CHAPITRE XX
Quatrième contestation sur la matière de la grâce, à Voc' casion de Luther et de Calvin , qui outroient la doctrine de saint Augustin ; le concile de Trente nen résout pas moins la difficulté' par les propres termes de ce Père.
La quatrième et dernière contestation sur la matière de la grâce , est celle qui fut suscitée au siècle passé par Luther et Calvin , qui se servoieut du nom de saint Augustin pour détruire le libre arbitre , outrer la doctrine de la prédestination et de la grâce , et faire Dieu auteur du péché. Mais le concile de Trente sut démêler leur artifice, et loin de donner atteinte à la doctrine de saint Augustin , il a composé ses décrets et ses canons des propres paroles de ce Père. C'est ce qui n'est ignoré d'aucun catholique, et c'est ce qui a fait dire au savant P. Petau (2) : que saint Augustin , après t Ecriture j est la source doit le concile de Trente a puisé sur le libre arbitre , et la forme des sentimens et la règle des expressions : hic fons est a quo post cajvonicas
SCRIPTURAS TrIDENTINUM COJVCILIUM ET SENTIENDI DE LIBERO ARBITRIO FORMAM ET LOQUENDI REGULAM AC-
• cEPiT : de sorte que la matière où l'on prétend trouver les innovations de saint Augustin , qui est l'affoi-
(') Bemig. c. iv, JX. — W Theolog. dogm. t. m. de çpif. sex dier, l. IV. c. V. n. 9. ,
blissement du libre arbitre, est précisément celle où le concile de Trente a choisi les termes de ce saint pour affermir l'ancienne et saine doctrine , ce que la suite fera paroître plus amplement.