LETTRE DE JACQUELINE PASCAL
[von leptombro tG57j.
LeUre de la Mère Marie det Anget SuireauK ... Nous avons veu un moment ce malin M. Sini^lin : il nous demanda si on ne pouvoil pas donner asseï de personnes de la Communauté pour travailler à la Roberie, parce que lorsque ce sont des Sœurs du noviciat, on ne leur donne |)as l'ouvrage et les Sœurs qui ont charge d'elles ne leur font pas bien entendre comme il la faut faire ; et aussy que cela donne sujet de croire que l'on se mesfio des Olficieres. Je croy que cVst ma Sœur Ag(nes] qui a dit cela. Je n'eus pas le tema d'en dire toutes les raisons à M. Singlin.
{Réponse de h Mère Angélique.)
[Ma Sctur A. de S, A,]e%\. digne de pitié dans son aveuglement et son arrest d'esprit. Si elle s'estoit connue et accusée sincèrement pour chercher le remède à ses maux, elle auroit fait connoistre qu'on a sujet de se défier d'elle pour son propre bien, et celuy des autres. El je croy, ma chcrc Merc, qu'il vaut mieux que ce soit vous qui en dise les raisons à M. Singlin que moy. J'avoue qu'il a sujet de me tenir pour suspecte, parce que je suis souvent troparrestée à mon sens; mais il me semble que je ne le suis pas en cela. La plainte de cette Sœur est injuste, parce qu'il y a si peu de didicultex à nos habits, qu'il n'est nullement didicile de faire entendre à ma Sœur Euphemie à l'assemblée ce qu'il y faut faire, principalement parce qu'elle' les donne tous dressez; mais c'est qu'elle veut avoir les personnes tout à elle. Et que dans la
I. La lettre qui fuit est écrite par la Mère Marie des Anges Suireau, alors abbesse, et demeurant au monastère de Paris. La Mèra Ajigélique demandait è sea religieuse» de laisser un» grande marge k leurs lettres afin de pouvoir y noter «es réponses. ~> La Mère Angéhque était alon à Pori-Royal des Champs.
a . La sœur chargée de la roberie.
vérité elle n'en est pas capable, non seulement des novices, à quoy il ne faut pas penser, mais mesmes des professes à qui elle fait tort. On le voit à ma sœur Baron qu'elle gouverne entièrement ; et c'est un perpétuel caquet. J'espère que Dieu fera connoistre sa volonté à M. Singlin ; il faut, ma chère Mère, que vous luy parliez, car ce seroit tenter Dieu que de vouloir qu'il luy revelast les choses.
3o janvier 1660*.
... Elle demanda en suite à se confesser et dit à ma S' Euphemie: « on ne me connoist point icy ». Ma Sœur luy repondit : « on ne vous connoist pas mieux à Paris car vous n'y avez point esté malade. » Elle luy dit : « Helas, ma Sœur, ce n'est pas pour le corps que je parle, c'est pour mon ame. a Et comme ma S"" Euphemie luy dit : « n'en soyez pas en peine, vous vous ferez bien connoistre », elle se contenta, et en effet elle parla à M. de Sacy avec une telle ouverture et simplicité qu'il en estoit tout ediBé...
I. Dans celte lettre, adressée, semble-t-il, à la More Angélique de S' Jean, la Mère Angélique raconte la mort de la Sœur Marie de Sainte Luce.