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Baïaîiie de L'arrivéc subite des Français jeta répouvante parmi les troupes espagnoles et papales. Elles refusèrent d'aller joindre les Suisses, et ceux-ci se plaignaient déjà de ne point voir l'argent que les confédérés leur avaient promis. On négocia bientôt; on conclut même des traités, et le roi de France paraissait n'avoir plus qu'à prendre possession du ducbé de Milan. Mais le cardinal de Sion, qui se signalait par sa baine contre la France, engagea les Suisses à surprendre les Français qui marcbaient sur la foi des traités, et qu'il supposait n'être pas sur leurs gardes. S'il se trompa, les Suisses étaient trop braves pour n'oser pas combattre, parce qu'ils n'avaient pas surpris l'ennemi. L'action commença le i3 de septembre, deux heures avant le coucher du soleil; elle continua pendant plusieurs heures de nuit , et elle fut suspendue pour recommencer à la pointe du jour.
I.e combat avait été interrompu ; cependant on ne s'était en quelque sorte pas séparé. Chacun prit du repos où il se trouvait. Le roi passa luimême la nuit sur l'affût d'un canon , et à son réveil il vit qu'il avait dormi à cinquante pas d'un bataillon suisse.
Les ennemis revinrent à la charge. Le combat, aussi vif que la veille , dura plusieurs heures avec un avantage égal. Enfin les Suisses commencèrent à plier, ils cédèrent; mais ils ne furent pas mis en déroute, et ils se retirèrent en bon ordre à
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Milan. Ils perdirent dix raille on quinze raille hommes, et les Fran<^ais deux mille on six mille. Les historiens ne s'accordent pas sur la perle des deux partis; il est seulement certain qu'il |>érit beaucoup de monde. Trivulce, qui s'était trouvé à dix-huit batailles, dit que ce n'était que des jeux d'enfans au prix de celle-là. Va: roi, plusieurs fois en danger de la vie, reçut plusieurs coups dans ses armes, et se battit en héros. Cette action se passa près de Marignan.
La conquête du Milanais fut le fruit de cette victoire. Maximilien Sforze vint à Paris manger une pension de soixante mille ducats, que Frafi^ois lui donna. Les Vénitiens recouvrèrent tout ce qu'ils avaient avant la ligue de Cambrai ; et le roi fit avec le pape un traité dont je parlerai bientôt.
Le roi catholique étant mort Tannée suivante, ,5^
Tarchiduc Charles, petit-fils de Maximilien , et fils «wi««* de Jeanne , héritière de Ferdinand , se trouva S^•i^^!l5j* maître à quinze ans des Pays-Bas, de r£spagne« du royaume de Naples; et après la mort de Maximilien, arrivée en iSiq, il fut élu empereur dans la diète de Francfort. Jamais prince en Europe n'aurait eu d'aussi vastes états, s'il eut fallu les conquérir; mais on acquérait des royaumes par des alliances, et les peuples étaient devenus d«s espèces d'immeubles, dont les propriétaires, qu'on nommait souverains, disposaient à leur gré. L'usa|Qe faisait leur droit.