LIVRE HUITIÈME
Des lettres dans le moyen âge.
Chap. — 1®'. Comment les Arahes ont cultivé les sciences.
Page 219.
Ignorance des Arabes vers les temps de Mahomet. Ils cherchent à s'instruire sous les Abassides. Le khalif Mamoun attire les savanS) fait des collections de livres, et fait traduire les plus estimés. Les Arabes ont des écoles. Ils lisent les anciens dans de mauvaises traductions. Ils adoptent Aristote sans pouvoir Tentendre. Ils croient l'entendre, et ils forment soixantedix sectes différentes. A force de subtilités, ils concilent leur péripatétisme avec l'alcoran. Ils s'appliquent à la dialectique, à Ift m^édecine , à la géométrie et à Tastronomie. Ils ont nui aux progrès de l'esprit humain.
Chap. ii. — De Vctat des lettres chez les Grecs depuis le sixième siècle jusqu'au ciuinzième. Page 226.
Progrès de l'ignorance dans les sixième et septième siècles. T)e toutes les sectes d'Alexandrie, le platonisme conserve seul quelques sectateurs. La dialectique d'Aristote est adoptée par le* catholiques. Abus de cette méthode. Ruine des lettres chez les Grecs dans le huitième siècle. Léon l'Isaurien y contribue. Bans le neuvième et dans le dixième siècle, les sciences font quelques progrès parmi les Grecs.
Chap. m. — De l'état des lettres en Occident depuis le sixième siècle jusqu h Charlemagne. Page 23o.
Ruines des écoles en Occident. Impuissance où étaient les
DE L'HnTomt MODKRifiiy^trv. VIII. 547
peupU s de cultiver les lettre». On croyait à l'attrologie judiciaire. Mais parce que les chrétiens avaient les astrologues en horreur, ils proscrivirent toutes les scienc«s. Le pape saint Grégoire croyait les éludes profanes contraires à la religion. Ruine de la bibliothèque du temple d'Apollon Palatin. L'autorité de saint Grégoire a dà être funeste aux lettres. Il n'y avait plus que des compilateurs et des copistes ignorana. Les écrivains ecclésiastiques n'étaient pas plus éclairé*. L'ignorance est à son comble dans le huitième siècle.
Chap. IV. — De l'état des lettres en Occident depuis Chartemaçncjusqu^à la fin du onuènte siècle. Page a36.
Les grands hommes se forment tout seul». Ignorance de Charlemagne. Il apprend à écrire. Alcuin son précepteur. Soin de Charlemagne pour relever les anciennes écoles. Il en fonde de nouvelles. Mais on n'était pas capable de remonter aux meilleures sources. On suivait au hasard de nouveaux guides. Un des meilleurs eût été saint Augustin. Les nouvelles écyles étaient trop mauvaises pour dissiper l'ignorance. On ne s'y faisait que des idées vagues des choses qu'on croyait enseigner. Cours d'études. Point de livres classiques. U ne lortait des écoles peu fréquentées que de mauvais ehantrea et de méchans diidectiriens. Dans le neuvième siècle, les écoles tombent encore. Pourquoi. La manie de la dialectique y multiplie les disputes et les erreurs. Le platonisme s'y introduit avec toutes ses absurdités. Sur la fin du neuvième siècle, Alfred protège les lettres en Ajigletcrre. Malgré la protection des Othons» le dixième siècle est le plus ignorant , eoflune le plus corrompu, et on proscrit las sciences, parce qu'on i>en»e qu'elles corrompent les mœurs. Dansie onxième, l'abus des indulfaacea f et les prétentions du sacerdoce entretiennent l'ignorance qui leur est favorable. Cependant le» abus qu'on veut défendre font cultiver la dialectique. •
55o TABLE DES MATIÈRES
dans Aristote qu'ils n'entendaient pas, et multipliaient le* questions sans les résoudre. Il n'y eut plus que des probabilités en morale. Abus qui en naîtront. Quel devait être l'objet de la politique. On était incapable de le connaître. Les scholastiques cherclient la politique dans Aristote. Ils subtilisent en défendant mal les meilleurs droits. Il se faisaient de fausses idées du droit civil et canonique , où ils puisaient les principes du dernier. Combien ils raisonnaient mal d'après l'Écriture. Combien il était difficile qu'on fît de meilleures étédes. Les esprits les mieux intentionnés étaient trop ignorans pour les réformer. La cour de Rome, qui s'était arrogé l'inspection sur les universités, ne voulait point de réforme. Pour bien étudier, il aurait fallu commencer par où les scholastiques finissaient. Observer avant de se faire des principes généraux. Étudier d'abord la physique ; puis la métaphysique; ensuite l'art de raisonner, enfin l'art de parler. En effet il faut bien parler et bien raisonner avant d'en apprendre les règles. L'histoire de l'esprit humain prouve qu'il n'y a pas d'ordre plus propre à rinstruction. Les scholastiques divisaient trop les objets de nos connaissances. En Grèce on cultivait à la fois tous les arts et toutes les sciences. Les étudier tout-à-fait séparément c'est nuire aux progrès de l'esprit. Voilà pourquoi nous n'avons que de mauvais livres élémentaires. Il y a donc des études qu'on ne doit pas séparer, quoiqu'elles paraissent avoir des objets différens , mais on s'est obstiné à diviser sans fin. De sorte qu'on ne trouve nulle part des choses qu'il faut étudier en même temps. Les meilleurs esprits , subjugués par les préjugés , ne remontent pas à la source de cet abus.