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CHAPITRE III

Des principaux états de l'Europe depuis la mort de Boniface Vin jusqu'à celle de Philippe le Bel.

Pontifical de Rcuoit XI , successcur de Roniface , voulant sin-

Benoît XI. ^

cèrement rétablir la paix, révoqua les bulles qui avaient causé les troubles, et annula jusqu'aux sentences portées contre les Colonnes. Malheureusement il n'occupa le saint -siège que huit mois, et les cardinaux divisés le laissèrent vaquer pendant onze , ou à peu près.

Fiandr""" ^^ ^^^ Flandrc était alors le théâtre de la guerre.

MODFKNS. '^f

Lorsque Kdoiiard fut forcé de se retirer, il abandonna le comte de Flandre , qui, croyant ponToîr compter sur la clémence du roi de France, vint se jeter à ses pieds; mais Philippe le fit mettre en prison , et réunit le comté de Flandre à la couronne, déclarant que ce prince avait mérité par sa félonie la confiscation de son domaine.

Cette entreprise avait été suivie de plusieurs révoltes, lorsque Gui, un des fils du comte de Flandre, vint au secours des révoltés avec quelques troupes allemandes-. Les Français furent défaits à Cour- Irai; mais, en i3o4, Philippe remporta une victoire complète. Par le traité de paix , qui se fit Tannée suivante, il demeura maître de la Flandre en-de-cà de la Lippe, et il rendit tout leVeste à Robert, fils aîné du comte de Flandre, qui était mort dans sa prison. Peu auparavant il avait rendu la Guienne au roi d'Angleterre.

Cependant les cardinaux , las d'être renfermés ^,/J«tio« .]< dans le conclave, étaient enfin convenus d'un moyen de conciliation. La faction attachée à la mémoire de Boniface , voulant un pape qui entrât dans ses vues, ou qui du moins n'y fiit pas contraire, nomma trois sujets , et laissa le choix d'un des trois à la faction qui voulait un pontife favorable aux Colonnes et au roi de France.

Par cet accord Philippe se trouvant maître de choisir entre les trois sujets présentés , donna la préférence à l'archevêque de Bordeaux , et ce ftit

Clament V.

Sa HISTOIRE

à condition, i° qu'il le réconcilierait avec l'Eglise; 2^ qu'il révoquerait toutes les censures fulminées contre lui; 3*^ qu'il lui accorderait les décimes de son royaume pendant cinq ans ; 4*^ qu'il annulerait tout ce que Boniface avait fait , et qu'il flétrirait la mémoire de ce pontife ; 5^ qu'il rétablirait dans la dignité de cardinal et dans leur première fortune Jacques et Pierre Colonne; enfin il demanda encore une sixième chose, qu'il se réserva d'expliquer en temps et lieu. L'archevêque promit tout , et jura sur le corps de Jésus-Christ de tenir sa promesse. Cette convention ne rendait pas son

^ élection bien canonique , et faisait voir d'ailleurs

que Philippe avait encore bien des préjugés. A.vaitil besoin d'être réconcilié avec l'Église? Avait-il besoin que les censures de Boniface fussent révoquées ? Avait-il besoin de la protection du pape pour lever les décimes dans son royaume ? Mais c'était les erreurs de son siècle.

Extorsiousde Clémcut V, c'cst Ic nom que prit le nouveau

ce j)ontife. ■•• ^

pape, transporta le siège pontifical à Carpentras, au grand mécontentement des cardinaux italiens, qui reconnurent avoir été trompés. Le clergé de France n'était pas plus content du séjour que le pape faisait dans ce royaume ; car il se voyait tous les jours chargé de nouveaux impôts. Clément extorquait de toutes les églises des sommes considérables, pendant qu'il oubliait l'Italie, et qu^il abandonnait le patrimoine de Saint-Pierre à qui

MODERIVE. 33

voulait le piller. 11 s'appropria la première année «les revenus de tous les bénéfices qui vaqueraient (Il Angleterre dans le cours de deux ans, évéchés , abbayes, prieurés, prébendes, cures et jusqu'aux moindres bénéfices. De pareilles extorsions, étant devenues des droits avec le temps , sont aujourd'hui ce qu'on nomme des annates.

Clément satisfit Philippe le Bel sur toutes les ^ dément en *■ *■ fidèle «u« pro-

promesses qu'il lui avait faites : il n'y eut que la raiifaiiSpin-

condamnation de Boniface qu'il entreprit d'em- '^^ * pécher, sans paraître néanmoins vouloir manquer à ses engagemens. Le roi, qui la poursuivait avec chaleur, demandait qu'on tînt à ce sujet un concile général ; et le pape, qui prenait différens prétextes pour éloigner le jugement d'une affaire scandaleuse, y mit tant de retardement, que Philippe enfin se désista. Ce prince crut sans doute la mémoire de Boniface assez flétrie par toutes les procédures qu'on faisait contre lui depuis plusieurs années. Les esprits se trouvant donc refroidis, le concile général tenu à Vienne déclara .3... que Boniface n'avait point été hérétique ; et il y eut deux chevaliers catalans qui offrirent de le prouver par le combat. On ne parla point d'ailleurs des autres crimes dont ce pape avait été accusé.

C'est dans ce même concile que l'ordre des Aboniiona«i

' Templier».

Templiers hit pour jamais proscrit et aboli. On accusait ces moines gucniers de bien des crimes ;

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