‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctes (volume 2)Chapitre 3 sur 46 · II · texte numérisé non relu

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ruelles pour nous allaiLer„ il nous met sur ses gejioux : et non content de nous nourrir, il joint à la nourriture les tendresses et les caresses : comme une mère caresse son enfant qui suce son lait, ainsi je "vous consolerait^), dit le Seigneur.

Plus que tout cela : c'est un amant passionné, c est un tendre époux. Voici ce que dit le Seigneur à Jérusalem j à l'ame fidèle. Quand tu es venue au monde, tu étois dans l'impureté de ton père Adam , dont tu avois hérité la corruption et le péché. On ne t'avoit point coupé le nombril, tu n avois point été lassée d'eau, ni salée de sel, ni enveloppée dans des langes : personne navoit eu compassion de toi, ni ne iavoit regardée dun œil de pitié : exposée et jetée à terre comme un avorton par un extrême mépris dès le Jour de ta naissance , tu 71 étois que pour ta perte , et personne navoit soin de toi (2). Voilà quelle est par elle-même la nature humaine conçue en iniquité et dans le péché. Alors , dit le Seigneur , je t'ai vue en passant , pauvre et délaissée , et pendant que souillée encore de ton sang, et toute pleine de l'impureté de ta naissance , tu n avois rien qui ne fît horreur, et que tu étois livrée inévitablement à la mort : Je {ai dit : Je veux que tu vives. Vis , malheureuse ame, cest moi qui le dis, vis toute horrible que tu es dans l'impureté de ton sang, dans l'ordure de ton péché. C'est ainsi que Dieu parle à l'ame qu'il lave par le baptême.

Mais ce n'est pas là qu'il borne ses soins : Tu

CO Is. Lxvi. 12, i3. — W Ezech. XVI. 2,3,4,5,6.

croissoisj dit le Seigneur; ta raison se formoit peu à peu , et tu deuenois capable des ornemens quon donne à de jeunes filles (0 , des vertus dont il faut parer les âmes dès leur jeunesse. Tu cominençois à pouvoir porter des fruits : tes mamelles senfloient et se formaient, et tu étois parvenue a tdge qui donne des amans. Mais de peur que tu n'en prisses qui fussent indignes de toi, je me suis pre'sente' moimême à tes désirs. J'ai passé , et je t'ai vue en cet âge : et quoique tu fusses nue et pleine encore de confusion, sans raison, sans règle par toi-même et dans tes premiers de'sirs , je t'ai épousée , je t'ai appelée dans ma couche et à des embrassemens qui purifient l'ame : j'ai contracté avec toi un mariage éternel. T ai fait une alliance avec toi : f ai juré par ma vérité que je ne {abandonnerais pas ^ et tu es devenue mienne. Je t'ai lavée d'une eau sainte. Dès les premiers jours de ta naissance , ou je t'avois ordonné de vivre , tu avois déjà été purgée par l'eau du baptême; mais il a fallu te laver encore des mau> vais désirs que la racine impure de ta convoitise poussoit sans cesse; l'impureté du sang dont tu étois née , étoit encore sur toi ; je l'ai ôtée par de saintes instructions, et j'ai mis sur toi toute la sainteté de ton baptême. Et je t* ai oint dune huile sainte, par l'abondance de mes grâces. Je t'ai donné des habits de diverses couleurs : je t'ai ornée de toutes les vertus : et je t'ai chaussée avec soin des plus belles peaux. Je {ai environnée d'habits de fin lin, qui sont les justices des saints ^ et je {ai revêtue des

C') £zech. XVI. 7,8,9, lo.

choses les plus fines (0 : je t'ai ôté par ma grâce tes désirs grossiers et charnels.

Mon amour a e'té plus loin , et ne voulant pas seulement que tu fusses nette et pure , mais encore riche et opulente : Je {ai donné les grands ornemens j des brasselets dans tes bras , un riche collier autour de ton col , des cercles dor et des pierreries pendantes a tes oreilles , et une couronne sur ta tête. Tu reluisois toute d'or et d' argent j, et tout étoit riche et magnifique dans tes habits. Je te nourrissois de ce qu'il y a de meilleur et de plus exquis : toutes les douceurs étoient servies sur ta table. Par ces ornemens, par ces soins , ta beauté avoit reçu un si grand éclat que tout le monde en étoit rai^i. Je £ai élevée jusque dans le trône. Tout Vunivers ne parloit que de ta beauté , de cette beauté que moi seul je t'avois donnée j dit le Seigneur Dieu (2), qui suis le beau et le bon par excellence , et l'auteur de toute beauté et de tout bien dans mes créatures.

Regarde , ame chrétienne , quel amant , quel époux t'a été donné. Il t'a trouvée étant laide , il t'a fait belle ; il n'a cessé de t'embellir de plus en plus : il a prodigué sur toi tous ses dons , toutes ses richesses ; il t'a placée dans son trône : il t'a fait reine : ses anges t'ont admirée comme l'épouse du Roi des rois , comme reçue dans sa couche , unie à son éternelle félicité. Comblée de sa gloire et de ses délices , qu avois-tu à désirer , ame chrétienne , pour connoître toutes les bontés et tout l'amour d^ cet époux bienfaisant ?

^^)Apoc. XIX. 8.— W^'zrc/t. XVI. II j 12, i3, i4'

Bonté et amour de Dieu envers les pécheurs pénitens.

On dit par commun proverbe : Si un mari quitte sa femme ^ et que se retirant de lui elle épouse un autre mari, la reprendra -t- il? Cette femme ne sera-t-elle pas souille'e et abominable? Et toi, ame pécheresse , tu t'es livrée à tous tes amans. Ce n'est pas moi qui t'avois quittée : non , je suis un époux fidèle , et qui jamais ne fais divorce de moi-même : c'est toi, ame infidèle, qui m'as abandonné, et t'es donnée non pas à un seul amant, mais à mille et mille corrupteurs. Reviens toutefois à moi j dit le Seigneur j et Je te recevrai (0.

Regarde de tous cotés , et tant que ta vue se pourra étendre , tu ne verras que des marques de tes infamies. En quel lieu ne t'es-tu pas prostituée , ame impudique et livrée à tous les désirs de ton cœur ? Tu étois comme exposée dans les cJiemins publics , et il n'y avoit aucune créature qui ne captivât ton cœur. Te répéterai-je tes vengeances, tes envies, tes haines secrètes, ton ambition à laquelle tu sacrifiois tout, tes amours impures et désordonnées? Toute la terre a été souillée de tes prostitutions et de tes malices. Tu as le front d'une impudique, tu nas pas rougi de tes excès. Reviens donc du moins dorénavant: appelle -moi mon phre , mon époux et le conducteur de ma virginité. Pour-

{^)Jerem. ni. i.

(juoi veux-tu toujours £ éloigner de moi comme une femme courroucée j et veux-tu persister dans ion injuste colère ? Tu as dit que tu ferois mal ^ tu ïen es vantée j et tu Tas fait , et tu Tas pu (0. Je t'ai abandonnée à tes voies. Res^iens , infidèle ; et je ne détournerai pas mes jeux de toi : parce que je suis le Saint j dit le Seigneur; et ma colère ne sera pas éternelle. Connois seulement ton iniquité , et que tu as prévariqué contre le Seigneur. Il nj a point d' arbre feuillu dans la fprétj qui ne soit témoin de ta honte ; il n'y a point de vain plaisir qui ne t'ait déçue : et tu ne m'as point écouté ^ dit le Seigneur. Convertissez- vous , enfans rebelles , convertissezvous (2).

Revenez à la maison patetnelle , enfans prodigues (5), on vous rendra votre première robe, on céle'brera un festin pour votre retour , toute la maison sera en joie , et votre père, touché d'une tendresse particulière , s'excusera envers les justes qui ne l'ont jamais quitté^ en leur disant : Kous êtes toujours avec moi; mais il faut que je me réjouisse, parce que votre frère étoitmortj et il est ressuscité : il étoit perdu j et il a été retrouvé (4). Réjouissezvous avec moi, et avec tout le ciel, qui fait une fête de la conversion des pécheurs , et conçoit une joie plus grande pour le retour d'un seul , que pour la persévérance de quatre-vingt-dix-neuf justes ^ qui jiont pas besoin de pénitence (5).

Revenez donc , enfans désobéissans , revenez , épouses infidèles , parce que je suis votre époux (6).

{,^)Jerem. 111.2, 3, 4, 5. — (^) Ibid. 12, i3, \^. — {^) Luc. xv. 22, a3 etsuiy. — {fi)Ibid. 3i , Sa. — C») IbUlQ, 7. — ^^j/erew. m. i\.

SUR LES MYSTÈRES. a!)

Est-ce ma volonté que Timpie périsse , et non pas quil se convertisse , et qiiil vive ? Convertissezvous , faites pénitence , et votre péché ne vous tournera pas à ruine. Eloignez de vous toutes vos préi^arications et vos désobéissances , et faites-vous un cœur nouveau et un nouvel esprit. Et pourquoi voulez-vous mourir j maison d'Israël, pendant que moi, moi que vous avez offensé, je veux votre vie ! Non , je ne veux point la mort du pécheur, dit le Seigneur Dieu : revenez et vivez (0.

Cest moi , cest moi-même qui efface vos iniquités pour V amour de moi-même , et pour contenter ma bonté : et je ne me ressouviendrai plus de vos péchés. Seulement , souvenez-vous de moi. Entrons en jugement l'un avec f autre : je veux bien me rabaisser jusque-là : Plaidez votre cause : avez-vous de quoi justifier vos ingratitudes (2) , après que je vous ai pardonné tant de fois? Jacob ^ souvenezvous-en j ne m oubliez pas. Tai effacé comme un nuage vos iniquités : j'ai dissipé vos péchés , comme le soleil dissipe un brouillard. Pécheurs, retournez a moi , parce que je vous ai raclietés. O deux , chantez ses louanges : terrée , faites retentir vos louanges d'une extrémité à T autre : montagnes , portez vos cantiques jusques aux nues ^ parce que le Seigneur a fait miséricorde (5). autant que le ciel est élevé au-dessus de la terre , autant a-t-il exalté et affermi ses miséricordes : autant que le levant est loin du couchant , autant a-t-il éloigné de nous nos iniquités. Comme un père a pitié de ses

i^)£zech. XVIII. 23, 3o, 3i, Sa. — C>)/f. xuii.aS, 26. -^ {}) Ibid.

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