‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctes (volume 4)Chapitre 9 sur 58 · DES ENFAJVS DE DIEU. '^J · texte numérisé non relu

DES ENFAJVS DE DIEU. '^J

d'afflictions que de plaisirs : c est donc là cette tristesse du siècle dont saint Paul vous a parlé.

Mais qu'en a dit ce bienheureux apôtre ? « La )) tristesse du siècle produit la mort(0 » ; parce qu'elle vient de l'attachement aux biens périssables. A cette tristesse du siècle saint Paul oppose la tristesse qui est selon Dieu, et qui est le vrai caractère de ses enfans. La tristesse qui nous peut venir du côté du monde , par la perte des biens de la terre, ou par l'infirmité de la nature, par les maladies, par les douleurs , nous est commune avec les impies; ainsi ce n'est pas là cette tristesse que le Sauveur donne en partage à ses fidèles , en leur disant : « Vous pleurerez ». C'est, mes Frères, cette douleur selon Dieu dont il veut parler : et quel en est le sujet? sinon qu'ordinairement le monde persécuteur fait soufiVir les gens de bien et les tient dans l'oppression. Ajoutons que Dieu, comme un bon père, châtie les justes comme ses enfans , et leur fait trouver leurs maux en ce monde, afiH de leur réserver leurs biens dans la vie future. Vous voyez bien déjà quelque chose de cette tristesse qui est selon Dieu. Soumettez-vous-y , mes chers Frères , soumettezvous à l'ordre qu'il a établi dans sa famille; et si, lorsqu'il a résolu de punir le monde, il commence le jugement par sa maison , par les justes qui sont ses enfans ; tendez le dos humblement à cette main paternelle , et laissez-lui exercer une rigueur si remplie de miséricorde.

Mais voici encore une autre espèce de cette tristesse selon Dieu. Assis sur les fleuves de Babylone et

(0 //. Cor. VII. 10.

n8 SUR LA TRISTESSE

au milieu des biens qui passent, les fidèles sentent leur bannissement, et pleurent en se souvenant de Sion leur chère patrie. Ah ! mes chers enfans , si quelque goutte de cette tristesse entre dans vos cœurs, et que pleins de dédain et de dégoût pour ce qui passe , vous vous sentiez affligés de ne pas jouir encore du bien qui est éternel , après lequel vous soupirez ; c'est là la tristesse selon Dieu que je vous souhaite.

Mais ce n'est pas encore celle que j'ai dessein de vous prêcher aujourd'hui avec saint Paul. « Cette M tristesse, qui est selon Dieu, produit, dit ce saint » apôtre, une pénitence stable (0 ». C'est donc là principalement cette douleur que je vous souhaite ; le regret de vos péchés ; la tristesse et l'amertume de la pénitence. Si je puis vous inspirer cette douleur, alors, alors, mes chers Frères, je vous dirai avec l'apôtre : « Ah ! mes bien-aimés , je me réjouis » non pas de ce que vous êtes contristés , mais de ce » que vous l'êtes selon Dieu par la pénitence ('2) » ; et encore : « Qui est celui qui me peut donner de » la consolation et de la joie , sinon celui qui s'af- » flige à mon sujet (3) » , à qui ma prédication et mes avertissemens ont inspiré cette tristesse qui est selon Dieu , et le regret de leurs fautes ?

C'est , mes Frères , pour vous inspirer cette tristesse salutaire , que j'ai appelé des prédicateurs qui vous prêcheront la pénitence dans le sac et sur la croix. Vous commencerez dès ce soir à les entendre, et je fais l'ouverture de cette mission , dont j'espère tant de fruits. Laissez-vous donc affliger selon Dieu ,

(0 IL Cor. vu. 10. ■"{?) Ibid. 9.-- C3) Ilid. n, 2.

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