‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctes (volume 5)Chapitre 28 sur 51 · NOTICE SUR AKNB DE GONZAGUE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR AKNB DE GONZAGUE

Attachée au parti de la Reine régente, elle eut souvent à négocier les intérêts de la Cour, figura dans beaucoup d'intrigues, et finit par essuyer une disgrâce en i66o, ayant été forcée à cette époque , par le cardinal Mazarin, de donner sa démission de la charge de surintendante de la maison de la Reine ^ dont le même Mazarin l'a voit fait pourvoir. Elle resta pendant trois ans éloignée de la Cour, et employa ce temps, qu'elle passa à la campagne, à acquitter toutes ses dettes avec la plus scrupuleuse fidélité.

On cite encore, comme un trait de magnanimité qui l'honore , un secours en argent qu'elle envoya à la reine de Pologne, sa soeur, lorsque celle-ci, poursuivie par les Suédois qui lui faisoient la guerre , étoit réduite aux dernières extrémités. Anne, pour rendre service à la Reine sa sœur, dont elle avoit d'ailleurs beaucoup à se plaindre, oublia dans cette occasion le mauvais état de ses propres affaires ; et cette conduite généreuse lui gagna tous les coeurs.

Anne devint veuve en i663, et il paroît qu'elle se servit delà liberté du veuvage pour se livrer avec moins de contrainte à tous les plaisirs. Elle en vint même jusqu'à perdre la foi , se sentant , lorsqu'on parloit sérieusement devant elle des mystères de la religion catholique, « la même envie de » rire qu'on sent ordinairement quand des personnes fort » simples croient des choses ridicules et impossibles. » Ce sont les propres expressions de la Princesse elle-même, à qui l'abbé deRancé, ce fameux réformateur de la Trappe, ordonna d'écrire toutes les circonstances de sa conversion miraculeuse. On en trouvera les principales dans l'Oraison funèbre suivante. Une foi vive et une pénitence austère succédèrent à tous les égaremens de l'esprit et du cœur ; et douze années de langueur ou de douleurs aiguës rendirent cette pénitence plus entière encore et plus parfaite. Elle mourut à Paris, en 1684, âgée de soixantehuit ans.

Voyez V Histoire de Bossuet, tom. m , liv. viii, n. 11.

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