I.ETTR1BS
quefois sa cause éldigiiée , sa cause prochaine est seulement une corruption ou pourriture de la partie
qui peut provenir d'autres causes que de la circulation qui a été arrêtée , laquelle corruption étant
déjà formée peut empêcher la circulation. Ce que vous dites de la palpitation ne me satisfait point , et je crois qu'elle peut avoir tant de différentes causes , que je n'oserois entreprendre d'en faire ici rénumération. Je ne crois pas non plus que les excréments sortent plus difficilement parles cheveux coupés que par ceux qui ne le sont pas : ces excréments doivent même sortir plus facilement, à moins que les cheveux ne fussent arrachés jusqu'à la racine» et que les pores par lesquels ils seroient sortis ne fussent entièrement bouchés. Plusieurs personnes sentent des maux de téte lorsqu'ils ont les cheveux fort longs. Le remède est de les couper. Je crois qtie la cause pourquoi les cheveux coupés croissent, est que les excréments sortent en plus grande abondance dans le bout des cheveux coupés; Texpérience confirme encore cela, parcequ'ils reviennent plus longs que si on ne les avoit jamais coupés, parceque la grande abondance d*excrémentsqui passent par leurs racines les faitdevenir plus grands. Enlin, je ne crois pas que la convulsion arrive k csivke de Tépaisseur des tuniques, mais seu»' lemeut parceque certaines petites vaiv aies qui sont dans les petits tuyaux des ner& s'ouvrent et se fer^
556 IrVTTRES.
ment contre la règle ordinaire, ce qne la grosserelé des esprits et la lésion de Forgaue peuvent causer , comme une piqûre dans un tendon ou dans on ner£
A M. UËGIUS*.
^Lettre 93 du tome 1. Version.}
MoirsiEDB,
J'ai lu assez rapidement tout ce que vousm'avcï envoyé ; mais cependant j'y ai donné assez d'attention pour croire que de tout ce qui y est contenii il n'y a rien que je condamne. Pour vos thèses, il j a à la vérité bien des choses que je n'entends pas, et plusieurs même auxquelles, en tant que je puis les entendre , je donnerois une autre explication que la vôtre, ce qui ne me surprend pas : car il est bien plus difficile d'expliquer son sentiment sur totites les parties de la médecine, ce qui est du devoir du
' « Cette lettre esteerfeinement de Paiinée mais il y a difliailti
pour le Biois. Cependant, s*il n'y a pas dr fjnte dam la Jclfre, fl constant qne cette lettre est du < oiumtnct nu ut lie decetnJjre; car 51. D»cartes y dit qn'U y a pins de trois mois rjiu l'iiuprcs-^ion de ses JMe<iitations est achevée à Paris.' Or il est constant que cette iiiipr«s&ion«n'a été achevée que If août 1641. Il est aisé die Toir par lè que cette lettre aoroU été écrite le 3 décembre 1641. »
professeur, que de choisir ce qu'on oonnoit dé plus
facile sur cette matière, et garder un profond silence sur tout le reste, commet j'ai fait dans les autres sciences. J'approuve fort votre dessein de ne plus répondre aux questions de M. Silvius. Tout ce que vous pouvez faire, c'est de lui marquer en peu de mots que ses lettres vous font très grand plaisir, que le zèle qu'il a pour la recherche de la vérité vous est très agréable , et que vous le remerciez bien a£fectueusement de vous avoir choisi pour vou^ demander votre avis; mais que vous croyez avoir suffisamment répondu dans vos précé^ dentés à tout ce qui regarde ie mouvement du , cœur , qu'il semble à présent qu'il n'a plus d'autre vue que de continuer la dispute, et passer d'une question à une autre , ce qui iroit à l'infini ; que , vous le priez de l'excuser si vous ne lui répondez plus, parceqiie vous êtes fui t occupé d'ailleurs. En effet, au commencement de sa dispute, où il de* mande si les veines resserrées selon la mesure du sang qu'elles contiennent doivent être dites pleines ou non pleines , il agite seulement une question de nom, et ensuite lorsqu'il demande qu'on lui montre le sang arrêté par le fer , et quelle est la véritable nature de la pesanteur des corps , il remue de nouvelles questions , et telles que les plus ignorants sont en état d'eu proposer en si grand uombre , que le plus' savant homme du monde n'en pour-
55Ô hETXAU».
roil jamais résoutlre clans tout le cours de sa vre. Quand , de ce que k sang peut sauter des veines dans le cœur, il infère de là que les veines doivent donc battre , il se joue sur l'équivoque du mot imiitret sauter » comme si vous disiez que le sang saute dans les veines ; lorsqu'il remarque quelque différence dans la comparaison d'une vessie enflée, comme qu'elle est dans un état violent, et qu'elle se désenfle aussitôt qu'on ôte la bouche de dessus l'ouverture, il ne gagne riea à cela , parceque toute comparaison cloche : comme lorsqu'il veut eicpiiquer Faction par laquelle le sang est chassé continuellement par une autre raison que par la con>* traction naturelle des veines ; car de dire que ces fibres resserrent les vaisseaux, ou que les veines se contractent, cW précisément la même chose. Je parcourrois le reste de même , mais vous êtes en état de le faire mieux que moi , et vous y avez déjà répondu en partie dans vos thèses, dans lesquelles vous ajoutez pourtant un corollaue sur le flux et reflux de la mer , que je n'approuve pas ; car vous ^ n'expliquez pas assez la chose pour la rendre intelligible m même probable, ce que plusieurs personnes trouvent aussi i redà*e dans plusieurs tres propoMtions cjue voub avez avancées de la même manière. Ceux qui disent que le mouvement du cœur est animal , ne disent pas davantage que s'ils avouoient bonnement qu'ils ne savent point
L£TT&£â.
la cause du mouvement du cœur , parcequ'ils ne savent pas ce que c est que ce mouvement animal. A l'égard des parties des anguilles qui se remuent après avoir été coupées, il n*y en a point d'autre cause que celle qui. fait battre la pointe du cœur quand elle est aussi coupée, et la même qui fait que des cordes de boyaux coupées en morceaux, ^ et conservées dans uu lieu chaud et humide , se «eplLent comme des vers de tecre> quoique ce mou» vemexit s'appelle artificiel , et le picaiier animal. Dans toutes ces expériences,, la seule et véritaUe cause est la disposition des parties solides et le mouvement des esprits ou des parties fluides qui % pénètrent lès solides. Il y a trois mois que impression de mes Méditations a été achevée à Paris ; je n'en ai pu lu' tant pas encore reçu aucun exemplaire , c'est ce qui me Êiit consentir à une seconde édition dans ces pays. Je crois que ce qui fait que des corps Uinis dans un tourbillon' sont chassés au centre, c'est que feau même agitée circulairement fiait effort pour s'écarter en tout sens , et par ce moyen repausse vers le centre les parties étrange^ res qui n'ont pas encore acquis toute sa vitesse. Je iéiicite M. Vander H. ' de son nouveau consulat; je le crois digne d^une dictature perpétuelle. Je vous félicite aussi d'avoir en ce sage magistrat un si fidèle et si puissant deieuseur. .Adieu.
■ « Hoolhk. »
AU R. P. MERSENNE'
^ (Lettre 2^ du tome III.) MOK RiviRElfD PiR£ ,
Vos lettres ont été gelées par les chemins, car la date m'apprend que je les devois recevoir il y a quinze jours, ce qui est cause que je n'ai pu ré-^ poudre plus tôt. Je vous remercie de ce que vous m'écrivez de la part des pères jésuites, et vous verrez en ma lettre latine de quelle façon j'y réponds; mais je vous prie de la faire voir à leur provincial; et je voudrois bien qu'une autre fois, s'ils vous prient derechef de me faire savoir quelque chose de leur part , vous le refusassiez , si ce n'est qu'ils le missent eux-mêmes par écnt , à cause quHls peuvent mieux désavouer leur parole que leur écriture : et je prévois déjà qu'ils désavoueront une partie de ce que vous m'avez cette fois écrit de leur part, et à quoi j'ai été obligé de répondre ; mais n'importe , cela vous servira d'excuse pour ne vous plus charger de leurs commisscions , s'ils ne les écrivent. Je vous renvoie la lettre du père Boiurdin^ que j'ai trouvée peu judicieuse,
• - Fixeineot décembre 164 1. ••
LEXT&ES. 56 1
mais je n'en ai pas voulu toucher un seul mot, k cause que vous me l'aviez défendu. Je crois bien qne son provîncial Ta envoyé pour vons demander s'il étok vrai que j'écrivisse contre eux, mais non pas pourme menacer des choses qu'ils savent bien que je ne crains pas , et qui peuvent bien plus m'obliger à écrire que m'en eippécher. Il est certain que j'aurois choisi le Gompendium du père Eustache, comme le meilleur, si j'en avois voûlu réfuter quelqu'un; mais aussi est-il vrai que j'ai entièrement perdu le dessein de réfiiter cette philosophie, car je vois qu'elle est si absolument et si clairement détruite par Je seul établissement de la mienne , qu'il n'est pas besoin d'autre réfutation : mais je n ai pas voulu leur en rien écrire, ni leur rien promettre , à cause que je pourrai peut-être changer de desseiin, s'ils m'en donnent occasion. Et cependant je vous prie de ne craindre pour moi aocane chose; car je vous assure que si j'ai quelque intérêt d'être bien avec eux , ils n'en ont peut-être pas moins d'être bien avec moi, et de ne se point opposer à mes desseins : car s'ils le £Eusoient, ils m'obligeroient cVexaminer quelqu'un de leurs cours , et de 1 examiner de telle sorte que ce leur seroit une honte à jamais. J'ai feint de n'user pas vous prier de faire voir ma lettre au père provuicial» mais je serois pourtant bien marri qu'il nie la vît point Je suis, etc.
A M. KËGIUS*.
(Lettre 91 du tome L Version.)
MoirsiEDR,
Je Totis attendois ces jours passés, et j'apprends aujourd'hui une nonyelle, qui, bien qite de peu
decoubéquence, ne laisse pas de me iaire craindre
« « Lt htsn 91 dn i** toIoom <•! d« M* DmciUmà M. Rcgiii«; die n'aa point d«tc«, nuii» je crow qu'dk «et du 3 janvier, car depuis la thèM ioatenae par aa det éooIieM de H, Leroy, Voëdiit «voit anaei iail •ontcnir d*aBtree ibéact les aa, 93 et 94 , oà M. Re^ns et M. Descartes «toimt un pan aallvaitéB, aan» être nommia; en snite de ces lUeas, las enoeniis de M. RagiBS réaolarent toos cuemUe d'aller trouver les ini^trats, poor demander qa^on renfermât le médecin dans les bornes de sa profession, elqu^onlni fît défense d'enseigner IfS opinions de M. Desrarle* : nisiis Ir» vacances d'hiver eUet survenues, U fallut rt iuf lne cela apii'slrs \acancvs; et c'est duraut ces vacances qne M. Dt-scarles croyoit von M. T>eroy : c'est j^ourfjnoi , des le cororoenceiuent de celle iettrc, il lui mande qu'il Va attendu dcfiuis quelques jotics , ce qni me persuade <|ae ««Ile lettre est écrite vers le 3 janvier iAi|a. »
qu elle ii ait été la cause de votre retardement ; cela redouble Tempressement que j'ai de tous voir pour
pieiidie ensemble là-dessus de justes mesures. J'apprends donc que vos ennemis ont enfin le dessus , et qu'ils sont Tenus à bout de vous Êdre défendre d'enseigner mes Pi lucipes. Je ne sais comment vous prenez la chose , mais, si vous m'en croyez, vous ne ferez qu'en rire et mépriser tout cela. Vous regarderez la jalousie qu ou fait paroiti'e contre vous comme plus glorieuse que tous les applaudissements des i^orants; et certes il n'est pas surprenant que, dans une affaire qui se décide à la pluralité des voix , vous n'ayez pu résister avec ie seul secours de la vérité et de quelques uns de ses partisans à la multitude de vos adversaires. Si, pour toute vengeance, vous prenez le parti d'en rire en votre particulier , de garder un profond silence, et de vous tenir en repos, j'y donne les mains. Si vous voulez vous servir d'autres moyens, je ne vous manquerai point au besoin. Je vous prie cependant de m'apprendre au plus tôt par lettres , ou de vive voix , quelles sont vos résolutions. - Adieu , aimez-moi toujours un peu. Si vous venez me voir , apportez , je vous prie , avec vous le plus de thèses que vous pourrez de votre adversaire. Adieu.