‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 7 sur 15 · Il est très vrai de dire qufe nous ne concevons · texte numérisé non relu

Il est très vrai de dire qufe nous ne concevons

pas l'infini par la négation du fini; et de ce que la

tintitation contient en soi la négation de l'infini^ c'est

en vain qu'on infère que la négation de la limita-

tion-ou du fini contient la connoissance de l'infini i

pourceque ce par quoi l'infini diffère du fini est

réel et positif, et qu'ku contraire la limitation par

laquelle le fini diffère de l'infini est un non-être ou

une négation d'être : or ce qui n'est point ne nous

j>eut conduire à la connoissance de ce qui est; mais a 18

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574 LETTBES.

au contraire^ par la connoissance d'une chose il l^st aisé de concevoir sa négation, £t lorsque j'ai fjit, en la page 564 v qu'il suffit que nous çonce^ vions une chose qui n'a point de limites pour concevoir Vinfini, j'ai suivi en cela la façgn de parler la plus usitée; comme aussi lorsque j'ai retenu le nom d^être infini ^ qui pluè proprement auroit pu être appelé Y être très amplçy si nous vou*lions que chaque nom fût conforme à la nature de chaque chose; mais l'usage a voulu qu'on l'exprimât par la négation de la négation. : de même que si, pour désigner une chose très grande, je dispis qu'elle n'est pas petite , ou qu elle n'a point du tout de petitesse ; mais par là je n'ai pas prétendu montrer que la nature positive de l'infini se connoissoit par une négation , et partatat je ne me suis en aucune façon contredit.

Je demeure bien d'accord que notre esprit a la faculté d'agrandir et d'amplifier les idées des choses; mais je nie que ces idées ainsi agrandies, et même la fa^cuUé de Iç^ agrandir de la sorte,, pussent ê^re en lui , si l'esprit même ne tiroit son origine de Dieu, dans lequel toutes les perfections où cette ^mpliation peut atteindre existent véritablement. Ce (jue j'fl^i souvent inculqué et prouvé par cette raison très çlaire et accordée de tout le monde, à savoir qu'un effet ne peut avoir aucune perfection qui n'ait été auparavant dans sa cause^ Et il n'y a

pérsonne qui croie que les atomes soient d'euxméroes, qui puisse passer en cela pour très subtil philosophe, pourcequ'il est manifeste par la lumière naturelle qu'il ne sauroit y avoir, qu'un seul être souverain indépendant de tout autre. Et quand on dit qu'un sabot n'agit pas sur soi-même lorsqu'il se tourne en rond, mais seulement qu'il souffre par le fouet, encore qu'il soit absent, je voudrois bien savoir de quelle manière un corps peut souffrir d'un autre qui est absent, et comment l'action et la passion sont distinguées l'une de l'autre; car j'avoue que je ne suis pas assez siibtil pour pouvoir comprendre comment une chose peut souffrir d'une autre qui n'est point présente, et naéme qu'on peut supposer n'être plus, si, par exemple , aussitôt que le sabot a reçu le coup de fouet, fouet cessoit d'être. Et je ne vois pas ce qui pourroit empêcher qu'on ne pût aussi pareillement dire qu'il n'y a plus maintenant d'actions dans le monde , mais que tout ce qui se fait sont des passions des premières actions qui ont été dès la création de IHmivers* Pour moi j'ai toujours cru que l'action et la passion ne sont qu'une seule et mêoie chose à qui on a donné deux nom§ différents, selon qu'elle peut être rapportée, tantôt ayi terme d'où part l'action , et tantôt à celui où elle se termine, ou en qui eUe est reçue; en sorte qu'il répugne qu'il y ait durant le moindre moment

line passion sans action. Enfin, bien que je detneiire d'accord que les idées des choses corporelles peuvent dépendre de l'esprit, et ftiême qut j'accorde, non pas à la vérité que tout ce monde visible , ainsi qu'on m'objecte, mais bien que l'idée d'autant de choses qu^il y en a dans ce monde vi* sible peut ^tre produite par l'esprit humain ; c'est toutefois mal raisonner que d\inférer de là que nous ne pouvons savoir s'il y a quelque chose de corporel dans la- nature. Et mes opinions ne^ nous jettent dans aucunes difficultés, mais seulement les conséquences qui èn sont mal déduites : car je n'ai pas prouvé l'existence des choses matérielles de ce que leurs idées sont en nous, mais de ce qu'elles se présentent à nous de telle sorte, que nous con^ noissons clairement qu'elles ne sont pas faites par nous, mais qu'elles nous viennent d'ailleurs.

7. Je dis ici, premièrement, que la lumière du soleil ne se conserve pas dans cette pierre de Bou-^ logne , mais qu'une nouvelle lumière s'allume en elle parles rayons du soleil, laquelle est vue par après dans l'ombre. Et secondement , que c'est mal conclure , de vouloir inférer delà que chaque chose peufétre conservée sans le concours de Dieu , parceque souvent il est permis d'éclaircir des choses vraies par des exetnples faux ; et il est beaucoup plus certain qu'aucune chose ne peut exister sans le concours de Dieu , qu'il n'est certain qu'aucune

lumière du soleil ne peut exister sans le soleil. Et il ne Éaut point douter que si Dieu retiroit une fois son concours , toutes les choses qu'il a créées aretourneroient aussitôt dans le néant, pourceque avant qu'elles fussent créées, et qu'il leur prêtât son €onco#rs , elles n'étoient qu'un néant : mais cela n'empêche pas qu'elles ne doivent être appelées des substances, parceque quand on dit de la substance créée qu'elle subsiste par elle-même , on n'entend pas pour cela exclure le concours de Dieu, duquel elle a besoin pour subsister, mais seulement on veut dire qu'elle est telle qu'elle peut exister sans le secours d'aucune autre chose créée : ce qui ne se peut dire de même des modes qui accompagnent les choses , comme sont la figure, ou le nombre, etc. Et Dieu ne feroit pas paroître que sa puissance est immense, s'il créoit des choses telles, que par après elles pussent exister sans lui;, mais, au contraire, il montreroit par là qu'elle seroit finie, en ce que les choses qu'il auroit une fois créées ne dépendroient plus de lui pour être. Et je ne retombe point dans la fosse que j'avois préparée, lorsque je dis qu'il est impdssible que Dieu détruise quoi que ce soit d'une autre façon que par la cessation de son concours, pourceque autrement il s'ensuivroit que, par une action positive, il tendroit au non-être. Car il y. a une très grande différence entre les choses qui se font par

U'jè LETTRES,

l'action positive de Diqu, lesquelles ne saiiroienl être (jue très bonnes , et celles qui arrivent à cause de la cessation de cette action positive , comme tous les maux et les péchés, et la destruction d'un être, si jamais aucun être existant étoit détruit Et ce que vous ajoutez de la nature du #iangle Il 'a point de force : car, comme j'ai dit souvent, quand il est question des choses qui regardent Dieu, ou l'inûni, il ne faut pas considérer ce que nous en pouvons comprendre (puisque nous savons qu'elles ne doivent pas être comprises par nous), mais seulement ce que nous en pouvons concevoir, ou atteindre par quelque raison certaine. Maintenant , pour savoir en quel genre de cause ces vérités dépendent de Dieu, voyez ma réponse aux sixièmes objections, article 8.

8. Je ne me souviens point d'avoir jamais écrit, ni même pensé ce que l'on m'attribue ici.

^. Je ne me ressouviens point aussi que je me sois jamais étonné de (jue tout le monde n' aperçoit pas en &oi l'idée de Dieu ; car j'ai si souvent reconnu que les choses que les hommes jugent sont différentes de celles qu'ils conçoivent, qu'encore que je ne doute point qu'un chacun n'ait en soi l'idée de Dieu, du moins irai>licite, c'est-à-dire qu'il n'ait en soi la disposition pour la concevoir explicitement et distinctement , je ne m'étonne pas pourtant de voir des hommes qui ne sentent point avoir en

LfeTTRES.

eux cette idée, ott plutôt qui ne s'eh âperçoivént {>o]iit, et qui peut-être ne s'en apercevrônt pas encore, après avoir lu mille fois, si vouls voulfez,' mes Méditations. Ainsi lorsqu'ils jugent qufe l'espace, qu'ils appellent tîdè^ n'est rien, ils le conçoivent néanmoins comme une chose posîfive;. èt lorsqu'ils pensent que les accidents sont rééls, iU se lès représentent comme des substances, encorë qu'ils ne jugent pas qUe ce soient des substances. Ainsi , quoique dans la notion qu'ils ont de l'âme ils ne reinarquent rien qui ait du rapport avec lé corps, ou l'étendue, ils ne laissent pas de se la représenter comme corporelle , et de se sérvir de leur imagination pour la concevoir, et ensuite d'en juger, et d'en parler comme d'an corps ; et ainsi souvent en beaucoup d'autres choses les jugements des hommèS diffèrent de leurs perceptions. Mais ceux qui ne jugént jamais que des choses qu'ils con^oi^ vent clairement et distinctement ^ ce que je tâche toujours de faire autant que je puis, ne peuvent pas juger d'une même chose autrement en un temps qu*en un autre.-Et encore que lei chases qui sont clai* res et indubitables nous pardissent (Vautantpius certaines que nouè^les eomidérans plus souvent et avec plus d'attention 9 je ne me souviens pas néanmoins d'avoir jamais donné cela pour la marque d'une certitude claire et indubitable : et je ne sais pas aussi en quel endi*bit est ce ïnot de toujours ^ duquel

aSo LETTRES.

il est ici fait mention; mais je sais très bien que lorsque nous disons qu'une certaine chose se fait toujours par nous, on n'a pas coutume par ce mot de toujours de dénoter Féternité, mais seulement que nou^ la faisons toutes les fois que l'occasion se présente de faire la même chose.

1 0. C'est une chosequi de soi est manifeste , que nous ne pouvons connoître les fins de Dieu, si luimême ne nous les révèle : et encore qu'il soit vrai, en morale, eu égard à nous autres hommes, que toutes choses ont été faites pour la gloire de Dieu^ à cause que les hommes sont obligés de louer Dieu pour tous ses ouvrages; et qu'on puisse aussi dire que le soleil a été fait pour nous éclairer, pourceque nous expérimentons que le soleil en effet nous éclaire : ce seroit toutefois une chose puérile et absurde d'assurer en métaphysique que Dieu, à la façon d'un homme superbe , n'auroit point eu d'autre fin en bâtissant le monde que celle d'être^ loué par les hommes, et qu'il n'auroit créé le soleil, qui est plusieurs fois plus grand que la terre, à autre dessein que d'éclairer l'homme, qui n'en occupe qu'ime très petite partie.

1 1 . L'on confond ici les fonctioiil ée la volonté avec celles de l'entendement : car, ce n'est pas le propre de la volonté d'entendre , mais seulement de vouloir; et encore qu'il soit vrai que nous ne voulons jamais rien dont nous ne concevions en

quelque façon quelque chose, comme j'ai déjà cidevant accordé , toutefois l'expérience nous montre assez que nous pouvons vouloir d'une même' chose beaucoup plus que nous n'en pouvons connoître. Et le faux n'est point aussi appréhendé sous l'apparence du vrai ; et ceux qui nient en nous l'idée de Dieu n'appréhendent ou n'aperçoivent point cela, quoique pei^t-être ils l'assurent, qu'ils le croient, et qu'ils le soutiennent; car, comme j'ai remarqué sur l'article 9 , il arrive souvent que les jugements des hommes sont fort différents de leur perception ou appréhension.

1 2. Puisqu'on ne m'oppose ici que l'autorité d'Aristote et de ses sectateurs , et que je ne dissi- Hiule point que je crois moins à cet auteur qu'à ma raison , je ne vois pas que je doive me mettre beaucoup en peine de répondre.

.Or il importe fort peu si celui qui est venu aveugle au monde, a en soi les idées des couleurs , ou non. Et c'est en vain que l'on apporte ici le témoignage d'un philosophe aveugle : car, encore que nous supposions qu'il a des idées tout-à-fait sem^ blables à celles que nous avons des couleurs, il ne peut pas toutefois savoir qu'elles sont semblables aux nôtres , et partant elles ne doivent point être appelées les idées des couleurs , pourcequ'il ignore quelles sont les nôtres. Et je ne vois pas en quoi je sui^ ici inférieur aux autres , pourceque , encore

aSfl LETTRES.

que l'esprit soit indivisible, il n'est pàs pour celà moins capable d'acquérir diverses propriétés. Et il ne faut pas trouver étrange si durant le sommeil il n'invente aucunes démonstrations semblables à celles d'Archimède ; car il demeure uni au corps, même pendant le sommeil, et il n'est alors en aucune façon plus libre que durant la veille. Et lé cerveau par une longue veille n'est pas mieux disposé a retenir les vestiges qui sont imprimés en lui ; mais , soit durant lé sommeil , soit pendant la veille, ces vestiges se retiennent d'autant mieux qu'ils ont été plus fortement imprimés t et c'est pour cela que nous nous ressouvenons quelquefois de nos songes; mais nous nous ressouvenons beaucoup mieux des pensées que nous avons eues étant éveillés, de quoi je rendrai clairement laraison en physique.

i3. Lorsque j'ai dit que Dieu étoit son être , je me suis servi d'une façon de parler fort usitée par les théologiens , par laquelle on entend qu'il est de l'essence de Dieu qu'il eifiiste; ce qu'on ne peut pas dire de même du triangle , pourceqoe toute son essence se conçoit fort bien, encore qu'on supposât qu'il n'y en eût aucun dans la nature. Or j'ai dil que les sceptiques n auroicnt jamais douté des vérités géométriques s'ils eussent connu Dieu comme il faut, pourceque ces vérités géométriques étant fort claires, ils n'auroicnt eu aucune occasion d'en

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douter, s'ils eussent su que toutes les choses que l'on conçoit clairement sont vraies ; et c'est ce que nous apprend la connoissance que nous avons de Dieu quand elle est entière et suffisante , et cela même est le moyen qu'ils n'avoient pas en main. ' •• .

Enfin cette question , savoir si la ligne est composée de points ou de parties , ne sert ici de rien au sujet , et ce n'est pas le lieu d'y répondre ; mais je vous avettis seulement que, dans le lieu cité en la page 584> je entendu parler de tout ce

qui regarde la géométrie , maià seulement de celles de ses démonstrations dont les sceptiques doutoient , quoiqu'ils les eussent clairement conçuès. Et c'est mal à propos que l'on produit ici un sceptique, disant, (ji^e ce mauvais génie me trompe autant qu'il pourra^ etc, ; dar quicbnque parlera de la sorte, dès là il ne sera plus sceptique, pourcequ'il ne doutera pas de toutes choses. Et certes je -n'ai jamais nié que. les sceptiques mêmes , pendant qu'ils c6ncevoient clairement une vérité, ne se laissa3sent aller à la croire, en sorte qu'ils n'étoient sceptiques que de nom , . et peut-être même ne persisfoient-ils dans l'hérésie où ils étoient de douter de toutes choses, que pour ne pas démordre de leur résolution , et ne paroître pas inconstants et de légère créîMîce. Mais j'ai seulement parlé des choses que nous nous ressouvenons avoir autrefois claire**

ment conçues, et non pas de celles que présentement nous concevons clairement, ainsi qu'on peut voir en la page 84 , SaS et *a6.

14. J'ai déjà expliqué sur la fin de mes réponses aux sixièmes objections , par l'çxemple de la pesai)teur, en tant que prise pour une qualité réelle, comment l'esprit est co-étendu à un corps étendu , encore qu'il n'ait aucune vraie extension , c'ést-à-dire aucune par laquelle il occupe un lieu et qui fait qu'il en chasse tout autre corps. Et j'ai aussi montré dans ces mêmes réponses, article 5 , que lorsque l'Ecclésiaste dit que l'homme n*a rien de plus que la jument f il parle seulement du corps, pourceque aussitôt après il parle séparément de l'âme en ces termes, qui sait si C esprit des enfants d'Adam^ etc.

Enfin, pour reconnoître laquelle de ces deux manières de concevoir est la plus imparfaite, et marque plutôt la foiblesse de notre esprit, ou bien Cèlle par laquelle nous ne pouvons concevoir une chose sans l'autre , comtne l'esprit sans le corps , ou bien celle par laquelle nous les concevons distinctement l'une sans l'autre, comme des choses complètes , il faut prendre garde laquelle de ces deux manières de penser procède d'une faculté po-, sitive, dontla privation soit la cause de l'autre ; car on concevra facilement que cette faculté-là de lesprit est réelle, par laquelle il conçoit distinctement deux choses l'une sans l'auti^e, comme des

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choses complètes, et que c'est la privation de cette même faculté qui fait qu'il appréhende ces deux choses confusément, comme si ce n'en étoit qu'une, ainsi que dans la vue il y a urie plus grande perfection lorsqu'elle distingue exactement chaque particule d'un objet que lorsqu'elle les aperçoit toutes ensemble comme une seule. Que si quelqu'un ayant les yeux chancelants et non arrêtés prend upe chose pour deux, comme il arrive souvent aux ivrognes ; et si quelquefois les philosophes distinguent, je ne dis pas l'essence de l'existence , pourcequ'ils n'ont pas de coutume de mettre une autre distinction entre ces deux choses que celle qui y est en effet, mais bien conçoivent dans un même corps la matière , la forme et plusieurs divers accidents^ comme autant de choses différentes l'une de l'autre, pour lors ils reconnoîtront facilement , par l'obscurité et la confusion de leur perception, que cela vient non seulement d*une faculté positive , mais aussi du défaut de quelque faculté, si, considérant de plus près les choses, ils prennent garde qu'ils n'ont pas des idées tout-àfait différentes de ces choses qu'ils supposent ainsi être diverses.

Au reste, s'il est vrai que tous les lieux que je n'avois pas suffisamment expliqués dans mes précédentes réponses aient été mari^ués dans ces objections, je suis bien obligé à leur auteui: de. ce

que par son moyen j'ai un juste sujet de n'en plij» attendri d'autt^es.

AU l\. P. MERSENNE.

(Lettre a du tome III.)

Da 22 jaillet 1640.

Mon RÉviÊREND père ,

Ce mot n'est que pour vous remercier de l'affection que vous m'avez témoignée en la dispute contre les thèses des jésuites. J'écris à leur recteur pour les prier ^ous en général de s adresser à moi s'ils ont des objections à proposer contre ce que j'ai écrit : car je ne veux point avoir affaire à aucun d'eux en particulier, sinon en tant qu'il sera avoué de tout Tordre, supposant que ceux qui n'en pourront être avoués n'auront pas une bonne intention: comme en effet il paroit, ce semble , par la vélitation que vo^s m'avez envoyée , que celui qui l'a faite a plutôt dessein d obscurcir que d'éclaircir la vérité. J'y répondrai dans huit jours comme il mérite , et à toutes vos autres letti^s , ce qui m'est impossible pour ce voyage. Au reste, je feins d'ignorer l'auteur de ces thèses dans la lettre que

j'écris à leur recteur, pour avoir plus d'occasipn de m'adresser à tout le corps; et en effet vous ne m'aviez point fait savoir son nom dans vos pre* mières lettres. Mais il me semble que vous m'aveat autrefois mandé que ce père est parent de M. P. *. Si cela est, je ne m'étonne pas qu'il ait voulu engager sa réputation pour l'amour de son parent ; mais je m'étonne de ce qu'il a osé m'envoyer sa belle vélitation , vu qu'elle ne sert qu'à me montrer son impuissance , poiircequ'il ne dit pas un seul mot contre moi , niais seulement contre des chimères qu'il a feintes pour les réfuter , et me les attribuer à faux : comme ce qu'il me fait dire, que cessât determinaiio deorsum, tanquam si annihilaretuTj nec alla succederei siirsum; et que ^manet sola et eadem determinaiio dexirorsum^ faisant force sur le mot de sola , auquel je n'ai jamais pensé» Je ne sai^si j'ai bien deviné, mais je conjecture que cette vélitation a été la préface que le répondant a récitée avant que de commencer la dispute. Vqus m'apprendrez, s'il vous plaît , ce qui en est. Je vous envoie ici d'autres thèses , dans lesquelles on n'a rien du tout suivi que mes opinions, afin que vous sachiez que s'il y en a qui les rejettent, il y en a aussi d'autres qui les embrassent. Peut-êtré que quelques uns de vos médecins ne seront pas marris de voir ces thèses , et celui qui les a faites ■ en pré-

« •« Petit. » — • « M. Leroi. »

pare encore de semblables sur toute la physiologie de la médecine, et même, si je lui voulpis promettre assistance, sur tout le reste; mais je ne la lui ose promettre, à cause qu'il y a mille choses que j'ignore j et ceux qui enseignent sont comme obligés de dire leur jugement de toutes choses. Je suis, etc.

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