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CHAPITRE IX

De l'état des arts et des sciences en Italie , depuis le dixième siècle jusqu'à la fin du quinzième siècle.

Les principes que nous venons d'établir sont fondé sur l'expérience , et l'expérience va les confirmer encore.

Pourquoi les Puisquc Ic clergé était le seul ordre qui tînt et

écoles étaient ./., aiz-i i , a

lomWes dans Qu^ trequentat les écoles, toutes les études ont

les neuvième et 1 J-

dixiènu. siècles, j^ tombcr dans le neuvième et le dixième siècle;

parce qu'alors le clergé ne sentait d'autres besoins

que de s'enrichir et de se mêler du gouvernement.

Larjnutaiion C^pciidant la réputation de savoir qu'avaient

d^s Arabes don- i.i l*111 • t f r i i

ne la curiosité Ics AraDCs , tira de 1 assoupissement gênerai quel-

de s'instruire. ' .

queshopiuies curieux de s'instruire.Dans le dixième siècle, Gerbert alla en Espagne, d'autres suivirent son exemple , et le pontificat , auquel il fut élevé en 999, ne contribua pas peu à donner du lustre aux connaissances qu'il avait acquises.

La considéra- A mcsure qufi la .considération devint la récoSeîîîfetïes çompeusc du savoir, on sentit davantage le besoin

«omtiifrK. 4i5

(le s'instruire, iics anciennes écoles furent fréqucatéea; on en form.i de nouvelles, et on enseigna ce qu'on avait a|^)ris des Arabes.

Ce fut surtout dans le royaume de Naplrn (pules études commencèrent avec plus de célébrité. '* '^'* ******' C'est que les Arabes y avaient eu des établissemens, et qu'ayant toujouri conservé quelrpir commerce avec les Napolitains, ils leur communiquèrent plus facilement tout ce qu'ils croyaient savoir. L'école de Salerne, qui fiit regardée comme la première de l'Europe, dut sa réputation aux moines <lu Mont-Cassin; un d'eux, nommé Constantinus l'Africain , traduisit les livres des Arabes vers la fin du onzième siècle.

Dans toute l'Europe, la dialectique fut Tétude <>• nn» à la mo<le, pendant ce siècle et le suivant. Elle i'1'il.i^ produisit la scholastique, qui n'est autre cbose '*^* que l'application de la dialectique à la théologie, il la métaphysique, à la physique, k la morale, et a tout ce qu'on peut étudier, quand on se contente d'étudier pour n'apprendre que des mots, et pour disputer siu* ce qu'on n'entend pas. Comme cet art était le chemin de la considération et de la fortune, les meilleurs esprits surtout sentirent le besoin d'en faire leur étude unique , et ils s'y livrèrent avec passion.

I^ médecine étiit la seule science qu'on eût Ab continué de cultiver pendant le dixième siècle. Vous pouvez juger ce que c'était que la médecini-

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d'alors. Cependant on avait besoin d'y croire , et on y croyait d'autant plus , qu'on était plus ignorant. Pendant les onzième et douzième siècles, cette science s'aida de tout ce qui pouvait contribuer à ses succès , c'est-à-dire de la dialectique et de la magie. Les moines du Mont-Cassin, qui l'avaient apprise des Arabes , étaient alors les plus grands médecins de l'Europe.

den« '""*'^'"' ^^ ^ ^^^ "^^ temps où les Grecs n'avaient point de lois , et ce besoin produisit chez eux des législateurs. Les Italiens, au contraire, n'en avaient que trop. Les Lombards, les Français, les Allemands , chaque peuple y avait apporté les siennes, et les avait ajoutées aux lois romaines ; et l'anarchie, qui régnait parmi les révolutions, avait encore introduit quantité de coutumes bizarres. On sentit donc le besoin de débrouiller ce chaos : la jurisprudence attira l'atteniion des dialecticiens , et l'Italie fut féconde en jurisconsultes. Mais la jurisprudence est une espèce de scholastique qui prend de tous côtés et qui brouille tout : il est de sa nature d'être enveloppée, et de s'envelopper tous les jours davantage. Plus nous nous y appliquerons, plus nous sentirons que nous avons besoin de législateurs : et c'est un malheur pour l'Europe d'avoir besoin de jurisconsultes.

Et aux ques- Lcs qucrclles entre le sacerdoce et l'empire , et laceTdocc'et de ^^ schismc qui sépare 1 église grecque de 1 église l'empire. i^tinc , occupèrcut encore les esprits du onzième

MODKRIIK. 4f^

et du douzième siècle : c était des matières trop dif ficiles pour des temps où Ton ignorait tout-à-fait rhistoire,et vous avez vu comme on a raisonné.

Stpendantcesdeuxsiècles les sciences n'ont point "•*' fait de progrès, il n en faut pas chercher la cau.se T. il dans les guerres qui troublaient alors l'Europe, ^^'imd$ puisque les guerres n'empêchèrent pas d'étudier. On étudia même avec passion. Il y eut des hommes d'esprit et de génie qui auraient rt»ussi s'ils avaient étudié autrement , et autre chose que ce qu'ils étudiaient. Mais l'objet des études et la méthode qu'on suivait ne permettaient pas d'acquérir de vraies connaissances.

Quelque obligation que les Grecs aient eue aux u* Ar«fe«. Barbares , ce n est pas certauiement par les choses ■ "•' 'r ^ qu'ilsenontempnuitées,qu'ilssontdignesde notre ^'••••••«^~'*

admiration. Je me trompe fort, ou ils auraient été meilleiu^s philosophes, s'ils l'étaient devenus sans secours étrangers : car, ainsi que vous, ils ont marché plus sûrement, lorsqu'ils ont marché seuls. Socrate, par exemple, ne put jamais souffrir qu'aucun Barbare le soutint par la lisière, et il fut le plus savant des Grecs. Les Arabes ont été les Barbares des Italiens et de tous les peuples de l'Europe , et ils ont mis des entraves aux hommes de génie. Il a fallu des siècles pour se dégager d'un faux savoir, qui était pire que Tignorance.

En Egypte, les lettres n'ont été cultivées que '^^Ï^JÏ par les prêtres, et les Égyptiens ont toujours été "^"^ *^ '

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