‹ Œuvres saintesChapitre 33 sur 96 · CLOITRE AU CARMEL · texte numérisé non relu

CLOITRE AU CARMEL

A LA YÊTURE

Discours pour la prise d'habit de Sœur Marie-Louise du Sacré- Cœur, aux Carmélites de Lille, en la fête de la Présentation de Notre-Seigneur au Temple, 3 février 1890.

Ma chère Soeur,

Vous allez donc donner à Jésus-Christ, qui vous veut toute à lui, le premier gage d'une alliance plus tard indissoluble. C'est une première réponse à l'appel qu'il fit de vous lorsque, dès votre enfance, vous entendîtes sa voix qui vous disait au cœur ces paroles des Livres Saints : « Écoute, ma (( fille, regarde, prête l'oreille à ma voix, oublie w ton peuple, ose quitter la maison de ton père, « car le Roi des rois est épris de ton âme et il veut « être ton maître, lui, ce Dieu que l'on adore. Une (( belle parure te sera donnée, toute brillante d'or « et riche d'ornements divers; mais c'est au de- « dans d'elle-même que la fille du prince doit trou- « ver tout son éclat. Le cortège des vierges viendra « au-devant de toi; celles de sa maison devien-

« dront tes compagnes. Elles t'accueilleront dans « l'allégresse, et elles te conduiront au temple de « votre commun Roi^ »

La chose est faite, ma chère Sœur. Elles vont s'accomplir ici, ces paroles du Psalmiste, sous les regards émus de votre famille d'ici-bas, sous les regards ravis de votre famille céleste, les Thérèse, les Jean de la Croix, qui déjà vous ont donné place de fille dans leur cœur. Vous venez de revêtir la parure du siècle pour la dernière fois, et vous vous réjouissez d'apparaître, tout à l'heure, sous les austères et sacrés vêtements de la Femme forte, dans cette robe de bure dont votre Epoux crucifié va vous faire don pour la fête de vos fiançailles.

Ah! ma Sœur, puisque votre cœur ne veut plus rien du monde, Dieu me garde d'en apporter quelque chose dans ce discours. Je ne veux voir aujourd'hui que Jésus-Christ et vous. Aussi bien ce divin nom suffira-t-il à faire comprendre à cette chrétienne assemblée le prix d'une telle alliance. Que si donc l'on me demande d'abord ce que cette alliance vous coûte, je répondrai : la Croix; — Si l'on me demande ce qu'elle vous donne, je répondrai : Jésus; — Si l'on me demande ce qu'elle vous vaut, je répondrai : le Ciel.

D'abord, elle vous coiite la Croix. Ce n'est pas, ma chère Sœur, une vaine cérémonie que celle

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