‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 267 sur 321 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

hes mêmes vérités enseignées par saint Chrysostôme : passage sur saint Matthieu.

On ne peut douter que saint Chrysostôme n'ait parlé dans le même sens de la chute de saint Pierre. On sait que ce Père prend beaucoup de choses d'Origène, sans le nommer. Il ne fait pi-esque, dans le fond, que le copier sur l'évangile de saint Matthieu, et sur celui de saint Jean, lorsqu'il dit (0 : « Au lieu qu'il devoit prier (saint Pierre) et dire à î) notre Seigneur , aidez - nous pour n'être point » séparés de vous, il s'attribue tout avec arrogance; » et un peu après il dit (absolument) : Je ne vous » renierai pas , au lieu de dire : Je ne le ferai pas , M si je suis soutenu par votre secours « : ce qui montre que le secours dont il parle, est, comme dans Origène , un secours qui l'eût soutenu effectivement, en sorte qu'il ne tombât point. C'est donc là, selon saint Chrysostôme, comme selon Origène, la grande faute de saint Pierre d'avoir présumé au lieu de prier j « et c'est pourquoi, dit ce Père, Dieu M a permis qu'il tombât, afin qu'il apprît à croire » une autre fois à ce que diroit Jésus-Christ, et afin 3) aussi que les autres apprissent, par cet exemple, 5) à reconnoître la foiblesse humaine et la vérité de » Dieu ^ ; et pour expliquer plus à fond en quoi consistoit cette permission de tomber : « c'est , dit-

(i) Homll. xxxviii. in, Matlh. in Joan. lxxu.

ET DES SAIÎÏTS VÈRES, LIV. XI. 63l

» il, que Dieu l'a fort de'nué de son secours », et il l'eu a fort dénué, parce qu'il étoit fort arrogant et fort opiniâtre ; et un peu après : « Nous appre- » nons de là une giande vérité, qui est que la vo- » lonté de l'homme ne suffit pas sans le secours di- M vin , et qu'aussi nous ne gagnons rien par ce se- » cours, si la volonté répugne. Pierre est l'exemple » de l'un , et Judas de l'autre ; car ce dernier ayant » reçu un grand secours, il n'en a tiré aucun profit, » parce qu'il n'a pas voulu et n'a pas concouru, » autant qu'il étoit en lui, avec la grâce; et le pre- » mier, c'est-à-dire, Pierre, malgré sa ferveur est » tombé, parce qu'il n'a eu aucun secours », [ir.or,- [iii; cor.^zix; (ZT:vjla-j<Tî. Je voudrois bien demander à M. Simon , lorsqu'il entend dire à saint Chrysostôme que saint Pierre n'a eu aucun secours, s'il se veut ranger du parti de ceux qui enseignent qu'en effet il n'en eut aucun absolument, ou si c'est seulement qu'il n'en eut aucun de ceux qui , par la manière dont ils sont donnés, sont toujours suivis dé l'effet ? Le premier ne se peut penser d'un juste tel qu'étoit saint Pierre, que Jésus-Christ avoit rangé au nombre de ceux dont il avoit dit : f^oiis êtes purs (0. Car ainsi on verroit un juste destitué de tout le secours de la grâce contre toute la tradition , et contre le décret d'Innocent X. Il faut donc prendre le parti de dire que saint Pierre peut bien avoir eu de ces secours qui n'ont pas même été déniés à Judas ; mais qu'il fut destitué de toute cette sorte de secours , qui opère certainement son effet , et que c'est dans la soustraction d'un secours de cette

(0 Joaa. XIII. 10.

sorte que consiste la permission de tomber dont il s'agit, ou plutôt que c'en est l'efTet juste et terrible.

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