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ORIGINE ET FAMILLE DE LA MERE SAINT-PAUL

Le 23 janvier 1906, M. le comte de Durât, maire de Marcillatde-l'Allier, apprenant la maladie de la Mère Saint-Paul, sa com-

pali'iote, nous écrivait, sur ses origines et sa famille, ces édifiants et touchants détails :

Monseigneur,

J'apprends par la nièce de sœur Saint-Paul, que cette Lonne et sainte fille est très mal, et qu'on redoute sa mort d'un moment à l'autre. Connaissant, par cette bonne Mère, votre affection pour elle et ses œuvres, je pense. Monseigneur, que vous ferez son éloge funèbre? En tout <*as je tiens à vous dire que ma commune, Marcillat-del'AUier, revendique Vhonneiw de l'avoir vue naître, car pour moi c'est une sainte, dont on écrira l'étonnante vie. Son père, le père Dougnon, est mort en 1835; sa mère, Pétronille Dubost, est morte en 1882, à Marcillat. Cette famille a toujours été dans la misère. La mère a eu dix enfants. Elle les a élevés en faisant le transport de beurre et d'œufs sur ses épaules, de Marcillat à Montluçon, car il il n'y avait pas de route alors ; la première ouverte date de 1843. Cette malheureuse et courageuse femme voyageait une partie de la nuit, pour faire !24 kilomètres et autant pour le retour, avec 20 livres de beurre et un panier d'œufs, le tout relié par un fort écheveau de fil, pour ne pas blesser ses épaules. C'est ce qu'elle me disait.

Ma famille s'est toujours intéressée à ces nombreux Dougnon. C'est ma femme, M'"^ de Durât, qui lui a donné sa l^remière robe noire quand elle est partie pour Lyon , les Nœurs de la Présentation de Marie, qui avaient un couvent "i Marcillat, n'ayant pas voulu d'elle, parce qu'elle était trop Jeu instruite, et n'avait pas de dot. Elles ne savaient pas le résor qu'elles rejetaient.

Depuis sa guérison miraculeuse à Lyon, j'ai eu le plaisir le voir deux fois cette sainte Fille, et je corresponds avec lie pour tous nos événements de famille, ayant grande onfiance en ses prières. Je serais bien heureux, Monseineur, si vous faites son panégyrique, de le recevoir. J'ai déjà une notice sur l'Asile des Cinq-Plaies, et votre iscours d'inauguration de la Maison Saint-Antoine de adoue, 1890. Mais je voudrais quelque chose de plus t'cent, pour laisser à Marcillat une histoire plus complète e cette sainte fille, quand elle sera rappelée à Dieu, où

elle retrouvera, j'espère, mon frère, le R. P. Jean, vicaire général de la Trappe de Sept-Fonts, mort à 41 ans, des Suites de l'expulsion de Sept-Fonts.

Elle et lui seront appelés, j'espère, les protecteurs de leur pays, dont elle était la plus pauvre et lui le plus riche, quoiqu'un tel parallèle choque bien les idées du jour. Mais j'ai confiance dans l'avenir. Et, si je ne vois pas le triomphe de la religion, j'aurai lutté jusqu'à la fin pour la maintenir dans mon pays. J'y ai à peu près réussi jusqu'à présent; mais j'ai 72 ans, et je ne puis compter que sur quelques années de grâce. A la volonté de Dieu!

Qt^ de Durât, maire de Marcillat-de-l'Allier.

Château du Ludaix.

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