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LIVRE NEUVIÈME

De l'Italie.

Chap. 1®'. — Des principales causes des troubles de l'Italie.

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L'Italie pins troublée qu'aucune autre province. L'amour

DB l'hiSTOIRK MODEHNIi, UV. IX. SSf

de la liberté y causait des desordres. L'amhi tinn dr^ |>apc» rn causait de plus granda. Les Lombards abolissent la royauté , et créent trente ducs. Ils rétablUicnt des rot» qui régnent parmi les troubles. I.ongin avait créé des ducs. Première cause des trouble» de Tllalie. La piiisMnce de» pa|>es rommence avec les troubles. Pépin et Cbarleinagne accroissent cette pui&sance. Klle s'accroît encore par la faiblesse de leurs successeurs. Après la déposition de Charles le Gros , K\% troubles sont plus grands que jamais : et les papes sont continuellement entraînés d'un parti dans un autre. Otbon I fait respecter sa puissance et la laisse à ses snccessears. Cependant le cabne n'était jamais que passager. Le clergé élevé par les Othons devient ennemi des erapereurs.Dans ces circonstances les empereurs ont de nouveaux ennemis dans les Normands qui s'établissent en Italie. Circonstances favorables à l'ambition de Grégoire VII. L'audace de ce pape fait une révolution dans les esprits. Combien alors il était difficile aux deux Frédérics de défendre les droits de l'empire. Les factions guelfes et gibelines augmentent les désordres. Après (Conrad IV, temps d'anarchie favorable aux usurpations. Il se forme des confédérations , et des villes pensent à se goaveriMr.

Chap. II. — Considérations générales sur ce qui fait Im farté ou la faiblesse d'une république. Page 3i5.

L'égalité est le fondement d'une bonne républi^M. Inégalité odieuse et destructive. Il y a une padvretc qui oontribac à la prospérité des états. L'opulence est ruineuse, lorsqu'elle est le fruit de l'avidîté. Elle produit le luxe , qui consiste moins dans l'usage des richesses, que dans un travers de l'imagination. Maux que produit le luxe. C'est en observant les mauvais gouverneroens qu'on en peut imaginer de metltefnrs. L'ambition peut être utile ou nuisible à l'état. AmbitioB utUe. Ambition nuisible. I/égalité fait les bonnes morurs. Ut bonnes mœurs font les bonnes républiques.

C>i>2 TABLE DES MATIERES

Chap. III. — Jdee générale des républiques d'Italie. Page SaS*

Il ne pouvait pas se former des républiques dans le royaume de Naples. Il était difficile qu'il s'en formât dans la Lombardie. L'état ecclésiastique était exposé à tous les désordres que causait l'ambition peu raisonnée des papes. Il devait s'y former des principautés. Il s'y forma des républiques pendant la résidence des papes à Avignon. C'est en Toscane qu'il: devait se former des républiques. Mais elles devaient être continuellement agitées. Elles voulaient être libres, sans savoir ce qui constitue la liberté. L'égalité est le fondement du gouvernement républicain. Les Romains n'ont été puissans, que parce qu'ils tendaient à l'égalité. Les Italiens n'ont jamais connu l'égalité. Le gouvernement féodal, elles richesses apportées par le commerce , en avaient effacé toute idée. Il n'en restait aucune trace dans les provinces où il y avait beaucoup de gentilshommes. Dans la Toscane , où il y en a moins, il se forme des républiques ; mais elles sont troublées parce qu'il y reste encore des gentilshommes. Elles sont toutes commerçantes. Elles n'ont que des troupes mercenaires. Combien il leur en coûte pour se défendre. Le commerce suscite entre elles des guerres ruineuses. Elles se ruinent même avec des succès. L'argent est pour elles le nerf de la guerre. Elles ont dès leur établissement tous les vices des républiques corrompues. Pourquoi les républiques de Suisse et d'Allemagne étaient moins mal constituées.

Chap. iv. — De Venise et de Gènes. Page 334-

Commencement de Venise sous la protection des Padouans. Gouvernement des douze tribuns. Pépin, fils de Charlemagne, protège Venise. La trop grande puissance du doge occasione des troubles continuels. Nouveau gouvernement qui la limite. La démocratie se change en aristocratie sous le doge Pierre Gradenigo. Conspirations des familles qui ont perdu leur part à la souveraineté. Conseil des dix pour prévenir ces conspira-

DE l/niSTOniR MODERlVr, MV. IX. 553

(ions. Inquisiteurs dVtat établit pour ta mémt fin. Combicfi CCS moyens sont absNjrdcs, ri « • -^ à la Iran-

quillilé publique. Le gonvcrncin ^ rmitcnban-

nissant les mœurs. Totf jours soupçonneux, il n'a pasdedtoyens memrparinilosnoblrs.il Ti >nt .in défi •< • %'»(f»t-

blissant au dehors. Le au s saç,cs. Lr i •'grand

( onscil. La manière dont les magistratures se combinent met une b.irricrc à Tambition, et assujettit la republique à un plan dont elle ne peut s'ëcnrter ; mais ses opémtions en sont plus IcnteS) et il lui est presque impossible de faire les changemens que les circonstances demandent. Erreur de Machbvel sur l'aristocratie de Venise. La noblfs^e de Venise est bien différente de la noblesse féodale. Gènes est une aristocratii, qui ne pouvait s'ëtablh* sur des principes fixes. Pourquoi. Puissance de Venise et de Gènes sur mer. Les croisades contribuent à ledr puissance. Conquêtes des Vénitiens. Les Vénitiens et les Génois se ruinent mutuellement. Mais les troubles domestiques sont funestes aux Génois. Conquêtes des Vénitiens en Italie. Les succès de ces républicains n'ont rien de surprenant Ils étaient ruineux pour leur commerce. Ils ne les devaient qu*à la faiblesssc des autres peuples de l'Europe.

Chap. ▼. — Des révolutions de Florence. Page 35a.

L'histoire de Florence est intéressante. Les Florentins sont long-temps avant de prendre part aux querelles du sacerdoce et de l'empire. Commencement des dissensions. Faction des Buondclmonti et faction des liber ti. Les Uberti sont protégés par Frédéric ILIlsprennent le nom de gibelins, et les Boondelmonti celui de guelfes. A la mort de Frédéric, ces deux filetions se réconcilient pour donner la liberté i Florence. Doua* anciens ont le gouTcmement de la république. Cootane singulière des Florentins. Leurs progrès dans dix ans dt calme et de liberté. Mais le peuple rallume Tesprit de faction en se jetant dans le parti des gtielfes. Conduite de Benoit Xll et de Frédéric II pour entretenir cet esprit. Le» gibelma sont chassés de Florence. Ils chassent i leur tour les guelle». Ceiu*

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ci appelés à Parme en chassent les gibelins. Ils sont soutenus par Charles d'Anjou, et les gibelins rendent l'autorité au peuple de Florence, qu'ils veulent gagner. Les Florentins tentent d'assurer leur liberté. Les gibelins conspirent, et sont forcés à se retirer. Trois classes de citoyens dans Florence. Création des douze bons hommes et de trois conseils. Ce nouveau gouvernementne peut empêcher les violences des guelfes. C'est pourquoi les bons hommes rappellent les gibelins. Les papes continuent à nourrir l'esprit de faction. Nouveau gouvernement qui exclut des magistratures toute la noblesse. Mais la seigneurie est trop faible contre les entreprises des gentilshommes. Moyens qu'on emploie pour lui donner plus d'autorité. Trouble* qui en naissent. Ils sont apaisés. Progrès des Florentins malgré leurs divisions. Factions blanche et noire. Les noirs sont chassés, et quelques-uns des blancs à qui on permet de revenir. Charles de Valois entretient les dissensions. Les désordres sont plus grands que jamais. Les Florentins se donnent à Robert, roi de Naples, pour cinq ans. Royalistes et anti-royalistes. Différentes révolutions dans Florence. Sage proposition des Florentins aux peuples qui avaient été leurs sujets. Partage de l'autorité entre les nobles et le peuple. Les nobles voulant commander seuls, restent sans autorité. Leurs efforts pour recouvrer l'autorité. Ils ne se relèvent plus.

Chap. VI. — Considérations sur les causes des dissensions de Florence. Page 37a.

Lors de la fondation de Rome , on pensait que tous les citoyens devaient jouir des mêmes droits. On pensait bien différemment lorsque Florence tenta de, se gouverner en république. Les patriciens ne pouvaient pas imaginer de se fortifier dans des châteaux ; ni les plébéiens de prendre les armes contre les patriciens. Ceux-ci cédaient avec espérance de recouvrer , et les plébéiens ne songeaient pas à les dépouiller de toute autorité. Il y avait donc toujours des moyens de conciliation pour réunir les deux partis contre l'ennemi. La politique des Romains, pour contenir les peuples conquis, est un

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effet des circooitancm où ib te tont trout^. A Floranet, «a

contraire, les citadins devAÎenl tout trnliv llcrkt

nobles. 11 ne pouvait y avoir aucuns mo) lialioa.

Ifit factions devaient se multiplier, tt livrer la patrie à Vétranger. Florence ne pouvait employer la même politique avec les villes conquises. Elle est au contraire dans la néccMiti d'acheter des amis et des alliés. Les commcncemens des républiques de Rome et de Florence arrêtaient ce qui devait arriver à l'une et à l'autre.

Cbap. vu. — Continuation des révolutions de Florence.

Page 38o.

Jean Yisconti fait la guerre aux Florentins. DifTérens partis qui couraient Tltali^ Les Albizi et les Ricci fonncnt deua factions ennemies. Ce qtki donne Heu à l'avertissement Aiius qu'on en fait. On y remédie. Les abus recommencent avec plus de désordres. Cinquante-six personne» nommées pour réformer le gouvernement. Différentes guerres. Le pape excommunie les Florentins qu'il n'a pu vaincre. Les deux factions méditent leur ruine. Silvcstro Médici est fait gunfalonier. Il arme le peuple pour faire passer une loi. Désordres que cause la populace armée. Elle obtient que personne ne sera averti comme gibelin. Elle se saisit de toute l'autorité. Elle dispose de tout avec caprice. Michel de a>ando, gonfalonier, se fait respecter. La populace est exclue des magistratures; mais les petits artisans y ont la plus grande ])art. Autant de factions que de classes de citoyens. Après bien des troubles , la première classe prévai|t. Guerre des Florentins avec Galéaa Viaconti. Véri Médici, médiateur entre la seigneurie elles petits artisans. Les Florentins ont la guerre avec Philippe, Bh àù Galéas Yisconti , et avec Ladislaa. Les iropôu qu'il a (alla mettre soulèvent le peuple. Jean Médici n'approuve pas qu'on rende l'autorité aux nobles pour l'enlever aux petits artisans. Sa conduite pour apaiser le peuple qui se soulève contre le» impôU mal répartis. C^me, son 61s, est^Minni. 11 est rappelé. A la tétc des uoittmi di balia, il est maître de U république.

Les partisans de Côme , jaloux de son autorité, font cesser la commission. Mais se voyant moins considérés qu'auparavant, ils l'invitent à reprendre l'autorité. La chose souffrait des difficultés que Côme ne se presse pas de lever. La commission est rétablie, et Côme en est le clief. Neroni engage Pierre, fils de Côme, dans des démarches qui .iliènenl les esprits. Conjuration contre Pierre. Elle est découverte, et l'autorité de Pierre en est plus assurée. Mais il ne peut point apporter de remèdes aux abus. Thomas Sodérini conserve l'autorité aux deux fils de Pierre. Conjuration contre Laurent et Julien. Julien est assassiné. Laurent gouverne avec gloire. Jugement de Machiavel sur la manière dont les Italiens faisaient la guerre.

Chap. VIII. — Comment en réfléchissant sur nous-mêmes , nous pouvons nous rendre raison des temps où les arts et les sciences se sont renouvelés. Page 404.

Les écoles tombent après Charlemagne. On est ignorant et on ne sent pas le besoin de s'instruire. En occupant notre enfance de frivolités, on nous expose à rester enfans toute notre vie. Il faut faire sentir aux enfans le besoin d'exercer les facultés du corps. Il faut écarter tout ce qui peut y mettre obstacle. II faut leur apprendre à se servir euxmêmes. Il faut à plus forte raison leur faire un besoin d'exercer les facultés de l'âme; les instruire comme en jouant , et leur faire un besoin de s'occuper pour écarter l'ennui. C'est déjà savoir beaucoup que savoir s*occtiper. Alors on prend du goût pour des études qui, sans cela, seraient rebutantes. L'étude de l'histoire doit faire sentir le besoin des vertus et des talens. Plus on sent ce besoin , plus on s'intéresse aux grands hommes. Les connaissances naissent et se développent dans tout un peuple comme dans chaque particulier. L'ordre de nos besoins détermine le choix de nos études. La méthode accélère ou ralentit le progrès de nos connaissances. L'ordre le plus parfait est celui qui développe le mieux les facultés de l'âme. En lisant les poêles , un enfant apprend à son insu

DR L HISTOIRE MODrUNE, MV. I\. !ï^}'J

l'art de raisonner. Cett que le goût eti de toute» lr« fiiciilir* de ràroe la première ({irit faut développer.

Ch A p. IX. — De i't'tat lies arU et des tdemces en Italie, depuis te dixième siècle jusqu'à la fin du quinzième. Page f% 1 4.

Pourquoi les écoles étaient tombées dans les neuvième et dixième siècles. La réputation des Ar.ibcs donne la curioMté de s'instrn ire. La considération qu'on accorde tmlettrafaiii^ mente cette curiosité. L'école de Salcrnc devient la plus célèbre. On s'applique jmrticulièrement a la dialectique et à la scholastiqne; à la médecine; à Ujurisprudence, et aux questions qu'élèvent les querelles du sacerdoce et de l'empire. Mais ni l'objet des études ni la méthode ne permettaient d'acquérir de Traies connaissances. Les Arabes qu'on étudiait n'ont fait que mettre des entraves au génie. Les Ict (ni-

vaient pas naître dans les écoles. Elles devaient n.i /.le

peuple qui le premier aurait du goût. Les Provençaux , apréa bien des révolutions, s'enrichissent par le commerce et cultivent la poésie. Ils en répandent le goût chez d'autres peuples et principalement parmi les grands. Les lettres sont protégées à Naples. Mais, quoique cette ville devienne tous les jours plus florissante , la bonne poésie n'y devait pas naître. Pendant longtemps lesVéniliens ne cultivent que le commerce. Ils n'ont iK>ur lois que des usages introduits par lescircfnstance^ Ilst (innaiasent l'abus de la multitude des lots, ^ en ont peu irC

la justice n'était mieux administrée. Leurs lois a \ té-

taient pasassez simples, puisqu'ils avaient besoin < , «n-

sultes. Ils étudient la jurisprudence, et n'en sont pas plusinstruits. Les Italiens, enrichis par le comni- ils.

Us commencent à avoir des historiens. ) les

circonstances où elles paraissaient dévoie lUM des progr^, étaient reUrdées par la protection accordée aux mauvaiMS études. La Toscane en devait être le berceau. A. Florence k» factions mêmes devaient contribuer à la naissance dea arts. Dante. Pétrarque. Bocace. Ceux quiletpreroi-- - ' '-t ^'^•>* le communiquent rapidement. Il paa^e au»

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dans un autre. La prise de Constantinople , bien loin de

porter le goût en Italie , a retardé le progrès des lettres.

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