‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctes (volume 4)Chapitre 11 sur 58 · DES EJTFANS DE DIEU · texte numérisé non relu

DES EJTFANS DE DIEU

moyen dans rextrêinc confusion et affliction que lui cause son crime; « de peur, dit cet apôtre, qu'il )> ne soit accable par un excès de tristesse » : Ne forte ahundanliori tristitid absorbeatur (0.

Vous voyez maintenant , mes bien-aime's, ce qui le rendit digne de 1 indulgence de l'Eglise et de saint Paul; c'est que s'e'tant livre' sans bornes à cette tristesse salutaire de la pénitence, il s'y plongea jusqu'à faiie craindre qu'il en seroit accablé, que sa douleur ne l'absorbât; Ne absorbeatur, ne l'abîmât ; en sorte qu'il ne la pût pas supporter. Livrezvous donc, à son exemple, à la douleur de la pénitence; afin de vous rendre dignes de l'indulgence, des consolations , de la cbarité de l'Eglise.

Mais , mes Frères , n'oubliez pas un caractère de cette tristesse qui est selon Dieu, marqué par saint Paul, dans le passage que nous traitons. La tristesse qui est selon Dieu , produit, dit-il, « une péni- » tence ». Mes Frères, quelle pénitence? « une pé- » nitence stable » ; Pœnitentiam stabilem (2) ; non pas de ces douleurs passagères , que la première attaqué des sens et de la tentation emporte aussitôt, et sans résistance. Cette tristesse produit la mort, aussi bien que celle du siècle ; parce qu'elle n*a servi au pécheur que pour lui faire faire une confession, qui , n'ayant point eu de bons effets, n'en peut avoir eu que de très-mauvais, en donnant lieu à une rechute plus dangereuse que le premier mal. La pénitence que je vous demande est une pénitence durable, affermie sur de solides maximes et sur une épreuve convenable. Et en-quoi consiste la stabilité

0) //. Cor. II. 7. — W Ihid. vn. 10,

de cette tristesse? L'apôtre dit, quand elle est parfaite, qu'elle doit produire « une pénitence stable » pour le salut » : elle a donc la stabilité qui lui convient, lorsqu'elle vous mène jusqu'au salut, jusqu'à la parfaite union avec Dieu, et au dernier accomplissement de cette parple : « levais à mon Père ». Alors il vous arrivera ce que Jésus-Christ a promis dans notre Evangile; ce qui devoit faire le dernier point de ce discours , et que je tranche en un mot. K Alors, dit-il, votre tristesse sera changée en joie, » et en une joie que personne ne vous ôtera jamais » : Gaudium vestrum nemo tollet à vohis (0. Voilà, mes Frères, la joie que je vous souhaite; non pas ces joies que le monde donne et que le monde ôte : il les donne, non par raison , mais par humeur, par bizarrerie, par caprice; et il les ôte sans savoir pourquoi , avec aussi peu de raison qu'il en a eu à les donner. Loin de nous ces joies trompeuses : loin de nous l'aveuglement qu elles produisent dans les cœurs, et le criminel attachement avec lequel on s'y abandonne. Je vous souhaite cette joie qui ne change pas; parce que celui qui la donne est immuable.

Mais , mes Frères , n'oubliez jamais qu il y faut venir par la tristesse , par la tristesse qui est selon Dieu , par la tristesse de la pénitence. C'est ce que Jésus-Christ nous explique à la fin de notre Evangile , par une comparaison admirable et bien naturelle. « Une femme, dit-il, a de la douleur pendant » qu'elle enfante, parce que son heure est venue : » mais lorsqu'elle a enfanté un fils, elle ne se sou- (0 Joan, XVI. 28.

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