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dentés , et cpie par ce moyen ils s'en rendissent les maîtres ^ ils n*ont pas eu néanmoins plus de raison de disputer de la gloire de Téloquence avec ces premiers orateurs, que des traîtres en poiirroient • avoir de contester de la véritable générosité avec des soldats fidèles et aguerris ; et quoiqu'ils employassent quelquefois leurs &usses raisons pour la défense de la vérité , néanmoins parcequ'ils Ëdsoient consister la principale gloire de lèur art à défendre de mauvaises causes, je les trouve avcHT été en cela très -jnisçrables de n'avoir pu passer pour bons oralèurs sans panxitre de méchants hommes. Mais poûr M. de. Balzac, il explique avec tant de force tout . ce qu'il entreprend de traiter , et Tenrichit de si grands exem- ' pies 9 qu'il y a lieu de s'étonner que l'exacte observatira de tontes les règles dé Fart n'ait point affoibli la véhémence de son style, ni retenu l'impétuosité de son naturel, et qtie, parmi TcMmement et l'élégance de notre âge , il ait pu conserver la force et la majesté de l'éloquence des premiers siècles; caril n'abuse point, comme fontla plupart, de la simplicité de ses lecteurs ; et quoique les raisons qu'il emploils soient si plausibles qu'elles gagnent facilement l'esprit du peuple , dks sont avec cela si soUdes et si véritables , que plus luie personne a d'esprit, et plus infedlliblement il en est convaincu, principalement lorsqu'il n a desseia
de prouver aux autrés qiie ce qn'il s'est auparavant persuadé à lui-même. Car bien qu'il n'ignore pas qu'il est quelquefois permis d'appuyer de bonnes raisons les propositions les plus paradoxes , et d'éviter avec adresse les vérités un peu périlleuses , on aperçoit néanmoins dans ses écrits une Certaine liberté généreuse, qui fait assez voir qu'il n'y af rien qui lui soit plus insupportableque de menti/« De là vient que si quelquefois son discours le porte à décrire les vices des grands , la crainte et la flatterie ne loi font rien dissimuler^et si au contraire Toccaûon se présente de parler de leurs vertus, il ne les couvre p<»nt par une malice aflEsctée, et dit partout la vérité. Que si quelquefois il est obligé de parler de lui-même , il en parle avec la même liberté; car nila crainte du mépris neFempéche point de découvrir aux autres les foiblesses et les maladies de son corfNS» 41 la malice de ses envieux ne lui £ût point dissimuler les avantages de son esprit. Ce que je sais pouvoir être d'abord interprété par plusieurs en mauvaise part; car les vices sont si ordinaires en ce siècle et les vertus si rares , que dès lors qu'un Inéme effet peut dépendre d'une bonne ou d'une mauvaise cause, les hommes ne manquent jamais de le rapporter à celle qui est mauvaise, et d'en juger par €6 qui arrive le plus souvent: mais qui voudra prendre garde que M. de Balzac déclare librement dans ses écrits les vices et les vertus des au-
tre», aussi bîea <pie les siens , ne pourra jamais se persuader qu'il y ait dans un même homme des mœurs si difiéreutes, que de découvrir tantôt pâr une Kbeité midiciense les fiiules d'autrui, et tantôt de publier Leurs belles actions par une honteuse datfeme 9 ou de parler de ses propres infirmité^parime bassesse d'esprit, et de décrire les avantajgeset les prérogatives de son âme par le désir d'une vaine gloire ; mais' il croira bien plutôt qu'il ne parte comme il fait de toutes ces choses que par l'amour <pi'il porte à la vérité, et par une générosité qui lui est- naturelle, et la postérité kii fusant justice , et voyant en lui des moeurs tontes conformes à celles de ces grands liommés de l'antiquité , admirera la candeur et l'ingénuité de cet esprit élevé au<lemis da coononn, quoique les hommes jaloux maintenant de sa gloire ne veuillent pas reconnoître une vertu si sublime; car la dépravation du genre hum^n «si aujourd'hui si grande, quecomn^ dans une troupe de jeunes gens débauchés on aoroit honte 4e parottre chaste et tempérant, de même aussi la plupart du monde se moque aujourd'hui d'une personne qui fidt profiessiôn d'être sincère et véritable, et Ton pi^d bien plus de plaisir à entendre de fausses accusations que de véritables louanges principalement quand lés personnes de mérite parlent un peu avantageusement d'eux-mêmes ; car c'est pour lors
que la vérité passe pour orgucit , el la dissimulation ou le naensoinge pour roodération , et éVst de
là que tant de libelles diffamatoires qu'on a Êiits contre lui ont pris le spécieux prétexte et la matière de toutes leurs accusations j cette calomnie a autorisé toutes les autres » et leur a donné cours , pour injustes et ricHcules qu'dles aient été , et a fait qu'elles ont toutes trouvé quelque créance dans l'esprit du vulgaîîre; mais, à dire le yraî , ce qui est ici déplorable, c'est que, sous ce mot de vulgaire y la plupart de ceux-là se trouvent compris qui s'imaginent être quelque chose et qui s'estiment plus que les autres.