‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctes (volume 3)Chapitre 2 sur 65 · XXI. 4- — ^®) P'- Lxxxvni. I · texte numérisé non relu

XXI. 4- — ^®) P'- Lxxxvni. I

reux , ne fais-je point tort à vos bonnes œuvres ? J'entends un de vous qui dit : Bonum certamen cer» tai^i{^)y « J'ai livré un glorieux combat ». On vous rend la couronne ; mais c'est que vous avez combattu : on vous honore ; mais vous avez servi : on vous donne le repos ; mais vous avez fidèlement travaillé : ce n'est donc pas miséricorde. A Dieu ne plaise : mais c'est cette doctrine qui fait éclater la miséricorde. Expliquons cette doctrine : saint Augustin [ nous l'a développée par ces paroles ] : Reddet omnino DeuSj et mala pro malis quoniam justus est 'y et bona pro malis quoniam bonus est; et bona pro bonis quoniam bonus et justus est (2). « Dieu » nous rendra certainement le mal pour le mal ^ 3) parce qu'il est juste : Dieu nous rendra le bien 3) pour le mal, parce qu'il est bon : enfin Dieu nous )) rendra le bien pour le bien, parce qu'il est bon » et juste en même temps ». A cela se rapporte toute la conduite de Dieu envers les hommes. L'une semble diminuer les autres ; non point en Dieu : les ouvrages de Dieu ne se détruisent point les uns les autres. Cette justice n'est pas moins justice pour être mêlée de miséricorde ; cette grâce n'est pas moins grâce pour être accompagnée de justice : au contraire, c'est le comble de la grâce et de la miséricorde.

Pour l'entendre encore plus profondément , considérons avec le même saint Augustin de quelle sorte les âmes saintes se présentent devant leor juge , devant la justice : Redde quod promisisti ; fecimus

(0 //. Tim. IV. 7. — W s, Aug. de Grat. et lib. Arb, cap. 3umi, n. 45, torn.\j col. 744*

quod jussisti {^) i « Rendez, disent - elles , ce que » vous avez promis ; nous avons fait ce que vous » avez commandé ». Nulle obligation de justice entre Dieu et Thomme. La promesse et l'alliance l'a faite. Elle a mis quelque égalité. Qui a fait l'alliance, et qui a donné la promesse ? la miséricorde. La justice la tient ; mais la miséricorde la donne. Mais pénétrons encore plus loin. Cette promesse étoit conditionnelle. Je vous ai promis le ciel : oui , si vous veniez à moi sans péché , et vous fructifiiez dans les bonnes œuvres. Seriez-vous sans péchés , si les miséricordes ne les avoient remis ? Auriez-vous de bonnes œuvres , si la grâce ne les avoit faites ? Et hoc tiifecistij quia laborantes juvisti (?) : « c'est » vous , Seigneur , qui avez fait tout ce que j'ai de M bien , parce que vous m'avez aidé dans le travail ». Ne voyez-vous donc pas que la justice clierche à récompenser ? mais elle ne trouve rien à récompenser que ce qu'a fait la miséricorde. Il a l'habit nuptial, il est juste qu'il soit du banquet ; mais cet habit nuptial lui a été [donné] par présent : Datum est illis ut cooperiant se bjssino splendenti et candido (5) ; « il leur a été donné de se revêtir d'un )> fin lin pur et éclatant » . Il faut qu'ils entrent au royaume , parce qu'ils en sont dignes ; mais c'est Dieu qui les a faits dignes ; leurs œuvres les suivent ; mais Dieu les a faites. Dieu ne peut avec justice les rejeter de devant sa face , parce qu'ils sont revêtus de sainteté : mais saint Paul, aux Hébreux : Aplct vos in omni hono , ut faciatis ejus voluntatem , ja-

(0 Strm. CLViii, n. a, tom. v, col. 761. — W Ihid. — ^) ^poc. XIX. 8.

ciens in vobis quod placeat coram se per Jesum Christum (0 : « Que Dieu vous rende parfaits en » toute bonne œuvre ; afin que vous fassiez sa vo- » lontë, lui-même faisant en vous ce qui lui est » agre'able par Je'sus-Christ » : Quod placeat coram

se, ... in omni hono , « ce qui lui est agi'éable

» en toute bonne œuvre ». C'est une suite de la loi éternelle par laquelle Dieu aime le bien ; c'est justice : mais aptet nos , facial in nohis. Il est juste que cette pierre soit mise au plus haut de cet édifice , qu'elle fasse le chapiteau de cette colonne , qu'elle soit mise en vue sur ce piédestal ; mais c'est parce qu'il a plu à l'ouvrier de la façonner de la sorte. Plus il y a de mérite , plus il y a de grâce : pliis il y a de justice , plus il y a de miséricorde. Cest pourquoi les vingt - quatre vieillards jettent leurs couronnes aux pieds de l'Agneau (2). Combat de Dieu et de l'homme. Dieu leur donne ; voilà la justice : ils la lui rendent par actions de grâces ; c'est qu'ils reconnoissent la miséricorde : Gratias Deo qui dédit nobis victoriam (5) : « Grâces soient 3> rendues à Dieu qui nous a donné la victoire ». Ravissement des saints en voyant la miséricorde divine : Benedic , anima mea , Domino , qui coronat te in misericordia et miserationibus (4) : « O mon » ame, s' écrient-ils , bénis le Seigneur, qui te com- » ble des eiïëts de sa miséricorde et de sa tendre » compassion ». Voyez la miséricorde encore plus évidemment reconnue au couronnement : Qui replet in bonis desiderium (5) , « c'est lui qui remplit

CO Hebr. XIII. ai. — (») Apoc. iv. 10. — ^^) I. Cor. xy. 67. — (4)P,.cii. 1,4.— C5)/it«/.6.

» tous nos désirs par l'abondance de ses biens, en » nous traitant selon sa miséricorde ». Amour préyenant dès Téternlté, par lequel il les a choisis ; par quels secrets il a touché leurs cœurs ; le soin qu'il a eu de détourner les occasions , les périls infinis du voyage se connoîtront à la fin , lorsqu'ils seront arrivés , voyant les damnés , et que la seule miséricorde les a triés : Misericordia ejus prœveniet me (0, « sa miséricorde me préviendra » : Misericordia ejus subsequetur me (2) , « sa miséricorde » m'accompagnera ». Le peu de proportion de leurs œuvres avec leur gloire : Supra moduni , in subli-mitate^ œternum gloriœ pondus (^) ; « un poids éter- » nel d'une gloire souveraine et incomparable ». Ils ne peuvent comprendre comment une créature chétive a été capable de tant de grandeur. Alléluia:. Dieu les loue , ils louent Dieu (4). Vous avez bien fait , leur dit Dieu : Quia digni sunt & ; « parce » qu'ils en sont dignes ». C'est vous qui l'avez fait : Omnia opéra noslra operatus es in nobis. Domine (6) : « vous avez , Seigneur , opéré en nous toutes nos » œuvres ». C'est à ce lieu de paix que nous aspirons ; c'est après cette patrie bienheureuse que notre pèlerinage soupire ; c'est à cette miséricorde que nous espérons. Se peut-il faire que nous attendions tant de grâces sans en vouloir faire à nos frères ? La miséricorde nous environne de toutes parts : Misericordia ejus circumdabit me (7). Cet exemple de notre Dieu ne nous attendrit-il pas? Si un maître est indulgent à ses domestiques , il ne

(')P*. LTiii. 1 1. — »} Ps. XXII. 6.— (3) /y. Cor. IV. 17. — CO Âpoc. XIX. 1,3, 4> 6. — W Ihid. m. 4- — ^.Isai.wsi. 12.^'i:} Ps. xxxi. 10.

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peut soufTrir les insolens et les fâcheux : il veut que sa douceur serve de loi à toute sa famille. Sous un père si bon que Dieu , quelle douceur pouvons-nous pre'tendre , si nous sommes durs et inexorables ? Vous voyez donc déjà , chrétiens , la liaison qu'il y a entre la mise'ricorde reçue et la miséricorde exercée : mais entrons plus profondément dans cett« matière , et expliquons notre seconde partie.

SECOND POINT

Je crois que vous voyez aisément que de tous les divins attributs celui que nous devons reconnoître dans un plus grand épanchement de nos cœurs , c'est sans doute la miséricorde. C'est celui dont nous dépendons le plus : nous ne subsistons que par grâce: il faut la reconnoître en la publiant ; la publier en l'imitant : Estote miséricordes , sicut et Pater rester misericors est {^) : « Soyez miséricordieux comme » votre Père est miséricordieux ». Nous ayant faits à son image, il n'aime rien plus en nous que l'effort que nous faisons de nous conformer à ses divines perfections. Saint Paul aux Colossiens , après leur avoir montré la miséricorde divine dans la grâce de leur élection , conclut en ces termes : Induite 'VOS ergo sicut electi Dei , sancti et dilecti (2) : « Re- » vêtez - vous donc , comme étant élus de Dieu , » saints et bien-aimés, d'entrailles de miséricorde:» électif élus, par miséricorde et par grâce: dilecti^ bien-aimés, par pure bonté: sancti, saints, par la rémission gratuite de tous vos péchés : Induite vos

(«) Luc, VI. 36. — W Colos. m. la.

ergo viscera misericordiœ : « revêtez - vous donc » d'entrailles de miséricorde ».

Pouvez-vous mieux confesser la mise'ricorde que vous recevez , qu'en la faisant aux autres en simplicité de cœur? Si vous êtes durs et superbes sur les misérables , il semble que vous ayez oublié votre misère propre. Si vous la faites aux autres dans un sentiment de tendresse, vous ressouvenant des grâces ; c'est alors que vous honorez ces bienfaits : c'est là le sacrifice que demande sa miséricorde : Talihus hosiiis promeretur^}) : « c'est par de semblables hos- » ties qu'on se rend Dieu favorable ». Il y a un sacrifice de destruction, c'est le sacrifice de la justice divine , en témoignage qu'elle détruit les pécheurs. Mais le propre de la miséricorde , c'est de conserver : il lui faut pour sacrifice conserver les pauvres et les misérables : voilà l'oblation qui lui plaît. Vous prétendez au royaume céleste ; Dieu vous en a donné la connoissance ; il vous y appelle par son évangile, il vous y conduit par sa grâce : Quid rétribuant Domino (2) ? « que rendrai - je au Seigneur » ? Quelle victime lui offrirez-vous ? voyez tous ces pauvres malades: offrez-lui ces victimes vivantes et raisonnables, conservées et soulagées par vos charités et par vos aumônes. Ils sont dans la fournaise de la pauvreté et de la maladie ; que ne descendez - vous avec la rosée de vos aumônes? O sacrifice agréable ! Viscera sanctonwirequie^erunt per te , fraiera) : « Les cœurs » des saints ont reçu beaucoup de soulagement de » votre bonté, mon cher frère». A qui cela convient-il mieux, sinon aux pauvres malades? Je ne

(') Ilebr. XIII. 16. — C>) Ps. cxv. 3. — (3) p/uian. 7.

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néglige pas pour cela les autres ; mais je prête ma voix à ceux-ci , parce qu'ils n'en ont point. Voye^ quelle est leur nécessité. Nous naissons pauvres ; Dieu a commandé à la terre de nous fournir notre nourriture : ceux qui n'ont point ce fonds, imposent un tribut à leurs mains; ils exigent d'elles ce qui est nécessaire au reste du corps: voilà le second degré de misère. Quand ce fonds leur manque par Tinfirmité, mais encore y a-t-il quelque recours; laf nature leur a donné une voix , des plaintes, des gémissemens; dernier refuge des pauvres affligés pour attirer le secours des autres. Ceux dont je parle n'ont pas ces moyens : ils sont contraints d'être renfermés : leurs plaintes ne sont entendues que de leur pauvre famille éplorée , et de quelques-uns de leurs voisins, peut-être encore plus misérables qu'eux. Mais dans l'extrême misère, quand on a l'usage de son esprit libre , la nécessité fait trouver des inventions : le leur est accablé par la maladie , par les inquiétudes , et souvent par le désespoir. Dans une telle nécessité, puis-je leur refuser ma voix ?

Combien de malades dans Metz ! Il semble que j'entends tout autour de moi un cri de misère : ne voulez-vous pas avoir pitié? leur voix est lasse, parce qu'elle est infirme : moins je les entends , et plus ils me percent le cœur. Mais si leur voix n'est pas assez forte , écoutez Jésus-Clirist qui se joint à eux. Ingrat, déloyal, nous dit-il, tu manges et tu te reposes à ton aise ; et tu ne songes pas que je suis souffrant en telle maison , que j'ai la fièvre en cette autre , et que partout je meurs de faim , si tu ne m'assistes. Qu'attendez-vous, cruels, pour subvenir à la pauvreté de

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ce misérable? Quoi! attendez-vous que les ennemis de la foi en prennent le soin pour les gagner à eux par une cruelle miséricorde? Voulez-vous que votre dureté' leur serve d'entrée ? Ah ! qu un homme se fait bien entendre , quand il vient donner la vie à un désespéré. Foiblesse d'esprit dans la maladie. Vous voulez qulls soient secourus; favorisez donc de tout votre pouvoir cette confrérie charitable qui se consacre à leur service. Aidez ces filles charitables, dont toute la gjoire est d'être les servantes des pauvres malades ; victimes consacrées pour les soulager. Et ne me dites point : Les pauvres sont de mauvaise humeur , on ne peut les contenter. C'est une suite nécessaire de la pauvreté. Sont-ils de plus mauvaise humeur que ceux auxquels Jésus-Christ disoit : O generatio pervers a , usquequo patiar vos? adhuc hîic Jilium tuum (0. « O race incrédule et dépravée ! jusqu'à » quand vous soufTrirai-je ? amenez ici votre fils ». Mais ils ne se contentent pas de ce que nous leur donnons : ils veulent de l'argent et non des bouillons , et non des remèdes. Qui le veut ? c'est l'avarice. Vous n'êtes pas assemblées pour satisfaire à ce que leur avarice désire , mais à ce qu'exige leur nécessité. Mais il n'y a point de fonds ? C'est la charité des fidèles; et c'est à vous, mesdames, à l'exciter. C'est pour cela , mesdames , que vous vous êtes toutes données à Dieu pour faire la quête.

Si la pauvreté dans le christianisme est honorable, vous devez être honorées de faire pour Jésus- Christ l'action de pauvres. Quoi ! rougirez- vous de demander l'aumône pour Jésus-Christ? Quand est-ce

C') Luc. IX. 4i-

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que vous donnerez, si vous ne pouvez vous résoudre à demander? Vous devriez ouvrir vos bourses, et vous refusez de tendre la main î Mais on ne me donne rien. O vanité, qui te mêles jusque dans les actions les plus humbles, ne nous laisseras-tu jamais en repos? Jésus se contente d'un liard; Jésus se contente d'un verre d'eau : bien plus , il ne laisse pas de demander aux plus rebelles , aux plus incrédules. Animez-vous donc les unes les autres 5 mais persévérez. Quelle honte d'avoir commencé! ce seroit une hypocrisie. Rien de plus saint : tout le monde y devroit concourir. N'écoutez pas ceux qui disent: Cet œuvre ne durera pas. Il ne durera pas, si vous êtes lâches : il ne durera pas , si vous manquez de foi , si vous vous défiez de la Providence. Dieu suscitera l'esprit de personnes pieuses pour vous fournir des secours extraordinaires; mais ce sera si vous faites ce que vous pouvez. Quelle consolation ! je n'ai qu'un écu à donner; il se partagera entre tous les pauvres , comme la nourriture entre tous les membres. C'est l'avantage de faire les choses en union. Si chaque membre prenoit sa nourriture de lui-même, confusion et désordre : la nature y a pourvu : une même bouche. Comme les membres s'assistent les uns les autres, prêtez-leur vos mains, prêtez-leur vos voix. La main prend un bâton pour soutenir le corps au défaut du pied.

Exhortation , en considérant la miséricorde que nous recevons de Jésus-Christ : que lui rendronsnous? il n'a que faire de nous. Empressement de la reconnoissance : Sauveur , je meurs de honte de recevoir vos bienfaits sans rien rendre ; donnez-moi

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le moyen de les reconnoître. Pressé par ces raisons que la gratitude inspire : il dit : Je te donne les pauvres : ce que tu leur feras, je le tiens pour reçu aux mêmes conditions qu eux : je veux entrer en leur place. Ne le crois-tu pas ? C'est lui qui le dit. Il a dit que du pain c'e'toit son corps ; tu le crois et tu Tadores. U a dit qu'une goutte d'eau lavoit nos péchés ; tu le crois , et tu conduis tes enfans à cette fontaine. Il a dit qu'il étoit en la personne des pauvres; pourquoi refuses-tu de le croire ? si tu refuses de le croire, tu le croiras et tu le verras, lorsqu'il dira: Injirmus , et non visitastis me (0 : « J'ai été » malade et vous ne m'avez pas visité ». L'homme devant Dieu , demandant de le voir dans sa gloire : tu ne m'as pas voulu voir dans mon infirmité : une troupe de misérables s'élèvera : Seigneur, c'est un impitoyable. C'est pour cela que le mauvais riche voit Lazare au sein d'Abraham. Au contraire, ces pauvres vous recevront dans les demeures éternelles : Récipient vos in œterna tabernaciila (2).

Employer à cela le crédit et l'autorité : elle s'évanouira en l'autre monde. Voulez-vous qu'elle vous y serve ? employez-la au ministère des pauvres.

C») Matth. XXV. 43. — W Luc. xvi. 9.

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EXORDE

D'un Sermon prêché dans une assemblée de charité»

Le Prophète- roi , chrétiens, étoit entré bien profondément dans la méditation de la dureté et de l'insensibilité des hommes , lorsqu'il adresse à Dieu ces beaux mots : Tibi derelictus estpauper (0 : « O Sei- 5) gneur, on vous abandonne le pauvre ». En effet, il est véritable qu'on fait peu d'état des malheureux : chacun s'empresse avec grand concours autour des fortunés de la terie; les pauvres cependant sont délaissés : leur présence même donne du chagrin ; et il n'y a que Dieu seul à qui leurs plaintes ne soient point à charge. Puisque tout le monde les lui abandonne, il étoit digne de sa bonté de les recevoir sous ses ailes, et de prendre en main leur défense. Aussi s'est-il déclaré leur prolecteur : parce qu'on méprise leur condition, il relève leur dignité; parce qu'on croit ne leur rien devoir , il impose la nécessité de les soulager : et afin de nous y engager par notre intérêt, il ordonne que les aumônes nous soient une source infinie de grâces. Dans cette maison des pauvres, dans cette assemblée qui se fait pour eux, on ne peut rien méditer de plus convenable que ces vérités chrétiennes : et comme les prédicateurs de l'Evangile sont les véritables avocats des pauvres, je m'estimerai bienheureux de parler aujourd'hui en leur faveur. Tout le ciel s'intéresse dans cette cause, et je ne doute pas, chrétiens, que je n obtienne facilement son secours par l'intercession de la sain teVierge.

{') Ps.ix.ffeb.x. 14.

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