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CHAPITRE III

De l'Angleterre sous Henri VII et sons Henri V III, jiisqn'à la mort de Bfaiimilieii.

Le peuple le plus jaloux de sa liberté se soumet un enfin à un gouvernement, même tyrannique, !jj^'< ^/ii lorsque épuisé par une suite de guerres , il ne lui '•■"^ " reste plus que le souvenir de ses Fongiies calamités, et la crainte d'en éprouver encore de pareilles. Alors l'autorité du prince peut s'étendre d'autant plus, que les familles où Famour de Fin-* dépendance se perpétuait, sont précisément celles qui se sont éteintes, parce que ce sont celles qui ont été le plus exposées. Te! est l'effet que les guerres entre les maisons d*York et de Lancastre avaient produit, quoiqu'on n'eût pas combatTii

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pour la liberté de la nation ; et c'est dans ces circonstances que Henri VII monta sur le trône. On aremarqué Vous avcz obscrvé la même chose à Rome après

la même chose

des Romains, jg gccoud trlumvirat , et vous avez vu avec quelle promptitude le sénat devint bas et rampant sous les empereurs. Cependant, comme Auguste avait eu la sagesse de mettre des bornes à sa puissance , Tibère , quoique jaloux de son autorité, fut forcé à garder des ménagemens. Il n'osa gouverner par lui-même en maître absolu; et voulant toujours paraître agir par le sénat, il imagina d'en faire l'instrument de sa tyrannie. Caligula ne crut pas avoir besoin de tant de précaution, et il mit ses caprices à la place des lois. Enfin , depuis ce tyran , la puissance des empereurs n'eut des bornes que lorsqu'ils furent assez sages pour s'en prescrire eux-mêmes. Les Anglais ^^ ^^^ troublcs coutinucls de l'Angleterre n'a-

n'avaient jamais ... «il'

déterminé les vaicut jamais permis de determmer exactement

droits resurclifs '' *

debniuon?"' ^^^ droits rcspcctlfs du souverain et de la nation. Les chartes jurées , éludées , violées , n'établissaient que des prétentions, et de part et d'autre on avait franchi tour à tour les limites tracées trop confusément.

Henri VU é- Pcrsonue en Angleterre ne savait donc précisé-

tait donc le mai- i , • ii*ii ^ ^ /'\ i

«re détendre mcut Qucls ctaicut Ics droits dc la royauté. Quand

ses pre'rogali- ^ *^

'"• on l'aurait su, le peuple paraissait devoir aimer

mieux souffrir des injustices, que de prendre les armes. Henri pouvait donc étendre à son gré ses

MODERNF. Soi

prérogatives; il pouvait être un tyran ou un roi juste ; c était à son rlioix; mais il nV*st donné qu'à un grand homme de bien choLsir en pareil cas.

La nation avait toujours été portée pour la mai- iimi son d'York ; les droits de œlle de Lancastre étaient Çllît équivoques; ceux de Henri VII Tétaient encore plus, puisqu'il n'appartenait à la dernière que par une brandie bâtarde. Son seul titre étant don^ de se trouver en possession de la couronne par une victoire, titre odieux , et par conséquent peu sûr, il pouvait en acquérir un meilleur en épousant Elisabeth , héritière de la maison d'York. C'était son dessein; mais si la reine venait à mourir avant lui, il n'était plus rien, et il pouvait lievenir le sujet d'un fils qu'il en aurait eu. Il voulut donc d'abord s'assurer le trône à lui-même. Il fallait le demander à la nation ; dans l'embarras de motiver sa demande, il ne la motiva* point, et un parlement le reconnut.

Inquiet , il s'adressa Tannée suivante à la cour h de Rome, et Innocent YIII lui donna, par une ^bulle, tous les droits qu'il pouvait désirer. Il ser&dt difficile de décider, dit M. Hume, si le roi jiouvait retirer autant d'avantages de cette bulle, qu'il pouvait en prévoir d'inconvéniens, endéc^ lant ainsi Ini-mème l'invalidité de ses droits, et on invitant le pape à prendre un ascendant aussi dangereux sur les souveniiiis.

Après avoir épousé LlLsabelti, il auiait dii nm- i

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lesprii de fac- foodrc SCS (Irolts avec ceux de la reine, et saisir

tioR qni sstei- '

^*"' cette occasion pour achever d'éteindre les haines

qui divisaient encore les deux partis. 11 ne fallait que les favoriser également; mais, peu maître de ses passions, il ne sut pas seulement voiler l'antipathie qu'il sentait contre les partisans de la maison d'York. Il les persécuta ; il affecta pour les humilier d'élever leurs ennemis. Ainsi il devint sur le trône chef de faction , et il força ses sujets à former un parti contre lui : cette conduite toujours imprudente, l'était surtout pour Henri, qui n'ignorait pas combien la maison d'York était chère au peuple. Il en vit les effets dès la seconde année de son règne.

sin.nei,onie 11 avait fa^t cnfermeF dans la tour de Londres

faoxWarvick.

Warvick, prince de la maison d'York, mais dont la jeunesse et les droits éloignés ne devaient pas donner d'inquiétude. Un bruit sourd s'étant répandu que Warvick s'était échappé de sa prison ^ le public reçut cette nouvelle avec empressement, et la crut vraie, parce qu'il désirait qu'elle le fût. Aussitôt des ennemis du gouvernement profitent de ces dispositions; ils produisent un faux Warvick : Lambert Simnel, fils d'un boulanger, ose jouer ce personnage , et il est couronné en Irlande, pour désabuser les Anglais, Henri n'eut qu'à montrer au peuple le Warvick véritable; il n'en fut pas de même des Irlandais: ils persistèrent dans leur révolte, accusant le roi d'avoir produit

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un imposteilt. ils reçurent ensuile des secoure c|ue leur envoya Marguerite, de la maison d'York , veuve de Charles, duc de Bourgogne; et ils osèrent entreprendre la conquête de rAngletenre : la bataille de Stoke , où ils perdirent leurs che(s et quinze mille hommes, ruina tout-à-fait leur parti. Simnel , alors trop méprisable pour donner de rinquiétude, passa du trône dans la cuisine du roi , où on l'employa aux plus bas services.

La facilité avec laquelle l'imposture de Simnel avait d'abord réussi, fait von* combien on était mécontent du gouvernement; mais la nécessité où l'on avait été de recourir à un moyen extraordinaire, montre aussi combien il était difficile de |)orter le peuple à la révolte. Cependant on n'en imaginait pas alors de meilleurs , et on tenta de l'employer une seconde fois.

Dans le dessein de faire revivre le duc d'York, p«rk«.M it

fan d.c

que Richard III avait fait périr, on jeta les yeux sur Perkin Warbcc, qu'on jugea propre à jouer ce personnage. Ce jeune homme , qui était fils d'un Juif converti, avait été tenu sur les fonds par Edouard IV. Depuis, errant de contrée en contrée, d'aventure en aventure, de métier en métier, il s'était formé à toute sorte de rôles; il avait de l'esprit , des manières nobles , et une figure intéressante.

Marguerite, duchesse douairière de Bourgogne, qui tramait toute cette intrigue, engagea

d'York.

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Charles VIII , alors en guerre avec Henri , à donner asile au prétendu duc d'York. La conduite de Perkin en France , et l'accueil que la cour lui fit , accréditèrent le mensonge. Tout retentit bientôt du mérite du jeune prince : on se racontait ses malheurs ; on se nourrissait de l'espérance de le voir rétabli sur le trône de ses ancêtres : tout le monde s'intéressait à sa fortune; et la renommée ayant porté cette nouvelle en Angleterre avec des exagérations, comme elle fait toujours, on y fut encore plus crédule qu'en France , parce qu'on avait plus d'intérêt à l'être : quantité de gentilshommes anglais vinrent offrir leurs services au duc d'Yorck supposé.

Cependant Perkin, forcé de sortir de France, lorsque Charles fit sa paix avec Henri , se réfugia en Flandre auprès de Marguerite. Cette princesse affecta de ne pouvoir ajouter foi au roman de ce jeune homme. Elle ne voulait plus croire légèrement , disait-elle , depuis qu'elle avait été trompée par Simnel. JElle parut; chercher des preuves, elle voulut faire cet examen en présence de sa cour : elle entra scrupuleusement dans le détail des plus petites circonstances : étonnée enfin de la vérité qui la frappait, elle reconnut, dans Perkin, son neveu, le fils d'Edouard IV, le seul héritier des Plantagenets.

Cette scène, adroitement jouée, ne laissa plus de soupçons. L'Angleterre reçut avec avidité l'hiii-

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toirc de la délivrance du duc d*York. Ixr |H*uplc crut, parce qu'il aime le merveilleux; la noblcs!ie, parce qu'elle était mécontente; et la conspiration se formait déjà.

Henri co mmença par constater la mort du véritable duc d'York; il répandit ensuite des espions qui , feignant de s attacher à Perkin , entrèrent dans toute sa confidence. Par ce moyen les conjurés furent découverts, arrtHés, convaincus, punis , et l'Angleterre fut (létrom|>ée. L'inij>osteur osa cependant faire ensuite de nouvelles tentatives ; mais elles le conduisirent à la potence.

Deux conspirations dissipées affermirent Henri '^••«•"r sur le trône. On se lit la plus grande idée «le la t'iSTi^ politique avec laquelle il avait dévoilé des impostures où toute l'Europe avait été trompée ; et on n'osa plus remuer contre un prince vigilant, ferme et sévère.

Plus craint, il en fut plus absolu. Ce|)eudant »'.. i^'

naturellement soupçonneux , il le devint encore J^^l.*!.' par les efforts mêmes qu'il fit pour se ra.ssurer ; wT'* €9r^ n'ignorant pas qu'on le regardait comme un usurpateur, et qu'il avait aliéné une partie de ses sujets, il imagina d'écarter ses craintes ea it faisant craindre tous les jours davantage : il ne sentit pas qu'on se met dans la nécessité de craindre soi-même, lorsqu'on ne règne que par la terreur; et que, quand même tout tremblerait on se figurerait encore des sujets ile craiule. Aua&i

(isme

son inquiétude croissait avec son fils, parce que cet enfant avait plus de droit que lui à la couronne. Il faut gagner la confiance et l'affection de ses peuples ; c'est le vrai secret de se rendre absolu.

Son avarice Qu cût dit Quc , sc rcgardaut sur le trône comme

cl son (îespo- A *->

en passant, Henri amassait des richesses pour un temps où il ne régnerait plus. H était d'une avarice insatiable; il accumulait pour accumuler. Non content des subsides que ses parlemens ne lui refusaient jamais, il vendit plusieurs fois la paix à la France , quoiqu'il eût été payé de ses sujets pour faire la gueri'e. Il mit des impositions arbitraires sous le nom de don gratuit. Après avoir fait servir les formalités de la justice à l'oppression des riches , il en abandonna bientôt jusqu'à l'apparence; autorisant ses ministres à faire arrêter les citoyens qu'ils jugeaient à propos , et à leur vendre ensuite la liberté comme une grâce. En un mot, ce règne fut celui des vexations. liC despotisme prit la place des lois ; et le souverain ne parut occupé que des moyens de s'enrichir en dépouillant son peuple. Henri mourut en 1 509 , laissant à ses successeurs une puissance dont ils abuseront, et qui leur sera tôt ou tard funeste. C'est en quoi son règne est une époque.

On apprit avec une joie indécente la mort de

On espcrail «Jieuxdo Henri

mieux ao rienri • . •. i . 11

VIII, mais sans cc pruicc, ct OU sc Dromit des temps plus heureux

fondement. * ^ * ^ *

sous le règne de son fils. Cependant la beauté du

MODF.RNK. fH>7

jeune roi, sa vivacité, son adresse vi svs grAces en étaient les seuls gara iis; mais \v \H'\ip\v se laisse facileinent séduire aux qualités extérieures et superficielles.

Henri VIII , âgé de dix-huit ans, n'avait auanie connaissance des affaires publiques, parce que son père, soupçonneux, avait eu soin de len tenir toujours éloigné. Néanmoins il n^était pas ignorant. Les progrès qu'il avait faits dans les belles-lettres faisaient présumer qu'il réussirait dans toute autre étude. On ne pouvait pas prévoir qu'il se livrerait à des controverses bien étranges pour un roi, et qu'il ne serait bientôt qu'un mauvais théologien. Dans un siècle où des moines osaient entreprendre de réformer l'Église, il était bien à craindre qu'un roi absolu prît sur lui cette réforme. Si cet esprit trop ardent , qu'on se flattait devoir être tempéré par l'âge, s'échauffait au contraire par les contradictions , il ne pouvait manquer de dégénérer en fanatisme; et le fanatisme, dans un prince dont le pouvoir est illimité, pouvait-il ne pas f^Hxluire la tyrannie? Réunissant en lui les titres des maisons d'York et de Lancastre, il éteignait enfin deux vieilles factions; il en devait foire naître de nouvelles et de bien plas dangereuses.

La comtesse de Richemond, sa grand'mère , vivait encore. Cette femme prtHlente, à laquelle il eut la sagesse «le déftTer, lui fit composer son conseil des hommes qui, ayant acquis Ui connaisr

iiiliniJH » .

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sance des affaires sous le dernier règne, avaient le moins mérité la haine du peuple. Fox, évêque de Winchester, secrétaire du petit sceau , et le comte de Surrey, trésorier, eurent le plus de part à l'autorité. Tous deux avaient flatté l'économie du feu roi, le premier par caractère, le second par politique. Fox s'opposa donc aux dépenses dans lesquelles le jeune Henri était entraîné par ses passions ; et Surrey au contraire ne cessait d'applaudir aux dissipations de ce prince.

C'est un axiome généralement reçu dans les cours, que le grand art d'un ministre est de ne trouver rien d'impossible, quand il s'agit d'amuser le souverain. Mais, Monseigneur, ces ministres habiles aux yeux des courtisans, sont des fléaux aux yeux du peuple. Ils ourdissent la honte et les malheurs d'un roi qu'ils forment à la tyrannie. Henri aura bientôt dissipé tous les trésors de son père,; il faudra mettre de nouveaux impôts pour donner de nouvelles fêtes ; et ses sujets gémiront, tandis qu'il ne sera dans ses plaisirs que le jouet d'un ministre qui le gouvernera pour l'immoler à son ambition.

Il s'engage în- Cc pHucc mouta sur le trône dans le commen-

cons'dérémcnt ^ il- I /^ 1 •

dans la ligue ccmcnt dcs gucrrcs que la ligue de Cambrai avait

qui se forme O J. O

contre Louis allumécs. Ccttc coujoncturc était des plus favorables. Riche, absolu dans un royaume tranquille, il pouvait être acteur ou simple spectateur ; faire pencher la balance à son choix par son alliance,

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recherchée des deux partis, et ne pn»n(lrc les armes que pour on retirer des avantages. Mais, inconsidéré par caractère, autant que par défaut d'expérience, jaloux de mériter le titre de roi très-chrétien, que Jules lui oflirait, impatient de prendre la défense du saint-^iége contre des ennemis qu'il appelait impies, et s'eni>Tant déjà de ses prétentions sur la France, il entra témérairement dans la sainte ligue; c'est ainsi qu'on nommait la ligue formée contre Louis XII.

Il concerta le plan de cette guerre avec Ferdi- a«»«i»«i«^nand, qui n'eut pas de peine à le tromper. Ses ,.,i^,^ÎT5. troupes , débarquées à Fontarabie , devaient être '*^* jointes par celles d'Espagne , et le rendre maître de la Guienne; elles servirent seulement à faciliter au roi catholique la conquête dii royaume de Navarre.

Lorsque les intrigues de Léon eurent détaché w »«»t» à— Maximilien de l'alliance de Louis, Henri entra fTirTiUrC avec la même confiance dans la nouvelle ligue h*** qui se forma. Au commencement de juin i5i3, il descendit à Calais, comptant sur ses armes et sur ses alliés. Vingt-cinq mille Suisses se préparaient à faire une diversion en Bourgogne, excités par l'argent qu'il leur avait envoyé, et par la haine qu'ils avaient alors contre la France; Maximilien, à qui il avait aussi donné de l'argent, promettait des secours considérables; en un mot il semblait que Louis ne pourrait jamais résister à tant d'en-

nemis. Mais les Suisses remplirent seuls leurs engagemens; et l'empereur continuait toujours de n'entrer clans les confédérations que pour profiter de l'argent et des forces de ses alliés. Il n'en pouvait pas trouver de plus propre à ses vues. Aussi ne donna-t-il que fort peu de soldats; et, bien assuré qu'en flattant la vanité de Henri, il serait réputé avoir fait au delà de ses promesses , il joignit lui-même l'armée, et il voulut n'être qu'un des soldats de ce prince. Ce soldat, à cent écus de paie, fut respecté par son général, et dirigea toutes les opérations de la campagne.

Victoire de La jouméc des éperons, ou la bataille de Guit

Guinogatc, l i ii i

negate, dans laquelle les Français, mis en déroute , firent usage de leurs éperons plus que de leurs armes, fut un commencement aussi brillant pour le roi d'Angleterre qu'effrayant pour Louis ; mais ce ne fut que cela. Henri , vainqueur à la tête de cinquante mille hommes, porta la désolation jusqu'aux portes de Paris; cependant, lorsqu'il pouvait profiter de ce moment de terreur pour achever la ruine de l'armée française, il revint au siège de Térouane, place peu importante, et laissa à ses ennemis le temps de se reconnaître. Henri n'en Cc u'était pas l'intérêt de Maximilien que Henri

sait pas profi- a i t^ .. , . .

t" conquit la France ; il lui importait seulement que

ce roi, dont le voisinage était moins à redouter, eût sur les frontières quelques places qui couvrissent la Flandre contre les entreprises des

MOORRNK. 5ll

Français. Il lui conseilla donc le siège de Toiiniai. Un prince ne doit compter sur ses alliés qu autant qu'ils ont les mêmes intérêts que lui; c*eit ce dont Henri ne se doutait pas. Il vit une conquête dans l'acquisition de Tournai , et il ne remarqua pas qu'il en laissait écliapper de plus grandes. La prise de cette place finit une campagne plus dispendieuse que glorieuse; mais les succès n'en furent que plus exagérés par les courtisans, qui voulaient flatter le roi d'Angleterre.

Les Suisses ne firent rien en Bourgogne. Louis i«, de la Trémouil le, hors d'état de défendre cette pro- ^'^^^^ ^-•;»»

vince, leur fit des propositions, et ils furent assez simples pour les écouter, sans examiner seulement s'il avait pouvoir de traiter avec eux. La Trémouille leur promit tout ce qu'ils exigèrent , trop heureux de s'en débarrasser, et bien assuré d'ailleurs qu'il serait désavoué.

Le roi de France , à qui les dangers de la der- um tdt b niere campagne faisaient sentir le besoin de la fjJXUiT paix, saisit habilement le moment de négoder, et de réparer ses fautes. Léon n'y était pas CODtraire. Depuis que Louis avait perdu le Milaaiis, il était de son intérêt de rétablir l'équilibre, et de rompre par conséquent une ligue qui temiait à rendre Maximilien trop redoutable. IjC roi d'Espagne, vieux et infirme, n'avait plus la m^roe ambition , et se trouvait trop heureux de |K>uvoir jouir dans le repos des provinces qu'il avait ac-

quises. Enfin Maximilien, toujours avec des projets et toujours sans ressources, était d'un caractère à écouter toute proposition où il verrait quelque avantage. Louis offrait donc à ces deux princes de marier sa fille Renée avec Charles ou avec Ferdinand , leurs petits-fils , promettant de céder pour dot ses droits sur le Milanais. La négociation eut tout le succès qu'il avait espéré. Les articles Léou avait désiré la paix. Il l'avait faite lui-

de cette pncifi- a i ' i -r* *9'1 1**

cation donnent memc avcc Ic roi de rrance; mais, s il souhaitait

de l'inquiétude

à Léon X. q^g Louis ne fût pas en état de faire valoir ses droits sur le Milanais, il eût encore voulu qu'il ne les eût pas cédés à des princes dont il prévoyait la puissance. Cette cession lui donnait de l'inquiétude.

Henri VIII, Hcuri uc put pas contenir son indignation, lors-

sps f mésTfau qu'il apprit le traité que ses alliés avaient fait

la paix avec la *• *^ *•

l'r.nce. rj^yçQ Ijj Fraucc. Voyant évanouir tous les succès

qu'il se promettait , et dont ses flatteurs étaient les garans, il cria à la trahison, il jura de se venger. Le duc de Longueville, alors prisonnier en Angleterre, l'entretint dans ses dispositions; il lui rappela la mauvaise foi de Ferdinand , il lui montra l'inconstance de Maximilien , et il lui fit entrevoir une alliance plus avantageuse et plus sûre avec Louis, dont la probité était reconnue. Le roi de France, à qui Longueville apprit que Henri ne montrait pas d'éloignement pour la paix, approuva les démarches que le duc avait faites,

MODERIIR. 'il 3

et lui donna potivoir de conclure. î.r tr.utc fut bientôt fait; on le scella même du maria^^c de Ixiuts avec Marie , sœur du roi d^Angleterre.

Après avoir vu la conduite de Heqri avec les autres puissances, il est temps de considérer son administration dans Tintërieur du royaume.

Le fils d'un boucher gouvernait alors TAngleterre. Thomas Wolsei, c'est ainsi qu'il se nommait, devenu sous le dernier règne doyen de Lincoln et aumônier du roi, s'ouvrit sous Henri VllI un chemin à la plus grande fortune. Admis à la familiarité de ce prince, il en flatta les passions, c'est-à-dire qu'il en gagna la confiance parmi les plaisirs auxquels il l'excitait. Il saisit tous les momens de lui rendre suspects ceux qui avaient part à l'administration. Il lui ^^ rem^trquer les jalousies qui les divisaient ; il lui représenta qu'ayant été mis en place par son père , ils ne tenaient rien de lui, qu'ils ne pouvaient lui être attachés, et qu'ils prendraient peu à peu d'autant plus d'ascendant , qu'il paraîtrait avoir besoin d'eux. '

De ces réflexions Wolsei concluait que le parti le plus prudent pour le roi serait de donner toute sa confiance à un homme qui lui dût sa fortune; et il désirait que le ministre choisi aimât les plaisirs , afin qu'il sût faire de l'art de gouverner un amusement sans travail et sans ennui. Henri goûfa ces conseils , et choisit pour ministre celui qui le&

lui donnait.

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