II
WatOTi
5l4 HISTOIRE
Il go .vcrnait Wolscî siit bieiitôt écartcF tous ceux qui étaient
seul. Son carac- *
*"*• dans le ministère. Il leur donna des dégoûts qui
les engagèrent à se retirer; et, réunissant en lui tous les départemens, il resta avec toute l'autorité. On loue son impartialité, son équité, son jugement, sa pénétration et la connaissance qu'il avait des lois. Mais l'histoire le présente avec une ambition insatiable, avec un faste encore plus grand , et avec une âme toujours prête à sacrifier son maître à ses vues intéressées. Léon , qui connut le crédit et le caractère de ce ministre, se bâta de le faire cardinal.
condiri.e a- Pcndaut que Henri se partageait nonchalam-
droitedececar< i • • 11111
dinai. ment entre les plaisirs et les belles-lettres , Wol-
sei , qui entrait dans ses lectures et dans ses amusemens, se chargeait seul du faix de l'administration : il avait seulement soin de ménager l'amour-propre du roi, et de lui cacher par des soumissions affectées l'ascendant qu'il prenait, et qu'il lui a.vait fait redouter dans les autres.
Henri, jaloux Frauçois I" régnait alors en France, et, moins
de MarTgX* " poliliquc que Wolsei, il prenait hautement un ascendant marqué sur tous les princes. La jalousie de Henri se réveilla au bruit des armes du vainqueur de Marignan , car il se croyait surtout fait pour la guerre.
Qui n'» p» Le cardinal , offensé contre François dont
mn.ig o- .j ^^^j^ essuyé un refus, alluma de plus en plus ces sentimens jaloux, et entreprit de faire
de son luaitre rinstruroent de sa vengeance.
11 fallait cependant un prétexte pour prendre v»i^ ««m les armes. On crut le trouver dans ({uelqnes liai- ^ *• '"*»* sons de la France avec TËcoflAe, ennemie naturelle de l'Angleterre. Aussitôt on offre à Maxtmilien des sommes considérables pour l'engager k £ûre une entreprise sur la lx>mbardie. L'empereur ne se refusait jamais à de pareilles propositions. Il prit l'argent , passa les Alpes, fut repoussé devant MilaQ , fit la paix avec le roi de France, la vendit aux Vénitiens, et revint en Allemagne.
Henri avait donc perdu son argent et un allié, iw«fM,4 k et il n'attendait de secours d'auctm prince. Fer- '"*' dinand le Catholique ne pouvait plus songer qu*aa moment où il aurait à rendre compte d'une longue suite de succès et d'infidélités. L'archiduc Charles, son héritier, n'avait garde de se brouiller avec la France, qui aurait pu le troubler à la mort du roi d'Espagne. Enfin les Vénitiens étaient alliés de François, dont l'ascendant contenait jusqu'au pape même. Henri, forcé de renoncer à la guerre, revint donc aux lettres et aux plaisirs.
Sur ces entre&ites Ferdinand mourut. François, au mm* à qui l'agrandissement de Charles donnait de Tin- ** *^^*^* quiétude, connut alors combien il lui importait ^f** *^ de renouveler son alliance avec le roi d'Angleterre, ou plutôt avec Wolsei; car c'était avec le ministre qu'il fallait traiter. L'amiral Bonnivet fut chargé de cette négociation. Adroit, insinuant «
il sut flatter l'orgueil du cardinal : il !ui témoigna combien le roi regrettait de n'avoir pas cultivé l'amitié d'un homme dont il faisait autant de cas: il rejeta les torts qu'on avait eus avec son éminencesur des mal entendus qui pouvaient se réparer, et il mania si bien cet esprit plein de vanité, qu'il lui persuada de se déclarer ouvertement pour une alliance avec la France.
11 obtint la Alors François établit une correspondance par-
restilution de . *t 1 • 1 • r» rr •
Tournai. ticulierc avcc Wolseï , lui confiant ses affaires les plus secrètes , et le consultant comme un oracle en politique. Le cardinal, flatté de l'amitié d'un prince le plus grand de l'Europe à tous égards, ne put se refuser au désir qu'avait le roi de France de recouvrer Tournai, et la restitution en fut faite en 1 5 j 8. Et, afin de colorer cette cession aux yeux des Anglais, cette ville fut donnée pour dot à Marie, fille de Henri, dont on atréta le mariage avec le dauphin.
François continuant de caresser le cardinal , l'appela son père, son tuteur, son gouverneur : c'est qu'il voulait encore obtenir la restitution de Calais. Cette négociation extraordinaire était entamée, lorsque Maximilien mourut au commencement de i5ïg.
Arcngieraent Hcuri u'iguorait pas le commerce de son ministre avec le roi de France : mais, bien loin d'en prendre ombrage , il s'applaudissait de donner sa confiance à un homme dont on recherchait les
li négociait celle de Calais.
de Henri VlII.
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lumières. Il eut encore le plaisir de roniiailrec|ue sou clioix était agréable k la cour de Rome; car I .éon uomma Wolsei son légal en Angleterre. Nous verrons combien Henri était aveugle et inconsidéré.
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