SON RIT
de VOUS rappeler. Quand, après la prière du soir, ou avant de se retirer, vos enfants se seront approchés de vous pour vous donner le salut du soir, vous placerez un instant votre main sur leur tète et vous tracerez du doigt la croix sur le front de chacun, soit avec cette parole : « Dieu te bénisse, mon enfant! » soit Vin nomine patris, ou même silencieusement. C'est le bonsoir des chrétiens, avec cette supériorité que le bonjour et le bonsoir ne rappellent que Tidée du temps, tandis que la bénédiction rappelle aux pensées de l'éternité.
c( Ah! disait saint Ambroise, vous n'êtes pas riches peut-être, vous n'avez pas de grandes richesses à laisser à vos enfants, vous avez du moins l'héritage de votre Bénédiction. Et il vaut beaucoup mieux être bienheureux que riche : habet tamen pater benedictionis hœreditateni, qua successoribiis sancti/îcatlonis opes largiatur. Et multo plus est beatum quam divitem fieri. »
Je vous demanderai davantage, Messieurs du Congrès de Lille. Faites- vous les apôtres de cette pratique rédemptrice, non seulement dans votre région, mais dans la France entière. Je ne vous assure pas que vous serez compris et imité partout. Notre pauvre pays a tant oublié les choses qui le firent grand et fort! iMais, en lui rapprenant celle-ci, vous lui rapprendrez ce qui lui manque le plus aujourd'hui, le respect. A une époque et sous un régime où le niveau égalitaire a passé sur la tête des fils et des pères, qui ne sont plus que des camarades entre eux, je suis bien venu,
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ce me semble, à replacer sur le front du premier supérieur de la famille cette couronne de droit naturel et divin qui ne s'abdique pas ^.
1. Cfr. : Le Vieillard, chap. xv : Vieillard et Enfant : La Bénédiction paternelle d'autrefois, p. 249.