‹ Œuvres. Publiées suivant l'ordre chronologique avec documents complémentaires, introductions et notesChapitre 80 sur 133 · de, dans le texte imprime · texte numérisé non relu

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ii..u:« \ i.ii- iii alléguez qu'on ne se peut figurer un corps si petil qu*on ne lui donne une circonférence, un costé droit, un costé gauche, un dans le haut, Fautre dans le has, et qu'ainsi on le voit toujours divisible ? Que voulezvous conclure par là? Mais que dites-vous du Globe, quand il tourne sur son centre qui demeure immobile P Est-ce quelque chose que ce centre, ou rien du tout ? Si ce n'est rien vos démonstrations se fondent sur une Cliiroere, et vous n'y devez pas avoir beaucoup de foy. Que si c'est je ne scay quoy à sa mode, je n'ay pas phis de peine h me représenter ce je ne scay-quoy rempli que vuide; et néanmoins il faut que je me le figure indivisible, si je veux qu'il soit fixe et sans mouvement quand le Cercle tourne sur son point de milieu. Je croy que l'erreur où vous estes vient principalement de ce que les Géomètres n'ont pas pris garde qu'une chose peut bien eslre matérielle, sans estre un corps ; Car on entend sous ce mot de corps une matière composée de plusieurs parlies, de sorte que la conséquence est bonne que ces parties se peuvent diviser les unes des autres, mais ce n'est pas à dire que chaque partie considérée en elle-même soit divisible? El de fait cette portion de matière qui n'occupe que le centre du Globe si elle a voit des costez ne seroit pas immobile, quand le Globe tourne. Que si vous répondez qu'il n'y a que l'espace qui demeure fixe, et sans mouvement au milieu du Globe ou de la Sphère, vous ne songez pas que vos premiers Maîtres qui croioient vous apprendre quelque chose en vous disant cela ne vous auroient pourtant rien dit, puisque de sa nature Tespace du lieu se trouve inébranlable, et qu'il denicuie éternellement dans le même estât, comme l'espace du temps ne s'arrestc jamais.

Vous sçavez que j'ay décom^ m» <) «n^ 1.^ Mi thématiques

des choses si rares que les plus sçavans des anciens n'en ont jamais rien dit, et desquelles les meilleurs Mathématiciens de l'Europe ont esté surpris ; Vous avez écrit sur mes inventions' aussi-bien que Monsieur Huguens, Monsieur de ^[Fermai] et tant d'autres qui les ont admirées. Vous devez juger par-là que je ne conseille à personne de mépriser cette Science, et pour dire le vray elle peut servir pourveu qu'on ne s'y attache pas trop ; car d'ordinaire ce qu'on y cherche si curieusement me paroist inutile; et le temps qu'on y donne pourroist estre bien mieux employé. Il me semble aussi, que les raisons qu'on trouve en cette Science pour peu qu'elles soient obscures, ou contre le sentiment, doivent rendre les conséquences qu'on en tire fort suspectes ; sur tout comme j*ay dit quand il s'y mesle de l'infini.

Une de nos Reines se plaisoit à faire disputer sur de pareils sujets où jamais on ne s'accordoit, comme si l'oiseau estoit plus ancien que l'œuf, ou l'œuf que l'oiseau, et ses Mémoires^ témoignent bien qu'elle estoit savante, et qu'elle avoit de l'esprit ; mais, supposé que l'oiseau ne puisse venir sans l'œuf, ni l'œuf sans l'oiseau, comment peut-on décider lequel des deux est le premier ?

Les points et les momens sont imperceptibles, qui que ce soit n'en a l'idée bien distincte, et ne les voit bien clairement ; néanmoins on ne laisse pas de les vouloir raporter les uns aux autres dans une extrême justesse, et d'en discourir bien ponctuellement. Nous ne comprenons les points et les momens que de cela seul qu'ils ne sont

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