‹ OEuvres, publiéesChapitre 4 sur 50 · XII · texte numérisé non relu

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on les poursuivait depuis plusieurs années, et on les avait fait arrêter en 1 807 . Cependant étaient-ils / en effet coupables de toutes les horreurs qu'on leur imputait, ou leiu-s richesses avaient -elles excité la jalousie et l'avidité de leurs ennemis ? Vraisemblablement leur plus grand crime a été d'être trop riches ; mais il nous suffit de savoir qu'il y a eu des Templiers, et qu'il n'y en a plus. En Angleterre, en France et ailleurs, les biens des Templiers furent donnés aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, aujourd'hui les chevaliers de Malte. En Allemagne, on leur permit de passer dans l'ordre Teutonique ou dans celui de Saint -Jean. En Aragon, il fallut leur faiie la guerre pour les détruire ; mais ils ne furent traités nulle part aussi inhumainement qu'en France. Philippe eut part à leur dépouille, et le pape ne s'oublia pas.

Lyon est réuni Vcrs Ic mcmc tcmps , la ville de Lyon fut réu-

à la couronne. . , , .^ . , . • \ i t r

me a la couronne. Depuis plusieurs siècles , détachée du royaume de France, elle avait fait partie successivement du royaume d'Arles, de celui de Bourgogne, de l'empire, et elle était enfin tombée sous la puissance temporelle de l'archevêque. Cependant , comme ce souverain ecclésiastique' ne jouissait que d'une autorité contestée, les rois de France avaient eu souvent occasion de se porter pour médiateurs entre l'archevêque et les bourgeois. Par-là ils acquirent insensiblement des

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droits sur cette ville ; et, en 1 292, Philippe le Bel avait pris les habitans sous sa sauve-garde. L'archcvéque, protégé par le saint -siège, conserva néanmoins la souveraineté jusqu'au pontificat de Clément V. Les choses ayant changé de face sous ^

un pape dévoué à la France, il souleva les bourgeois lorsqu'il voulut rentrer par la force dans les droits dont il avait joui. Alors les troupes du roi marchèrent, et l'archevêque fut contraint de céder la juridiction temporelle sur la ville , sur le château de Saint-Just, et sur leurs appartenances; se la réservant seulement sur le château de Pierre-en-Cise , avec le droit de battre monnaie , et d'avoir des troupes de pied et de cheval dans la ville. On lui accordait ces troupes pour les guerres particulières qu'il pouvait avoir avec des seigneurs voisins.

En Angleterre, Edouard songeait aux* moyens Edouard lou. d'étendre son autorité. Il se fit dispenser par d\''^oiTr"ïï Clément du serment qu'il avait fait au sujet des m/nlV d'I de!

riinrs sur |e

chartes; car les papes croyaient toujours leur ''"«'• pouvoir au-dessus des engagemens les plus sacrés. Il obtint de ce pontife des décimes sur le clergé , et il lui en envoya la moitié ; achetant de lui la permission de mettre des impositions sur les biens des ecclésiastiques, et reconnaissant qu'il n'en pouvait pas mettre sans l'aveu du saint-siége. Il eût été plus sage de se priver â\m pareil secours; mais alors les souverains n'en s:»v;»i«Mt |)as davantage.

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Hapoursuc- I,e parlement ne voulait pas qu'Edouard aban*-

cesseurEdouard ^

meurreifirison' donnât au papc la moitié des décimes. Ce prince n'y eut aucun égard ; et il paraissait se disposer à mépriser les lois de la nation , lorque l'Ecosse soulevée lui donna d'autres soins. Cette guerre l'occupa jusqu'en i Soy, qu'il mourut. Son fils , Edouard II , fit la paix avec la France. Ce prince, livré à ses favoris, régna parmi les troubles, reçut la loi de son parlement, fut déposé, mis en prison, et périt dans les tourmens en iSsy. J'anticipe sur ce règne, qui ne mérite pas de plus grands détails.

Confédération I^^ dcspotismc éclioue tôt ou tard. Lors-

dcs Suisses, 1 t^ rt k M 1 • i

qu en 1 3o8 , Albert reçut la mort pour prix de ses injustices, il marchait contre les Suisses, que la dureté de son gouvernement avait soulevés. Trois cantons, Ury, Schweitz et Underwald, commencèrent une confédération dans laquelle de nouveaux cantons entrèrent bientôt, parce que les empereurs furent assez aveugles pour rendre le joug d'autant plus pesant, qu'on le souffi^ait avec plus d'impatience.

Henri, comte Quelqucs historicns prétendent qu'après la

de Luxembourg, ^ ^ •*• ^

Ter""'"'*^^'" ïnoi^t d'Albert, Philippe le Bel eut des vues sur l'empire, ou qu'il voulut au moins faire élire son frère, Charles de Valois. Il communiqua, dit-on, son dessein à Clément, qui, feignant de l'approuver et d'y vouloir concourir, écrivit secrètement aux électeurs pour les inviter à prévenir les démarches du roi de France, et à proclamer au plus

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lot Henri, comte de Luxembourg. Si IMiilippe s'ouvrit à ce pontife, il commit une grande imprudence ; car il (levait bien ju'ésumer que les papes, qui regardaient alors l'empire comme un fief de rÉgiise, ne voudraient pas pour feudalaii-e un prince puissant qui avait résisté si fortement à Boniface. Il devait déjà craindre assez de résistance de la part des princes allemands, dont l'intérêt n'était pas de choisir un chef capable de leur donner la loi. Quoi qu'il en soit, Henri de Luxembourg fut élu et couronné à Aix-la-Cha- .309. pelle, sous le nom d'Henri VII.

Comme les anciennes factions subsistaient tou- Henn vu jours en Italie , Henri voulut pronter des troubles qu'elles y causaient ; et comptant rentrer dans les droits que ses prédécesseurs avaient perdus, il passa les Alpes en i3ii. Il paraît que Clément, à qui cette entreprise donna de l'inquiétude , engagea Robert , roi de Naples, et fils de Charles le Boiteux , à traverser l'empereur de tout son pouvoir. Au lieu de se rendre lui-même à Rome pour le couronner , comme il l'avait promis , il en donna la commission à cinq cardinaux, par une bulle qui commençait ainsi : «" Jé- « sus-Christ, le roi des rois, a donné une telle « puissance à son église, que les royaumes lui « appartiennent, qu'elle peut élever les plus « grands princes , et que les empereurs et les rois « doivent lui obéir et la servir. »

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Cependant Henri et les gibelins faisaient la guerre aux guelfes et à Robert. Clément écrivit donc aux cardinaux d'ordonner au moins une trêve à ces deux princes , ajoutant que, puisqu'ils étaient engagés à l'Église par serment de fidélité, ils devaient être les plus disposés à la défendre , et que le souverain pontife pouvait les obliger à mettre bas les armes.

Il proiesie Hcnri , jugeant à ce langage que Clément le lentiousdecic. regardait comme vassal du saint-siége, consulta des jurisconsultes qui démontrèrent le peu de fondement des prétentions du pape. Il protesta donc : il fit plus; car il déclara criminel de lèsemajesté Roberjt, dont il se prétendait le suzerain. Clément, de son coté, prit la défense du roi de Naples,en excommuniant quiconque attaquerait i3i3. ce prince. Ainsi la guerre s'allumait, et elle allait causer de nouveaux maux, lorsque Henri VII mourut en Toscane, l'an i3i3.

Bulles de ce Lc DaDc DubUa deux bulles contre la mémoire

pape contre la 1 1 i

H*eTlontr"îes ^^^ ^^^ cmpercur. Il y soutenait ses prétentions ; il se donnait pour successeur à l'empire pendant la vacance du trône : il cassait la sentence portée contre Robert , et il le faisait vicaire de l'empire en Italie. Clément, qui tenait depuis quelque temps sa cour à Avignon , pouvait plus impuné^ ment s'arroger toute autorité sur les princes, parce que cette ville appartenait au roi de Naples. Plus de quatre ans auparavant , il avait publié

MODKRNF. X)

une bulle terrible contre les Vénitiens qui avaient enlevé Ferrare k la maison d'Esté. Ce n'est pas qu'il voulut prendre les intérêts de cette maison: il prétendait au contraire que cette ville appartiMiait au saint-siége. Une croisade qu'il fit prêcher, et les succès du cardinal Arnaud de Pelegrue, son général, réalisèrent ses prétentions. Il mourut au mois d'Avril i3i4, et Philippe ne lui survécut que de quelques mois.

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