‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctes (volume 4)Chapitre 22 sur 58 · SUR LA RÉCONCILIATION · texte numérisé non relu

SUR LA RÉCONCILIATION

Motifs pressans que Jésus-Christ emploie pour aous porter à «ne affection mutuelle. Le sacrifice d'oraison, incapable de plaire à Dieu , s'il n'est offert par la charité fraternelle. Obligation de prier avec tous nos frères et pour tous nos frères : pourquoi ne pouvonsnous nous en acquitter si nous les haïssons. Combien aveugles et injustes les aversions que nous concevons contre eux. Conditioa que Dieu nous impose pour obtenir le pardon de nos fautes.

Si offers munus tuiim ad altare , et ibi recordatus fueris quia frater tuus habet aliquid adversum te ; relinque ibi munus tuum ante altare , et vade priùs rcconciliari fratri tuo : et tune vcniens offeres munus tuum.

Si étant sur le point de /aire votre offrande à V autel , vous vous SQUi^enez que votre frère a quelque chose contre vous ; laissez-la votre offrande devant t autel , et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère : après cela vous viendrez présenter votre offrande. Matth.v. 23,24.

INERTES, la doctrine du sauveur Je'sus est accompagne'e d'une merveilleuse douceur, et toutes ses

paroles sont pleines d'un sentiment d'humanité extraordinaire : mais le tendre amour qu'il a pour notre nature, ne paroît en aucun lieu plus e'videmment, que dans les diflerens préceptes qu'il nous donne dans son Evangile, pour entretenir inviolablement parmi nous le lien de la charité fraternelle. Il voyoit avec combien de fureur les hommes s'arment contre leurs semblables; que des haines furieuses et des aversions implacables divisent les peuples et les nations ; que parce que nous sommes séparés par quelques fleuves ou par quelques montagnes , nous semblons avoir oublié que nous avons une même nature; ce qui excite parmi nous des guerres et des dissensions immortelles, avec une horrible désolation, et une effusion cruelle du sang humain.

Pour calmer ces mouvemens farouches et inhumains , Jésus nous ramène à notre origine ; il tâche de réveiller en nos âmes ce sentiment de tendre compassion que la nature nous donne pour tous nos semblables, quand nous les voyons affligés : par où il nous fait voir qu'un homme ne peut être étranger à un homme ; et que si nous n'avions perverti les inclinations naturelles , il nous seroit aisé de sentir que nous nous touchons de bien près. II nous enseigne « que devant Dieu , il n'y a ni Bar- 3) bare, ni Grec, ni Romain, ni Scythe (0 » ; et fortifiant les sentimens de la nature par des considérations plus puissantes, il nous apprend que nous avons tous une même cité dans le ciel , et une

(ï) Coîos. m. 1 1.

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