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Tome 2 des lettres, page 281. Sur les ouvrages de des Argues

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NOTICLS SUR DKSARGULS. 12.'j

biques, nous avons mi que M. bescailes avoit l'ait prier M. des Argues de vouloir être du nombre de ses juges. Mais il se contenta d'en être le lecteur et l'approbateur. Au lieu de son jugement, il lit tenir à M. Descartes par le P. Mersenne un papier qui selon toutes les apparences contenoit le projet ou une poition du livre de la manière déposer Cessien aux cadrans solaires qu'il publia quelques temps après. M. Descaries le lut avec plaisir et trouva que l'invention en etoit fort belle et d'autant plus ingénieuse qu'elle etoit plus simple. Elle etoit parlaitemenl conforme à la théorie, mais il luy fit donner pour réussir plus sui*ement dans la pratique un expédient plus commode que celuy qu'il avoit inventé. M. des Argues luy avoit fait en même temps présent d'un nouveau livre de sa composition touchant la maniei'e de couper les pierres à bâtir. Le livre parut sous le titre de la Pratique du trait et preuves pour la coupe des pierres en Carc/iiiecture. M. Descartes le parcourut sur le champ, et il ne difiera de l'étudier, ([ue parce qu'il n'eu avoit pas reçu les ligures (juî etoieut de la gravure d'Abraham Bosse. Il en fit remercier l'auteur par le père Mersenne, à qui il donna en même temps commission de luy faire sçavoir ce que M. des Ar-

12f> NOTICES SrR DtSABGlES.

gues disuit a\<iij tiuuNé toucliaiil 1 algèbre, afin (fil il [)ul jufwr eu peu de mots de ce que ce pousoit être. M. Descartev< avoit le goût assez difficile ; mais soil que l'auiitic raveugial. s(jit que M. des Algues lut u y très habile liomme.il avoit coutume de louer tout cequ il voyoit de lu\, et il i'estimoit avec d'autant plus de raisou, qu il voyoit que M. des Argues t'aisoit servir ses conuoissances à l'utilité publi({ue de la vie plutôt qu à la vaine satisfaction de notre curiosité. Son génie luy lit encore produire d'autres ouvrages dans la suite des temps, et M. Descartes en fut toujours partagé des premiers. De ce nombre furent le livre de la peispective et celuy de la manière de graver en taille-douce à l'eau-forte. (Le premier de ces deux ouvrages doit être la perspective de Bosse 1643, à laquelle des Argues prit part ; le second est de Bosse seul sans l'intervention de des Argues.)

M. des Argues ne lit plus rien après la niorl de Descartes, auquel il survécut de plus de onze ans, étant près de trois ans plus âgé que luy. Il avuit préféré la vie retirée à celle de la cour dès le vivant de son amy ; et il i)assa le reste de ses jours à méditer sur les mathématiques, et à cultiver le bien (^u'il Rvoit à Condrieu dans le Lvouuois.

LETTKi:S DE DESCARTES.

Année 1057* au 11. I*. llerMeiine* avril 1G57.

(Kdit. Cousin, ivaurc 297, tOiiie t>.)

AU élMET Dt I.A GÉOSTAIKJUK Ut BtAUGRAN».

« Je vmis assure que je ne suis point désireux de voir ses livres, et qu'encore qu'il y ait longtemps que vous m'avez écrit de sa géostatique, je u'ai jamais ou néanmoins aucune envie de la Toir, sinon depuis votre dernière que je l'ai fait chercher à Leyde, ou ne s'élant pas trouvée, on m'a offert de la faire venir de Paris ; mais je ne l'ai point désiré, parcequ'en effet je ne crois pas qu'un homme de telle humeur puisse être habile homme, ni avoir rien fait qui vaille la peine d'être lu. Que si je l'eusse trouvée, je n'aurais pas manqué de vous en écrire mon opinion, tant à cause que vous le desirez, qu'a cause que vous me mandez aussi

rJ8 LlTlRLS Dr DLSCARTES.

que M. des Argues le désire; car lui ayaut de l'obligation, ainsi que j'apprends par vos lettres , je serais l)ien aise de lui témoigner qu'il a sur moi beaucoup de pouvoir, comme en effet il ne faudroit pas en avoir peu pour m'obliger à reprendi-e les fautes d'autrui : car mon humeur me porte qu'à rechercher la vérité, et non point à tâcher de faire voir que les autres ne l'ont pas trouvée. »

A.NNÉE 1638, AU R. P. MËRSENNE, 24 FÉVRltiR 1538.

(Au :ujet de sa querelle avec F«rinat, dont les pièces soûl envoyée» k Mydor;e.)

Page 396, tome (3.

« Au reste je vous supplie et vous conjure

de vouloir retenir des copies de tout, et de les faire voir à tous ceux qui en auront la curiosité ; comme, entre autres, je serais bien aise que M. Desargues les vit, s'il lui [)laît d'en pieudre la peine »

(Année 1638. Page 121) tome 7.

« M. des Argues m'oblige du soin qu'il lui plait avoir de moi en ce qu'il témoigne ôtre marii de c<3

LETTIirS 1>E i)i:scARTi:s. 121)

que je ne veux plus étudier en géométrie ; mais je n'ai résolu de quitter que la géométrie abstraite, cest à dire la recherche des questions qui ne servent qu'à exercer l'esprit, et ce afin d'avoir d'autant plus de loisir de cultiver une autre sorte de géométrie, qui se propose pour question l'exp'ication des phénomènes de la nature : car , s'il lui plait de considérer ce que j'ai écrit du sel, delà neige, de l'arc-en-ciel, etc., il connaîtra bien que toute ma physique n'est autre chose que la géométrie.

Pour ce qu'il désire savoir de mou opinion louchant les petites parties des corps, je vous dirai que je ne les imagine pas autrement que comme les pierres dont une muraille est composée, ou les planches dont on fait un navire ; à savoir, on peut plus aisément les séparer les unes des autres que les rompre ou les rejoindre ou leur donner d'autres figures ; mais on peut aussi toutes ces choses, pouvu qu'on ait les outils qui sont propres à cet effet

Je remercie M. Des Argues de l'observation

qu'il dit avoir apprise des mineurs : mais il est malaisé de bien juger de la cause de telles expc-

130 J.LTTRES l)i: bESCiUTl-S.

l'iences lorsqu'on ne les sait que par le rapport d'autrui

(16 mai 1G38. Page I00-06, tome 7).

Pour ce ([ue M. Des Argues \ous a dit de la part de M. Bauti'u je n'ai rien à y répondre, sinon que je suis leur très humble serviteur mais (jue je ne crois point que les pensées de M. le can! r.al se doivent abaisser jusqu'à une personne de ma sorte.

Je vous envoie une partie de l'écrit que je vous aNois promis pour l'intelligence de ma géométrie; le reste n'a pu être transcrit, c'est pourquoi je le garde pour un autre voyage. Il a principalement été fait à l'occasion de M. Des Argues, mais je ne serai pas marri que tous les autres qui auront envie de s'en servir en aient des copies, au moins ceux qui ne se \antent point d'avoir une méthode meilleure que la mienne; car pour ceux-ci. ils n'en ont que faire, et je me suis expressément rendu un peu obscur en quelques endroits, afin que de telles gens ne se pussent vanter daNoir su sans moi les mêmes choses que j'ai écrites.

l,ETfRES Di: DI.SCARTKS. 131

(15 Jiovembre 1638.) Page 13, tome 8.

La pensée de M. Des Argues touchant le centre de gravité d'une spèlire n'est pas fort éloignée de ce que je vous en avais écrit ; mais nous nous sommes, comme je crois, mécomptes l'un et l'autre; carie rayon de la sphère étant AD, et le centre de la terre C, il est certain que si AD est moyenne proportionnelle entre AC et AB, le point B est le centre de gravité des deux parties opposées DetE; mais il n'est pas pour cela le centre de gravité de toute la sphère, ni seulement de toute la superficie de cette sphère : car ces deux parties D et E ne sont que deux points de cette superlicie, il est certain aussi que faisant AF triple de FB, le point F est le centre de gravité de toutes les parties opposées qu'on peut imaginer, les unes dans le rayon AD, et les autres dans le rayon AE, qui aient en elles même proportion que les superficies de plusieurs sphères inscrites l'une dans l'autre, ce qui n'est non plus le vrai centre de gravité d'une sphère comme je l'avais pensé, et il y a beaucoup plus de difficulté à le trouver.

132 LEITRLS DE DESCARTKS.

(Aimée 1639, 4 janvier 1639.) A UoDBlear Des Arrae»,

Monsieur ,

La franchise que j'ai pu remarquer en votre humeur, et les obligations que je vous ai, me convient à écrire ici librement ce que je puis conjecturer du traité des sections coniques dont le R. P. Mersenne m'a envoyé le projet. Vous pouvez avoir deux desseins qui sont fort bons et fort louables, mais qui ne requierrent pas tous deux môme façon de procéder : l'un est d'écrire pour les doctes et de leur enseigner quelques nouvelles propriétés de ces sections qui ne leur soient pas encore connues, et l'autre est d'écrire pour les curieux qui ne sont pas doctes, et de faire que cette matière qui n'a pu jusqu'ici être entendue que de fort peu de personnes, et qui est néanmoins fort utile pour la perspective, la peinture, l'architecture, etc., devienne vulgaire et facile à tous ceux qui la voudront étudier dans ^o're livre. Si vous avez le premier, il ne me semble pas ([u'il soit nécessaire d'y employer aucuns nouveaux termes; car les doctes

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