‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 204 sur 321 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Que saint Chrysostôme a parfaitement connu la concupiscence , et que cela même c'est connaître le Jbnd du pèche' originel.

Au reste , saint Chrysostôme ajoute aux maux que nous avons hérités d'Adam , ce qu'il appelle yuAia. (2) ^ qu'on peut traduire la malice ou malignité , le vice, la dépravation de notre nature ; en un mot, la concupiscence y qui consiste dans cette pente violente au mal que nous apportons en naissant.

Saint Chrysostôme y ajoute encore cette révolte des sens, ce foible pour le bien sensible, cette ardeur qui nous y entraîne comme malgré nous , d'où

(0 Hom X. in Rom. — (») Ibid.

naît

ET DES SAIlfTS PÈRES, LIV. IX. 497

naît même dans nos corps ce de'sordre honteux, que ce Père appelle l'image du pe'ché, et qu'il explique avec autant de force que d'honnêteté dans un passage qui est rapporté par saint Augustin (*).

Nous avons déjà remarqué que ce désordre n'est pas seulement un des effets de notre péché , mais qu'il en fait une partie, puisqu'il en est le fond et le sujet. Nous naissons dans ce désordre , parce que c'est par ce désordre que nous naissons, et qu'il est inséparable du principe de notre naissance. C'est donc là ce qui fait en nous la propagation du péché, et la rend aussi naturelle que celle de la vie.

Ainsi, il n'y a rien de plus véritable que ce qu'on a déjà remarqué, que quiconque connoît parfaitement la concupiscence, dans le fond connoît aussi ce péché de notre nature. C'est pourquoi saint Augustin joint ces deux choses dans tous ses écrits, et en particulier dans les livres contre Julien (2), où il montre que tous les anciens ont reconnu le péché originel , parce qu'ils ont reconnu la concupiscence -, parce qu'en effet la reconnoître c'est reconnoître dans tous les hommes, dès le principe de leur conception, ce dérèglement radical, qui devient si sensible dans le progrès de l'âge, qu'il a même été reconnu par les philosophes païens. Il est donc vrai que tous les hommes portent dans la révolte de leurs sens une secrète et naturelle impression de l'ancien péché dont toute la nature est infectée.

(•) Cont. JuLJUb. II. c. VI. — » Lib. i>.

49^ DÉFENSE DE LA TRADITIO:>r

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