‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 14 sur 15 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

A M. REGIUS'

(Lettre 91 du tome I. Version.)

Monsieur,

Je vous attendois ceà jours passés, et j'apprends aujoui'd'hui une nouvelle, qui, bien que de peu de conséquence, ne laisse pas de me faire craindre

X « La lettre 91 du i** yolome est de M..De8Gartesà M. Regins; elle B*eit point datée, mais je crois qu'elle est dn 3 janvier, car depuis la thèse soutenue par un des écoliers de, M. Leroy, Voëtius avoit aussi fiât soutenir d^autres thèses les 22, aS 'et a4, oà M. Regius et M. Descartes étoient un peu maltraités , sans être nommés; en suite de ces thèses, les ennemis de Bi. Regius résolurent tons ensemble d'aller trouyer les magistratSy pour demander qu'on renfermât le médecin dans les homes de sa profession, et qu'on lui fît défense d'enseigner les opinions de M. Descartes : mai» les Tacances d'hiver étant survenues » il fallut remettre cda après les vacances; et c'est durant ces vacances que M. Dcjscartes croyoit voir M. Leroy : c'est pourquoi , dès le commencement de cette lettre , il loi mande qu'il l'a attendu depuis quelques jours, ce qui me persuade qnt cette lettre est écrite vers le 3 janvier 1642. »

qu'elle u'ait été la cause de votre retardement ; cela redouble l'empressement que j*ai de Vous voir pour prendre ensemble là-dessus de justes mesures. J^apprends donc que vos ennemis ont enfin le dessus , et qu'ils soQt venus à bout de vous faire défendre d'enseigner mes I^incipes. Je ne sais comment vous prenez la chose, mais, si vous m'en croyez, vous ne ferez qu'en rire et mépriser tout cela. Vous regarderez la jalousie qu'on fait paroître contre vous comme plus glorieuse que tous les applaudissements des ignorants ; et certes il n'est pas surprenant que, dans une affaire qui se décide à la pluralité des voix , vous n'ayez pu résister avec le seul secours de la- vérité et de quelques uns de SCS partisans à la multitude de vos adversaires. Si, pour toute vengeance, vous prenez le parti d'eu rire en votre particulier , de garder un profond slilence, et de vous tenir en repos, j'y doiine les mains. Si vous voulez vous servir d'autres moyens, je ne vous manquerai point au besoin. Je vous prie cependant de m'apprendre au plus tôt par lettres, ou de vive voix, quelles sont vos résolutions. Adieu , aimez-moi toujours un peu. Si vous venez me voir , apportez , je vous prie , avec vous le plus de thèses que vous pourrez de vôtre adversaire. * Adieu.

AU r: p. mersenne

(Lettre ii4 du tome III. )

Mon révérend pèrb,

Je yous envoie ma réponse au révérend père Gibieuf; je l'ai fermée seulement par bienséance, car il n'y a rien que tout le monde ne puisse voir; et si vous témoignez avoir envie de savoir ce que je réponds au révérend père de la Barde, je ne doute point qu'il ne vous le montre. Pour les jésuites, je ne vois point encore bien clair en leur fait. J'ai reçu les billets du père Bourdin, qui montrent qu'ils ne cherchent pas un accommodement, et, pendant qu'ils n'agiront avec moi que par lui, je ne croirai pas qu'ils veuillent la paix ; aussi ne sùis-je pas résolu de taire au public ce qui se passera entt'e eux et moi. Vous pouvez bien leur donner parole que je n'ai aucun dessein d'écrire contre eux, c'est-à-dire d'tiser d'injures et de calomnies pour tâcher à les décrédiler : mais je vous prie de ne leur pas donner parole que je ne prendrai point

* « Cette lettre est bien datée^ par Bort^^ le 19 janvier 164a. Voyes

la 45* des manDScrits de Lahire. »»

LETTRES. 565 • f

un de leurs cours de philosophie pour en montrer les erreurs; car, au contraire', je veiix bien qu'ils sachent que je le ferai si je le juge utile à faire conûoître là vérité, et ih ne le doivent aucunement trouver mauvais s'ils préfèi^ent la vérité à la vanité de vôuloir être estimés plus savants qu'ils ne sont ; mais j'attends leurs objections pour déterminer ce que j'en ferai. M. de Zuytlichem ne m'a encore rien envoyé : je lui écrirai dans quatre ou cinq jours , pour le prier de ne retarder pas entre ses mains les objections des jésuites.

Pour le calcul touchant le mouvement d'une boule de mail frappée plusieurs fois de même force, vous l'avez fort bien pris : car au premier coup elle reçoit un tiers de la force du mail ; au second ^ un neuvième ; au troisième, un vingt-septième ; au quatrième, un quatre-vingt-unième, et ainsi à l'infini. Vous aviez seulement laissé couler une erreur de plume , à savoir que le tiers de treize est quatre et un quart , au liëu que c^est quatre et un tiers , ce qui vous avoit empêché de trouver le compte juste

• « Je n'ai point d'heure de reste pour penser à la roulette de M. de Ro" berval; et après lui en woir donné les tangentes^ qu'il a^foit enfin confessé ne pouvoir trouver, il auroit, ce^mc semble , mauvaise griâce à se nyaritet Savoir trouvé quelque ehose de plus y et dire que je ne satirois le trouver. Et c'est à savoir s'il a rien trouvé; il s'est vanté ^ peut-être , afin de ni inviter à le chercher, et le lui apprendre. Mais ce n'en est pas le moyen, bien que je ne croie pas que ce qu'il propose soit^dijficile. »»

Pour ce que M. Vitus in'x>bjeçte touchant l'a raréfaction de l'eau *quand eHe se change en vapeur, disant, Sed ei primo dectarandum est unde talis aie motus competat ^ et quœ netessitas iantam vioUntiam iis imprimens; deinde in vacuo vel in pleno fil hac volutatio, etc. , je réponds que cette force ou violence de mouvement est coaraïuni^ quée aux partiel de Feau ps^ la matière subtile , et qu'elle remplit aussi tout l'espace qu'elle» n'occupent pas , et ainsi que leur mouvement se fait in pleno. Mais je ne trouve pas étrange que cela lui semble difficile , car je n'ai pas encore assez expliqué la nature de cette matière subtile ; je tâcherai de le faire ci-après en son lieu , et j'ai ouï faire telle estime de M. Vitus * par M. d'Igby , que je me promets de l'avoir de mon côté^

L'invention du point de réflexion , datis spécula, oculo et objecta , est un problème bolide que Vilellion a résolu avec une hyperbole touchant les miroirs convexes , et il n'y a pas plus de difficulté pour les concaves , de façon que cela ne vaut pas la peine d'être recherché ; et il y a plus de vingt ans que je l'ai trouvé, mais je ne m'en souviens plus*.

a «« Thomas Anglns. »

' « // a neigé ici quelque peu , et après y gelé quatre on çinq ]o»rs la semaine passée, et le plus froid fut le dimanche lo de janvier; depuis il a fait un air de printemps , comme il avoit fait aussi auparavant. Foilà la réponse à ce que fai reçu de vous énr ces trois vojrages, n

Au reste, j'ai éprouvé ces jours passés un moyen de peser l'air qui m'a assez bien réussi ; car ayant une petite fiole de verre fort légère et soufflée à la lampe, de la figure qûe vous la voyez ici peinte", de la grosseur d'une petite balle de jeu de paume, et n'ayant qu'une petite ouverture à passer un cheveu en l'extrémité de son bec B , je l'ai pesée 4ans une balance très exacte, et étant firoide elle pesoit 78 grains et demi; après cela je l'ai chauffée sur des charbons , puis la remettant dans la balance en la situation qu'elle est ici peinte, c'est-àdire le bec en bas, j'ai trouvé qu'elle pesoit à peine 78 grains, puis plongeant le bec B dans de l'eau, je l'ai laissée ainsi refroidir, et l'air se condensant à mesure qu'elle se refroidissoit, il est entré dedans autant d'eau que la chaleur en avoit chassé d'air auparavant; enfin , la pesant avec toute cette eau , j'ai trouvé qu'elle pesoit 72 grains et demi plus que devant , d'où je conclus que l'air qui en avoit été chassé par le feu est à l'eau qui étoit rentrée en sa place comme ^ est à 72, ^? ou bien comme 1 est à i45, mais je me puis être trompé en ceci, car il est malaisé d'y être juste; seulement suis-je assuré que le poids de l'air est sensible en cette façon , et j'ai mis ici mon procédé tout au long, afin que si vous avez la curiosité d'en fairç

' Figure 49.

répi*euve, vous la puissiez faire toute seinblai>le ' Je suis, etc.

Page 1