DUBREUIL ET MELCHIOR TAVERNIER
2° UN inconnu;
3" avis charitable, etc.
4° lettre de beaugrand;
5° curabelle;
6° faiblesse pitoyable, etc.
LE r. DUBREUIL ET MELCHIOR TAYERNIER.
En 1642, purut un ouvrage de perspective,
ayant pour titre :
LA l'ERSPECTlVE PRACTIQUE, NÉCESSAIRE A TOVS PEINTRES , GRAVEVRS, SCVLPÏEVRS, ARCHITECTES, TAPISSIERS ET AUTRES SE SERIANT DU DESSEIN.
Par vu Parisien religieux de la Compagnie de lesus.
A Paris, chez Melcuior Ta verni er, hydrographe, gi'aueur et linprimeur (lu Roy, pour les cartes géographiques et autres tailles douces, et chez François Langlois dit Chartres. — 1642.
Sous l'anonyme de Parisien de la compagnie de Jésus, plusieurs auteurs, notamment Niceron, dans son ouvrage ayant pour titre, Thavmatvrgvs opticvs (page 1 H), ont cru reconnaître le P. du Breuil; cependant, nous ferons remarquer que la dédicace est de Melchior Tavernier à Son Altesse le Prince Louis de Bourbon, duc d'Angvien, etc., et qu'on y trouve celte phrase « Je scay que l'original de ce liure que le sieur Gauthier qui a l'honneur d'estre
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ingénieur ordinaire de Sa Majesté et de V. A, m'a mis eu main par son connnandenient, a esté fait auec d'autres pour son \sage, par vne personne religieuse de la Compagnie de lesus. entièrement dédiée à son service et qu'elle l'a tiré de son cabinet pour le donner au public comme vne pièce qu'elle recognoist estre extrêmement nécessaire à
toutes personnes qui se meslent du dessein
Je ioindray mes actions de grâce, qui eussent esté peu considérables toutes seules, à celles de tous ces peuples pour remercier V.A de la faveur très-particulière qu'elle m'a faite de m'avoir employé h vn ouuragc qui receura d'elle tant d'éclat et tant de gloire. le la supplie auec toutes les affections et soumissions qu'il m'est possible d'agréer ce que ie luy présente, à quoy ie u'ay fourny, non plus que l'autheur, qu'vn peu de mon trauail, tout le reste venant de la main de V.A., etc. > — On loconnaît par cette dédicace que iMelchior Tavernier est d'abord l'éditeur de cet ouvrage, composé sur un ancien manuscrit de la bibliothèque du prince Louis de Bourbon, mauusci-it qui était probablement du P. Dubreuil, mais ensuite, en lisant l'ouvrage, on voit (|u il contient plusieurs prali(|ues extraites de divers auteurs et entr auties de Dosai-
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gues, de sorte que nous sommes porté ù croire (jue Melchior Tavernier qui a modifié, augmenté l'ouvrage du P. Dubreuil, doit (Mre regardé comme ayant eu une grande part dans sa rédaction.
Cet ouvrage in-4'' contient 150 planches, accompagnées de 150 pages de texte explicatif, se terminant par une table très-détaillée (de 10 pages) formant ainsi un traité complet de perspective ne devant pas avoir de supplément.
il est facile de juger que ce traité de perspective n'a aucune valeur scientifique ; c'est un recueil de procédés particuliers pour mettre en perspective, différentes figures, sans aucune méthode générale. On s'aperçoit bien vite que l'auteur n'est pas fort sur les principes ; toutes les fois qu'il peut résoudre le problème par l'emploi du point de vue et des points de distance, il opère avec exactitude; mais lorsqu'il s'agit de mettre en perspective un bâtiment rectangulaire, placé comme il le dit, sur Tangle, il n'opère exactement que dans le cas où ce rectangle placé sur Vangle, ait ses deux faces rectangulaires également inclinées sur la ligne de terre, et encore dans ce cas, il faut interpréter à son avantage les ternies dont il se sert.
L'auteur dans sa préface, indique les noms des
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divers auteurs de perspective, qu'il a cousultés, et parmi eux se trouve celui de Desargues. Eq effet , on trouve à la fin de ces pratiques . la méthode de Desargues fort inintelligemment, il s'y sert de la même figure; mais, suivant Desargues, avec des erreurs de construction. Son dernier chapitre sur « la pratique pour trouver les ombres natvrelles tant au soleil et au flambeau qu'à la chandelle et à la lampe, » contient de nombreuses erreurs; lorsqu'il s'agit du soleil il place toujours le pied de la verticale abaissée du soleil sur le plan horizontal, près des objets euxmêmes et ensuite il dit : que les ombres des verticales, sont des droites parallèles, ce qui est juste géométriquement, mais non en perspective, et il les fait aussi parallèles. En définitive, c'est un mauvais ouvrage rempli de fautes.
A l'apparition de cet ouvrage. Desargues en prit connaissance, et il vit que sans le prévenir, on avait fait usage et même copié sou mémoire de 1636 et encore avec des erreurs, il fut irrité de ce manque de procédé ; alors reconnaissant bien vite les erreurs qu'il renfermait; il fit placarder en janvier de cette année, 1642, sur les murs de Paris deux affiches contre l'auteur inconnu de cette perspec-
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live. La première intitulée, ou commençant pinces mots « Erreur incroyable » et l'autre « Fautes et faussetés énormes.^> Et de plus il fit imprimer la même année un petit livret avec figures et démonstrations intitulé : f( Six erreurs de pages )) et dans ces feuilles, il relevoit vivement et d'une manière probablement très-violente les erreurs contenues dans cet ouvrage, accusant l'auteur inconnu d'être un copiste maladroit, ce reproche de copiste étant répété plus de 12 fois; et d'avoir violé son privilège qu'il avoit fait voir aux sieurs Tavernier et Chartres.
Ces écrits de Desargues sont malheureusement perdus, nous ne les connaissons que par les réponses très-vives qu'ils lui attirèrent de la part de ceux intéressés dans la vente de l'ouvrage et à la tête desquels on doit nécessairement placer Melchior Tavernier.
Telle fut l'origine et la cause des nombreux libelles dirigés, sous le voile de l'anonyme, contre Desargues et qui l'affligèrent vivement, comme ou peut le juger d'après ses réponses contenues dans les reconnaissances signées de lui, qui sont en tête des ouvrages de Bosse.
Le premier de ces écrits contre Desargues est
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une n'-ponse à ses deux affiches contre la perspective pratique : il est sans nom d'auteur, mais il a été évidemment composé par l'auteur ou l'éditeur de la perspective pratique. Nous pensons qu'il doit être de Tavernier , le plus intéressé dans cette affaire. Ou voit qu'il se vend chez lui, Mel. Tavernier et chez son confrère F. Langlois. dit Chartres, à Paris 1G42 : nous croyons devoir en donner ici l'avis au lecteur, qui en l'absence des affiches de Desargues, nous en fait connaître le contenu et les réponses de l'auteur.
Vl^IVERSEIiLES ET NOWEIiLiES,
ÈR TOVT OV EN PARTIE POCR FAIRE DES PERSPECTIVES, AVEC LA LIBERTÉ DE METTRE LA DISTANCE, POUR ESLOIGNÉE qu'elle PUISSE ESTRE, EN QUEL LIEU ON VOUDRA, SUR l'hO- RIZON DU TABLEAU OU CHAMP DE l'OUVRAGE , ET ilESME SANS AUCUN POINCT QUE CELTJY DE l'(EIL. LE TOUT AUEC VNE TRÈS GRANDE lUSTESSE, PROMPTITUDE ET FACILITÉ.
Tirées povr la plvs part du conteuv du livre de la perspective pratique.
Ce qui serwa de plus de response aux deux affiches du sieur Desargues contre la dite Perspective pratique.
A Paris, chez Melchior Tavernier, hydrographe, graveur et imprimeur du Roy pour les cartes géographiques, et autres taillesdouces, en l'isle du Palais, à la sphère Royalle. Et chez François I'Anglois dit Chartres, rue St-lacques, aux colomnes d'Hercules, proche le Lion d'argent,
MBCxxxxii, avec privilège dv Roy.