CHAPITRE XXIII
Si après tous ces te'moignages il est permis de ranger saint Augustin parmi les novateurs : que c'est presqu autant que le ranger au nombre des hérétiques , ce qui fait horreur à Facundus et à toute l'Eglise.
Os a beau dire que d'autres saints ont aussi reçu de grands éloges. On n'a point vu un si grand con- (0 Ub. i. Ep.
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cours, ni des marques si éclatantes de préférence, ni une plus expresse approbation , je ne dis pas de la doctrine en général , mais d'une certaine doctrine et de certains livres. Enfin, disoit Facundus, évêque d'Afrique du sixième siècle : Ceux qui oseront appeler saint Augustin hérétique , ou le condamner av'ec présomption „ apprendront quelle est la piété et la constance de l'Eglise latine que Dieu a éclairée par ses instructions , et ils seront frappés de ses anathêmes.
On dira qu'il ne s'agit pas de le traiter d'hérétique; mais c'est en approcher bien près, de l'accuser d'innovation dans des points de doctrine si importans , de lui faire son procès, comme on a vu, par les règles de Vincent de Lerins, de lui reprocher d'avoir affoibli la doctrine du libre arbitre et de favoriser Luther et Calvin; et pour n'avoir pas osé l'appeler hérétique , on ne laisse pas d'être coupable d'un grand attentat, de mettre au rang des novateurs celui que toute l'Eglise d'Occident a reconnu comme son tnaître.
Il ne s'agit pas d'examiner jusqu'où l'on est obligé, par toutes ces autorités, à pousser l'approbation de ses sentimens. Je me suis déjà expliqué que tout ce que je prétends ici, c'est seulement (pour ne rien outrer) que le corps de la doctrine de saint Augustin , surtout dans ses derniers ouvrages , pour qui tous les siècles suivans se sont le plus déclarés, est au-dessus de toute atteinte , et que ce seroit accuser toute l'Eglise catholique de se démentir elle-même , que de persister davantage à trouver des innovations dans ces livres»
ET DES SAIKTS PERES, LIV. V. ÎS99