‹ Œuvres. Réunies et analysées (volume 2)Chapitre 13 sur 54 · DESCARTES AU SIÈGE DE LA ROCHELLE · texte numérisé non relu

DESCARTES AU SIÈGE DE LA ROCHELLE

Page 157 — 1628 (M. Fr. p. 645 ad. an. 1028i « Voila ce que M. Descartes fut curieux de remarquer, comme une infinité d'autres personnes, que ce spectacle avoit attiré au siège de La Rochelle. Il ne se contenta pas d'en repaître ses yeux: il se procura encore le plaisir de s'en entretenir avec les ingénieurs et particulièrement avec son amy M. des Argues, qui avoit eu quelque part à tous ces dessins, et qui étoit considéré du cardinal Richelieu pour la i^rande connoissance qu'il avoit de la méchanique.

PEU d'estime de descartes pour BEAl'GRAND, A PROPOS DE DESARGl^S.

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». - M.Beaugrandavoit encore contribué de son

NOTICES SrR DESARGUES. ilS

colé à diminuer l'estime que M. Descartes pouvoit ciNoir eue (Je son C(eur (^( <Je son esprit, lorsqu'il s'étoit laissé aller à la jalousie contre M, des Argues. Voyant que celuy-ci s'interessoit avec le P. Merseunepour servir M. Descartes dans la poursuite (lu privilège qu'on demandoit à la cour de France pour l'impression de ses ouvrages, il crut devoir y jettei' des obstacles suivant le mauvais engagement où il s'étoit mis de prendre le contrepied de M. des Argues.

Page 360. — <i Vous m'avez envoyez deux discours, (dit M. Descartes au P. Mersenne),dont l'un est contre M. Beaugrand et l'autre est de la composition de M. des Ai'gues. J'aNais déjà vu le second qui est agréable et de bon esprit....

Je n'ay reçu, (dit-il au même père) que depuis peu de jours, les deux petits livres in-folio que vous m'avez envoyez, dont l'un qui traite de la perspective (et qui est de M. des Argues) n'est pas à des-approuver, outre que la curiosité et la netteté de son langage est à estimer. . .,.

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Page 06 1. — Les'instances que le père Mersenne el M. des Argues firent à M. Descartes l'emportèrent pourtant sur la résolution qu'il avoit prise de ne point voir le livre de M. Beaugrand (Géostatique)... ayant trouvé le livre plus mauvais que son préjugé ne le luy avoit fait concevoir il envoie sa réponse à M. des Argues et au P. Mersenne. — Observation de M. des Argues d'où résulte la

prière de Descartes au P. Mersenne d'effacer les dernières lignes de son écrit.

M. <les Argues n'est pas content que M. Descartes renonce à la géométrie : M. Descartes en sa considération s'explique sur ce renoncement.

La principale raison que M. Descaries avoit alléguée pour se dispenser de chercher le solide de la roulette etoit qu'il renonçoit tout de bon à la géométrie. Cette nouvelle ne plut pas aux géomètres de Paris du nombre de ses amis qui atlendoient de luy des opérations de plus en plus extraordinaires sur cette science. M. des Argues sur tous les autres ne put s'empêcher d'en témoigner son déplaisir au P. Mersenne qui le fit trouver bon à M. Desrarles comme un témoignage de l'estime

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qu'il avoil pour tout ce qui pouvoit venir de sa part. M. Descartos le prit en bonne paît et se tint très-obligé à M. Desargues de son inquiétude, etc.

M. des Argues étoitde ce petit nombre d'amis en faveur desquels il avoit bien voulu mettre une exception à la règle qu'il s'etoit prescrite quinze ans auparavant de ne plus perdre son temps à donner la solution des problèmes de géométrie. 11 fit même quelque chose de plus pour l'amour de M. des Argues en particulier. Car ayant souque les endroits de sa géométrie imprimée où il avait affecté d'être obscur, faisoient de la peine à cet ami, il voulut luy en donner luy-raême les eclaircissemens par un écrit qu'il fit exprès, pour lui faire connoître jusqu'où alloit le zèle qu'il avoit peur son service. Il pria le P. Mersenne de l'assurer de la reconnoissance qu'il avoit de tous ses bons offices, et de luy témoigner que ce n'éloit pas pour luy qu'il a\oit souhaité de se rendre obscur, mais pour certains envieux qui se seroient vantez d'avoir sçu sans son secours les mêmes choses qu'il avoit écrites.

Outre ces éclaircissemens sur quelques endroits proposez par M. des Argues, il consentit qu'un

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gentil-homme hollandois de ses amis [entreprit une introduction n'guliere de sa géométrie.

Descartes croyoit que le traité des coniques de Pascal etoit de M. des Argues, disani <■ qu'il avoit été confirmé dans cette pensée par la confession que l'auteur en avoit faite » — désabusé sur ce sujet, il aima mieux croii-e que M. Pascal père en etoit Tauteui- que de se persuader qu'un enfant de cet âge fut capaMe d'un ou\rage de cette sorte, etc.

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C'est aussi le viay semMable qui avoit pu engager M. Descartes dans cette erreur de fait, lorsque se souvenant de la liaison de iM. des Argues avec Messieurs Pascal, et voyant dans le h-aité du jeune auteur de seize ans des choses ((u'il croyoit avoir viies peu de temps auparavant dans Tecrit de M. des Argues, il jugea que cchii-cy j)ou\oit avoir eu pari à ce traité, d'aulaut plus que M. Pascal } alleguoit M. des Argues. Il est certain que M. des Argues écrivit vers le même temps quelque chose sur lei> sections coniques. Mais avant ([u'on parlât encore du traité <1pM. Pascal ; il v a\oit dressé un

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projet de sou dessein fiu'il avoit fait envoyer à M. Descartes par le 1\ Mersenne afin d'avoir son sentiment sur la manière de traiter cette matière qu'il jugeroit la plus convenable. Il faut avouer que JVl. des Argues écrivoit le mieux en notre langue de tous les mathématiciens fran(;ois après M. Descartes, et qu'il aNoit un talent merveilleux pour exprimer agrcablemeut et au goût môme des délicats les choses les plus stériles et les plus abstraites. M. Descartes ne voulant pas satisfaire à demi un homme à qui il se croyoit redevable de beaucoup de services, luy récrivit en ces termes: € Sur ce que j'ay pu conjecturer du traité des sections coniques dont le P. Mersenne m'a envoyé le projet, j'ay jugé que vous pouviez avoir deux desseins qui seroient fort bons et fort louables, mais qui ne demanderoient pas tous deux la même manière d'y procéder.

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