‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 234 sur 321 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Preuve de l'efficace de la grâce par l'Oraison dominicale.

L'esprit de cette divine prière n'est pas , par exemple , dans cette demande : Que votre nom soit sanctifié j de faire dire au chrétien : Seigneur, faites seulement que je puisse vous sanctifier, et laissezmoi faire ensuite. Ce seroit présumer de soi-même, douter de la puissance que Dieu a sur nous, et désirer trop foiblement un si grand bien. Jésus-Christ nous apprend donc à demander l'actuelle sanctification du nom de Dieu, l'actuel établissement de

(0 Ps. cxviii. 117.

son règne en nous , en sorte que dans l'effet rien ne lui résiste : la parfaite conformité de notre volonté avec la sienne , ce qui sans doute ne se sauroit faire que par notre volonté; mais en la demandant à Dieu, on montre qu'il en est le makre.

Et quand on dit : Donnez-nous aujourd'hui notre pain de cluique jour, pour ne point encore parler du sens spirituel de cette demande, on demande sans difficulté, que nous l'ayons actuellement , et tous les jours, ce pain nécessaire à notre vie; ce qui n'empêchera pas qu'il ne nous soit donné par notre travail volontaire, et souvent par la bonne volonté et les aumônes de nos frères ; auquel cas , ce n'est pas moins Dieu qui nous le donne , parce que c'est lui qui tient en sa main la volonté de tous les hommes , et qui leur inspire effectivement tout ce qu'il lui plaît.

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