LETT
Hde; mois il auroitmcopr mieux (ait si, ar^c tou« les apûàem^ il reôe coBsidéré seulemetit comme uiie ligM ; car par après il ne ae sert que de la lar- ^9ûr de ce rayon , comme aussi de sa li§^e de lu*mière , pour fonder et établir se$ raisons imaginaires. ) .
Mais sa principale erreur est; dans lexplication de la cause physique de la réfraction des rayons ; car celle qu'il en apporte est non seulement . chimériqué , mais aussi contraire aux lois de la mécanique. Elle est chimérique, parcequ'elle est fondée sur la largeur qu'il attribue gratuitement aux rayons , et que par après il leur ôte dans sa quatorzième proposition,et néanmoins il confesse qu'ils se rompent en même façon que s'ils en avoient;.ét aussi parceque, si cette cause ctoit vraie, elle de^ vroit plutôt avoir lieu dans le mouvement d'une, balle que dans le rayon de lumière, ce qu'il a néan«> moins nié auparavant, et qui est contre Texpé* riencei comme aussi la raison pour laquelle il a voulu ci-^devant qu'une balle se rompit dans l'eau ens'éloignantde la perpendiculaire ^peut mieux appliquer aux rayons de lumière ou dn moins aussi bien qu'au mouvement d'une balle , car il n'y fait aucune mention du mouvement successif. La seconde cause physique qu'il apporte de la réfraction des rayons, dans laquelle il considère le mouvement successif d%m parallélogramme imaginaire,
LBTTRBS. 479
ei^ pontiraire aux Um de h mécanique, tant parcequ'il $^ppQse que le mouvemeiit de la partie D ' 4u parallélogranux^ ABCD est autant retardé par la superficie de FeauEDF, lorsqu'elle commence à la pàtiétr^ , qu'un peu après , lorsque plusieim parties de la ligne CD sont enfoncées dans l'eau^ que parcequ'il'Veut que la vitesse dff mâuTeiMnt soit augm^tée au pa«8a^ que ^t le rajrO» d^un^ p/ÉSiw plus d^afle(feEtft un plus rare. £t néaomomi il œ ^9roit donner aucune raison de cette au§^ mentation i car on conçoit aisément que le «lûu^ irement est retardé par la densité du milieu , mai$ Il ne s'ensuit pas qu'où il n'y a pa$ tant de densité le mouvement s'augmente , mais seulement qu'il est moins diminué ; comme aussi pour d'autres raisons qu'il seroit trop long.de rapports ici. . $a cinquième proposition , à savoir, que le rayon qui tombe obliquement doit être considéré comme ayant de la largeur , a déjà été réfutée et répugne à sa quatorzième proposition ; et même la preuve n'en vaut rien , où il avance sans raison et gratuitement qu'on doit prendre garde que le rayon opère ou s'étend plus loin par une partie de son extrémité que par l'autre, ce que jamais personne ne lui ac cordera , qui voudra considérer le rayon sans aucune largeur.
Ce qui suit jiisqu'à la quatorzième proposition
• Figare 46.
suit assez bien, comme je pense, de ses principes: je dis 9 comme je pense , parceque je ne l'ai pas la avec assez d'attention pour l'oser assurer ; mais ce n'est pas merveille si la vérité suit quelquefois de fausses hypothèses^ car il a accommodé ces hypothèses à la vérité qui lui étoit auparavant connue.
Sur la fin de cet écrit, il ne propose rien, touchant les couleurs , que je n'aie écrit avant lui , si ce n'est qu'il n'explique pas assez cette matière. Et c'est fort mal à propos qu'il dit qu'en supposant comme j'ai fait de petits globes, j'ai détruit ma première hypothèse ; car en les décrivant je n'ai pas dit qu'il n'y avait rieu dans les espaces que ces petits globes ne remplissent point, et je n'ai pas dû expliquer plus de choses qu'il n'en falloit pour mon dessein. Enfin , pour le dire en un mot , je n'ai pas trouvé dans tout cet écrit la moindre raison qui £àt diffé^ rente des miennes , qu'on pût dire être vraie et légitime.
LETTRES s.
AU II. P. MERSENNE
RÉPONSE DE !Bffh DEStARTES A LA LETTRE DE M. HOBBSS.
{lettre S5 tome III. ) Mon niVEREND PÈRE,
Ayant lu "à loisir le dernier écrit de Votre Anglois , je me suis entièrement confirmié en l'opiîaion que je vous 'mandai il y a huit jours* quejfa- ^ois de lui , et je juge que le meilleur est que je n*aie point du tout de commerce avec lui , et pour cette fin que je tn' abstienne de lui répondre : car sSl est de l'humeur (pie je le juge , et s*îl a Tes desseins que je croîs quil a, il séroit impossible qué nous eussions communication énsemble, saris devenir ennemis, et j'aime mieux qu^il en demeure où il én est. Je vôus prie * seulement , si vous lui avesr
* « Cette lettre est du 4 mw- t^^i. Elle va asses bien jns^'à la dernière ligne de la page 164. H faat avoir recours à la copie de de Labire « ^i>8t la 38* des mannscrits. » ~
• « Quinze. » ' ^mJe n>oUs prie aussi de ne Mi e/m^uin^uer fue le moins quê voui
pourrez de ce que ifous savez de mon opinion p et qui n'est poin^ in^prim4 / tcarje me trompe fort si ce n'est un homme qui cherche «Cacquérir dé la réputation à 'mes dépens , et par de mauvaises pratiques. Que si dûous lui 8* 5i
promis de me faire faire réponse à ce dernier î écrit, dé lui dire que je vous ai mandé que ce qui m'empêche d'y répondre , est que je me promets qufe vous me ferez la faveur de répondre pour moi^ ' et que vous me défendrez beaucoup mieux que je ne me pourrois défendre moi-même , outre que j'ai des occupations qui ne me permettent en aucune façon de donner du temps à de telles conférences , en suite de quoi voiis pourrez l'assurer, s'il y avoit encore par hasard quelque autre paquet de lui par les chemins^ que je n'y répondrai pas un seul lùot, èt que ce sei'oit peine perdue de m'en envoyer davantage. Mais cependaht , afin que vous ne pensiez pas que ce soit faute de savoir que dire ^ue je m'aj>^tiens de lui répondre, je mettrai, ici moji sentiment touchant les quatre premiers points.
Premièremeiït , quand J'ai parlé d'esprit ^ J'ai entendu, dit-il, un corps subtjil et fluide , donc c'est la même chose que sa matière subtile ; comme si toutes lés choses qui conviennent ensemble sous un certain g^re , ou sous quelque générale description « étoient pour t;ela absolument les mêmes; par exemple, un cheval est un animal à quatre pie<is qui a une queue; et un lézard est aussi un animât
avez promis de mé faire faire une réponse à ce dernier écrit , vous m'en excuserai, s'il vous plûâ, envers lui, sur cp^ que je m'assure ^que vous me défendrez beaucoup mieux que je ne me pourrois défendre moi-même. Mtafin que vous y ayez moins de peiné, je m'en vais mettre ici mort sentiment de ses dix points. »
à quatre pieds qui a une qu^ue ; donc tm dieval et un lézard sont la même chose.
Secondement, puisqu'il prétend que son esprit interne et ma matière subtile ne sont point différents, il a içi à prouver deux choses qui sont contradictoiremént opposées; c'est à savoir, que le même corps subtil en vertu d^ son agitatiop çst la cause de la dureté, ainsi qu'il estime, et qu'en vertu de la même agitation il est la cause de la mollesse , ainsi que je pense. Mais il change l'état de la question ; et après avoir supposé que la dureté dépend d'un mouvement fort vite , et la mollesse au contraire d'un mouvement plus lent, il prétend que cela suffit pour son dessein, quoique j'çstime tout au contraire qu'uji mouvement fort vite cause la mollisse, et que la dureté vient du repos des parties; à quoi il ajoute que je fais plutôt voir ici la volonté que la raison que j*ai de contredire, à cause que- je tie veux pas croire que des choses qui sont tout-à-fait opposées soient une même chose. Mais n'est-ce pas lui au contraire qui fait voir qu'il ne lui importe pas quoiqu'il soutienne, pourvu seulement qu'il ait lieu de disputer? Car que fait cela à l'affaire, que son corps subtil soit la même chose que ma matière subtile, ou qu'elle ne le soit pas ? vu principalement que si c'est la même chose , je puis dire qu'il a emprunté cela de moi , puisque j'en ai écrit le premier ; et qui
484 LÈTt*HES.
Ètt-il de plus hors de raison que de vouloir quepQuf lui applaudir, je cottfesse que je suis dans un sentiment que je n'ai point, et que j'ai déjà plusieurs fois témoigné ne point avoir? Ce qu'il ajoute ensuite ne Fest pas moins, et il m'attribue ime opinion touchant la dureté, laquelle^ comme vous savez , je n*ai jamais eue; mats je vous prie que par votre moyen il n'apprenne rien de plus de mes principes que ce qu'il en sait déjà. -
, Troisièmement, ce que j'ai avoué dans ma précédente se pouvoir dire, j'ai cru qu'il pouvoit être entendu en un sens aiiquel il seroit vrai ; mais qu'il poirvoit aussi être entendu en un autre sens, et même plus commun , auquel il sera faux;^ ce qui a fait que je n'ai pas voulu me servir de cette façon de parler, comme étant moins propre, et quiauroit pu donner aux lecteurs occasion de se tromper; et cela nâ'a semblé une raison très juste pour ne m'en pas servir; mais il me semble fort injuste àe ne la vouloir pas recevoir pour une raison valable; et même je le trouve grandement importun de vouloir inférer de là que je n'ai pas bien entendu la chose, vu que lui-même ne l'entend pas bien encore, comme je ferai voir tout maintenant , et d'oser pro. poser ici pour démonstration une chose qui n'en a qoe l'apparençe, pour surprendre ceux qui ne sont pas assez intelligents. , Car, premièrement, je voudrois bien savoir ce
LBTTKES.
qu'il supposé quand il dit que ta vitesse d'A ' ^ersB soit àlaviie$se d*A vers C comme ta ligne A BàUi ligne jéCy ces deux vitesses composent la vitesse qui est de B ^ers C. Car il ne peut pas supposer que la balle $e meuve en même temps d'A vers B et vers C, puisque cela est impossible; mai^ sans doute qu'il a YOiUu dire la vitesse de B vers A et C; en telle sort« que l'on conçoive que la balle se meuve de B vers A sur la bgne BA , et que toute cette ligne BA se meuve vers NC; si bien qu'en même temps la balle parvienne de B en A, et la ligne BA à la ligne NC; car, par ce moyen, le mouvement dç la balle décrira ta ligne BC ; mais peut-étr^ qu'il a embarrassé cela tout exprés pour faire semblant de dire quelque chose , quoiqu'il ne dise pourtant rien qui ne soit inutile. Car pour prouver que la vitesse de B vers C est composée de celle de B vers A, et d'A verïs C , il les divise toultes deux en disant , que parçeque leîïiouvement d'A vers B (c'est-à-dire de B vers A) e^t composé des mouvements de F vers A et dé F vers^, le mouvement composé AB ne contribuera pas plus de vitesse au mouvement de B vers C qu'en a contribué FA; ni le mouvement composé AQ, plus qu'en a contribué AE, etc. D'où il eût d^ çpuclure que BG étoit composé de FA et d'AE , et non pas de 34 d'AC : mais céla ne dit rien ; car la ligi^ FA ef; AE ii'est autre que BC. En quoi il a fait 4fi
• Figure 4?. '
même que s'il eût voulu prouver qu'une cognée» est composée d'une forêt et d'une montagne, à cause que la forêt a fourni le bois pour faire le manche , et qufe la montagne a fourni le fer qui a été tiré de ses mines. Et après tout cela il m'accuse fort civilement d'avoir commis un paralogisme; mais en quoi pensez-vous que consiste ce paralogisme? en ce que j'ai dit que je n'avois pas voulu me servir d'une façon de parler si impropre.
Quatrièmement, il montre ici qu'il se trompe en cela même où im peu auparavant il avoit dit, que je ne dévots point avoir peur des paralogismes que les autres pouvoient commettre : car il en commet un lui-même , en ce qu'il considère le mouvement déterminé au lieu de la détermination. Et pour bien entendre ceci , il faut savoir que le mouvement déterminé est à la détermination même du mouvement comme un corps plan est au plan ou à la surface de ce corps : car de même qu'une surface étant changée, il ne s'ensuit pas que les autres le soient aussi, ou qu'il leur arrive plus ou moins de corps, encore qu'elles soient dans le même corps, et qu'elles ne puissent être sans lui ; de même aussi de deux déterminations l'une étant changée , il ne s'ensuit pas que l'autre le soit aussi , ou qu'il lui arrive plus de mouvement ou de vitesse, encore que ni Tune ni l'autre ne puisse être sans mouvement Que si notre philosophe avoit entendu cela, il ne
LETTKfiS.
dirôit pas comme il fait, que je dévots avoir démon* tré que la balle retenant toute la vitesse qu'elle avôit quand elle est venue d\A * vers B, il ést imposable qu'elle puisse aller plu^ toin vers la même détermina^ tion , à savoir vers la droite , que Jusqu'en E ; car il auroit vu que cela même avoit été démontré , de ce que javois prouvé que la déterminatioti vers la droite rfétoit point changée ; car le mouvemëht ne peut être augmenté ou diminué vers ce côté-là , que cette détermination n'augmente ou ne diminue à proportiçn ; de même qu'un corps nie peut ^êtr^ changé en sa superficie, que sa superficie ne soit aussi en même temps changée; et néanmoins la détermination n'est pas le mouvement, non plfis que la- superficie n'est pas le corps- Et il n^ïiufroit pas ditaprè^ cela^ maintenant, siles^détermimfions^sOM des f^tm^ements ^ etc. ; car les déterikiinatidns ae>sont! pas plutôt des mouvements! (|U6 les superficies sont des corps ; mais il se trompe luir-raême,* ^ ce qull considère le mouvement déterminé àu lieu de ht détermiiiàtioai, ainsi que j'avois promis de foire voir. J'aurois honte* de ra'arrêter plus long-temps^ à réfuter le reste de ses discours et de perdre davantage de temps à une chose si inutile. C'est pourquoi, je vous promets de ne répondre jamais plus
« Figure 48.
^ « Le reste de cette lettre est dans la 3 S* des manascrits de Lahire , 4 mars 164 »
il tout ce que voiU iae |>Qurncz^eiivoyer de lui, et we lakaa auUement flattcar par les louaaga que you& ip« tnande» qu'il me donne; car je con* Qois qu'it n'^ useque poui^ £bûi^ tilieum ^sraire qu'il |i raison en ce où il me reprend , et où il m'iiDpaft^ fiEUissement des £siutes.
Tous' YOfiè amis <m% bien parlé de Varc; maî& M* 4^ j^berval a considéré le premier moment auquel la ^èehe commence i ée mouvoir, et le$ autres ont c^nçid^é celui auquel ^3kt d'ét» paM39é^ par k<:orde, Je suis, etc^
DANS VUE A^THE LETTHE OH TEOUVE CE QUI SUIT, Dpirr VOICI LA YEESiION.
Quant à ce que vous me mandes de TAngieis, qui dit que som esprit et ma matière suhtiie sont la memeohose,et qu'il aexpHqué par son moymiu lumère et les sons dès l'année ï^5oj et qu'A croit ^tre pan^enu ji^qu'à moi^ c'est une clK>se puérile et digne de risée. Si sa Philosophie. est teUe qa'il ait peuDT qu'on lalui dérobe, qu'il la pubUe; pour mai je lui pron^ets que je ne me hâterai pas d'us m<Nnent à publier la mienne à son occasion. Ses derniers raisonnements que vous m'^écrive^ sont aussi mauvais que tous les autres ^ue j'ai vus de lui. Car, premièrement, encore que l'homme et Socrate ne soient pas deux divers suppôts, toute-
> *i Ce petit alinéa n'ef t pas de cette lettre. »
fois pn signifie autre chose par te nom de Socrate que par le nom*d'homme^ à savoir les différences individuelles ou particulières; de méâ)e le niou-^ vement déterminé n'est point différent du mouvement, mais néanmoins la détermination est autre chose que le mouvement
Secondement, il n'est pas vrai que la cause ef^ ficiente du mouvement soit aussi la cause efficiente de la détermination; par exemple, je jette une balle contre une muraille, la murailIe^ détermine la balle à revenir vers nK)i, mais elle n'est pas la pause de son mouvement.
Troisièmement, il use d'une subtilité très légale quand il demande si la détermination est dans le iBOuvement comme dan^ un sujet; comme s'il étoit ici question de savoir si mouvement est une substance ou un accident^ car il n'y a point dinetmwéûient ou d'absurdité à dire qu'un accident soit le sujet d'un autre accident, comme on dit que la quantité est le sujet des autres accidents; et quand j'ai xltt que le mouvement étoit à la détermination du mouvement comme le corps plan est k son plaa ou à sa surface, je n'ai point entendu par là feire comparaison eatre le mouvement et le corps comme entre deux substances, mais seulement comme entre deux choses concrètes, pour montrer qu'elles étoient différentes de eelles dont on pouvoit Heure Tabstraction. .
490 léttbés.
Enfin, c'est très mal à propos qu'il conclut qu'une détermination étant chan|[ée , les autres le doivent être aussi; parceque, dit-il, toutes ces déterminations ne sont qu'un accident sous divers noms : si cela est , il s'ensuit donc que selon lui l'homme et Socrâte ne sont qu'une même chose sous deux noms différents, et partant pas une différence individuelle de Socrate ne sauroit périr , par exemple, la connoissance qu'il a de la philosophie, qu'en même temps il ne cesse d'^e homnoie. Ce qu'il dit ensuite, à savoir qu'un mouvement n'a qu'une détermination , est le même que si je disQis qu'une chose ' étendue n'a qu'une seule figure, ce qui n'empêche pas que cette figure ne se puisse diviser en plusieurs parties comme la détermination le peut aussi être.
Ce qu'il reprend en la Dioptrique, pagé i8. fait voir seulement qu'il ne cherche que les occasions de reprendre , puisqu'il me veut imputer jusqu'aux fautes de l'imprimeur; car j'ai parlé en ce lieu là de la proportion double -, comme de la plus simple, pour expliquer la chose plus facilement , à cause que la vraie ne peut être déterminée , pourcequ'elle change à raison de là diversité des sujets. Mais si dans la figure, la ligne HF n'a pas été Êitte justement double de la ligne AH, c'est la faute de l'imprimeur, et non pas la mienne. Et en ce qu'il dit être contre Texpériençe, il se trompe entière-*
ment, à cause qu'en cela Texpéri^nce varie selon la variété de la chose qui est jetée dans l'eau, et de la vitesse dont elle est mue. Et je ne me suis pas mis en peine de corriger en ce lieu-là la faute de l'imprimeur, pqurceque j'ai cru aisément qu'il ne se trouveroit poirit de lecteur si stupide, qu'iVeût de la peine à comprendre qu'une ligne fut double d'une autre , Oiuse que la figure en représente une qui n'a pas cette proportion , ni qui fut aussi peu juste que de dire que pour cela je méritois d'être repris. Enfin lorsqu'il dit que j'approuve cette partie de ces écrits que je ne reprends pc^int, et dont je ne dis mot, il se trompe encore; car il est plus vrai que c'est que je n*en ai pas fait assez de cas pour croire que je dusse m'employer à la réfuter.
AU R. P. MERSENNE'
(Lettre 53 du tome II.)
Mon révérend père,
. Ce mot n'est que pour vous dire que je n'ai pu encore pour ce voyage vous envoyer ma réponse
■ « Cette lettre répondant à une do P. Slersenncy datée dn i() janvier j doit être dn a8 février. »
aux objections, partie à cause qup j'ai eu d'autxes occupations qui ne m'ont quasi pas laissé un jour libre , et partie aussi que ceux qui les ont Faites seinblent n'avoir rièn du tout compris de ce que j'ai écrit, et ne l'avoir lu qu'en courant la poste, en sorte qu'ils ne mè donnent occasion que de répéter ce que j'y ai déjà lâis , et cela me fait plus de peine que s'ils m'avoient ptoposé des difficultés qui donnassent plus d'exercice à mon esprit ; ce qui soit toutefois dit entre nous , à cause que je serois très marri de les désobliger , et vous verrez par l€ sôin que je prends à leur répondre , que je me tiens leur redevable, tant aux premier^ qu'à celui aussi qui a fait lesdernières, que je n'ai reçues que mardi dernier', qui fut cause que j^ n'en parlai point en ma dernière , car notre messager part le lundi!
J'ai parcouru le livret de M. Morin ' , dont le principal défaut est qu'il traite partout de l'infini, comme si son esprit étoit au-dessus, et qu'il en pût comprendre les propriétés , qui est une faute commune quasi à tous , laquelle j'ai tâché d'éviter avec sqin ; car je n'ai jamais traité de l'infini que pour me soumettre à lui, et non point pour déterminer ce qu'il est on qu'il n'est pas. Puis^ avant que de rien expliquer qui soit en controverse dam sos seizième théorème, où il commence à vouloir
» « De Deo. »
prouver que Dieu est , il appuie rdisonnement sur ce qu'il prétend avoir réfuté le mouvement dfe la terre , et sur ce que tout le ciel tourne autour tFeUe , ce qu'il n'a nullement prouvé; et il suppose aussi qu'il ne peut y avoir de nombre infini, etc. 4 ce qu'il ne sauroit prouver non plus , et ainsi tout ce qu'il met jusqu'à la fm est fort éloigné de l'évidencè et de la certitude géométrique qu'il semble promettre au commencement. Ce qui soit dit aussi, s'il vous plaît, entre nous, à cause que je ne désire nullement lui déplaire.
Je viens de recevoir votre dernière du dix -neuvième janvier, avec le papier de M. des Argues , que je viens de lire tout promptement. L'invention en est fort belle, et d'autant plus ingénieuse , qu'elle est plus simple; car il n'y a pas grande difficulté à reconnoître qu'elle est conforAie à la théorie , en considérant seulement que ces trois premières verges représentent trois lignes droites en la superficie du cône que décrit l'ombre du soleil ce jour-là , et que leur rencontre est le sommet de ce cône : que le triangle est imaginé inscrit dans le cercle de l'équateur , duquel il trouve le centre par la rencontre des deux perpendiculaires sur les deux cotés de ce triangle, et que la ligne tirée de la rencontre de ces perpendiculaires à l'un des angles est le rayon de ce cercle, d'où le reste est évidenj.
Mais il me sehible que pour la pratique , Tusage de . ces deux fils de métal n'est pas si exact que s'il faisoit faire un triangle de carton ou autre matière, dont on appliqueroit les trois angles aux trois divisions niarquées sur les verges , après y avoir fait un trou rond de la grosseur du style , dont le centre seroit en la rencontre des perpendiculaires; car en passant le style par ce trou et le haussant jusqu'à la rencontre des trois verges, on le poseroit en sa juste situation. ^
Je vous prie de l'assurer que je suis fort son serviteur , et le remercie de ce qu'il a souvenance de moi , pour m'envoyer de ses écrits. Je n'ai pu en-* coré étudier son Traité pour la coupe des pierres, à cause que je n'en ai pas reçu les figures. Si vous m'apprenez quelque chose de ce qu'il dit avoir trouvé touchant l'algèbre , je pourrai peut-être juger ce que c'est en peu de mots; mais pour ce qui est de se servir en même façon du plus et du minus^ c'est chose que nous avons toujours pratiquées. Je vous suis extrêmement obligé de tous les bons avis que vous me donnez touchant ma Métaphysique et autres choses. -
Je prétends que nous avons des idées non seulement de tout ce qui est en notre intellect, raais même de tout ce qui est en la volonté : car nous ne salirions rien vouloir, sans savoir que nous le voulons , ni le savoir que par une idée , mais je ne
LE'TTRES.
mets point que cette idée soit différente de l'action même. . ^
Il n'y aura , ce me sembje, aucune difficulté d'accommoder la théologie à ma façon de philosopher; car je n'y vois rien à changer que pour la transsubstantiation, qui est extrêmement claire et aisée par mes principes , et je serai obligé de l'expliquer en ma Physique, avec le premier chapitre de la Genèse, ce que je me propose d'envoyer aussi à la Sorbonne, pour être examiné avant qu'on l'imprime : que si vous trouvez qu'il y ait d'autres choses qui méritent qu'on écrive un cours entier de théologie , et que vous le vouliez entreprendre , je le tiendrai à faveur, et vous y servirai en tout èe que je pourrai.
J'ai connu autrefois un M. Chaveau, à la Flèche, qui étoit dé Melun; je serai bien aise de savoir si ce ne seroit point celui-là qui enseigne les mathématiques à Paris ; mais je crois qu'il s'alla rendre jésuite , et nous étions lui et moi fort grands amis. J'ai reçu il y a déjà quelques semaines le livre de M. de la N. , et un autre du dixième livre d'Euclide, mis en françois; mais, pour vous avouer la vérité, sur ce que M. de Z. m'avoit dit , avant que de rae les envoyer , qu'ils ne contenoient rien de fort exquis ^ et que j'avois d'autres occupations, je les ai laissé reposer après avoir lu deux ou trois heures dans le premier , sans y rien trouver que des
paroles. Je n/e crois point qu'il fdille riea changer de ce que j'ai mis au çommencement de ma Métaphysique à l'occ^sioa du sieur N. , car c'est le inoins qile j'ai pu et que j 'ai cru atoir du dire sur ce sujet ; car je itte serois £siit tort de n'en avoir point du
' tout parlé , YU que son écrit a été vu de plusieurs , et je vous assure que je me soucie aussi peu qu'il le fasse itnprimer, que j'ai fait du pentalc^os que ypus avez vu. Je crois donc qu'en faisant imprimer ma Métaphysique , il sera bon d'y mettre ce commencement, afin qu'on voie que ce que j'avois écrit dans le discours de ma Méthode n'est que la même chose que j'explique plus au long; mais il est vrai que pour faire écrii^e des copies. c& sera assez de commencer par l'abrégé que je vous ai envoyé»
Je serai bien aisç qu^on me fasse le plus d'objections, et les plus forteis qu'on pourra^ car j'esp«e que la vérité en paraîtra d'autant mieux; mais je vous prie de faire voir ma réponse et les objections que vous m'avez déjà envoyées à ceux qui m'en
> voudront faire de nouvelles, afin qu'ils ne me proposent point ce à quoi j'aurai déjà répondu. J'ai prouvé bien expressément que Dieu étoit créateur de toutes choses , et ensemble de tous ses autres attributs ; car j'ai démontré son existeiice par ïi* dèe tjue nous avons de lui, et même parcequ'ayant
' en nous cette idée nous devons avoir été créés par lui ; mais je vois qu'on prend plus garde anic titres
t^ETTRËS. '49V
qui sont dans les livres qu'à tout le reste : ce qui me fait penser qu'au titre de h seconde méditation de mente humana , on peut ajoùter quod ipsa sit notiar quam cdrpus , afin 'qvi\?n cçtde pgfs que j'aie voulu y prouver sôn immortalité , et après , en la troisième de D^qmd e^i^tdktsi^M cinquième de estentia rerum mater ialium, et iterum de Deo quod existât /eh la sixième de existentia rerum materia-- Uumj et reali mentis à corpore distinctione : car ce sont là les choses à quoi je désire qu'on prenne le plâa ^và^d ; mais je pensç y avoir mi^ be^^uçoup d'autres choses ^ et je vous dirai ent??e nou^ que cÇ3 ^ix méditations çontienneni tous le^ fop4çixïents de ma physique; mais îl ne le faut pas; dire .3'il voua plaîty car ceux qui favorisent Ajistpteferoient pmitr ét^re plus de difEculté^e lès approuver; et j'espère .4|ue c«ux qui les liront s'acc&Xitumepont insénsibl^ .ment à mes priadpés^ et en recoBndîtrcmt la vé^ rité avant que de s'apercevoir qu'ils détruisent céux d'A<pi6tote. ; .
AU R. P. MERSENNE'
(Lettre 109 do tome III.)
D« Lejde, U tS «tto 1641.
Mon b^vérend pâre^
Je vous envoie enfin ina réponse mt objectiom de M. Arnault , et je vous prie de changer les choses suivantes dans ma Métaphysique , afin qu'on puisse connoître par là que j'ai déféré à son jugement, 6t àinsi que les autres, voyant combien je Suis prêt à suivre conseil , me disent plus fi^nchement les raisons qu'ils auront contre moi, s'ils en ont , et s'opiniâtrent moins à me contredire sans raison.
La première correction est in synopsiadguartam meditationem. Après ces mots quant ad reliqua intelligenda , où je vous prie d'ajouter ceux-ci : ( Sed ibi intérim est advertendum nullo modo agi de peo^ catOjvel errore qui commiititur in persecutione boni etmati, sed de eo tantumqui contingit in dijudicattone veri et falsiy nec ea spectari quœ ad fidem pertinent, tel ad vitam agendam, sed speculativas tantum, et
• « Cette lettre est là 39* des manuscrits de Lshire. »
solius iuminis naturalis ope cognitas veritate»), et de les enfermer dans une parenthèse, afin qu'on voie qu'ils ont été ajoutés. ,
Dans la sixième méditation, page 96, après ces mots : Cum autharem meœ originis adhuc ignorarem^ je vous prie de mettre {vel salum ignorare me fin^ gerem) aussi entre parenthèse.
Puis dans ma réponse aux premières objections, où il est question , an Deus dici possit esse a se ut a causa y à l'endroit où sont ces mots: jàdeo ut si putàrem nullam rem idem quodammodo esse passe erga se ipsam^ etc. , je vous prie de mettre à la marge : Notandum estperhœc verba niliilaliud inlelligi, quam quod alicujus rei esseniia talis esse possit , ut nuUa causa efficiente indigeat ad existendum.
£t un peu plus bas, où sont ces mots : Ita^ etiam si Deus nunquam non fuerit , quia tamen ille ipse est qui se rêvera conservât^ etc., je vous prie aussi de mettre à la marge : Notandum etiam hic non intel^ ligi conservationem quœ fiât per positivum ullum causai efficientis infUixum; sed tantum, quod Dei essentia sit talis ut non possit non semper existera.
Et trois lignes plus bas , où sont ces mots : Etsi enim ii quiputant impossibile esse ut aliquid sit causa efficiens sui ipsius^ non soleant, etc. je vous prie de corriger ainsi le texte : Etsi enim ii qui non nisi ad propriam et strictam efficientis significatioriem atten^ dentés, cogitant impossibile esse ut aliquid sit causa
efficient nui ipsius , nullumque hic atiud ceu$œ genus tf^cienîi amlogum beum kabere animadvertunt, non soleant j etc. Car mon intention n'a pas été de dire que aliquid potest esse causa efficiens soi ipsius ^ en |Mirlant de efficiente proprie dicta , mais seulement que lorsqu'on demande an aliquid pos&it esse a se, cela ne se doit pas entendre de efficiente proprie dicta s parceque, (iomme j'ai à\\.^ nugatoria esset quœstio; et que l'axiome ordinaire de l'école, nihil potest esse causa efjiciens sui ipsius ^ est cause qu'on n'a pas entendu le mot a se au sens qu'on le doit entendre; en quoi je n'ai pàs voulu toutefois apeptement blâmer l'école.
Je vous prie aussi de n'oublier pas la correction dont je vous ai écrit dans mes précédentes pour la fin des mêmes réponses, où sont ces mots, deinde quia cogitare nonpossumus, etc., car, pendant que mon écrit n'est pas imprimé, je pense avoir droit d'y changer ce que je jugerai à propos. Je pense aussi avoir quelque droit de désirer que dans les objections de M. Arnault, vers là fin de celle où il examine an Deus sit a se ut a causa, et où il cite de moi ces paroles : jédeo ut si putarem nullam rem idem esse passe erga seipsam, etc., qu'on mît, idem quodammodo esse, etc. Car ce mot quodammodo, qu'il a oublié, change le sens, et il est ce me semble mieux que je vous prie de Tajouter dans son texte , que si je l'accusois dans ma réponse de n'a-
LETTRES. Soi
voir pas cité le mien fidèlement, outre qu'il semble ne l'aroir omis que par ouWiançe* il ccmclut, cum evidentiêsimum sit nihil uUo modo erga se ip-sum, etc.y où son ullo modo se rapporte à mon guod&mmodo.
Je pourrois en même façon vous prier de mettre ^11 commencement de la même objection , où il cite de moi ces mots : lia ut Deus quodammoda idem prœstet respecta sut ipsiusj etc., de mettre, dis-je , ceux-ci , lia ut liceat nobis cogitare Deum quodammodo idem prœstare , etc. , comme il y a dans mon texte. Et un peu plus bas où il me cite, disant que efficientis significatio non videtur ita esse resiringenda ^ il omet la principale raison que j'en ai donnée , qui est quQ nugatoria quastio esset, etc. , et rapporte seulement la moins principale; mais j'ai remédié à cela tout douceme^nt par ma réponse; c'est pourquoi il importe moins de le changér, et il ne lefaudroit pas faire sans sa permission.
Je vieiis à votre dernière du deuxième mars, que j'ai reçue il y a huit jours , car je n'ai pomt eu de vos lettres à ce voyage: vous y parlez de l'ppinion de rAngl(»s qui veut que la réjflexion des corps ne se fasse qu'à cause qu'ils sont repoussés comme par un ressort , par les autres corps quïls rencoatrent; mais cela se peut réfuter iNcn aisément par l'expérience. Car s'il étoi^ vrai , il faudroit qu'en pressant une balle contre une pierre dure, aussi
5oa LETTRES.
fort qu'elle frappe cette même pierre quand elk est jetée contre elle , cette seule pression la pût faire bondir aussi haut que lorsqu'elle est jetée contre. Et cette expérience est aisée à faire , en tenant la balle du bout des doigts , et la tirant en bas contre une pierre qui soit si petite qu'elle puisse être entre la main et la balle , ainsi que la corde d'un arc de bois est entre la main et la flèche, quand on la tire du bout des doigts pour la décocher; mais on verra que cette balle ne rejaillira aucunement , si ce n'est peut-être fort peu en cas que la pierre se plie fort sensiblement comme un arc. Et pour leur faire avouer que la balle ne s'arrête en aucune façon sa point de la réflexion , il leur faut faire considérer que si elle s'arrêtoit quand la réflexion se fait justement à angles droits, elle devroit aussi s'arrét» quand ils sont tant soit peu moindres, et ainsi par degrés, encore qu'ils soient les plus aigus qui puissent être, car il n'y a pas plus de raison pour Pun que^ pour l'autre ; mais ces angles plus aigus sont les angles de contingence, qui se trouvent en tous les points imaginables qui sont en la xircoriférence d'un cercle, en sorte qu*il faudroit imaginer que lorsqu'une balle se meut en rond , elle s'arrête en tous les points de la ligne qu'elle décrit , ce qui ne se peut soutenir que par une opiniâtreté ridicule ; si ce n'est qu'on avoue aussi qu'elle s'arrête en tous les points de son mouvement
LETTRÉS. 6oi
quand elle va ai ligne droite; car cm. hé voit point qu'elle aille notablement plus vite en droite ligne qu'en rond. Et si on veut qu'elle s'arrête en tous les points de son mouvement, ce n'est rien de particulier de dire, qu'elle s'arrête aussi au point de réflexion; et il leur faut expliquer la cause qui lui fait reprendre son mouvement après qu'elle l'a perdu en chacun des points t)ù elle s'arrête, ainsi qu'ils prétendent la donner par leur ressort , qui le lui fait reprendre au point de la réflexion. Mais je ne me souviens point d'avoir dit que ses conclusions touchant la réfraction suivissent mal de ses suppositions ; car en effet je crois qu'elles suivent bien , et il n'est pas malaisé de bâtir des principes absurdes dont on puisse conclure des vérhés qu'on a apprises d'ailleurs; cpmme si je disois omnin. eguus est rationalisa omnis homo est eqiius; erga omnis homo est rationatis : la conclusion est bonne, et l'argument est en forme , mais les principes ne valent rien.
Je suis bien aise que M. Petit ait pris quelque goût ën ma Métaphysique ^ car vous savez qu'il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se convertit, que pour mille justes qui persévèrent.
Je vous laisse le soin de tous les titres de ma Mé* taphysique ; car vous en serez s'il vous plaît le parrain : et pour les objections, il est fort-bon de les nommer primœokjectiones^ secundœ objectiones^etc.^
$o4. LETTRES.
%X après (Je mettre, re^ponMp objeeiione^ > plutôt que $oiutione$^ vbjectionum, afi^ de laisser ju^r an lecteur si aies réponses en contiennent les solutions ou non. Car il faut laisser mettre Mlutioneê ^ ceux qui n'en donnent que de faussa , ainsi que ce sont ordinairement ceux qui ne sont pas noUes qui se vantent le plus de Tétre.
Je ne vous envoie pas ei^core le dernier feuillet de ma réponse à M. Arnault, où j'explique la transsubstantiation suivant mes principes; car je désire auparavant lire les Conciles sur ce sujet , et je iia les ai encore pu voir. Je suis , etc.
^ AU R. P. MERSENNEv
(Lieure 54 du toiBe II.) MOW RÉVÉKEND PÈRE ,
J'ai été deux ou trois voyages sans vous écrire, partie à cause que j'ai eu peu de choses à vous
t «c Cette lettre n'est pas datée'; mais comme dan» la 46' des manuscrits deLihire^ fixement datée da 3 1 man t6c4i , 1|. Descaktes dk qmll demeurer k la campagne, à nne derai-litne de Leyde> et qu^aa'oomtocncement de celle-ci il s^excnse d'avoir été trois semaines sans écrire » wr ce que son séjonr à la campagne Ta rendu plus négligent, il est aisé de eonjeclurer qui» cetti* lettre est datée du 5 s» aVril 1641. »
LETTRE». 5o5
Dtiatider, et partie aussi que le Séjour de k campagae m'a rendu un peu plus négligent que je n'étois auparavant ; je n'ài pas laissé toutefois dé chercher la question de M; des Argues, car la façon dont vous me l'aviez proposée étoit telle, qu'il n'eût pas été honnête que je m'en fusse excusé ; mais pourceque je n'avois pas encore achevé il y a huit jours ' que j'appris par votre lettre que M. de Rob. l'avoit trouvée, il me sembla que je ne m'y devois pas arrêter davantage , car le calcul en est fort long et difficile, et en efîét je n'y ai pas pensé depuis.
Les Ueux de saint Augustin cités par M. Arnault sont en la seconde page , iihri secundi de libero arbilrios capite tertio. Puis en la neuvième page il chejdeanimcequantitate^ùap.ibf etSol.^L i, cap, 4o. Mais au principal passage qui est en la pénultième page, tria enim sunt^ ut sapienter mônet Augmti" nH$ , etc. , il a oublié de citer le livre. Je me remets entièrement à vous de ce qui concerne l'approbation et l'impression de ma Métaphysique, car je sais que vous eh avez plps de soin que je n'en pourrois avoir moi-même , et vous pouvez mieux juger ce qui est expédient, étatit sur les lieux, que je ne puis faire d'ici.
J'admire les objections de v^s docteurs, à savoir que nous n'avons point de certitud^e , suivant ma philosophie, que le prêtre tient l'hostie à l'autel , ou qu'il ait de l'eau pour baptiser., etc.
5o6 IfBTTRES.
Car qui a jamais dit , même entre les philosophes de l'école, qu'il y eût autre certitude que morale de telles choses; et bien que les théologiens disent qu'il est de la foi de croire que le corps de Jésus- Christ est en l'Eucharistie , ils ne disent pas toutefois qu'il soit de la foi de croire qu'il est en cette hostie particulière, sinon en tant qu'on suppose ex fide humana quod sacerdos /mbuerit volUntatem consecrandi , et quod verba pronuneiarit j et $it rite ordinatus j et talia quct nullo modo sunt fide.
Pour ceux qui disent que Dieu trompe continuellement les damnés, et qu'il nous peut aussi continuellement tromper, ils contredisent àu fondement de la foi et de toute notre créance, qui est que Déius mentiri non potest^ ce qui est répété en tant de lieux dans saint Augustin, saint Thomas ^ et autres, que je m'étonne que quelque théologien y contredise , et ils doivent renoncer à toute cer*^ titude s'ils n'admettent cela pour axiome que Deus non fallere potesU
Pourceque j'ai écrit que l'indifférence est plutôt un défaut qu'une perfection de la liberté en iious^ il ne s'ensuit pas de là que ce soit le même en Dieu; et toutefois je ne sache point qu'il soit de fide de croire qu'il est indifférent, et je me promets que le père Gib. ' défendra bien ma cause en ce point-là, car je n'ai rien écrit qui ne s'accorde
» « Gibiràf. »
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