IV PRÉFACE
des divers ouvrages de ce géomètre. Nous croyons avoir été assez heureux pour en retrouver la plus grande partie; il nous manque seulement une note, ou annexe ajoutée au traité des sections coniques, sur les contrariétés d'entre les actions des puissances ou forces. Nous en donnons un fragment qui en fera regretter la perte ; on verra qu'il y traitait de la gravité, ou pesanteur.
Nous n'avons pas pu retrouver, ni expliquer bien clairement un ouvrage que divers auteurs appellent, leçons de ténèbres.
Nous avons trouvé réunis, divers libelles contre Desargues, qui donnent, non-seulement les titres des ouvrages cités ci-dessus, mais encore ceux de plusieurs placards que Desargues fit afficher sur les murs de Paris, contre la Perspective attribuée au père Dubreuil et contre l'Examen de ses œuvres par Curabelle ; nous en donnons les titres, avec quelques extraits.
Toutes les idées de Desargues sur les sciences d'application ne sont pas renfermées dans ses ouvrages. Ce géomètre était très-concis, et ne donnait que des principes très-généraux, laissant à d'autres le soin d'en tirer toutes les conséquences ; c'est principalement son élève et ami, le célèbre gra-
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veiir Abraham Bosse, qui s'est cliargé de ces développements, et quoique donnés par lui d'une manière diffuse, ils suffisent pour en faire apprécier le mérite. Nous avons donc cru devoir compléter les œuvres de Desargues, en y ajoutant une analyse de quelques ouvrages de Bosse et principalement de ceux qui portent en tète la reconnaissance de Desargues, de manière à faire ressortir les pensées originales qui, de l'aveu de Bosse lui-même, appartiennent à son maître. C'est ainsi que nous avons pu restituer à Desargues ses méthodes de perspective sur des surfaces courbes, ou irrégulieres, ses idées sur la perspective des bas-reliefs, sujet qui n'avait jamais été traité avant lui ; et enfin faire connaître les développements de ses ouvrages sur la coupe des pierres, la gnomonique, la perspective ordinaire. Par cet examen des œuvres de Bosse, nous avons ensuite acquis la certitude que Desargues était architecte ou ingénieur ; nous avons pu même restituer à ce savant deux idées neuves sur l'architecture, l'une sur le tracé des escaliers, et l'autre sur la nécessité de soumettre à l'épreuve de la perspective les plans géométraux tracés pour l'érection d'un édifice. Nous aurons donc, comme on le voit, à considérer Desargues sous ce nouveau point de vue que des ren-