CHAPITRE XVII
Quatrième et dernier état des connaissances de saint Augustin; lorsque non - seulement il fut parfaitement instruit de la doctrine de la grâce , mais capable de la défendre : l'autorité' quil s'acquit alors. Conclusion contre l'imposture de ceux qui l'accusent de n avoir changé que dans la chaleur de la dispute.
Quoi qu'il en soit , on ne peut plus dire, sans une malice affectée, que saint Augustin n'ait changé ses premiers senlimens sur la grâce , que dans l'ardeur de la dispute ; puisqu'on le voit tomber naturellement et à mesure qu'il approfondissoit de plus en plus les matières, dans la doctrine qu'il a enseignée jusqu'à la mort : Dieu le conduisant par la main,
et le menant pas à pas à la parfaite connoissance d'une vérité', dont il vouloit Tétablir le défenseur et le docteur.
C'est donc là le dernier état de saint Augustin, cil déjà pleinement instruit sur cet important article, il en devint le défenseur contre l'hérésie de Pelage. Son autorité croissoit tous les jours; et dans ses derniers écrits, il étoit enfin pai'venu jusqu'à pouvoir dire avec une force qui se faisoit respecter (0 : Lisez et relisez ce livre , et si vous t entendez j rendez-en grâces à Dieu ; si vous ne l'entendez pas j demandez-lui-en l'intelligence , et il vous sera donné de l'entendre. C'est ainsi qu'il falloit parler, quand après trente ans d'épiscopat et vingt ans utilement employés à détruire la plus superbe des hérésies, on sentoit, comme un second Paul, l'autorité que la vérité donnoit à un dispensateur irréprochable de la grâce et de la parole de Jésus-Christ; et c'est ainsi , comme le rapporte saint Prosper dans sa Chronique , que le saint évêque Augustin , excellent en toutes choses , mourut en répondant aux pélagicns au milieu des assauts que les Kandales lii^roient à sa ville , et persévéra glorieusement fusçuà la fin dans la défense de la grâce chrétienne.
(■) De grat. et lib. arb. c. zxir.
346 DÉFEIfSE DE LA TRADITION