‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 4 sur 15 · I.ETTRE5. l · texte numérisé non relu

I.ETTRE5. l

Par le mot de peinture , je n'entends autre chose que les diyers mouvements des parties du cerveau ,

789; comme aus&i les peintures des miroirs du fond de Tceil, etc. , ne sont autre chose que de tels mouvements.

Vous ne douterez point de ce que j ai écrit page 62, vers la fin, si vous considérez qu'un homme qui est à deux pas de vous ne vous paroît point notablement plus grand que lorsqu'il est à vingt on trente pas' ; et vous verrez que la règle de Tan-

cienne optique de angulo visîonis est grandement &usse. Page 7^, à la fin. Il n'est pas aisé lorsqu'on sait que l'objet est fort proche de l'imaginer fort éloigné; mais un qui ne le sait point, on peut le tromper en l'empêchant de voir par le dehors de la lunette la puce qui est dedans , feignant de la luettie au bout de quelque long tuyau , qu'on ajoutera à cette lunette , ou d'autre façon. Page 84) je ne dis pas que le verre convexe doive être plus grand pour grossir les ôbjets , mais pour les faire voir plus clairement : car chaque partie de ce verre convexe peint Fîmage aussi grande que Êiit tout le verre; mais elle ne transmet pas tant de lumière. Au reste , vous m'obligerez s'il vous plaît de con-

fa superficie polie étant noires , ne renvoient ancunt Juusie iunuère ^ comme ^nt celles du tuarbre blanc. — Le ceux de Lu page 5o, li^ae lo, se rap' porte au ctcx qui suit ligne l'i , et ainsi ne me semble pas superflu. » • «« Pas , quoiqu'il dut partutrf dix ou quinze Jois plus grand , si la régie

de l'ancienne optique de augulu visioois était vraie,,, >•

164 LSTTBKS.

linUer à remarquer tout ce que vous jugeres devoir être corrigé en ce que j'ai fait imprimer, et Je garde soigneusemeot )a pramère feuille que vous m'avez ci-devant euvoyée, ou bieli s'il vous plait je vous la renverrai, afin que l'exemplaire que vous prenez la peine de corriger loit complet.

Je suis bien ai&e de ce que M. du Mauri^ travaille aux luuettes : car soit qu'il y réussisse, soit qu'il n'y réussisse pas , cela me vengera du mauvais écrit de sou impertinent parent. Pour le verre concave qu'il dit avoir taillé, ce n'est point de merveille , car ces concaves devant être mis fort près de l'œU, les défauts de leur figure ne se remar-^ quent presque point , suivant ce que j'ai écrit à la fin de la page 1 5 1 .

Vous m'écrivez que M. Mydorge soutient qu'une pierre, ou autre missile mû de quelque mouvement que ce soit , iroit d'une infinie vitesse; mais vous aves oublié à dire en quel cas , si c'est in va» euQs ou autrement, qu'il entend [que cela arrive* roit; ce que je ne puis deviner, ni par conséquent le réfuter : et que je puis seulement dire qu'il im-» plique contradiction , qu'il y ait une vitesse infinie eu la nature , si ce n'est qu a l imitation des pensées de M. des Argues , touchant les coniques, on dit que la ligne AB sans mouvement est la même chose qu'un point mû d'une vitesse infinie de A

LETTRES. l65

jusqu'à B ; car si sa vitesse est infinie, ii se trouvera en même instant en toute cette ligne , et ainsi la composera.

En votre troisième lettre du vingtième de septembre vous m^averlissez de celui qui dit qu'il croit que ma philosophie a bien aidé à troubler la cervelie, etc. ; de quoi je vous remercie : cet hom*» me montre bien que, s'il pouvoit trouver occasion de calomnie, il ne s'épargneroit pas; mais je le connois il y a longtemps, et le méprise autant lui et ses semblables qu'ils me peuvent haïr : cependant j'ai à me plaindre de ce que les huguenots me baissent comme papiste , et ceux de Rome ne lu'aiinent pas, comme pensant que je suis entaché de L'hérésie du mouvement de la terre.

Pour entendre comment la matière subtile qui tourne autour de la terre chasse les corps pesants vers le centre , remplissez quelque vaisseau rond de menues dragées de plomb , ayant mêlé parmi ce plomb quelques pièces de bois, ou de quelque autro matière plus légère que le plomb ' , et faisant tourner ce vaisseau promptement autour de son centre, vous trouverez que ce* plomb chassera les pièces de bois ou les pierres vers le centre

' « t« plomb , çui soteM jphu grosses ^fte ces dragée» , fiuU fiibant;.. »

• m Qtttf c»$ p^Ues dragées ehasseront foutes ces pièces de èeis eu telle autre uwàkre vers la centre du tmlsseaut que la matière sMte chasse les eerps tentures, ete. »

de ce vase , quoiqu'elles soient beaucoup plus grosses que les menues dr^igées de plomb par lesquelles je représente la matière subtile , etc. <

Je crois que les briques soot plus pesantes étant cuites que crues % à cause que les pores des crues sont les uns plus larges et les autres plus étroits i que ceux des cuites. Pour les plus larges, ils ne sont < remplis que d'air lorsqu'elles ont été bien séchées, qui est le temps auquel elles sont les plus légères, et, les plu^ étroits ne sont remplis que de n^tière subtile; mais lorsqu'elles sont cuites, elles ont quan-^ tité de pores , qui ne sont justement que de la grandeur qu'il faut pour recevoir les pai ties de l'eau j lesquelles y entrent lorsqu'on les laisse refixûdir à j Tair : car il y en a toujours quantité dans l'aii , et elles n'en peuvent pas aisément être chassées ; mais en s'incorporant avec la brique elles ajoutent à sa pesanteur. Et pour preuve de ceci , je m'assure quWe brique étant pesée toute chaude à la sortie du fourneau pèsera moins que lorsqu'elle aura été à l'air quelque temps, et que si on la fait par après bouillir dans de l'eau , elle pèsera encore davantage , quoiqu'on la laisse bien sécher à Taîr^ après qu'elle aura ainsi bouilli, car les parties de l'eau qui seiront entrées dans ses pores n'en pourront plus ressortir. j

viens de recevoir encore un mot de votre part, du siiS septembre, où vous parler de certaines car^

rières près de Rome où les pierres se changent en bois : touchant quoi je n'ai rien à dire , sinon que ces pierres peuvent bien avoir quelque ressemblance a du huis, raais non pas être bois pour, cela; ainsi que les veines des pierres de Nogentsur-Seine peuvent naturellement ressembler à des arbres peints. Vous m offrez de la graine de l'iierbe sensiti ve , et je l'accepte en cas que vous en ayez de reste; car j^ai maintenant une partie de mes spéculations touchant les piaules. Je juge que les Muettes de feu que vous me dites avoir vues en l'air le lo de septembre au soir , le ciel étant fort rouge et enflammé» n etoient autre chose que de grosses gouttes d'eau qui commençoient k dégoutter du haut des nues, et au travers desquelles passoient les rajons du soleil, qui se veuoient rendre à vos yeux par réfraction, bien que le soleil ne parût peut-être plus sur la terre. Je suis , etc.

Ici, dans rexeiuplaire de la bibliothèque de rinittitat, se trouvent plosiear» pages manascrites, sons le titre :

Sum M u 39* UTTBS nv 9* TOLuau , qci est la 26^

D£ M. DE LaHIRE.

« n y i euTin» six mon tp» je donnai an Maire oa «emplaiic de ma » Géométrie pour M. de Beamie, et je voiiaradraaois avec on mot de lettre. >» Le Maire m*a dit depata qa'il PaToit donné an neor Pdé pour toq* por- * ter ; ^ toos ne Pavea point encore reçu (comme il eat Ttaiaembhble , vu •> qne rom ne m*cn aves rien mandé), je vona prie de loi en demander de» •» nonvcHea. Je ▼ons prie auan, en caa qoe mon neveu , qni est SU de ma *• aomrdn Greris^ yom retonme Toir , de Ini dire qo*i] me fera plaisir de me

• iwui4ef ^n^melbw ^ npiiTeUes et die oeUcs d« I^n^fl» et q^.f ^ » m'apprend radn«M de son logpa » je loi doimcm une partie des coiniiiis- » nom dont je vous iraportniie» oomine je loi doonciob memicnant oeHe » d*«dreflMr b lettiw qoe je vous éuwcàt pou» M. de M., i*ffmtriHiir tm » prewdj^t dfp P^l^p^ii^lL^nie y>e je iw wii eg Tom oynnoîaiw. J^el'ei M VU «âtreipis demeurer vis-à-vis du Petiç-Saiiit'Antoine; je ne saie s'il y » sera CBcove.

» Au reste , depuis mes dernières , j'ai pris le temps de Vre le Kyre ^e

» vous in*ave3! fait la faveur de m'euvoyer. Et poarccqoe vous m^eo ave» » demande mou atutiuieut, et qu'il trait,c d'uu sujet auquel j.u travaille toute » ma vie, je pense vous en devoir ici écrire. J'y trouve plusieurs choses » fort bonnes, f^d non piiblici sapons; eflr il y a pen de persouucs qui » soient «gables d'entcudre la uietaphyjiiquc. Et , pour le géuéral du livre , ». il tient un chemin fort diffèrent de celui q^e j'ai suivi. U examine ce qi^ •» c*est que U vérité ; et pour moi je n*en ai jamais douté, me semblant que » oVst une notion si transcendantalement claire qn*il cat impossible de l'i' » gnorer.^n eUet^ on a liien dca moyena pour examiner nne lialance avant ' » qfoe de a*ea«frvis; maia oaa'eo «nnûtpoâit pour appctndie ce qve i»qoQli^T4nt^*iJ.*on ne la eowpojyM^it de naty re C'^n- facile faiioaaqpâo»^ » nona de consentir k ce qoi nous l'ap^rendroit «i noua ne aaviona qa*!!! Jnt 4» vrai, 4^e8t4-dire ai nona ne connoissiona la vérité? Ainai on pent bien ez- » piiquer quid noMiMt A ccax qoi n*entend«nt pea la Isngoe, et lenif dire qne H ce mot tféritéen sa propre sigoi^calioo déiWte la ^ywrijnqnytf de 1^ jfpsfy M avec l'objet, mais que lorsqu'on Fattrilme anx choaea qui août hors de la «pensée, il signifie seulement que ces choses peavent aervir 4*o|^jeta l| des » pensées véritables, soit anx nôtres , soit à celles de Dieu; mais on ne peut •» donner aucune déliaition de logique qui aide à conuoitrc sa nature. El je »» crois le m^roe de plusieurs autres choses qui sont fort simples et se con- » noissent naturellement, coinme sont la ligure, la grandeur, le niouve- » ment, le lien, le tempi», etc. ; en sorte que lorsqu'on veut définir ces 9 choses, on lea obeonnàt et on s'cmbajrraasc; : oar, par exemple, celçi » qui se promène dep# salie fait bien mieux entendre ce que c'ef t V**' !• le monvement qne ne fait ceiai qui dit, est tfctitfi etftis in fotentia prou^in >• poteniia, et ainsi dea antres.

M L*aulenr prend pour règlç de ses vérités le«onaentem<fnt nniverarl. |y>iu'

• moi f je n'ai pour règle de» nûenitea qne la lumière natnreik, fe qpi q<^'

« vim Um fMlfM cIiom; ou» tDotlos honnm «jmi wie ibAiim la-

ip et||ciift4inéMnt» fa tmtpHk u*y a presque pa^onne qui ss stwebis» de

• eetlB inadèreb Dfeè visât qM plnslsase(pav «sesafte toas eeoz qaftaoqs

«» connoisaoBs ) peaveot eomeatir à nne nj^me errenr ; et il y a qnantilé

y. i\v ciiOîici» qui pomciit èti e c'iiinm\s par la luiuièrti uatul'eiie auai,qu«iiei>

•» jSUBBMB pcrsOUtu- 11.1 L-riL'<>[i- fait dr ivt\r\i')ii.

» n vent qu'il y au en nous autant de tai iiltrs qu'il y :> de diversités à » oonuoitre, <^ que je ne pub entendre autrement que connue si , à catise » que U cire peut recevoir une iniiiiité de figures, on disoit qu'elle S en sol. » une infinité de facultés ponr les recevoir : Ce qni est vrai en ce sens-là. » Mais je ne vois point qu^on puisse tirer ancnne ntiiité de cette laçon de » patier, et il se«ili||S ]plni6t qn'fUs pent ^nire fn domaant sojet aux » ignorants d*iiBa^j|iiiir antant de dlTCiaes peliles entités en notre âme. CTest » pourquoi ftjkmémAaoi conceroir qoela dre, par sa seule flexibilité» re- » ^t tontes saadfaé llgwfcs»^ qjuc fâip^ae^iMart lonies ses connâManoes <• par la réfleadon qn'élle fiiit , on sur aoi'mème pour los duMcs intellec-^

• tndles, on sur Iss dîTerm dlqKMÎtiOBB dn cervean anqoel die est johite , ■^j^onr les oospovdles* soit qne ces dlipo^ilioii» df pandawi des aaqs on dW - très canses. Mais ilssttrès ntfle de ne rien recevoir en sa créance sans con- ^4jî4iSBçr k tUre ou ^omr qoellte cause on Ty reçoit} ce qui reviontà » oeqn*jl dit, qu'on doit toujours considérer de quelle faculté on se sert, etc.

n II n'y a point de doute qti'il faut aussi , conime il dit , prendre garde i »> que ricu uc muuque de la p ir f (!e l'objet, nidumilieu, ni de l'orgauc , etc. , n afiû d» n'être pas tniuiju p,ii h s sens. U veut qu'un suive surioui I ai- » stinct naturel, duquel li tire toutes ses notions couuuuncs. Pour moi, '> je distingue deux sortes d'instincts: l'un e st en nous en tant qu'hommes, <• et eat j^orement lAtellectnel , c'est la lumière n^utnrdleji ça ùUffi(9S 9ien- » tiM, «nqntl «e^^ jfi tiens qu'on se doit fier ; l'aajtfe est en non* en tant >» qi^ammnx, ^est une certain^ i«ipii]flio%4>iUn#tm«à la «onfttr«i4ioo n d^ QMre coipa, à lajpaissinDce dink«qli^^aé% corpoccDia,, etc. , laqndive » dcjt pas toniiojBrs étve saivL — Ses léMli^Ms wp^ fort bpns pour » aider à hà/n U». dé^^o^dvemeots. dont je ptrls «n la pa|e ao, car lots- >• ^a*on anta 4AiMent taawstté tout ce gn*j|s contiewenti on powrn s'asr >• svucec de n'avjoijr rien omis.

• Ponr ce qni est de la religion; j'en Irisas IWtten « Mil. de la Sor-

. LETTABS.

M bonne t j« pnî* aenlanimat dire qoe fy n tratrré beanooop màa» de » difficalté en le lisent en frençois que je n'eroie hkt d-^event en le i^r- » courent en letin , et qa*il a plaaiean nezimes qui me semblent si » pievies et si confimms en sens oonunnn , qne je sonheîte qu'elles poiasenf M être approuvées per la ibédogie ortfaodoKe. Enfin, pour conclusion , eu- » core que je ne puisse m'accorder en tout aux sentimeniî di < ft auieur , «•je ne laisse pas de l'estimer beaucoup au-dessus des espriU» ordmsâres» » Je suis, etc. Bu 16 octobre 1639. »

AU R. P. MEUSENNE

Lettre 33 du tome IL* -

Mon RiviREND père, >

L'invention de la pompe dont vous m'écrivez ne m*a point trompé y car elle sera sans doute moins durable et moins utile pour Tusage que si on faisoit monter l'eau à viu^t toises par interruption , c'est-à-dire qu'on employât une pompe ou autre

■ «n esteertsiaqae cette lettre est émie entre la 3e* du mime tome , «r du 16 octobre , et la34* dnméme tome , fixement datée dn e5 d^enlbre. » La graine de rherbe aensitive, pege igo ; le voyage d'IttUe, p. xgS ; les » opinicas des analystes tondiant l*ezistenee de Dteo , page 19» de cette n lettre 33 ont vn rappcnt essentielevec nierbesemsItiTe de la p. 19S , avec » le frère Taleniin » de la même page , et avec le 4* alinéa de la p. r g5 de >*la lettre 34« Déplus, dans h pa-o 198 de Ialettre34, Beacartesren' « TOie k sa lettre précédente. Par conséquent on ne pent mal placer cette » lettre en la metuiot au 1 5 novembre 1639. »

L'BTTRES« 171

machine pour les deux, ou trois premières toises, puis une autre pour les deux ou trois suivantes, etc. ; et la force qui feroit mouvoir toutes ces machines pourroit être au haut en F, ou D, tout de même qa*eh votre figure. La raison pourquoi Tinterruplioii vaudioit mieux est que le cuir qui vst au* dessous doit porter toute une colonne d'eau de la hauteur de vingt toises, qui est un si grand poids qu il ne peut durer long-temps sans se crever.

Pour les corps noirs , vous savez que je ne conçois autre chose par la lumière qui donne contre ces corps que l'action ou l'inclination à se mouvoir vers eux qu'ont les parties de la matière subtile qui sont poussées par les corps qu'on nomme lumineux vers ces corps qu'on nomme noirs; or cette action peut être amortie par les parties de ces corps noirs , à cause qu'elles la reçoivent en ellesmêmes et ne la renvoient point, au lieu que les parties des corps blancs ne la reçoivent point en ' elles, mais la renvoient : ainsi qu'une tapisserie reçoit en soi le mouvement de la balle qu*on 'pousse contre elle, et pour ce sujet ne la renvoie point; mais une muraille dure , qui n'est aucunement ébranlée par cette balle , ne le reçoit point , c'est pourquoi elle la £ût réfléchir.

Vous avez très bonne raison de maintenir que dansée vide même, sii est possible, une pierre iroit plus lentement, ou plus vite, selon qu'elle auroit

LETTRBB.

été iDue lentement ou vite; et il n'y a nulle apparence de dire que son] mouvemeDt iie peut être détermiiié à être plus lent ou plus vite que par les

divers empéciiements du milieu : car si cela étoit, la même pierre iroif: toujours d'tuie même vitesse dans le même air, à cause qu'elle y trouve toujours les méiuesetiipèciiciutiiiis; mais cela est contre 1 expérieuce, etc. Pour les pierres qui semblent^ du bois brun, ce n'est rien d'extraordinaire, et ily a des eruiroits en iiretagnc un j'en ai vu quantité de cette sorte. Je vous remercie de votre offre pour la graine de rherbe sensitive; ils ont eu de cette herbe au jardin de Leyde. mais la graine n'y a pu uiùrir, et on dit qu'il seroit maintenant temps de la semer. Je ne serois pas marri aussi d'avoir tin catalogue des plantes rares qui sont dans le jaidiii royal, s'il se pou voit avoir facilement ; et si on en veut un , en revanche, de celles qui sont au jardin de Leyde ^ on II l'a offert do me le donner. Pour les bluettes d air ou de feu, vous en pouvez mieux juger que moi, à cause que vous les avez vues; mais il faut remarquer que la réfraction on réflt^xion qui arrive en quelques nues fort hautes peut faire que les rayons du soleil parviennent à l'œil plus d'tine heure ou deux après qu'il est couché.

Ponr ceini qui dit que je vais au prêche des calvinistes, c'est bien une calomnie très pure; efr-eii examinant ma conscience pour savoir sur qu^ pféh

LETTBBS.

.texte on IVi pu ioiider, je n'en trouve aucuu aulre^ iiiioii que j'ai ^ une fois atec M. de N. et M. < VLe^ dm a une lieue de Le} de, pour voir par curiosité rassemblée d*unc certaine secte de gens qui se iidtaitieiit prophètes^ et entre lesquels il n'y a point de miuistre; mais chacun prêche qui veut, soit homme ou femme , selon qu'il s'imagine être in** ^piré : en sorte qu^en une heure de temps nous ouïmes les sermons de cinq ou six paysans, ou gens de métier : et une autre fois nous fumes entendre le prêche d'un ministre anabaptiste, qui disoit des choses si impertinentes, et parloit un françois si extravagant, que nous ne pouvions nous empêcher d'éclater de rire; et je pensois être plu» tôt à une force qu'à un prêche, lilais pour ceux des calvinistes je n'y ai jamais été de ma vie que depuis TOtre lettre écrite , que me Irourant à La Haye le neuvième de ce mois, qui est le jour qu'on remer cie Dieu et qu'on fait des feux de joie pour la défaite de la flotte espagnole, je fus entendre un ministre françois dont on fiiit état; mais ce fut en telle sorte, qu'il n'y avoit là personne qui rn'aper- ^t qui ne connut bien que je n'y allois pas pour y croire : car je n'y entrai qu'au moment que le prêche Louimençoit; j'y demeurai contre la porte, et en sortis au moment qu'il fut achevé, sans vouloir assister k aucune de leurs cérémonies. Que si j'eusse reçu votre lettre auparavant , je n'y auroii»

pas été du tout : mais il est impossible d'éviter les discours de ceux qui veulent parl4^san8 raison ; et • celui dont vous m'écrivez doit avoir l'esprit bien

foible, de m'accuser d'aller par les villages pour voir tuer des pourceaux ^ car il s!en tue bien plus dans les villes que dans les villages, où je n'ai jamais été poui ce bujel. xMaia, comme vous ju écrivez, ce n'est pas un crime d être curieux de l'anatoniie; et j'ai été un hiver à Amsterdam que, j-allois quasi tous les jours en la luai^uii d'un Loucher pour lui voir tuei^ des bétes, et iaisqâs apporter de là en mon logis les parties que je voulois anatomiser plus a luisir; ce que j'ai encore fait plusieurs folf: en tous les pileux. où j'ai été, et je ue crois pas qu'aucun.. hoQ^me d'esprit m'en puisse blâmer.

Votre raison poujrquo^ un tableau semble regarder de tous côtés est subtile , mais elle ne me sem^ ble pas suffisante; car encore que la prunelle soit ronde en un tableau, elle n'y paroitpas ronde.pour cela lorsqu'elle est regardée de côté; il est vrai i|u elle n'y peut paï uître si fort en ovale que celle d'un homme vivant : c'est pourquoi cela y £dtqij(^< que chose. Mais je crois qu'on y peut ajoutec^gi^^ ii( qiiLlque côté qa i cgarcle un tableau, on y voit^ toujours toutes les na mes paitieâ de 1 œii qm.j^^^, peint, et que ces parties sont celles qu'on voit ^tissi dans l'œil d'un homme vivant lorsqu'il regarde

LCTT&ES.

vers Dous , et qu ou n y voit pas si bien que dans un tableau lorsqu'il regarde d'uD autre côté ; à cause qu'étant relevé en bosse, ses parties se couvrent, ou se découvrent beaucoup davantage que celles d'une plate peintiire. J'ai reçu le Plûialaûs , mais je ne me suis pas encore donné le temps de le lire, ni je ne crois pas le faire de plus de six mois, à cause que je m'occupe à d'autres études.

Les opinions de vos analystes, touchant l'existence de Dieu. et l'honneur quon lui doit rendre, sont, comme tous écrivez , très difficiles à guérir, non pas qu'il n'y ait moyen de donner des raisons assez fortes pour les convaincre, mais poiurceque ces gens-là, pensant avoir bon esprit, sont souvent moins capables de raison que les autres : car la partie de l'esprit qui aide le plus aux mathématiques, à savoir f imagination , nuit plus qu'elle ne sert pour lés spéculations métaphysiques. J'ai maintenant entre les mains un discours où je tâche d'éclaircir ce que j'ai écrit ci-devant sur ce sujet; il ne sera que de cinq ou six feuilles d'impression; mais j'espère qu'il contiendra une bonne partie de la métaphysique : et afin de le mieux faire, mon dessein est de. n'en feire imprimer que vingt ou trente exemplaires, pour les envoyer aux vingt ou trente plus savants théologiens dont je pourrai .avoir connoissande, afin d'en avoir leur jugement , et apprendre d'eux ce qui sera bon d'y chan-

176' LCTTEBS.

ger, corriger ou ajouter, avant que de te rèndré public.

Je crois bien que clans le vide , s'il étoit possible , la moindre forcé pourroit mouToir les plus grande corps^ aussi bien qué les plus pedts^ mais non de même vite-sse; car la même force feroit mouvoir une pierre double en grosseur , de la moitié moins vite que la simple.

Ce n'est pas merveille que nous puissions jeter une pierre fort baut, sans que le torrent de la matière subtile qui est dans l'air nous en empédie; CcU la force de notre bras dépend cl Un autre torrent de matière subtile , qui est encore beaucoup plus mplde, à savoir celui qui agite nos esprîtft animaux, et qui diffère de l'auti ( vn force et en aclivité autant que le feu diifere de i air.

Votre expérience que le trou d^une demi-ligne . donne quatre fois moins d'eau que celui d une ligne 9 mais que celui-ci n'en donne que deux fois moins que celui de deux lignes» me semble du tout incroyable, cœteris paribus , c'est-à-dire faisant que le tuyau demeure toujours plein jusqu au haut : car si on ne le remplit point à mesure que Teau s'écoule , il est évident que d'autant plus que le trou sera grand , d'autant plus tôt elle s'abaissera dans le tuyau; et vous savez qu'elle coule d'autant moins vite qu'elle est plus basse.

Votre voyage d'Italie me donne de rinqtnétude ,

LBTTRB9. I77

car cest un pays tort malsain pour les François ; sovtoat il y &ut manger pea , car les viandes de là nourrissent trop ; il est vrai que cela n*est pas tant considérable pour ceux de votre profession; je prie Dieu que vous en puissiez retourner heureusement. Ponr moi 9 sans la crainte des maladies que cause la chaleur de l'air, j'aurois passé en Italie tout le temps que j'ai passé en ces quartiers, et ainsi je n'anrois pas' été sujet à la calomnie de ceux qui disent que je Vais au prêche, mais je n'aurois peut-être pas vécu si sain que j'ai fait. Je suis, etc.

113 R. P. MEUSEi\i\£

( Lettre 34 du tome II.)

Mon r£V£R£iîd père.

Je dois réponse à trois de vos lettres, l'une du

douzième novembre, les autres des quatre et

dixième décembre , et j'ai reçu ces deux dernières

en même jour. £n la première vous demandes

pourquoi un arc ou ressort perd sa force lorsqu'il

est fort long-temps tendu , dont la /aison est laciie

< « CettP lettre e&t la 27'' Je« manuscrits de Lahire, et fixement datée le aS décembre, jooTdeMoèl, de l'année lôSg.'*

par mes Principes : car le» pores que j'ai d-devant (lit avoir ia figure d'ovales deviennent ronds peu à peu, à cause des petites parties de la matière subtile qui coulent sans cesse par dedans.

Cette matière subtile nous empêche bien de jeter une pierre en haut, ou de sauter : car sans cette matière qui repousse en bas les corps pesants, lorsqu'on jette une pierre en haut, elle inonteroit jusqu'au ciel; et lorsqu'on s'élèyeun peu en sautant^ on continueroit toujours à monter sans redescendre.

Pour \ inertie s je pense avoir déjà écrit qu'en un espace qui n*est point du tout empêchant, si un corps de certaine grandeur qui se meut de certaine vitesse eu rencontre un autre qui lui soit égal en grandeur et qui n*ait point de mouvement, il lui communiquera la moitié du sien , en sorte qu'ils iront tous deux ensemble de la moitié aussi vite que faisoit le premier : mais s*il en rencontre un qui lui soit double en grandeur, il lui communiquera les deux tiers de son mouvement, et ainsi ils ne feront tous deux ensemble pas plus de chemin en trois moments que le premier faisoit en un moment : et généralement plus les corps sont grands, plus ils doivent aller lentement lorsqu'ils sont poussés par une même force.

Je ne trouve pas étrange qu'il y en ait qui démontrent les coniques plus aisément qu'ApoUo-

LETTAJSâ» 179

ilius , car il est. extrêmement long et embarrassé ; et tout ce qu'il a démontré est de soi assez &câle. Mais on peut bien proposer d'autres choses touchant les coniques qu'un enfiuitde seize ans' auroit de la peine a démêler.

Le désir que chacun a d'avqir toutes les perfec^ tions qu'il peut concevoir ^ et par conséquent toutes celles que nous croyons être en Dieu , vient de ce que Dieu nous a donné une Tojonté qui n'a point de bornes; et c'est principalement à cause de cette volonté infinie qui est en nous, qu'on peut dire qu'il nous a créés à son image.

C'est une très mauvaise raison pour prouver qu un homme qui est sous l'eau ne sent point la pefsanteur de cette eau, que de dire : ToiU prem* tnent qui blesse le corps pousse quelque partie de ce corps hors de son lieu naturel ; or l'eau pressant également de tous côtés un corps qui est sous elle ne pousse aucunede ses parties hors deson lieu naiureLErgo, etc. Car la mineure se doit nier; et il seroit très faux si toutes les parties du corps d'un hoaune qui est sous Feau étoient pressées assez fort par cette eau, qu elles ne pourroient être poussées par elles hors de leur lieu naturel , encore que toutes celles de la peau de cet homme fussent poussées é|;alement; car ce seroit être assez poussées hors de leur lieu naturel que d'être toutes également poussées eu

* Pascal le fils»

l8ô LETTRES.

dedans, en sorte que cet homme dût occuper moins de place qu'il n'a de coutume ; mais il est faux aussi que toute Feau qui est au-dessus du corps d'un homme le presse ; et il est plus vrai de dire qu'elle le soulève, de quoi je pense vous avoir ci-devant mandé la vraie raison.

Ce qui fait qu'on s'élève en haut lorsqu'on saute, n'est qu'une réflexion de la force dont on pousse la terre des pieds avant que de sauter, laquelle fotce cessant il faut qu'on retonibe , sans qu'il soit possible de se soutenir en l'air, si ce n'est qu'on le piit frapper des bras ou des pieds avec telle vitesse qu'il ne pût céder si promptement, ce qui serviroit à s'élever derechef; et c'est ainsi que volent les oiseaux.

J'ai bien remarqué que M. Herbert prend beaucoup de choses pour des notions communes qui ne le sont point; et il est certain qu'on ne doit recevoir pour notion que ce qui ne peut être nié de personne.

Je passe à votre lettre du quatrième décembre , et vous remercie des avis que vous me donnez touchant mon essai de métaphysique; mais pour les raisons de Raymond Luile ce ne sont que sophismes dont je fais peu d'état. Pour les objections de vos analystes je tâcherai à les résoudre toutes sans les exposer, c'est-à-dire je mettrai les fondements ) dont ceux qui les sauront en pourront

L£TTHi^$. l6l

tirer la solution , et ne les apprendrai point à ceux qui ies ignorent; car il me semble que c'est en cette façon qu'on doit traiter cette matière. Au reste je ne suis point si dépourvu de livres que vous pen-^ sez , et j'ai encore ici une Somme de saint Tliomas, et une Bible que j'ai apportée de France.

La force de la percussion ne dépend que de la vitesse du mouvement, et ce suivant le calcul dont j'ai parlé ci-dessus du nombre troisième. Car il faut savoir, quoique Galilée et quelques autres disent an contraire , que les corps qui commencent à descendre , ou à se mouvoir en quelque façon que ce soit , ne passent point par tous les degrés de tardiveté; mais que dès le premier moment ils ont certaine vitesse qui s'augmente après de beaucoup, et c'est de cette augmentation que vient la force de la percussion. Par exemple, si le marteau A pèse cent livres, et qu'il ait seulement un degré de vitesse lorsqu'il commence à descendre de soi-même, il ne pressera l'endume B que de la force que donne ce degré de vitesse à cent livres : et si un autre marteau qui ne pèsera qu'une livre acquiert cent degrés de vitesse en tombant sur celte enclume de cinq ou six pieds de liaut, il la pressera aussi fort que le marteau A. Or il est certain que la main , en conduisant ce marteau, n'en peut pas seulement augmenter la vitesse de cent ou deux cents degrés, mais de plusieurs mille. C^r premièrement elle se

peut mouvoir plus vite qu'un corps pesant qui descend naturellement, comme on voit par expérience en poursuivant de la main une balle qui descend de haut en bas, car on la peut aisément attraper en Tair. Et de plus , à cause de la lon^rueur du manche du marteau , la main n'a besoin de se mouvoir que fort peu^ comme deD à G, pour faire que le marteau se lïieuve beaucoup davantage, à savoir de E à A. Et il est certain que si le marteau Â, étant élancé de la niain sur l'enclume B » a dix mille fois plus de force que lorsqu'il y est posé fort doucement , cela ne vient que de ce qu'au moment quMl rencontre cette enclume il est en train poiir se mouvoir dix mille fois plus vite. Voilà donc la solution de cette diiiiculté dont les autres font tant de bruit. Mais il y a outre cela diverses autres choses à considérer en la percussion, comme la durée du coup, qui fait qu on rendra une balle de plomb plus plate en la frappant d'un marteau sur un coussin que sur une enclume , et choses semblables que je n ai pas ici le loisir de décrire \

La £açon que je dis être la meilleure pour élever l'eau fort haut , est qu'au bout d'une toise ou deux il doit y avoir un réeeptaeie pour l'eau, duquel derechef elle sera élevée par le moyen d'une pompe ou autre semblable artifice dans un autre récep«»

>, • Je n'ui reçu tmetme de vo$ lettres auxptettes /e n'aient réponse., *

LETTRES. ' l85

tacle; et ainsi de suite « à quoi je trouve la vis d'Ardiimède plus propre qu'auciAi autre instrument : car pour la pompe il y a trop de force perdue. Par exemple , l'eau qui est vers A' sera élevée jusqu'à B par la vis , et de 6 jusqu'à G par une autre vis, et de C jusqu'à D par une autre, et toutes ces vis seront mues par le moyen de la roue F, qui fera tourner l'essieu FE, ce qui coûte» roit vérilabiement plus que des purupes, mais aussi seroit-ii incomparablement de plus de durée.

Si vous considérez pourquoi le mouvement d'une balle s'amortit plutôt contre certains corps que contre d'autres, vous verrez par même moyen ce qu( je conçois par les corps noirs, car c'est entièrement le semblable; et il ne faut puiiiL pour cela que la matière subtile perde tous ses mouvements ( car elle en a plusieurs ) contre ces corps noirs, mais seulement celui qui sert à foire sentir la lumière. Lorsqu'une pierre descend en l'air, s'il n'y avoit que cet air qui l'empécbât de descendre d'une vitesse infinie, elle devroit aller plus vite, ou du moins aussi vite au commencement qu'à la fin, et c'est ce que j'avois voulu dire en ma précédente. Je vous remercie de la graine que vous m'offrez, et je vous envoie ici un catalogue des plantes dont on voudroit bien savoir si les graines se trou-

* Figure i8.

l34 LETTBBS.

vent à Paris y et si l'on ea pourroit avoù*; ams ce n'est pourtant chose doiit je vous prie quWant qu'il se pourra sans peine. I! y aura sans doute de la faute daui» vos robinets pour vos expériences de l'eau. Je me sévirai de l^adrease du Irère Ya'^ lentin pour les lettres que je vous écrirai, jniisquil vous plait ainsi mais si je dois écrire à quelques flutKSf j'enverrai mes lettres à M. de Martigny qnand je saurai où il demeure, et je lui écris à ce voyage aûu de k savoir. Je suis bien aise que M. du Morier ait bonne espérance de son travail des lunettes; mais pour moi je ne m'attends qu'à M. de Beaune,ou,s'il n'y réussit, j'y donnerai peut-éu*e moinnéme une atteinte cet été. Je vous remercie de l'aflfection que vous me témoignez , en ce que vous vouiez portei' avec vous en Italie quelque chose de ce que je vous ai écrit; maïs je ne orois pas qu'il y ait rien qui mérite d'être vu de personne : car je vous iiiaude souveul luou opiuion de beaucoup de choses auxquelles- je n'ai jamais pensé avant que de vous écrire, et ayant quelquefois à vous répondre à vingt ou trente choses différentes en une aprés-soupée , il est impossible que je pense bien à toutes.

Je viens à votre dernière lettre du dixième décembre. Vous la commencez par la descejate

> « C'est que le P. Merseonc étoit en voyage par 1rs pronaecs do royaimie et en Italie. »

LCTXAJES. ' IÔ5

(te Teau dans un tu^au , à quoi je réponds que^ si €6 tuyau tst partout également large, toute Peau qui est dedans coule également vite; mais s 4 est deux fois plus large eu un lieu qu'en Tautre, elle ira deux &ns plus lentement, etc. Or la vitesse de toute cette eau dépend de sa pente et de sa longueur : comme par le tuyau elle ira de même vitesse que par le tuyau AC £t pour savoir de quelle vitesse elle ira en odni-ci , il fiiut penser que la goutte d'eau qui est vers € a inclination à descendre aussi vite que si elle avoit déjà descendu en Tair libre depuis A jusqu'à C , et que la goutte qui est vers D n'a inclination à descendre ^ue de la même vitesse qu'elle auroit acquise en -desceU'^ dant en Tair libre depuis A jusqu'à D^et ainsi des autres ; et que d'autant que toutes ces gouttes se meuvent ensemble, et ne peuvent aller plus vite Tune que l'autre dans le tuyau , leur vitesse esit

composée toutes ces (liverscs incimaLiuiis , et ^omme moyenne proportionnelle eintre toutes x^elies qu'elles auraient étant sépanées. Mais ceci ne se peut rapporter au cours desrivicres, à cause qu'il est fort retardé par ia rencontre de la mer en leur embouchure, et qu'en beaucoup delîeux leur pente est insensible, et enân qu'elles reçoivent des eaux de divers endroits, et ne sont point partout égale- ' ment larges. U est certain (au moins suivant mes Principes) que si la matière subtile qui tourne au-

l86 LETTRES.

tour de la terre n'y.tournoit point, aucun corps ne seroit pesant, et que si elle toumoit autour de la

lune ils devroient lous être portés vers la lune, etc. Je crois aussi qu*il y a continuellement quelques parties des corps terrestres qui se convertissent en matière subtile, cl vice versa, etc. Cette matière subtile qui est dans nos corps ne s'y arrête pas un seul moment, mais elle en sort, et il y én reiître continuellement de nouvelle : il est vrai que ce n'est pas immédia temeut elle seule qui donne la. force à nos mouvements, maïs ce sont nos esprits animaux, qui, étant enfermés dans nos nerfs comme dans des tuyaux , sont agités par cette matière subtile. Il s'en faut beaucoup qu'un morceau de lîége qui flotte sur l'eau n*en montre la vitesse, car l'air ou le vent qui l'environne peut augmenter ou retarder son mouvement : mais balancez tellement une boule de cire, où chose semblable , qu'elle soit quasi toute cachée sous Teau, et lors elle en montrera à peu près la vitesse, mais ce ne sera encore qu'à peu près. Je ne sais point dé raeiUeiire feçon pour savoir la hauteur des montagnes que de les mesurer de deux stations, suivant les règles de la géométrie pratique; ainsi vous pourrez mesurer le mont Cenis étant au-delà de Suze dans le Piémont , car la plaine én est fort égale. Je ne m'étonne pas de ce qu'il s'est trouvé des boulets de canon dans des ^ pierres, mais je m'étonue de ce qu'ils ne se sont pas

aussi pétrifiés. Si le reste de ce que vous tne mandez de Daiiemarck n'est pas plus vrai qu'il est vrai que Longomontanus a trouvé la quadrature du cercle, il n'en hnt pas beaucoup croire. Je vous i cinercie de vos obstîrvations de l'aimant; s'il est vrai qu'il décline maintenant moins en Angleterre qu'il n*a'faît d-devant, cela mérite bien d*ètre remarqué, et si ce changement est arrivé peu à peu, ou eu peu de temps. L'histoire de M. Rivet n'est qu'une sottise, et elle n'est pas encore terminée; qùand' elle le sera je vous l'écrirai ; il n'a ç^nère de quoi vous entretenir , ou plutôt il a bieu envie de me mêler dans vos lettres. Vos géomètres n'ont guère non p\m k reprendre dans mes écrits , s'ils s'attachent à la démonstration touchant la propriété de l'ellipse et de l'hyperbole que j'ai mise en ma Dioptriqué: car cette propriété n^synat jamais été trouvée par aucun autre que par moi , et étant la plus importante qui se sache touchant ces fibres , il me .semble qu'ils n'ont pas grande grâce à dire qu'il y • 'a quelque chose en cela qui ressent son apprenti, car ils ne sâuroient nier que cet apprenti ne leur ait donné leçon en cela même. Il est vrai pourtant que l'explication s'en peut faire beaucoup plus brièveijpent que je ne Fal faite ; ce que je pourrois dire avoir fait à dessein , pour montrer le chemin de l'analyse , que je ne crois pas qu'aucun de vos géomètres sache, et à laquelle les lignes BF, nm

l83 LETTRES.

des figures jxùs^ aux page» ^4 * aim^ saires , car, c'est le seul emploi de ces ligim qMÎ rend mon explication trop longue. Mais la v^ité est que j MÎ manqué par une négligence qui m'est ^tate en toutes les «Kmes facik3« auxqiielieis ne pouvant arrêter mon attention, je suis le {nre* mhr cbeoim que je rencontre, comniç ici la vérité étant trouvée par ïaDsiy^t l'explicatioa pu étoiit bien facile, et le chemin le plus à ipa mmétoit celui de cette même analyse. Toutefois je me suis aperçu de i^aiisiute dés av^nt que leiivri^ iut pM^ blté, et t'ai corrigée dès lors . en mon eyieipptoire en eÛàçant tout ce qui est inclus depuis la pre- ' mière jusqu'à la vjngt-cinquièiwe ligne en la page 1)3, et depuis la neuvième jusqu'à la ykufffrhm*» tième en la page lo/^. J'ai k mis en l'umî et T-Wlf^ ces mêmes mots eu la place dos eiïacés. Premiermem^ à emm qm tant U» Ugw 49 f4

ISl que AL et Gl sont paruilèles, les triangles jiiLB et WN juml semblables , d'où il suit (fufi Aj^ eU à JG emnw AB M à NI i m pim pQwrfieqià^^ . AU i l El sont égales, comme BI ut à NI* Puis ii on lirey etc. Et en la page 94, ligues ettjUîé

ces mots , BF m à KM fit Bf A cmm0 ; ow»

ç*a été pour une seconde impression, car cieb W Hje sewibla pas valoir la peiue d'elle mis dans les errata , et il n y a jamais jeu personne qui ait ^t de géométrie en qui l'on ne puisse troiiver de lelk^

fautes. Je n'atteuds plus après cela sinon qu'on reprenne aussi lei finies de l'orthographe et de Fimpression , que le-libraîre et moi avons commises en très grand nombre. Je n'ai point dessein ni occasion de faire imprimer les notes que M. de Beaune a pris la peine défaire sur ma Géométrie; mais s il les veut faire imprimer lui-même ii a tout pouvoir, seulement aiméroi&-je mieux qu'elles fassent en latin, et ma Géométrie aussi, en laquelle j'ai dessein de changer quasi tout le second livre , en y mettant l'analyse des lieux , et y éclaircissant k façon de trouver les tangentes', ou plutôt ( à cause que je me dégoûte tous les jours de plus en plus de faire imprimer aucune chose ) s'il lui plait d'ajouter cela en ses notes , je m'offré de lui aider en tout ce qui sera de mon pouvoir. Je suis, etc.

ANNÉE. l64o^.

AU K. P. MËRSëNNË •.

(Lettre 35 du tome II.)

11 feut que je commence ma lettre pas la iMidîtie->

çip que N *. vous avoit écrite , puisque c'est par elle que you$ ^avez commencé la votre du dierniér. décembre. 1.659 , vous dise qu'il s^eftt trcHtvé un homme ^ de ce pays si habile en Fart de charlatan, que sans rien du tout savoir en matjbéniati?* ques, il n*a pas laissé de faire profession de les enseigiior, et de passer pour le plus savant de tous ceux qui s'en mêlent; et ce parla seule hardiesse de se vanter qu'il savoit tout ce qu'il avoit ouï dire être io;noré par les autres, et de faire des livres qui promettoient ces merveilles au titre, mais qui ne contenoient au dedans.que des &utes ou des pièces

' « 99 janvier 1640. Toyea le gro« cabier. Cest la 98* des manuscfiti » de Lihire. m Bcaneoop de petites variantea inagnifiantes. • «Bivct. w ) « Slampion. »

L£TTR£S. 101

dérobées, et de répliquer sans raison tontes sortes de choses à ceux qui lui coutredisoient, et les pro^ voqaer par gageures, en $orte qull ne se rencontroit personne lui osât résister. Jusqu a ce qn cnàa ayant fait imprimer un assez gros livre , qu'il avoit continuellement promis depuis six ou sept ans, lin jeune homme d'Utrecht ' en a fait un autre où il a remarqué toutes ses fautes, et découvert toutes ses finesses ; et, pour lui oter sa vieille prati({ne de vouloir gager, il a mis en ce livre qu'il ne devoit point parler de gager qu il n'eut déposé Taisent auparavant e^tre les mainis de quelque professeur en mathématique , et que ce seroit pour les pauvres eu cas qu'il perdît; ou que, s'il faisoit autrement, on se moqueroit de ses bravades, et qu'on verroit par là qu'il ne vouloit gager qu'en paroles. Nonobstant cela , ce malavisé, n'ayant point d'autres armes pour se défendre , n'a pas laissé de provoquer celui d'Utrecht à gager par un écrit im'primé; à quoi Tautre répondit qu ii devoit donc déposer son arguent, et dire touchant quoi il vpu-* loit gager, et quels juges il en vouloit croire, car le charialan n avoit rien déterminé de tout cela : mais, après ce second avertissement, il fut bien si impudent que de mettre 600 livres entre les mains du recteur de l'université de Leyde , et de faire un second défi, sans dire encore de quoi il vouloit

( « WaMCDser. «

19^ L£TXIl£S.

gager, ni quelsj liges il vouîoit croire. L'autre déposa aussi son argent, et le fit sommer, par un notaire, de spécifier sur quoi il vouloit gager ^et qoth juges il vouloit croire. A quoi le charlats^n ne voulut rien répondre sur-le-champ; mais à cinq ou six jours de \k il fit imprimer nn troisième défi , où il spécifia tfne ehoise pour laquelle îl vouloit gager , sans nommer encore les juges ; vi pourcequ'ii avoit appris (foe celui d'Utrecht s'étoit servi de mon con* st^l eff tout ce qu'il àvoit fait , il me nomma en ce troisième défi , ce qui a donné sujet à M. N. ' de Élire son conte. Depuis ce temps-là on a 4rit touc ce qû'bn a pu pour faire qu'il se soumit à quekpies jtfges, et on l'a tellement engagé peu à peu , qu'il ne peut éviter d'être condamné ; et outre qn*on a vu dairement par ses subterfuges qu'il ne vouloîft gager que de paroles, les curateurs des pauvres ont fistit arrêter son argent, car c'est pour eux qu'il est déposé; mais pourcequ'on loi a donné un mois pour écrire ses défenses, et nn mois aux arbitres pour donner leur sentence , il ne peut être touVàhit condamné que vers la fin du mois de mars.

Pour le livre anglois touchant les déclina isoFis de l'aimant, je ne vois point qu'on y puisse appuyer grand fondement; car trois observations ne suffisent pas pour cela, et il en faudroit plus de mille avant que je m'y assurasse , à cause qu'il faut fort

• • Riveti

■LETTBVS.

peu de chose pour «Jauger ces déclmaisons. Je ue m'arrête pas fort aussi au livre nommé ie Tréiàr

infini^ qui sera peut-être comme ie moyen de devenir riche de ia Fallu. Pour les postulata du matfaématideii de France S onmu anguhu reetiUneus est dtvisilnlis in duos œquales; ad oninem rectam per punctum quodcunque duci poUêt perpendicularU ; omni reetm per punetùm quodamque duci poUst parallela *, je ne crois pas que personne refuse de les recevoir, si ce n'est qu'il leur donne quelque interprétation fort diflfërente de Tordinaire.

J'ai vu Tim primé de Chorez , mais je ne puis rien conjecturer de sou inventiouy sinon que c'est quelque charlatanerie^ qui n^est point en effet telle qu'il dit 9 mais seulement en apparence. J*ai su il y a long-temps toutes les expériences de Taimant, dont vous m'écrivez , et puis aisément donner la raison de toutes dans mon Monde; mais je tiens que c'est une extravagance de vouloir expliquer toute ia physique par Taimant. Je ne crois pas vous avoir jamais écrit que le solide de la roulette ne se peut donner : car je ne me souviens point de l'avoir jamais cherché, et je juge au contraire qu'il est aisé à trouver. Mab je fais si peu d'état de toutes ces questions particulières , et dont je ue vois point d'usage, que je serois marri d'y employer un seul

« •• Lafléche. >>

* '> Ces trois ligne» latines n'étaient pujdau roriginal à» » 8- ^ iS

194 LKTTBES.

moment. Je oe vois aucune dilhculté en ce que vous firopasett contre ia Ibroe des ressorts : car il ne peut y avoir deux torrents de matière STïbtile qui aillent à i'euconire Tuu de Tautre; et de quelque coté qiM dMtt'iitatîère «obcile etitre dan^ les piovês^d W arc ou ressort , les rencontrant atoir ittieiigure §(X>cée qui ne l^i doune pas si libre passage que léiMB* 6giflr» iiMinuf^^ «11^ fiût eifort poitr ^ies ré^ mettre en cette figure ordinaire. Pour les lunettes , je Tois bien par ia lettre de M. du JVIaurier qu'il promet beaucoup , mais je nW attendit |Mitinrlant rien que de M. <ie Beatine.

Je viens de revoir mes notes * sur Galilée, où je n^tfi pas dit expmsément que les oorps qui destendetit nt passent pas partent les degrés de tar-^ dîveté; mais jai dit que cela ne se peut déterminer sans savoir ce que c'est que ia pesanteur^ ce q«îf«igniâe le même. Pour votre instsmce dn plan incliné, elle prouve bien que toute vitesse èst divisible à Tinfini, ce que j'accorde; mais non pas que Idrsqû'ttn corps tommence à descendre, 4I passe par toutes ses divisions. Quand on frappe une boule avec un mail, je ne ctoi» pas^e vo«s pensiez que cette l)oule^ au commenoeinent qu'elle se meut, aille moins vite que le mail; tii enfin que tous les corps qui sont poussés par d'autres manquent à se mouvoir f dès le premier moment qu'ils

* • Voyez la lettre <|i de ce volame II,»

se meuvent, d'une vitesse proportionnée à odle des corps qui les meuvent. Or est-il que seloa moi la pesanteur n'est autre chose , sinon que les corps terrestres sont poussés directement vers le centi« de la terre, d ou vous voyez aisément la œnclusion; œeis il ne £aut pas penser pour cela que ces corps se meuvent au commencement si vite que ce^tte

matière subtile, car elle ne les pousse qu'obliquement, etils sont beaucoup eiupéchés par l'air, prindpalement les pins légers.

Je m'( Loiiue de ce que vous n'aviez pas encore ouï qu'on peut mieux aplatir une balle de plomb avec un marteau sur un coussin ou sur une enclume suspendue, et qui peut céder au coup, que sur une enclume ferme et immobile, car c'est une ezpémoce fort vulgaire ; et il y en a une infinité de semblables , dans les mécaniques , qui dépendent toutes du même fondement, à savoir, ce n*est pas assez de frapper une balle de plomb avec beaucoup de force pour l'aplatir, mais il hnt aussi que cette force dure quelque temps, afin que les parties de cette balle aient loisir cependant de changer de si» tuation : or , quand cette balle est sur une encHime ferme, le marteau rejaillit eu haut, quasi au même iyisSant qu'il l'a frappée, et ainsi n'a pas le loisir de l'aplatir tant que si Fenclume ou autre corps qui est sous cette balle, cédant au coup , £ait qu'il demeure plus long-temps appuyé con^ elle.

Lors<]ue je vous ai mandé que s'il: n'y avoit qae l'air qui empécliât la pierre de descendre ^ elle devroit aller plus vite ou aussi vite au coiumencement qu'à la fin^ j'ai mis de descendre d'uue infinie Titesse : car je n'ai écrit cela que pour réfuter Topinion de celui qui dît qu*one pierre descendant dans le vide iroit d'une intime vitesse , et que dans notré aiir c'est seulement Fempéchement de Tair qui la retardé. Or, posant que 'la pierre ait cette inclination a dësceudre d uitinie vitesse des le commencement qu'elle se meut^ Taiigmenta* tîon qui , selon Galilée , et à peu près aussi selon moi , la fait aller en raison double des temps , n'a aucun lieu; et ainsi, pour montrer l'absurdité de l'antécédent, j'ai dit que cette conséquence absurde en de voit suivre. L imagination de ceux qui disent qu'un boulet de canon tiré contre une muraille ne la touche pas me semble ridicule.

On ne peut comparer la loi ce d'une presse avec celle de la percussion que par les effets : car la presse peut agir toujours également pendant un longtemps, au lieu que la force de la percussion dure fort peu , et n'est jamais égale un moment de suite. Mais ne croyez pas que Tair intercepté qui entre dans les pores des corps frappés ait aucun grand effet : ce n'est qu'une pure imagination de ceux' qui, ne voyant pas les vraies causes, les cherchent oii il n'y a aucune apparence de les trouver ^

comme aussi lorsqu'ils disent, in tnotu projecUH rum, que.c'est l'air qui fait; durer le mouvement : nugm.

Pour concevoir que la différence qui est entre le marbi:*e blaoc et le noir a du rapport avec celle qui est entre une table toute nue et une table couverte d'un.tapis, il faut savoir que le marbre noir 9l bien a peu près les mêmes parties que le blanc; mais qu'il en a d^autres avec cela qui sont beaucoup plus molles, et qui sont celles qui le rendent noir, en sorte qu'il diffère du blanc, comme une pierre de ponce dont tous les pores sont , par exemple , remplis de poix liquide , et une pierre de ponce qui n'a rien que de l'air dans ses pores; et vous concevez bien que des grains de sable poussés contre cette dernière se réfléchiront, au lieu qu'étant poussés contre l'autre^ leur mouvement ^sera amorti par la mollesse de la poix.

L'invention de bander plusieurs arcs tout à la fois n'a rien du .tout d'admirable ; car bien qu'il ne faille pas plus de force intenxhe pour en h^xir der mille que pour en li.inder un, il en faut toutefois mille fois plus extensive : car, par exemple, si je bande le seul arc BG * , le haut de çet arc étant arrêté au point B, je dois seulement tirer la corde C jusques à £ ; mais si je veux bander, les deux arcs AB et BC tout d'un coup, il faut que le haut

' Figure 19.

198 LETTIISS*

du premier soit attaché au point  , et que B , le haut du second, soH seulement attaché à la catàe B, en sorte que, tirant la corde G, je la fasse descendre jusques à F, et B jusques à D*, etc. Voilà tout ce j'ai trouyé à répondre à tos lettres. Mais afin que je tous niatide aussi quelques ttouTellet, je vous dirai que la nuit qui a suivi le jour des Roife cette année il a feit îd dn vent si étrange^ qu'il a arraché plusieurs arbres, itonobètant <]»'lla n'aient maintenant aucunes feuilles; je crois que si c'eût été Tété, qu'ils ont des feuilles^ il n'm eût laissé aucun en tout le pays; ettiéanniôini» AdIjÉ ou douze lieues d'ici, dans la mer, j'ai ouï dire qu'il n'a fait alors aucun orage. Il y a une ville en lÀ^ lande, nominéeTcrveer,quiaci-devantàorfertbeattcoup d'incommodités de la mer, laquelle en a empesé ou tsàt abîmer plusieurs maisons; et la cause de ce désastre étoit un banc de sable qui étéit là devant, et faisoit que l'eau de la mer prenoit son coûts vers la ville. Or M. de Zuitlichem m'a dit, il

y a huit jours, que ce banc a disparu sobitemeut;

1 L'invention d* tir§r dê Feau fort nif» avec des ewdes et des poaties

est fort vulgaire; mais on y perd autant de fwee qu'on y gagne d» tmap$* Soit, par exemple, le seau D pendu à »ne corde qui est attachée ait

point C, et passée dans une poulie qui pend à une autre corde attachée ail point li , et passée derechef dans une poulie qui pend à la corde A ; laquelle corde AH étant tirée y on fasse monter le seau quatre fois mtssi ■vite qu'à r ordinaire, mais H jr faudra aussi quatre fois plus déforme, Voilî) tout...

en sorte que la mer est maîntenant très profonde en Tendroit où il étoit.

Hortensias étant en Italie il y a quelques, années, se voulut mêler de faire son horoscope , et dit à deux jeunes hom^ies de ce pays qui étoient avec lui , qu'il mourroit en Tan 16599 et que pour eux ils ne vlvroient pas long-temps après : or lui étant mort cet été| comme vous savez, ces deux jeunes hommes en ont eu telle appréhension , que Tun d*euxest déjà mort ; et l'autre, qui est le fils de Heinsius , est 31 languissant et si triste, qu'il semble faire tout son possible afin que l'astrologie n'ait pas menti. Voilà une belle science, qui sert à fiiire mourir des personnes qui n'eussent peut-être pas été malades sans elle'!

■ « y<ms verrez ce fiM fieriâ h Jf. Uwnmmer* 8a Ifttre h r^pr^dPH^* Hem^MU honnête itmme fue Utr» dn Umr» fu*U m'a ^ifoxé; ew iljr metÊont tTattnio^f de ekinmuuteiê, et autreM niaisenes, fue jen*en * pm* OMMT bonne ionien. ^of^pAende peur immw le 'voyage «titalhf foe wwf ifonieg fiùre en M$ earR nu tmeiU fn'U vnudnit èiem mimup /• faire 4m epmmeneement de rài¥er, le mu, «le. Av ^fan/fieft l<(4o**»

LETTEES.

A MONSIEUR

' (Lettre ^6 dutOfQe|I.)

J'eusse été h premier à vous écrire si j'eu$^ eu le bien de vous connoitre pour tel que vou^ vous décrîveï en la lettre que vous m*avez fait la faveur de m'envoyer; car la recherche de la venté est si nécessaire et si ample j que le travail de plusieurs miniers d'hommes y devroît concourir : et il y a si peu de personnes au monde qui l'entreprennent à bon escient, que ceux qui le font se doivent d'autant plus chérir les uns les autres, èt tâcher à s'entr 'aider, en se communiquant leurs observations et leurs pensées ; ce que je vous offre de ma part avec toute sorte d*afFection. Et afin de commencer , je répondrai ici à ce qu*il vous a plu me demander, touchant l'usage de la petite glande nommée cûnarion : à savoir mon opinion est que cette glande est le principal siège de l'âme, et le lieu où se font toutes nos pensées. La raison qui me donne

« « Cette lettre «et poar H. MriMomiier, médecm de Lyon, cnToyce •n P. Mmeniie ayee la pv^cédeote. >»

L£TXR£S. 201

cette créance est que je ne trouve aucune partie en tout le cerveau , excepté celle-là seule, qui ne soit double. Or eA^il que » puisque nous ne voyons qu'une même cbbsé des deux yeux, ni n'oïons qu'une; nuéme voix des oreilles, et enfin que nous n'avons jamais qu'une pensée en même temps , il finit de nécessité que les espèce» qui. entrent par les deux yeux, ou par les deux oreilles, s'aillent unir en quelque lieu , pOur être considérées par râme ; et il est impossible d'en trouver aucun au* tre en toute la tète que cette glande; outre qu'elle est située le plus à propos pour ce sujet qu'il est possible , à savoir au milieu , entre toutes les con* cavités ; et elle est soutenue et environnée des petites branches des artères carotides, qui apportent les esprits dans le cerveau. Mais pour les espèces qui se conservent en la mémoire , je n'imagine point qu'elles soient autre chose que comme les plis qui se conservent en du papier après qu'il a été une fois plié; et ainsi je crois qu'elles sont principalement reçue» en toute la substance du cerveau , bien que je ne nie pas qu'elles ne puissent être aussi eu quelqîje {açoii en cette glande, surtout en ceux qui ont l'esprit le plus hébété : car pour les esprits fort bons et fort subtils, je crois qu'ils la doivent avoir toute libre et fort mobile ; comme nous voyons aussi (pie dans les hommes elle est plus petite que dans les bêtes , tout au rebours des autres

I^rties du cerveau. Je crois aussi que quelques espèces qui servent à la mémoire peilTeilt être en

diverses autres parties du corps , comme Thabitude d'un joueur de luth n'est pas seulement dans sa téte, mais auSGSi ^ partie dans les muselés de ses mains, etc. Mais pour ces effigies de petits chiens qu'on dit paroitre dans l'urine de ceux qui ont été mordus par des chiens enragés, je vous avoué qtie j'ai tou jours cru que ce fôt une fable, et que si vous ne m assurez de les avoir vues bien distinctes et bien formées, j'aurai encore maintenant de là peine à les croire , bien que s'il est vrai qu'elles se vèîent , la cause en puisse en quelque façon être rendue , ainsi que celle des marques que les en&nts reçoivent des envies de leurs mères. Je suis, etc«

AU fi. P. MËRSËNNË-.

(Lettre i-j du tome II.)

Mon RÉVÉREND PEKfi,

Je vois par ce que j'ai dit qu'une balle de plomb s'aplatit plus sur un coussin que sur une enclume ,

1 <• Cette lettre est 1» 29'' de» manuscrits de Lahire» et lixement datée k 1 1 nan 1S40 »

LBTTHBS. S03

conibien les mêmes choses peuvent être regardées àt divers biais, ec combien e»t malaisé de se servir des expériences qiri sont faites par d'autres; mais encore que je veuille bien croire que tout ce que vous me mandez sur ce sujet soit véritable, je ne doute aucunement pour cela que ce que je vous en ai mandé ne le soit aussi ' : car lorsque je vous ai premièrement écrit, j'ai usé des termes dont on a coutume d'user en proposant cette expé* rience, à cause que je croyois fermement que vous la saviez. Mais voyant depuis qu'elle vous étoît nonv^le, si j'ai bonne mémoire, j'ai ajouté que par un coussin j'entendois une enclume suspendue, ou bien une plaque de fer mise sur un coussin : car de prendre un coussin tout seul et bien mou , il est aisé à croire que la balle se doit enfoncer dedans au lieu de s'aplatir; et au lieu d'une en* ciume, vous prenez tin mdhseau de fer mis sur un

* AtM«i : Et pour bien fmré cette exférifHce , il faut se sermr «Tu» mat' leau qui ne soit pas jwt gros^ ear/ii ovoii la forco ^og^otit emtiènment ùièMesÊÊT fgneiiÊme, Urne ptÊorrmt ftSn dauMMige jtr Ir eomesm: et esÊtmeela, on doit mMn WÊeplû^de/eron osÊtneorfÊOÊiifm IaMIê etleeomssin, qu*^e ne feiifome pas t^ement dedans étant pop» pie, que le marteau , appuyant contre ce coussin y perde sa Jorce, Mais urne esq^rienee plus vmlgaàt, qui revient à ce même principe, et dont ums les emsimen de Pamvousassmwoni, c'est que lorsqu'ils imdent rompre Vos Ame édancke de mouton arec le dos d'un couteau. Us le mettent seulanent sw lenr mam ou sur une senmtte , et frappant dessus , le cassent ainsi plus aisément que s'il étoit sur une table ou sur une en- «Anne. lenepuis dire» cte, ^

mur, OÙ peut-être il peut autant obéir au coup qu'il est requis pour augmenter la force. Il ^ut

donc avoir tl t/n côté une bonne enclume appuyée sur des couâsius.^ en sorte qu'elle puisse céder quel* que peu , ou bien seulement une plaque de fer mise sur un coussin, et Irappant deux balles de ploiuij cle même Iprce et avec un même marteau de médiocre grosseur, en sorte qu'il ne puisse pas beaucoup aplatir la balle qui sera sur une enclume ferme 4 je m'assure qu'U aplatira davantage 1 autre; et de tout cela i'efifet se change selon que la proportion est changée ; comme il y a des choses qu'on enfonce mieux avec un marteau de bois qu'avec un de fer, et d'autres au contrais; c'est ainsi que les charpentiers ou m^uisiers se servent d un maillet de bois pour frapper sur leur ciseau , et fendent par ce moyen plus aisément leur bois que s'ils se senroîent d'Un marteau de fer. De dire combien il faut de pesanteur pour ^aler la force d'un coup de marteau, c'est une question'de fait où le raisonnement ne sert de rien sans l'expérience. Il est certain qu'une livre de laine pèse autant qu'une livre de plomb, mais il y a grande différence en la percussion, tant k cause de la dureté qu'à cause (le la résistance de l'air. Ceux qui trempent l'acier avec Tair ne le font pas pour le rendre plus dur, mais au contraire afin qu'il le soit moins; car je crois qu'il doit être fort mou pour servir à ceuK

tVTTftSS. 205

qui tirent les fils d'or. Je ne crois point qu'il soit de là civilité que j'écrive une nouvelle lettre à

M. le cardinal de B/, m même que je témoigne savoir que celle que j'avois: écrite ait été perdue; mais poorceque j'en ai encore la copie , je vous Tenvoie, non point pour la faire voir, si ce n'est que vous le jugiez fort à propos, mais seulement afin que vous sachiez ce que je lui mandoîs*.

Je ne doute point que plusieurs petits coups de marteau ne fassent enlin autant d'e£fet qu'un fort grand coup : je dis autant en quantité, bien qu'ib puissent être difiérents iîi modo; mais apud me omnia suM mathematiee in natarus et il n'y a point de quantité qui ne soit divisible en une infinité de parties ; or la force, le mouvement, la percussion, etc., sont des espèces de quantité.

Je ne puis déterminer la vitesse dont chaque corps pesant descend au commencement, car c'est une question purement de fait, qui dépend de la vitesse de la matière subtile : cette vitesse au commencement ôte autant de la proportion de la vitesse dont les corps descendent que le petit triangle ABC ^ Ote du triangle AD£, si on suppose que

* Baigné.

* Je ne ferai poûu imprimer me* fiiMiade Métaphjsiqoe que je ne $m* « Leyde , oh je pente alier dans cinq ou six semaines ; et vous y adresserez, s'il vous plaît, vùs lettres ehe» le sieur Giiiot , vis^-nns de lu eour du Prince, Je ne doute».

* figm ao.

206 I.BTTBBS.

la ligae BC représente le premier mouvemjeQt de vitesse et DË le dernier : d'où vous pouvez aisé» nient calculer le rapport de la percussion avec la pesanteur, /^o^i^f^ pomndi^ à cause que ces suppositions peuvent être ^ti^ement éloi^^iées de la vérité, et que le tout est une question de foit, je ne m'en inéie,rai point, s'il vous plait^ . ^

Je passe à une autre, lettre. que vpiue diles^ que la vitesse d'un eoup de marteau surprend la nal;ure , en sorte qu'elle n'a pas ioisir de. joindre ses forces pour résister^ est eotiérement iconlre nmi sens , car elle n*a point de forces k joindre m liesoin de temps puui cela, mais elle a^lt en tout iqatbématiqueiBent. La figure d*un mart^u. ou mouton 9 etc. 9 change la proportion de sa lime» à cause que plus il a de largeur au sens qu'il se meut, plus l'air lui résiste. Quand deux boules de <oail se rencontrent, si Tune recule, ainsi qu'il arrive souvent, c'est par le luéme mouvemenl <|iii l.i faisoit avancer auparavant : car la force du mouver mept et le coté vers lequel il se £ùt sont oboses diverses, comme j'ai dit en ma Dioptrique; unus elle ne repaie pas si vite , à cause qu'elle a tmnsiéré une partie de son mouvement à l'autre boule. Si un corps qui se meut en rencontre un autre d'égale force qui soit immobile, sans doute qu'il le doit plutôt rompre que d'être rompu par lui, et sans cela jamais une baUe de plomb ne pourroit

LSTTRfiS. 207

percer une cuîrasfie, car le fer est plus dur que le plomb'.

La matière subtile pousse au premier muuieat le corps qui descead , et lui donne un degré tle vi* tesse ; puis au second moment elle pousse dere* chef, mais un peu moins, de façon qu elle lui donne encore presque un degré de vitesse, et ainsi des autres; ce qui £iit fêre raikmem dapéùmiam nu com* mencement que les corps descendent, mais cette proportion se perd entièrement lorsqu'ils sont des^ oendus plusieurs toises, la vitesse ne s'augmente plus ou presque plus.

Ih moiu pwjeclorum, je ne crois point que le missile aille jamais moins vite au commencement qiia la fin, à compter des le premier moment qu'il cesse d être poussé par la main ou par la ma^ diine, mais je crois bien qu'un mousquet n'étant éloigné qued*un pied ou d'un demi-pied cl une muraille, n'aura pas tant d'elïet qu'en étant éloigné de dix ou douze pas, à cause que la balle en sortant du mousquet ne peut pas si aisément chasser l'air qui est entre lui et ia muraille, et ainsi doit aller moins vtté que ai la muraille étoit moins proche; toutefois c'est à lexpérience à déterminer sj et itt différence est sensible , et je doute fort de toutes celles que je n'ai pas vues moi-même : assurez-

• m Fims mftz raison , que jai pris la Pella pourfa PeKm. Cett ainsi f lie /e me souviens des noms des Rpres, m

306 ' ZiETTlIBSi

TOUS que je n'en ai écrit aucune comme certaine que je n'en> fusse très assuré. Assurez-vous aussi , que la quadrature de Thyperbole u'est pas uioiiis difficile -que celle du oerde, et que celui qui la promet se sera trompé.

Pour la physique, je croirois» a y rien savoir, si je ne aavois que dire comment les choses peuvent . être sans démontrer qu'elles ne peuvent être autrement; car lapant réduite aux lois des mathématiques, cela est possible, et je crois le pouvoir en tout ce peu que je croîs savoir, bien que je ne Taie pas fait en mes Essais, à cause que je ny ai pas voulu donner mes Principes', et je n'ai pas même aucune intention de les &ire jamais imprimer, ni le reste dénia Physique, ni même aucune autre chose que mes cinq ou six feuilles touchant l'existence de Dieu, à quoi je pense être obligé en conscience; car, pour le reste, je ne sais point de loi qui m'obtige à donner au monde des choses qu ii témoigne ne point désirer; et si quelques uns le désirent, sachez que tous ceux qui font les doctes sans rétre, et qui préfèrent leur vanité à la vérité , ne le veulent point, et que pour une vingtaine d'approbateurs qui ne me feroient aucun bien, il y auroit des milUers de malveillants qui ne separ-

• Principes. Et je ne 'jfois encore rien qui me conifie à les donner à l'avenir. « Depuis ce mot l'a^^nir , jusqu'à l'aliaéa suivant. Je ne mets, le paragraphe imprimé manque dans rorigimU de Lahirc. -

LETTRBSv 209

gneroient pas de me nuire, quand ils en aiiroient roccasiou. C'est ce que Texpérience m'a fait connoi'» tre depuis trw ans, et quoique je ne me repente point de ce que j'ai fait imprimer, j'ai toutefois si peu d'envie d'y retourner , que Je ne le veux pas même laisser imprimer en latin, autant que je le pourrai empêcher.

ie. ne mets aucune dififérence entre les mouve^ ments violents et les naturels ; car qu'importe si une pierre est poussée par un homme ou par la matière subtile; et ainsi avouant que les violents ne passent pas par tous les degrés de tardiveté , il le faut avouer des naturels. Mais comme un homme pressant une boule d'une action parallèle à l'horizon , lorsqu'elle est sur un plan incliné, n'a pas tant de force k la mouvoir, ttùm éempia gravitate, que si elle étoit sur un plan qui fût aussi parallèle à lliorison, le même est de la matière subtile, qui, la poussant directement de haut en bas, la fait commencer a se mouvoir beaucoup plus lentement sur un plan incliné qu'en l'air libre.

Je n'ai point encore reçu les coniques de M. Pascal lils, ni le catalogue des plantes, mais je vous remercie très humblement de la graine de l'herbe sensitive , que je viens tout maintenant de recevoir, et j'aurai boin de la cultiver comme il faut. Qui pourroit exactement expérimenter quel poids et

quelle percussion font le même e£Fet, on pourroit a. t\

ps»' là cuoiioiiie de quelle vitesse le poidii coin- .««race à »e loouvoir eii «kficendant; oom je crois «ette «xpéri«iice inoratemeiit impasaible.

La gai^ciue ilont vous avoit eciil xM. iiio' n'est pas encore; liiiie, mais vaut auiaiil: que tinie, car ' le 4)élai qu'on lui a dooné pour &ire mpritner m défenses n'est qu^afln de faire mieux voir son ignorance, qui est &i exirieuie, que B. et P. sont des A^binièdas k coHiparaiâQn. Je voudrok que vous entendissiez le flamand , afin <le vous en envoyer. J'histoirc , qui sera imprimée dans quelques mois.

Toutes les paities du mouton ou marteau , etc. , agissent en même temps, et non comme des soi* -dat» qui tireul l'un après raiiUe : jnais le temp^ ffu'il faut pour aplatir une balle est afin que les parties de cette bajle ^cbangent de situation, ee qu'elles ne peuvent faire en uu instante et selon que les parties des corps frappés requièrent plus ou moins de temps pour changer de situation et obéir au coup, ils peuvent être frappée avec plus d'effet sur un coussin ou sur une enclume et avec un marteau de bois ou de fer, etc.; en sorte que ces proportigns changent en iniiuies façons.

> « HJtvth f pltttte qci« Rio. »

> Car /«r mihitNts n'na$ é^^lM Â éoimtr iwr anfis f lie Jir ce fU* te kaém m jpromis de faire im/»n fffer se* dê^nsûs , pe qu'on sënU ^eif ake fjn 'il j\t , afin que tout h monde pât mieux <votV sa sottise ; mms /> ne crois pas qu'il le fasse , et passé Huit ou quinze jours on ne bti donnera plus de délais, Tonlet le» parties».

LETTR£6. 2\l

Le moiivciDait des missiles s'anéantit *, comme vous écrivez, à cause qu'U se communique aux parties de Tair qu'ik rencontrent « et auw à celles de la matière subtile qui les repousse en bas; et Iç même est d'un boulet de canon : mais je ne vois fias qu'on puisse savoir .de là combien rair- est moins dense que ce boulet; car on ne peut expérimenter combien il transfère de son mouvement aux parties de cet air.

L'histoire de la fille de la Basse-Bretagne est digne d'avoir été racontée par le sieur N. % car c'est assurément une £sd)ie. Pour Tltalien', ii faudroit voir la chose 9 pour en bien juger; mais comme vous l'écrivez, je du ois qu'il doit avoir un trou sous le meaton, qui lui est resté de quelque blessure, et . que c'est par là qu'il fait passer ces liqueurs. Pour les convulsions de la sœur d'un de vos religieux , ce n est rien sans doute de surnaturel $ et les médecins la doivent guérir^. Je ne puis- croire que ce que vous me mandez des parties de la pierre d'aimant de Cborez soit général, à savoir que les parties séparées lèvent beaucoup plus de fer à proportion que le tout , mais bien que quelque partie de cette

« « S^ffvkUt,

* m LehmenritaUm. »

4 n Guérir. Pourmei, ewore^feneÊobpaâdoeUÊO'f/eHeMsë^é' rerois pas pour cela y trwi>«r remède , mais ff/aïutwt être sur les Umix, et 'voit le sufet* Je ne {mis.»

pierre se sera trouvée beaucoup meilleure que le reste. En frappant d'un marteau sur le bassin d*une balance, il est certain qu'on doit commencer à soulever autant pesant en l'autre bassin que le coup a de forcé; mais ce commencer à soulever est insensible ou presque insensible, et incontinent après qu'il est commencé à soulever, le coup perd sa force.

Je n'ai point ouï parler de TAnglois qu'o» vous a dit promettre plus que l'ordinaire pour vider les marais de ce pays; mais il se trouve partout assez de gens qui promettent sans effectuer

Pour celui de Grenoble, qui promet les longitudes , et donne de nouvelles distances du soleil , il faudroit voir ses raisons pour en jug^. Vous envoyer ez ce qu i l vous plaira de môî à M. Cavendisch, seigneur anglois dont vous m'écrivez; mais je vous prie que ce soit donc avec la glose que je ne vous écris jamais que fort à la hate, ni à dessein qu'autre que vous le voie'. Je suis, etc.

• • Effectuer. // n^afait id'gnmdfmd fu'enma en même temps f «"A Pam.ttiladigeUdtfmdmMemqum^fùw», nanobnmu que hâtent mit ftMsi tetyours vemt Ment , ce qui est mretnce pt^yt ; et myoÊird'kui il afort neigé et fait encore assez froid. Pour... »

• «Vole. Et il faut, s'il vous plaft , être exact à bien transcrire ces ehaies de mathématiques, ou plutôt ne le point faire , car soin-ent une lettre chauffée ^ate tout; et des choses qui ne sont Uejà guère bonnes parottroicnt encore plus mauvaises étant mal écrites. Je suis marri de i'aeci' dent qui est arrivé à M. de Beaune, mais je ne m'étoime point de ce çuU'i n'est pas encore à i&nt de son entrepritêt car Je sais qu'elle est tris diffi^ cxle. Vmlk la r^oase à tous les points que foi trowés en vos quetre dermires lettres, dont paireeu les deux dermires en mène Jour, Je suis de tout mon e»ur, «te. ii men 1640.»

AU K. P. MEKSJiNiNE

(Lettre 3$ du tome II.)

Quoique j'aie reçu trois 4^ vos lettres depuis ma

dernière, je n y trouve pas toutefois assez de niatiôre pour remp^r cette feuille : caria première, du qw^^trième inars, ne contient que l;'o|]»^va|joii ffes déclinaisons de l'aimant, qui varient en Angleterre, avec un raispnjieipent qu un^ matU^o^ticien , quç ypiis i^e nojppniez\ppîilt ai fait sur ce sujet, lequd raisonnement est fort bon pour en découvrir la causQ à Fayeniri maïs s^ Ypus attende^ SIM^J^ >'^P^ à^ise par provision n^ çp^jepture,, cpinme je n^ crois pas que les déclinaisons de Taimant viennent lueurs qu^ des égalités de la terre, £fus^i crois- . jf^.po^t quê ta variation de c^ ^éi^Uqa^oi^s 9}t y^pp autre cause que les alté^tîons qui se font en la masse de la terre, soit que la mer gagne d'un côté e^^ pei^e de l'autre, ai^sL qu'oii. voit à rjoeil^.^yile

* « Cette iBttse est de 1640, et écrite depoie le ao nen, poîi^Deicarte» j répond à an» lettre écrite de ce joor : je la «roi» donc écrite le 1" «TriL -

ali4 LSirlrliBS.

fait en ce pays , soit qu'il s eugeiidre d*un coté des mines de fer ou qu*on en épuise de l'autre , ou soit seulement quW ait transporté quelque quantité de fer, ou de brique, ou ci argile, d un coté de la ville de Londres vers l'autre : car je me souviens que voulant voir Itlttttrélklân ttftdran où il y avoit une aiguille frottée d'aimant, étant aux chanips proche d'un logis qui avoit . de 'grandes .grilles de fer aiïx fenêtres, i'ai troiivé beaucoup de variation en Taiguille, en m'éloignant même à plus de cent pas de ce logis, et passant de sa partie orientale vers l'6cddèlitaréV;i>b'u^^ mieux reÉâ^ëi' VUiffiirenée. Pour^ië'dieli'à n'est pas èt*Oyable qu'il y soit lirrivé assez de' éliangement en si peu d'années i^T iïâ^V^ leà âisli^ibiikësyà^

rèiènt ais^hieiit i^éêpièe.Je Voùs t^mèrcie pour )a seconde fois de la graine de Therbe sensitive que j'ai trduvéé en cbtle lettré» après éù aVoiï^ Ve^u htût 'iàiiti àémt dht^h utîé Miitrè: Tài i^ tiû^'^ëà^ touchant les coniques du fils de M. Pascal , et avant qùé d'en avoir lu là Moitié, j^ jttgé yieVV avoit f^t de m dèé èè Wa mjt6mm

incoiitineùt après par la confession qu'il en fit luimémew *• ' ' ' ^ '

Vbtré 9)âéotiâë lett^.i 'Siiàèiàè iâda^ » eh ^

t Deb i^noitiie» qui orbfeot le liita «anM dii^t rfùB eela élt hnx ; cUkpèûl êfre fiiùk; difeis je nè Stitù» |^dt qaé U, HHtÊcntu tk ade'vMl , car il a'étoiCpoint homme k eontnraver de» mmuon^BÊ* (iVbit de €MteHtr.y

teiioii une autre de M. M. auquel je feroisréponse si je peusois qim celle-ci vou& dût eacare trouver « Paris; mai» si elle vou» doit être envoyée pios ioio^ il n'y a pas d apparence de la charger tant, et je puis mettre ici eo peu de paroles tout ce que j'ai à lui faire savoir, ceqt» sera^ s'il vous plaît, pour lorsque vous lui t crii ; qui est ( après mes remerciments pour la bieuveiilauce qu'il me témoigne ) que pour les espèces qui servent à 1« mémoire^ie ne nie pas absolument qu'elles ne puissent être en partie da^s la glande nommée canariwn, principalement dans les bétes brut^, et en ceux qui ont Pesprit grosner: car pour les autres, ils n'au-^ roieut pas, ce me semble, autant de iacilité qu'ils ont à imaginer une infinité de choses qu'ils n ont jamais vues, si leur Ame nétoit jointe à quelque partie, du cerveau qui fût ibrt propre à recevoir, toutes sortes de nouvelles imprmions, et parcon^ séquent fort malpropre à Les conserver. Or eat4l quil uy a. que cette glande seule à laquelle l'âme puisse être ainsi jointe^ car il n y a. qu'elle seule en. toute latéte qui ne soit point double. Mais je crois, que c'est tu ut le reste du cerveau qui sert le plus à la mémoire « principalement ses parties intér rieares , et même aussi que tous les nerfe et les muscles y peuvent servir; en sorte que, par exemple, un joueur de luth a une partie de^ mémoire

' • MiiâMllMlrfr*

%l6 LETTRES.

en ses mains; car la hidliié de plier et de disposer ses doigts en diverses façons, qu'il a acquise par

habitutle , aide à soutenir des passages pour l'exécutiou cksquels il les doit ainsi disposer. Ce que vous croirez aisément, s*îl vous plait de considéra* que tout ce qu'on nomme mémoire locale est hom de nous; en sorte que, lorsque nous avons lu quelque livre, toutes les espèces qui peuvent servir à nous faire souvenir de ce qui est dedans ne sont pas en notre cerveau , mais il y en a aussi plu sieurs dans le papier de l'exemplaire qué uioiis avons lu; et il n'importe pas que ces espèce* n'aient point de ressemblance avec les choses dont elles nous font souvenir , eiir adii^éiit ceHes qui sàtàiàns le cerveau n'en ont pas ^à'^titâge, comme j'ai dSt au quatrième discours de ma Dioptrique. Mais outre cette mémoire, qui dépend dfi' corps, j'en recotinois encore une atitre, idu éeut intellectuelle, qui ne dépeud que de l'âme seide. Je ne trouverois pas étrange que la glande eomrium se trouvât corrompue en k dissection des léthargiques, car élle se corrompt aussi fort promptenient en tous les autres; et la voulant voir à Leyde, il y a trois ans , eii une femme qu'on anatomisoit, quoique je la cherchasse fort curieuseujeut, et susse fort bien où elle devoit être, comme ayant accoutumé de la trouver, dans les animaux tbut fraichéénèiift tues, sano aucune diiliculté, il nie fut toutefois im-

LBTTftSS.

possible de U recoonoitre : et un vieux professeur qui &isoîtcette anatomîe , nommé Yalcber , mecon» fessa qu'il ne Favoit jamais pu voir en aucun corps humain; ce que je crois venu* de ce qu ils emploient ordinaîremeDt quelques jours à voir les intestins et autres parties avant que d'ouvrir la téte. Pour la mobilité de cette glande, je n'eu veux point d'autre preuve que sa situation : car n'étant soutenue que par de petites artères qui Tenvironnent , il est certain qu'il ÏAUi très peu de chose pour la mouvoir ; mais je ne crois pas pour cela qu'elle se puisse beaucoup écarter ni çà ni là.

Pour les marques d'envie , ce qui vous fait croire qu'elles ressemblent fort parfaitement aux objets ne vient que de ce que vous trouvez étrange qu'elles puissent tant ressembler qu'elles font ; mais si vous les comparez avec les portraits des plus mauvais peintres, vous les trouverez encore beau> coup plusdéfectueusL's. Mais pour l'urine des enragés, c'est une question de fait en laquelle je ne vois rien d'impossible, non plus qu'en ce que vous m'é- , crivez de la fécondité d'un grain de blé, après avoir été trempé dans du sang ou du suc de iumier. £t pour ce que le sieur N.' vous a dit de l'aimant, îl suffit que vous m'ayez nommé votre auteur pour m empêcher d'y ajouter foi.

Je viens à votre dernière, du vingtième mars, où

* " Je ciOKs i^ue c'est Petit.

2%S LBTTBBS.

Y0116 mandez me renvoyer le petit catalogue des plantes que je vous avois envoyé, que je lie troiive

pas toutefois avec votre lettre, mais aussi n'en ai-je nuliemeat affaire, non plus que de celui des piautea du jardin royal, que vous aves pris la peine de mW voyer, sans que je 1 aie encore reçu ; mais j'apprends qu'ils i'ont.à Iicyde^ Je n*ai point du tout oui.parr 1er de oe que vous me mandea qu'on vous a/éerit d Aîii^leterre qu'on étoit sur le point de ra*y faire aiier* Mais je vous dirai entre nous que cest un pajtfr dont je piréiérerOis k demeure à beàiicottp ç^MÏiK très; et pour la religion, ott dit que le roi même est catholique de volonté : c'est pourquoi je vous prieile ne point détonitierleiirs bonjies inteiilicHia.j Je ne me saurois maintenant Remettre anx inatM*^ matiques pour chercher le solide de la roulette ^ MHÉis je nei le crois point imposolbAe. Je! von» » mandé en ma précédente Punique liaison que ^jm sache qui puisse empêcher qu im mousquet ue fiisse tant Ibrt prêche qu'Un peu knn, et il n'y a' aucnne apparence de vérité en'celld que vous mèf mandez de M. Mydorge. Je suis» etc.

tCTTlIBS. ai9

A M. KEGIU6

(Lettre- 81 du tcraie L V^raon.)

MoilsiEUR,

Vous m'avez ^nsiblemeut obligé, vous et M. Émilius» d avoir examiné et corrigé l'écrit que je vous ftvow envoyé car je vois que tous avez porté Tesmctitude jusqu'à mettre les points et les virgules, et corriger lesiaute^ d orthographe. Vous m'auries fait encore un plus grand plaisir, si vous euflffleB voulu dlanger quelque chose dans mots et dans les pensées. Quelque petits qu'eussent été ces <iMi^€inèBCB, j'aurois pu me flatta que ce que vous «uries laissé amolt été moins fautif; au lieu que je crains que vous n'ayez pas voulu tenter cette entreprise, parcequ 'il y auroit eu trc^ k coi«î|^yOu peut-être parcequ'il auroit &llutout ' effacer.

t « Gete» Uttt tipotÊà'à U ^x* ^lUUidMrriAflèKtgltas, dàtèe ihi t5 IêM tHoi et U ib* dM nuiiMtili fltm«gftti, dn Somai xé«*» réfond Aatlb «A, Hhkm fat «dl»«i«éléécnl»dqi«i»le iSjaa^'an 3o mai. CTcst poQiqaoi je la fisc an «a mai 1640.

• « Il »*iigit ifone ««^ile maoïucrite des lléditalioii», qu'il «voiteuToyle

SAC LETTRSS.

A l'égard des objections, vous dites dans la première, que de ce qu'il y a eii nous quelque sagesse, quelque pouvoir, quelque bonté, quelque quantité, etc., nous» nous iormons Fidée d'uue sagesse, d*une puissance, d*une bonté iafiiiie, ou du moins indéfinie , et des autres perfections que nous attribuons à Dieu corn me Tidée d'une quantité infinie. Je vous accorde volontiers tout cela, et. «je suis pleinement convaincu que nous n'avons point d*autre idée dèBSeu, que celle tjui se forme en nous de cette manière; mais toute la force de ma preîive consisté en ce que je prét0nd8 qilsiMA'nsH ture ne poiii roit cti e telle que je pusse augmenter à rinfiui par un effort de ma pensée ces perfections qui^ sont^ très petites en «moi, si nous tirions origine de'cet être en qui ces perfîectlbns^seitrovivent actuellement mfinies. ,De même que par k Séulé jColisidéi>alion «Ifune quantité^ ianjfK^âteiivu dti 'corpâ ^1 , je né pourroîs jamais concevoir âne quantité indéfinie, si la grandeur du monde n étoit ofi'ne pjàU'vdit «treimléfinie; • ' i , > ' > nnrii ■ Vous dites ' dans la ^ seconde , que la •viévito>'flé5 axiomes qui se font recevoir clairement et distinctemcfPt à notre esprit esjt claire et m^if^t^ par eUe-méme^ Je raccorde aussi pour tout le temps qu'ils sont clairement vA distinctement compris , parceque notre âme est de telle nature , qu'elle ne peut refuser de se rendre à ce qu'elle cqinpicc;pd

L^TTlTBS. 23 1

distinctemeut; niais parceque nous noussouvenoiiii souvent des conclusions que nous avons tirées de telles prémisses, sans faire attention aux prémisses mêmes y je dis alors ({ne sans la connoîssance de Dieu nous pourrions feindre qu'elles sont incertaines, bien que nous nous souvenions que nous les avons tirées de principes clairs et distincts , parceque telle est peut-être notre nature, que nous nous sommes trompés dans les choses les plus évidentes, et par conséquent que uous ii Savions pas une véritable science» mais une simple persuasion, lorsque nous les avons tirées de ces principes ; ce que je fais pour metU e une distinction entre la persuasion et la science. La première se trouve en nous, lorsqu'il reste encore quelque raisou qui peut nous porter au doute; et la seconde, lorsque la raison de croire est si forte qu'il ne s'en présente jamais de plus puissante» et qui est telle enfin , que ceux qui ignorent qu'il y a un Dieu ne sauroient en avoir de pareille : mais quand on a une fois bien compris les raisons qui persuadent clairement rexislcrice de Dieu, et qu'il n'est point trompeur, quand même on ne feroit plus attention à ces principes évidents, pourvu qu'on se ressouvienne de cette conclusion, Dieu n'est pas trompeur , on aura non seulement la persuasion, mais encore la véritable science de cette conclusion, et de toutes les autres dont on se

;i2ià L£ÏTA£S.

souyieiidra avoii: eu au^fois 4^ raii$aps £qi^t ciaires.

Vous 4ite6 auw dans votre dernière lliç^ire, je reçus hier , et qui m';^ fait ^ouvçiiir de répondre à vos precédeoteâ, q\\e la préç^pitatioj;^ de iiosjHgen^^mii» dépend du tempérament <^ oo^ps^, so&t qu*il nous soit naturel , soit que nous Payons foiv mé par h£^>itude ; ce que je n achuets point du tout, parçequ^ ce aeroit ôter la liberié et l'étendue de notre volonté , qui peut corriger une telle précipitatioa; ow que ^e ia corrige^ît pas , Terreur qui en paît est une privation par rapport nous, et une pure négation par rapport à Dieu.

ie vitiu§ préseiitemeiai dux, tl^èses que vous m'a- ' vez envoyées ' : cofnmeje sais que vous voulez ^ue t je vous écrive librement ma pensée, je vais vous obéir. Au lieu de ces mots, l'atr voisin dont les pe^ ^Ues pariiesM etc.» j'aime miewx. i'air voisin qfd, etc., f€iUt$ car ce n^est pas chacune de ces parties qui $e condensent, mais toute la masse de l aii , en ce que ses petites parties s'approchent piv^ les unes des autrea que dans son état ordinaire. Je ne vois pas aussi pourquoi vous prétendez que l'idée des universaux appartienne plutôt à l'ioi^gination qu'à rintellect. Pour moi je l'attribue ^u seul intellect qui rapporte à plusieurs sujets une idée singulière.

• «t Ces tbiaes devoleat être aontenaea , le i o jaia 1 640 » par les écoUecs Regins. >»

LKTTABS. au^t

J'aiiroih aiissi voulu que vous u'eussiez pas dit qu il n'y a que deui^ affections qu passion», ia Joie ei la urtumef car noi» sommes bien autrement afifectés par la colère que par la crainte , quoique la tristesse se trouve dans l'une et dans l'autre, et ainsi du reste. Quant aux oreillettes du oocur, j'aurais ajouté, ce qui est vrai en effet , que je n'en ai pas traité à fond, parceque je les considère seulement comme les extrémités de la veine cave et de l'artère vei* neuse, etc. J'avois passé votre doute de la fermentation du cœur : ii me paroit que vous eu avqz donné une solution suffisante; car, comme les par^ ties du coeur s'afiaissent d'elles-mêmes, les vaisseaux par lesquels le sang sort étant encore ouverts , le sang ne cesse d'en sortir, et ces vases ne ' se-ferment que quand le coeur est affaissé.

Je ne metU*ois point dans le titre, de la triple eoetUm , mais seulement de la eoeUon. Je vous prie aussi d'efibcer toute la neuvième ligne. Il ne sert de 1 1 en de citer ici l'exemple d'Hervaîus , qui est plus éloigné de cet avis que moi , et qui n'est pas si uni à Vallée que je le suis à vous; et quand même la chose seroit, l'exemple ne me touche pas tant que la cause. Dans ia prepnière ligne de vos thèses , j'ôterois ces paroles, de la ehalet» vivifiante , etc. Et a la fin , au lieu de ces paroles, Dam la droite conformation^ etc., j'aimerois mieux, DttnB la préparation des petites parties insensibles.

3l4 LBTTBCS.

dont les aliments sont composés , afin qu'elles acqniè* renl une conformation propre à composer le corps humain. Cette préparation est, ou commune, ou moins importante, qui se fait dans toutes les voies par lesquelles passent les petites parties, ou particulière et spécifique, qui est triple : i*^dans le ventricule et dans les intestjus, 2" dans le foie, S*" dans le cœur. La première se fait daos le ventricule et dans les intestins , lorsque la nourriture broyée par les dents et avalée par la bouche, ce qui s'entend du boire et du manger . est dissoute et convertie en chyle par la force de la chaleur que le cœur lui comnn unique , et de Thuraeiir que les artères y ont poussée. La seconde se fiait dans le foie lorsque le chyle y étant porté, non par une force attractrice, mais par sa seule fluidité, et par la compression des parties voisines, et étant mêlé au reste du sang, s'y fermente , s'y digère, et se change en chyme , c'est-à-dire en suc. La troisième se fait dans le cœur , lorsque le chyme mêlé au sang qui retourne du reste du corps au cœur, est préparé avec lui dans le foie, se change en un sang parfait et véritable, par une fermentation qui cause le battement du pouls et cette troisième coction, etc. Vous comprenez aisément pourquoi f al dit que je mettrois dans le titre la coction générale qui se fait dans toutes les voies, et par conséquent dans chaque partie du corps , parceque partout où il y

a du mouvement, il peut s*y faire quelque altératiou des parties qui sont mues , et je ne vois pas que la coctioa puisse être, autre chose qu'une telle altéralion. Je ne vois pas pareillement pourquoi vous voulez qu'elle se fasse plutôt dans les veines gastriques elnésaraïquesque dans toutes lesautres. Je ne voudrois pas me servir de ces termes, §ue spiritueux, parceque jè ne comprends pas clairement ce qu'ils signifient. Je ne me servirois pas non plus de ces autres, ieê meiileureê partieê da chyle : mais je dirois simplement le chyie, parceque toutes ses parties servent à la nourriture du corps ; et 9 k bien examiner les choses , les excréments mêmes , surtout ceux qui sont poussés hors des veines, doivent être censés partie du chyle, au moins tant^ qu'ils sont dans le corps , car ils y ont leurs fondions, et il n'y en a aucune qui ne s*en aille eoiin en excréments, pourvu que vous appeliez excréments ce qui sort par la transpiration insensible. Quant au chyme, je crois qu'il fermente dans le foie, et qu'il s'y digère dans le sens que les chimistes donnent à ce mot; c'est-à«dire qu'il y est altéré a cause de quelque séjour qu'il y fait.

A la page 5 , j'effacerois ces mots , yut naU de ee$ êipritê abandanU et d'un ma huiieax modéré ; car cela n'explique pas bien la chose. Je trouve une seconde fois mon nom à la fin de la huitième page,

ce que ma modestie peut mieux souffrir que dans s. iS

Je titre, pourvu, s il vous plaît, que vous n'y ajoutiez pas tant d'épithètes; j'aime mieux aussi qu'on m'appelle par mon véritable nom Desearies ^ que par cet autre qu'on a forgé yCartestus. A leudioiloii vous dites pourquoi Pi. ' a tronqué mes réponses ^ on pourroit peut-être en ajouter la preuve, savoir que plusieurs les ont vues et transcrites deux ans avant que sou livre parût. Il me pareil même qu'il Êiudroit e£facer ces paroles , vel eaiiido vei ignorante; que c'est un trait ou de mauvaise finesse au d'ignorance. Les termes les plus houuétes prouveront mieux la justice de votre cause. Je changerois aussi de cette sorte là fin dé la neuvième page : « En second lieu, parceque le tœtus, qui est encpre dans le sein de la mère 9 où il est privé de l'usage de la respiration , a deux conduits qui se ferment d'elixniéiiies dans les adultes : l'un qui ressemble à un petit canal par lequel .une partie du sang se raréfie dans la cavité. droite du cœur, passe dans l'aorte, et l'autre partie coulant vers les poumons; et le second 1, par lequel une partie du sang qui doit.fe raréfier dans la cavité gauche du cœur sort «le la veine cave et se mêle à cette autre partie qui re* vient du poumon : car ou ne peut pas nier que dans le fœtus une partie du sang ne passe par 1^ poumons. » Outre cela l'explication deTusage de la respiration 9 qui est page 10 , doit précéder ses

• Plempius.

LkTTRÉS. 2SlJ

causes ^ui sont à la page ë. Je ne définis rien sui" les veines lactées, parceque je ne les ai pas encore

vues; mais je couiiois ici deux jeunes doc teurs en médecine 9 MM. Silvius et Sciiagen, qui paroissent avôir delà science, et qui assurent les avoir obseï^ vées plusit urs fois, et que leurs valvules empêchent le retour de la liqueur vers les intestins; tellement qu'ils sont d'un sentiment tout différent du v6tre. Pour moi je penche beaucoup pour eux, en sorte que je crois que les veines lactées diffèrent seulement des mésaraîques en ce qu'elles ne sont jointes à aucune artère, ce qui feit qu*en elles !e suc des viandes est blanc , et qu'il devient sur-le-champ rouge dans les autres , parcequ'il se mêle ati sang qui a circulé par les artèriss. Nous les dhercherons ensemble à la première occasion dans un chien en vie. £n attendant^ si vous me croyes, vous effacerez tout ce corollaire. Quant à la difficulté comment le cœur peut se désenfler s'il y reste une partie de sang raréfié, elle est aisée à résoudre, parcequ'il n'en reste qu'une autre très petite partie , qui ne suffit pas pour remplir les ventricules; car l'effort avec lequel il sort suiïiroit à l'en £ure tout sortir, si les valvules de la grande artère et de la veine arté* rieuse ne se fermoient avant que tout le sang fiit échappé, et la plus petite quantité qui reste dans les ventricules suffit pour la ferinentation.

Enfin, après avoir bien attendu, j ai reçu au-

ûàS LKTTRE8.

jourd'huî la sentence pour L A* W.' Je lui enverrai l'original dés que j^en aurai fait tirer une copie,

c'est-à-dire dans deux jours au plus tard. Elle est conçue en termes si doux et si modérés, que les juges n*auroient pu s*exprimer autrement, i'ii leur avoît fallu condamner qiu Iqne homme de grande qualité; cependant ils approuvent tout ce que W. a écrit et condamnent tout ce qu'a dit son adversaire. S*il y a quelque autre chose sur quoi vous dcixiandiez une explication plus ample , vous me trouverez toujours prêt à vous servir^ ou de nia plume ou de ma langue. Bien plus , si vous trouvez à propos que je me rende à Utrecht lorsqu'on soutiendra ces thèses, je le £erai avec plaisir, pourvu que personne ne le sache , et que je puisse' me tenir caché dans les écoutes d où mademoiselle 4e Schurmans a coutume d'entendrt f ps leçons. Adieu.

AU h. p. MËKSËJNNË '.

(Lettre 33 du tome II.)

Mon HiviHEifD pèrc,

Je confesse que j'ai tardé long temps à vous écrire, mais mon changement de demeure fut cause que je ne fis pas réponse à yotre lettre du Tlngt-cinquième mars , qui est celle de la plus ancienne date que j'aie reçue ; et je viens de recevoir vos deux dernières en même temps» quoique l'une soit du sixième juin et l'autre du sixième mai. Je ne sais qui peut être la cause que cette dernière a tant tardé j cest celle où étoit la lettre que M, le comte d'Igby vous a écrite : mais, afin de ne rien oublier a quoi je doive réponse, je commencerai par la plus ancienne, en laquelle vous mandez m'avoir envoyé le jardin des plantes par la voie du Maire, par laquelle je ne lai point reçu; mais je l'ai reçu depuis peu par M. de Z*. lorsqu'il étoit sur le point de partir pour l'armée , et il me man-

» n Celle lellTC estU 3o* dm iiiuiiucrilis4*Liliire« etilaléeda ij juin tSAo. »

■ ZnjtlîcbeD.

â3o L£TT|l£S.

doit avoir encore d'autres choses de votre part à me comniuniquery desquelles il m'écriroit une au-^ tre fois, mais je n'ai pas encore eu depuis de ses nouvelles. Je vous remercie bien humblement de ce livre, mais il est peu à mon usage, car il ne contient rien que des noms, et je ne cherche que des choses. ll]m iiiiporte peu que le sieurN. et sessem^ blables fuissent imprimer tout ce qu'il leur plaira, et je ne cherche point l'approbation de telles gens. Vous m'écrivez de Galilée comme s'il ctoit encore vivant, et je pensois qu'il fût mort il y a long-temps ; s'il est vrai qu'il ait des tables très exactes poiïr les aspects et éclipses des planètes joviales, il est certain qu'il mérite l'honneur d'avoir trouvé le plus pour les longitudes ; mais je m'étonne , fort qu'il en ait pu faire d'exactes pour ces planètes , vu qu'on n'en a pu faire jusqu'à présent d'exactes pour la lune. '

La raison pourquoi un os de mouton se casse é mieux sur la main que sur une enclume ne me

semble pas pouvoir être qu'il supporte davantage le coup : car soit qu'AB soit une enclanoe ou la main d'un homme , quand on frappe sur le milieu de l'os C , il supporte tout le coup, ou bien même lorsqu'il est sur la main, elle lui aide plus à le supporter que ne fait l'enclume, à cause qu'elle obéit davantage. £t je ne doute point que la seule raison qui le rend plus aisé à casser sur la main ne Sioit

LETTRES. jl5l

que le marteau appuie plus luiig-teuips dessus; mais la proportion qui doit être entre la force du coup et sa durée, pour rendre Taction plus grande , varie selon que les parties du corps frappé requièrent pluSv oa moins de temps pour se déjoindre.

Je n ai pas à présent la mémoire de ce que je vous ai cinJevant écrit de la vitesse du coulement de Teau^mais il se rapportoit, cerne semble, à l'expérience que vous en aviez faite.

Pour entendre ce que vous demandez de la part de M, des Argues , comment la dureté des corps peut venir du seul repos de leurs parties, il faut remarquer que le mouvement ei»t diflérent de la détermina,tion qu*ont les corps à se mouvoir plutôt vers un côté que vers un autre, ainsi que j'ai écrit en ma Dioptrique; et qu'il ne faut proprement de la force que pour mouvoir les corps, et non pour déterminer le côté vers lequel Ils se meuvent ; car cette détero^nation ne dépend pas tant de la force du moteur que de la situation tant de ce moteur que des autres corps circonvoisins. Il faut remarquer aussi qu'il n'y a point de vide eu ia nature , ni de raréfaction et condensation, telles que les décri* vent les philosophes ; mais que quand un corps se raréfie, c'est qu'il entre quelque autre corps plus subtil dans ses pores , etc. : d'où il suit qu'aucun corps ne peut se mouvoir qu'il ne diasse au

25â lkttrra.

même instant quelque autre corps de sa place , et que cet autre n'en chasse derechef un autre et ainsi de suite , jusqu'au dernier qui rentre en la place que laisse le premier; en sorte qu'aucun corps ne f»jbttt se mouvoir qu'il n'y ait tout, un cercle de corps qui se meuvent ensemble au même temps. £t enfin li iaut remarquer que tous les corps qui se meuvent en rond, ou autrement , ten<leiltà cooitînuàr lebr mouvement en ligne droite , comme On voit qu'une pierre étant agitée en rond dans une fronde contîntie son mouvement en ligne droite lorsqu'elle en est sortie. Soit doric éiainlenant A ' une pierre autour de laquelle je suppose qu'il n'y a que Fair, et que les parties de cet air se meuvent cmBiiuellement, non tèutes d'un même c6té Comme lorsqu il fait vent, car ce n'est pas cela qui le rend liquide, mais en divers sens, ou même afin ^-avoir mieux sur qnoi^ arrêter son imaginatioh, db^peul penser que chacune de ses parties tournoie en rond dans rendrait où elle est, et pensons que cette pierre est poussée d'A véirs M% i! est éiident qu'elle n'aura aucune difficulté à continuer son mouvement vers là , bien que pour le faire elle doive chasser devant soi les parties d'air qui som^Vlîn B, èt célles-cî les parties qui sont vers C etcèîles qui sont vers D, lesquelles doivent rentrer eu la place

* Figure «i.

* Figure 2^.

LSTTAK& 233

que laisse cette pierre : car tcnites ces parties d'air se

mouvoient déjà, et elle ne change rien en elles, sinon qu'au lieu que leur mouvement étoit resserré en de petits cercles, elle le leur fait continuer sui* vant un plus grand cercle; ce qui leur est même plus naturel, à cause que^plus un cercle est grand, plus il approche de la ligne droite; mais quand \m pierre A est arrivée jusques au corps M, que je suppose être dur, c est-à-dire être composé de parties qui se reposent et qui sont jointes à la masse de la terra, elle y lron\e de la résistance, à cause que, pour passer outre, il ne taut pas seulement qu'elle détermine vers quel coté les parties de ce corps M se doivent mouvoir pour lui faire place , mais il faut, outre cela, quelle leur communique de son mouvement, à quoi il est besoin de plus de force; et il peut aisément arriver qu'elle n'aura pas la force de reniuer aucune des parties de ce corps « à savoir si elles sont toutes plus fermement jointes l'une à l'autre que ne sont les siennes. Mais si on suppose que ce corps M ne soit pas joint à la masse de la terre et qu'il soit environné d'air tout autour, il &ut remarquer qu'il interrompt le cours des parties de cet air, qui, au lieu de continuer leurs mouvements en lignes droites , sont contraintes en le rencontrant de se réfléchir; en sorte qu'il n'y a rien qui empêche que ces parties d*air ne meuvent ce corps , sinon qu'elles ne sont pas toutes détermi-

a34 LETTRES.

nées à le pousser vers un même côté , a quoi la pierre A leur aide sans beaucoup de force quand elle rencontre ce corps M : et de là on entend pourquoi un tas de sable n'est pas un corps si dur qu uu gros caillou , dont ies parties ne différent de ces grains de sable, sinon qu'elles se touchent immédiatement Tune l'autre : car chaque grain tle ce iiabie étant environné d'air presque tout autour « n'est pas si joint aux autres grains que les parties qui composent le caillou sont jointes Tune à l'autre.

Pour les muscles de notre corps, ils ne sont durs et tendus - qu à cause qu'ils sont pleins d'esprits animaux , ainsi qu'un ballon est dur quand il est plein d'ail : ce qui ne fait rien contre la question précédente; car les parties extérieures du muscle ou du ballon étant jointes et sans mouvement au respect Tune de l'autre, les intérieures ne servent qu'à remplir la place qui est au dedans, ce qu'elles font aussi bien avec les mouvements qu'elles ont, que si elles n'en avoient aucun. Au reste, je me suis un peu étendu sur ce sujet, à cause que vous le demandiez au nom de M. des Argues , à qui je serois bien aise de téinoignei' que je suis son très humble serviteur..

Les graines de l'herbe sensitive ne sont point encore levées ici en aucun lieu, quoique plusieurs en aient semé*.

• t Eh la page 104 d« ma Dioptriquc , j ai effacé depuis la ligne 10, oà

LKTTRB8. 355

La raison qui me fait dire que les corps qui desceudeiit sont moins poussés par la matière subtile à la fih de leur mouvement qu*au commencement , n'est autre chose, sinon qu'il y a moins de disproportion entre leur mouvement et celui de cette matière siibtile; ainsi que si le corps A» étant sans mouvement, est rencontré par le corps B qui tende à se mouvoir vers . G de telle vitesse qju'il puisse feire, par exemple, une lieue en un qiwt d'heure, il sera davant.ige poussé par ce corps B qu'il ne seroit s'il se mouvoit déjà de soi-même vers G de telle vitesse qu'il put faire une lieue en deriji heure, et il n'en sera point poussé du tout s'il se meut déjà vers G de telle vitesse qu'il fasse une lieue en un quart d'heure.» etc.

La façon dont s'explique la pesanteur n'a aucune atâuité avec celle dont s'explique la lumière, et je ne vois aucune raison pourquoi les corps pèseroient moins l'hiver que Tété.

Je ne mets point .ici comment ou peut calculer combien il faudroit de coups d'un petit marteau pour égjaler la force d'un gros, à cause qu'il y a

soiteeês mûttf ttontÎM dn point B, fmtqn'à fmtipimiitihM i^f^ ck sont cêâ mots, de plu à on tirs; et ftUmimu Iîm» dé <Mlft , k moseqoo tant Im U^e» AB et ffl qm Im lignes AL et GI sont parsOèlcs» les trimigleft ÀLB et IGN sont semblely les ; d*on il soit qne AL est i IG comme AB est à NI, on bien pereeqne AB et BE sont égales , comme BI est à I. Puis si on tire , etc. •

taut de choses à considérer en tels calculs , et ils s'accordent si difficilement avec les expériences et servent si peu, qu'il est, ce me semble, mieux de n'en point parler. Voilà pour votre lettre du vingtcinquième mars. Je viens à la suivante du sixiem/e mai. Je vous remercie de la pierre qui se remue dans le vinaigre; j*cn viens de faire rexpérience, et je Tai mise aussi dans l'esprit de vitriol , ou elle s'i^ remuée encore plus que dans du vinaigre ^ ce qui me fait croire qu'elle &it le même en toutes sortes d eaux fortes : et je n'en puis dire autre cliose, sinon qu'elle a plusieurs pores qui reçoivent fiici^ lement les parties de ces liqueurs, mai» qui n'ont pas la figure propre à recevoir les parties de l'eau douce ni des autres liqueurs qui n'ont point cet efn fet; et que lorsque les parties du vinaigre entrent dans les pores qui sont au-dessous de cette pierie, elles en font sortir des parties dair ou d'eau qui y étoient, et qui se dilatant lorsqu'elles sortent, comnic prouvent les petits bouillons qu'on voit alors autour de la pierre, la soulèvent et la remuent, ensuite de quoi elle doit couler vers le penchant de l'assiette ainsi qu'elle fait.

Les efforts du géostaticien me touchent fort peu, et je serai bien aise de ne les point voir jusques à ce qu'ils soient imprimés, ou du moins que M. de Beauue ait pris la peine de les voir et qu'il les approuve.

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