TOUTES FOIS IL VA FINEMEIST DESNIANT PAR TOUT
tant il veut estrc indépendant eu faict de sciences de tous ceux qui l'ont précédé, et qui en ont fait et font encore profession dans leurs escrits, soit qu'il les ait acquis par ses seules spéculations particulières, ce que ie ne crois pas, ie tiens pour indubitable qu'il n'osera nier qu'il n'ait commencé par les cognoissances plus simples et aisées, et qu'il soil ainsi petit à petit paruenu aux compo-
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st'Gs ()\ pins (liincilc. Co (ju'eslanl, ie ne conçois pas coitimo il ponrra se parer du Masme de se démentir soy-mesme, et son procédé par ses escrits et entretiens particuliers, et de se ioiier de ceux qu'il va abusant iourncllement, par les espérances qu'il leur fait conceuoir, que dans vu seul exempte aussi facile qu'aucun de ceux, dont les autres font des ramas importun ; il leur apprendra en chaque art tout ce qui y est liumainemeut faisable. Et enfin de faire litière de ces grands personnaj^es, Euclide, Archimede, Apolonius el les autres de l'antiquité qui en ont usé autrement, proposant des exemples de tous les cas qui sont tant soit peu considérables es matières qu'ils traictent auee cet ordre, que les plus simples et facile précèdent les plus difficiles et embarrassées, pour rendre par ce moyen leur doctrine plus claire et intelligilde.
Le sieur Desargues me lepartira peut-être, que c'est à tort que ie le presse de si près en ce faict, veu qu'estant question eu son brouillon de la perspectiue, dont il n'auoit proposé qu'vn ou deux exemples conforme à sa méthode, il déclare vers le milieu de la première page, comme il ne prétend point empescher qu'on eu compose plusieurs antres si on le désire ainsi. Voicy ses paroles. Et
bien que ces deux figures suffisent, rien n'empesche neantmoinSj, que si l'on met ce brouillon au net, auec vn nombre d'autres exemples et d'autres staînpes, on n'en particularise chaque circonstance encor plus au long par le menu. Ce qu'il dit des exemples de perspectiue se doit pareillement entendre pour procéder sans chicane, et liberallement et honnestement auec luy, de ceux de la coupe des voultes. Voila qui Ya bien, et ie confesserois très librement que ceste response le pourroit mettre à couuert s'il ne se coutredisoit pas à son ordinaire au reste de son discours. Pour preuue de quoy ie produis de rechef ce qu'il en dit au contraire en l'appendix de son broiiillon. Ces mesmes excellens hommes aux sciences^ dit-il, peuuent encore mieux iuger que personne autre ^ si pour la pratique de ces arts (sçauoir de perspectiue, de la coupe des pierres, cl des quadrans) et semblables, il vaut mieux auoir autant de règles ou leçons diuerscs, toutes esgalcmcnt distinctes qu'il y a de cas diucrs en chascun, ainsi qu'on en pourra voir en diucrs traictés enrichis d'vn grand nombre de belles figures, que de n'en auoir, comme icy qu'vne seule en chacun, miuerselle et générale, pour tous ces cas aussi faciles qu'aucune des autres, de No m'advoiieres vous
pas, Moiisieui', (jue ces paroles destruisont les précédentes, et que d'ailleurs elles sont faulses en plusieurs de leurs chefs? La coutradiction y est trop euideute pour s'arrester à la prouuer. Je dis \n mot, et non plus, de leur faulseté, qui paroist particulièrement en deux poincts, et premièrement en ce qu'il dit, que les exemples que les autheurs pi'oposeiit pour les pratiques des sciences et des arts qu'ils enseignent, sont esgalement difficiles ; il faut ne les auoir pas leu, en ce qu'il soustient que les exemples et pratiques qu'il propose de son inuention, sont vniversellement capables, outre la facilité qu'elles ont esgale indiferemment auec toutes celles que les autheurs produisent en leurs escrits, do soudre en tout art tous les cas qui s'y peuuent rencontrer. Proposition que nous auons appugné cy deuant, et laquelle nous auons à mon aduis monstre estre très esloignée de la veuë.
Tout le contenu de cette cinquiesme raison demeurant parce que dessus deueraent prouué et auerô, il ne reste plus qu'à conclure, que la méthode du sieur Desargues, ne suiuaut pas les traces que la nature et les gens doctes et sçauants nous ont marqué, pour arriuer à la facilité, et clairté que l'on doit rechercher es arts es sciences que
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l'on enseigne, ne peul estre que Tort embrouillé, difficile, et incapable d'instruire les ouuriers comme il appartient.
En sixiesme et dernier lieu : personne ne peut douter que la conformité des figures auec les ouurages, pour lesquels elles sont faictes, ne contribue de beaucoup à la facilité des prattiques qui les emploient : or est-il que les traicts ordinaires des architectes et maisti'es massons, au fait de la coupe des pierres, sont grandement conformes aux ouurages, pour l'exécution desquels ils sont in~ uentez : au contraire de celuy que le sieur Desai^ gués nous propose qui n'y rapporte aucunement. Donc le traict du sieur Desargues n'est aucunement comparable pour la facilité en l'exécution aux ordinaires qu'il improuue. La maieure estant sans repartie, il ne reste qu'à vérifier la mineure, ce qui se fera efficacement par la représentation reele, ou par mémoire des vns et des autres. (le me persuade Monsieur que vous les auez tous par deuers vous, ou que les ayant vou par cy deuant vous en aurez encor assez de souuenir pour conceuoir ce que ie pretens vous en représenter en ce lieu, sans qu'il soit besoin d'en faire la monstre, laquelle ne se pourroit faire sans grossir par excès
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cette missiue et rcxainen qu'elle contient.) le suppose donc ([u'il s'agisse icy d'une descente; telle que le sieui' Desaigues la propose, droicte par denanl et derrière, biaise en talus, et rampante en son cintre, et duquelle traict ordinaire que donnent les ouuriers pour la coupe d'vne telle voûte a tel rapport à l'ouurage qu'elle en est comme vne espèce de perspectiue, comme sont celles qui se l'ont par proiection et rayons parallèles, en laquelle on voit et distingue clairement la ranipe, et son angle, le talus et sa roideur. le plan du passage auec son biais, et ccluy de ses pieds droicts, l'auance des paneaux de douele et de ioinct tant au plan, que sur le profil, les reculemens du talus, suiuant les différentes éleuations des voussoirs de l'arc de face, les retombées et abatuës des mesmes voulsoirs, le surbaissement, ou surbaussement qui se faict aux cintres droicts, et es douëles, eu égard à la qualité de l'ouuerture du deuant de la descente, et ainsi du reste : Tout cela se trouuant situé et disposé de telle sorte en la figure, qu'on y voit vne correspondance, autant parfaictedu traict, auec la besongne, et l'aspect d'icelles, que la chose le peut permettre ; de sorte que les ouuriers l'apperceuans facilement ils s'en trouuent grandement
aydez, lors que la mémoire leur faisant faulx bon, ils s'oublient des préceptes. Au contraire, rien de tout cela ne s'apperçoit au traict du sieur Desargues, à la reserue de la face du cintre droict, et de l'ouuerture en la face du mur : et quand on le considère attentiuement, on ne le voit non plus conforme à la descente, à laquelle on le destine, qu'vn chenal l'est a vn moulin à vent; d'où ie conclus, deia ie l'ay faict es raison précédentes, que la méthode du sieur Desargues pour la coupe des voultes n'est aucunement comparable en facilité à l'ordinaire et commune des architectes : et soustiens en suitte qu'elle n'est aucunement propre à la pratique, et qu'elle se trouue trop embarrassée, et embrouillée pour les ouuriers.
Et c'est pour cela sans doute que son meilleu r es cholier, le sieur Charles Bressi, comme luy mesme l'a dit a vn mien amy, n'a peu estre receu à faire son chef d'œuure sur ce traict; les maistres de Paiis ayant sainement iug(\ qu'il ne pouuoit légitimement tenir rang parinj b.'s reccuables dans la pratique, pour estre par trop chimérique et extrauagant, i'eutent parler du Iraict du sieur Desargues, car ledit Oressi srail fort bien l'ordinaire, et ne proposoit celu\ là (|ue pour son plaisir el
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f^'alaiiteric : ie-sçay bien que le sieur Desai'i^'ues récusera ces Messieurs comme incapables d'estre ses iuges, et qui n'ayans qu'vne science talonncuse^ comme il parle des secrets de leur mestier, n'ont pas assez d'acquis pour discuter ses prattiques, qui sont des productions d'vn franc géomètre, tel (ju'il se dit estre et qu'eux ne sont pas : mais qu'il prenne garde de n'abuser plus longtemps de la patience et modestie de ces Messieurs, qui ont assez dequoy pour luy faire voir quand ils voudront, qu'ils sont assez bons géomètres, pour en faire paroistres les effects par tout ailleurs, aussi bien que dedans leurs atteliers, et bureau : Et voila le premier aduis que ie voudrois à la fin de cet examen, donner en amy au sieur Desargues.
Le second est, qu'il considère mieux à l'aduenir qu'il n'a faict du passé, que ses forces sont par trop foibles. et son esprit par trop borné, pour mettre au rabais comme il prétend les autheurs qui ont deuant luy, et mille fois plus dignement que luy traicté des matières, lesquelles à proprement parler, il ne fait qu'effleurer : qu'il se souuienne de plus qu'il a affaire à des gens trop intelligens, pour leur faire croire qu'il
trouue par tout de l'vniuersalité oii ils n'ont trouué