‹ Œuvres. Réunies et analysées (volume 2)Chapitre 38 sur 54 · II. is · texte numérisé non relu

II. is

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couurir quelque chose de nouueau clans les arts, courent auec vne légèreté indigne d'vn iugement solide après ceux qui leur en promettent, sans examiner meurement si leurs propositions sont de bonne trempe, et bien fondées, se mettant en danger en se faisant de se "voir blasmés des gens d'honneur, et faire la risée de ceux-là mesmes, qui les embabotiinent par leurs discoui-s, lesquels se mocqueront sans doute d'eux, et de leur simplicité, lors qu'ils seront paruenus au poinct de leur interest, qui est l'vnique but ou ils visoient lors qu'il leur donnoient de si belles paroles et qu'ils les portoient à de si hautes espérances. C'est ce blasme sans doute qui tombera enfin sur ceux qui ont par trop légèrement applaudy par cy-deuant, à la méthode vniuerselle de faire des quadrans, et aux autres qui se lisent dans le brouillon proiect du sieur Desargues, s'ils ne se resoltient de considérer à l'aduenir plus altentiuement le fond de sa doctrine, se la représentant a nud et desgagée des nuages obscurs d'vn discours embroiiillé, dont il l'enuelope. Ce que faisant, outre le bien qu'il leur en reuiendra, de se tirer d'vn destroit si embarassé, ie m'assure qu'ils concilieront auec moy que des choses si triuialcs, comme sont celles qu'elle

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contient ne niériteiil pas que des esprits capables des secrets des sciences s'y arrestent. C'est pour cela mesme que i'en abandonne icy le discours pour passer à sa manière vniuersellc du traict des voultes, ou peut-estre il se trouuera quelque chose de plus solide au fond, mais non de telle considération, que pour cela elle puisse légitimement estre tenue pour égale, beaucoup moins la pourra-t'on préférer à celles, dont les Architectes et les maistres Massons se sont seruy par cy-deuant.

Examen de la pratique du traict des voultes du sieur Desargues.

le dis donc premièrement qu'il est faux que ceste manière du traict pour la coupe des pierres en l'Architecture soit \niuerselle, comme porte le titre du brouillon proiect du sieur Desargues. Pour prenne de mon dire, i'apporte auant tout la contradiction de l'Autheur quant à ce poinct, laquelle se tire du contenu, tant de l'appendix que du reste de son broiiillon. Voicy comment il parle en l'appendix : Ces mesmes excellens hommes aux sciences, peuuent encor mieux iuger que personne autre, si pour la pratique de ces arts, (sçauoir de la perspectiue, de la gnomonique , de la coupe des

pierres en TArchitecture, et des autres cottes en ce brouillon) . // vaut mieux auoir autant de reigles ou leçons, toutes esgalement difficiles, qu'il y a de cas diuers en chacun, que de n'en auoir, comme icy, qu'vne seule en chacun, vniuerselle et générale pour tous ces cas, aussi facile qu'aucune des autres, etc. Et en la troisiesme page après y auoir comme es deux précédentes importunement lotie son inuention, pour la coupe des pierres, il termine le discours qu'il y a faict, sur les dispositifs nécessaires pour l'intelligence et la pratique de sa doctrine, auec ces paroles, autant vaines que faulses. Bref elle 7neine, dit-il, à la cognoissance de tout ce qui est humainement faisable auec le traict. >ie voila pas, Monsieur, un puissant appas pour attraper les esprits simples et ignorans, qui ne sçachaut pas combien roide est la montaigne où logent les sciences, et combien les chemins qui y conduisent sont estroits et raboteux, pour ne les auoir iamais fréquenté, désireux neantmoins qu'ils sont de les acquérir saus trauail, courent sans considération après ceux qui leur donnent espérance de les leur faire rencontrer dans des encyclopédies si reserrées qu'ils les pourront parcourrir, et posséder le contenu d'icelles dans vn iour ou deux, et eu ob-

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tenir la science et la perfection en pen dMieures : le tout neantmoins à leur grande confusion, lors qu'ils se voyent après leur essay, autant àpeu-pres incapables et ignorants comme deuant.

Mais venons au poinct, et voyons comme le sieur Desargues voulant se mettre à couuert contre les attaques qu'il preuoyoit assés qu'on luy feroit en ceste matière, se contredit manifestement, et sans y penser, par les restrictions qu'il apporte à ce qu'il a si hardiment auancé pour l'vniversalité de son traict. Voicy comme il en parle, en la page première vers la fin. La figure, dit-U, de cette manière de traict ; est d'vne porte en la face platte d'vn viur à talus pour vue descente biaise ayant l'arc rempanty où tous les ioincts sont en ligne droicte. Et en la page 3, vn peu deuant le milieu, il ratifie ces mesmes restrictions, disant, qiiauec cette simple et seule préparation en cette manière de traict ; on trouue généralement toutes espèces de paneaux en toutes espèces doiiuertures , ou les ioincts sont en ligne droicte, etc.

Auparauant il a dit que sa manière estoit tellement vniuerselle pour toutes sortes de traicts, qu'elle s'estendoit à tous les cas qui se peuuent rencontrer en cet art, voir à tout ce qui est hu-

mainement faisable par Je traict : Et inaintenant il luy donne des bornes si estroites, qu'à peine suiuant ses limitations arriue-t'elle à la dixiesme partie des cas qui s'y rencontrent. Et en effect, toutes les portes et descentes en tour ronde, ou en surface courbées, soit que leur curuité soit régulière ou irreguliere, ou bien mixte. Item, toutes celles qui rachètent vn berceau droit ou biaisant, ou quelque autre voulte d'entre les spheriques qui sont de plusieurs sortes et façons, sont exclues de sa méthode par ces mots, ou les ioincts sont en ligne droicte. Et par ces autres. Ceste manière de traict est d'vne porte en face plate : Et d'ailleurs les coussinets en sa pratique se trouuans de niueau, elle ne peut pour ceste mesme seconde raison s'estendre aux mesmes portes et descentes, lors qu'elles se font en tour ronde et auec biais. Il ne peut non plus par sa méthode arriuer aux traicts tant des larmiers que des lunettes, et des arriere-voulsures, lors que ces sortes de voultes se font bombées, ou quelles partent ou aboutissent à des superficies connexes, ou concanes : et ce pour les mesmes raisons que dessus. Il faut en outre qu'il confesse; qu'en la plus-part des trompes, particulièrement en celles qui se font rondes ou creuses par deuant.

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comme aussi en celles qui se font bombées, ou en niche, soit en tour ronde, soit autrement, la multitude desquelles est presque sans bornes, son inuention se trouue courte et défectueuse» Le mesme faut-il qu'il aduoiie en la plus part des maîtresses voultes de four, et de celles qui se forment en pendentif ou en arc de cloistre ; soit que leur creux soit parfaictement spherique, soit qu 'il se trouue sur baissé ou surmonté, ainsi que la beauté de l'ouurage ou les contraintes des lieux ou on les bastit l'exigent.

Bref ie voudrois bien le voir s'escrimer, auec ses essieux sous-essieux contre-essieux et trauersieux, où il s'agit de voulter les escaliers soutenus massiuement, ou suspendus vers leur escliif et noyau, notamment lorsqu'il conuient y employer les voultes creuses et bombés, et celles qui se font en coquille et en limasson. le m'asseure qu'il rendroit bien-tostles armes, et se trouuerait contraint d'auolier, que son traict vniuersel n'est pas pour cela, non plus que pour tous les cas que nous venons d'alléguer, qui font presque le total de la science de la coupe des voultes, et qu'il n'a de l'vniuersalité, si toutesfois il en a, que pour la moindre partie d'icelle, ne s'estendant qu'aux portes et descen-

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tes, comme il le confesse luy-mesmo, qui sont on face droicte et qui ont les ioincts en ligne droicte, et non autrement.

Dites-moy de grâce, que peut on dire contradiction, si cela ne l'est? Et en bonne foy, envserde la sorte n'est-ce pas se mocquer du monde, et ietter de la poussière aux yeux des simples, et vouloir régner parmy les ignorans, comme vn borgne feroit entre les auougles. Mais, me dira-t'il, vous ne dites pas tout ce que i'allegue dans mon brouillon, ou vers le milieu de la page 3, i'aduertis expressément le lecteur, que ma manière meine à lacongnaissance du traicl., pour faire que tous tes membres des ornemens d' Architecture aux degrez régnent en tous les endroictSj, chacun suiuanl les arcs^ rampes, et niueaux qu'il y a de fond, à cime sans aucune interruption ny faidse rcîicontre, et pour trouuer les paneaux de toutes ouucrtures en quelque surface courbée. Et en la page première sur la fin, ie dis le mesmc en ces termes : Ceste manière de traicl bien entendue^ ameine à l'intelligence des traicts pour toutes ouucrtures en mur, à surfaces courbées, ctc,

le vois bien ou vous visés, Monsieur Desargues, vous auez conduit vn escalier dans la maison d'vn

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partkiilier à Paris, ou par le retranchement rie quelques inarclies vers les angles des noyaux, de la place desquelles \ous aggrandissés les palliers, en quoy gist tout vostrc secret, qui pour cela n'est guère secret, vous exemptés la rampe des ornements, tant des plintes que des appuis, des interruptions, et faulses rencontres qui se voyent assés communément en tels ouurages, et qui ne s'y peuuent éuiter qu'aux dépens de la place des marches, ce que le lieu et la hauteur des estages ne permettent pas touiours. Et pour cela vous voulés qu'on \'Ous croye l'incomparable, et qu'on mette au haut de ceste vostre vnique production, vue lame de cuiure, qui porte graué que c'est vous qui en estes le créateur, c'est ainsi que vous en auez parlé à vne personne d'honneur de ma connoissance , de qui ie le sçay ; qu'est-ce cela, ie vous prie, sinon faire pour vne vétille, autant, ou plus de bruit, qu'en pourroit faire la poulie, la plus babillarde et importune de la France pour auoir fait vn œuf.

Mais venons au sérieux : en bonne foy, de quoy peuuent seruir à faire et conduire de la sorte comme vous dites ces ornemens d'architecture, en ce degré, tous vos essieux, sous-essieux, contre-

essieux, et trauer-essieux ? et quel aduantage peuton tirer en ces ouurages, de tant de plans, dont vous embrouillez l'imagination des ouuriers : plan droit à l'essieu, plan de chemin, plan déroute, plan droit en face et niueau, et nombre d'autres dont vostre broiiillon proiect est farcy? ne s'agissant icy, selon que portent vos paroles, que de replier, et faire passer lesornemens d'architecture des plintes et appuis d'vn escalier du droit au courbe, et du niueau à la rampe, et delà rampe et du courbe, les faire retourner au droict et au niueau, chose si triuiale, qu'on berneroit dans les atteliers ceux qui professansletrauail des ornemens ne la sçauroient pas : qu'estoit-il besoin d'employer pour cela tant de grotesques, et d'inuenter en outre ces termes extrauagans, d'angles, d'entre les plans de chemin, et de niueau, et d'entre les plans de chemin, et de face, et autres semblables, et de conduire les ouuriers aux connoissances de leur art par ces voyes inconnues, que vous appeliez routes au chemin, et routes au niueau? faire cela, c'est sans doute ietter des ténèbres sur la face du soleil, et apporter de l'obscurité où les choses sont claires et palpables.

Et quant à ce que vous dites, que cette manière

(te traict bien entendue ameine à l'intelligence des traicts pour toutes ounertures en murs à surface courbée^ cela seroit, receuable si vous eu produisiez les preuues, mais comme io les tiens au rang des choses qui vous sont impossibles ; aussi demeure le ferme dans mes sentimens, que vostre manière est tout à fait bornée, et que tant s'en faut qu'elle soit vniuerselle, qu'au contraire elle est entièrement défectueuse, et se trouue courte, non seulement es cas quei'ay alleguf'i cy-dessus, mais en plusieurs autres, que ie pourrois cotter, s'il en estoit de besoin. Et ie ne vois pas comme vous puissiez vous parer la contre, si ce n'est que vous disiez, que bien entendre cette pratique, c'est le mesme que l'estendre, et y adiouster : c'est ainsi par effect que vous en parlez à la fin de la seconde page, où vous employez ces termes : Donc an nettoycment de ce brouillon^ si on veut esiendre le tout d'vn mesme temps ^ on y pourra mettre des manières vniuerselles du traict, pour la coupe des bois, aux arts de la cherpanterie et menuiserie, etc. Cela estant ainsi posé et receu pour véritable, ie donne les mains et vous aduoUe, monsieur Desargues que vous auez trouué la façon de rendre vostre méthode richement vniuerselle. Car il est bien certain que par

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l'aide d'icellc, on pourra tout faire pourueu qu'on lui adiouste toutes les autres pratiques du reste des arts, comme vous luy ioignez celle des arts de la menuiserie, cherpanterie, desquelles seulement vous faictes mention : si que l'amplifiant de la façon de bien manier la lime et le marteau, elle seruira aux serruriers ; si vous y ioignez le maniement de l'esguille, et des ciseaux, elle rendra ceux qui en vseront bons cousturiers : et si vous la grossissez des façons d'habiller et assaisonner la viande, elle vous fera maistre cuisinier ; bref, l'enflant ainsi de tous les secrets des autres raestiers, elle vous fera sans doute un Iean faict tout, et les philosoplies n'auront plus à se débattre sur l'vnivers. à parte rei, parce qu'ils l'auront tout moulé et trouué en vous.

En voila assez dit, touchant l'vniuersalité prétendue de la manière du traiect que nous examinons, le passe donc à la facilité, que le broiiillon proiect du sieur Desargues luy attribué en plusieurs endroict de son contenu, auec tel aduantage, qu'il prétend qu'elle surpasse en cela toutes celles qui ont paru iusques à présent en l'architecture.'Çm«m^ à ccHXj dit-il tout à la fin de la première page, qui pour fuir.' croire qu'ils l'cntcn-

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dent (il parle de son traict) aiianceront qu'il y a plus (le lifjnes à mesurer, et qu'il est plus loufi et difficile, et qu'il n'est en rien dijj'erent de celuy qu'ils scauoient; l'expérience et le temps descouuriront, s'ils auront dit en cela la vérité. Et en la dixième et onziesnie ligne de la mesme page, il asseure que la manière de ce traict est sur tout aisée, et en main au commun des ouurierSj ausquels ce n'est pas le meilleur de proposer vne tant sublime géométrie. Or voyons s'il dit luy-mesme vérité en cela.

Et premièrement si sa pratiquées! facile, et intelligible au poinct qu'il dit, d'où vient qu'en la page quatrième, dans l'appendix qu'il a faict, il veut : Que les seuls excellents hommes en contemplation, et aux sciences en puissent eslre les iuges, et non ceux qui ont consommez leur vie dans la practique et ioué, comme il parle, pendant plusieurs années de la reigle et du compas en la fonction d'appareilleurs, aux plus magnifiées édifices. Eglises, Valais, et semblables, pnisqu'à son dire, il ne leur propose pas vne géométrie tant sublime ! Sans doute il a tellement en dessein de se faire valoir, que cette passion l'aueugle, et le faict à tout coup tomber en contradiction ; il ne veut point n'y que

les maistres en l'art, n'y que les bons appareilleurs soient ses iuges, et cependant il s'oublie qu'en la page première, et seconde il les reçoit pour tels, et n'en produit point d'autres pour prouuer qu'il est l'admirable, se reclamant à cet effect de Monsieur Burel maistre menuisier sculpteur, de M. Bureau Maistre masson ; et de maistre Charles Bressi, l'vn des appareilleurs du Louure ; et de M. Bosse graueur, desquels le premier et le dernier, entendent à ce qu'il dit, sa manière pour la perspectiue, et les deux autres sa méthode pour la coupe des pierres, et la scaiient mettre en pratique:, et pourvont dire , si elles prenant ou non à celle qu'ils sçauoient : mais ces gens là, dira-il, scauent quelque chose de géométrie, et partant ils ne sont pas de ceux que ie rebute, puisque ie veux que les rebutez soient sans aucune géométrie. Qu'il soit ainsi; ie ne crois pas neantmoins qu il veuille les placer entre ces parfaics contemplatifs, et ces excellents personnages es sciences, aussi n'en font-ils pas profession, lesquels seuls il admet pour ses iuges en son appendix, qui faisant la conclusion de son brouillon proiect donne parconscquent vne plus parfaite connoissauce de ses sentiments et intention : et partant sa repartie ne le descmba-

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rasse pas do la contradiction quo ic liiy oppose.

D'ailleurs, ie m'asseure que la plus part des maistrcs Massons et appareilleurs, particulièrement ceux qui ont longuement prattiquô es meilleurs atteliers, et lesquels toutes fois il reiette comme incapables de iuger de sa doctrine, ne souffriront pas qu'il les fasse passer pour purs ignorans en géométrie, et comme de tous poincts despourueus des connoissances de cette science, veu que ie suis asseurô par l'expérience que i'en ay, que la plus part de ces gens-là y font ordinairement quelque estude, comme ie veux croire auec luy, que les susdits sieurs Bureau et Bressi Tout fait, auant que d'estre arriuez à la Maistrise qu'ils possèdent tous deux dans Paris, celui-là des longtemps , et celuy-cy depuis quelques mois en çà. Pour le bieur Bosse s'il loue tant l'excellence de la manière perspectiue, c'est qu'il n'en sçauoit possible point d'autre, non plus que de géométrie, quand il appris celle-cy.

En second lieu, comment peut-il vouloir que sa prattique soit tout aisée et en main aux ouuriers^ veu qu'il la leur propose en vn langage, qu'il aduouë assez clairement qu'ils n'entendent pas : voicy comiiic il en parle eu la page seconde, tout

au commencement, et s'il n'est pas conçeu (c'est de son Iraict, duquel il est question). Tout a faict aux termes dont les massons vsent en leur manière de traictj, ceux qui le verront à fond en verront aussi les causes^ et pourront après l'exprimer en d'antres termes à leur volonté (i'aduouë pour moy que ie l'ay veu, et à fond, comme ie crois, et que ie n'y ai rencontré aucune raison de ce sien procédé : si bien peut-on à mon aduis légitimement coniecturer, qu'il a voulu embrouiller à dessein ce qu'il y propose, pour faire croire aux simples qu'il y enseigne des merueilles, et se faire d'auanlage* rechercher par eux, en espérance qu'ils tireront en fin de ses mains la clef de ces belles pensées, et des miracles qu'ils s'imaginent (j[u"ii propose au public sous des paroles obscures et extraordinaires, comme sont celles desquelles il se sert en ses discours. Item en la mesme page sur la lin. Donc au ncttoyemcnt de ce broiiillon, dit-il, si on veut Cestendrc, on pourra particulariser iusques à la moindre circonslance du manimcnt et de l'csaye de chacun de ces instrumcni> que les ouuricrs cognoissent tous, en descrinant en leur langage, au long et par le menu, comment afin d'expédier plus

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liabilcmcnt l'ouruagc, il se faut seruir de ces rcigles, compas^ esquierrCj, etc.

Euseigner donc des ouuriers auee des termes qui ne sont pas dans le langage ordinaire, et dont ils ne se seruent pas, voir, qui sont tout à fait impertinens, comme nous le ferons veoir tout incontinent, est-ce le moyen de leur rendre ce qu'on leur propose, facile, intelligible et en main? Ou plustost n'est-ce pas les plonger dans des obcuritez ennuyeuses, et leur remplir l'imagination de ténèbres et de confusion. Encor pourroit-on aucunement souffrir ces façons de faire de ce nouveau docteur, si les termes qu'il inuente et dont il se sert, estoient au moins indicieusement excogites : mais tant s'en faut, que cela soit , qu'au contraire ie soustiens qu'ils sont si mal fondés, qu'il y a plus de suiet de les rebuter, comme chose ridicule, que de les receuoir, et leur donner place parmy les ordinaires, desquels les architectes, et les ouuriers se sont servy iusques à présent. C'est ce qu'il me conuient prouuer : et voicy comment. Dans le traict dont il est icy question, comme estant pour seruir à vn passage ou descente biaise, les ouuriers y conçoiueut premièrement vn plan dans l'ouuer-

ture du mur, mis en rampe, et esleué par vn bout

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