CHAPITRE X
Que saint Chrysostôme ne dit pas qu'on puisse être puni sans être coupable, et que les nouveaux pe'lagiens lui attribuent sans preuve cette absurdité'.
Mais les nouveaux pélagiens , qui le font auteur du nouveau système encore plus prodigieux , où la peine passe sans la faute , ne sont pas mieux fonde's. Car après tout , que dit ce Père ? Dit-il que la peine puisse passer sans la coulpe, ou, ce qui est la même chose, qu'on puisse être puni sans être coupable. On ne trouvera jamais dans ses écrits une telle absurdité. Il dit seulement que dans ce passage de saint Paul : Plusieurs ont été faits pécheurs PAR LA désobéissance d'un SEUL ; péchcurs , c est-à-dire j sujets au supplice et condamnés à la mort{^). En toute opinion, cela est vrai : être pécheur n'est pas en ce lieu avoir actuellement commis le péché, actuellement mangé le fruit défendu, ce que n'ont pas fait les enfans d'Adam ; mais être pécheur, c'est avoir en soi ce qui Memeure après l'acte du péché, ce qui est resté en Adam, après que cet acte a été passé; c'est-à-dire être coupable, ce que saint Chrysostôftie explique très-bien par être assujetti au supplice xoXâffet et condamné à la mort.
v») Hom. X. in Rom.
En effet, à dire le vrai, et en bonne théologie, être coupable ne peut être autre chose que d'être obligé au supplice, Û7rcû5u//ot xo^ào-st, comme parle saint Chrysostôme (0, ou , comme dit le même Père au même endroit , î^edevable de la peine ^t^hv oyît/wç. C'est ce que saint Chrysostôme explique par ces termes généraux /.o^afftç, ^c/.r, : punition j peine. Que s'il ajoute qu'être coupable n'est pas seulement être assujetti à la peine ^ mais encore être condamné à mort; et s'il s'attache principalement à la mort du corps dans toute la suite de son discours , ce n'a pas été pour réduire à la seule mort corporelle tout le supplice d'Adam , mais pour l'exprimer tout entier par la partie la plus sensible.