmes.

Jaloux uniquement de partager les honneurs , les différens partis n'imagineront pas de s'armer les uns contre les autres. Il leur viendra encore moins dans la pensée d'appeler des secours étrangers. Enfin aucun citoyen sensé, quelque puissance qu'on lui donne , n'osera former le projet de donner des fers à sa patrie : il est trop convaincu qu'il resterait seul contre tous.

Ambition nui. Romc prouvc la vérité de ce que je dis; mais elle prouve aussi que l'ambition n'a plus dérègles, lorsqu'elle se porte à toute autre chose qu'aux honneurs. C'est alors le temps des grands désordres; c'est alors que l'or et le fer ouvrent un chemin à la tyrannie.

MonF.RNF. 3a3

Obéir aux magistrats , respecter les lois , aimer ^^y^t*^^^ la patrie, n'avoir qu'une ambition lionnéte , igno- ••^* rcr le luxe et tous les vices qu'il engendre : voilà sans doute ce qui fait les bonnes mœurs. Or l'égalité produit tous ces effets ; elle forme doue les meilleurs citoyens.

Dans une république formée sur ce motlèle, les u« uhm* mœurs générales déterminent naturellement les JïJ^ '*'•''** mœurs particulières ; et les bonnes éducations se font seules , comme en effet elles doivent se faire. Mais malheureusement dans les républiques corrompues , les mœurs générales ont plus de pou- ' voir encore ; et les mauvaises éducations , qui se font seules plus facilement que les bonnes , empirent d'une génération à l'autre. On se plaint, on cherche des remèdes , on veut opposer des digues au torrent qui se déborde : c'est la source qu'il faudrait tarir.

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