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LA SAMARITAINE ET LE SEIGNEUR

Sermon prononcé dans l'église du Sacré-Cœur de Lille le Dimanche 12 avril 1891.

Mes chers Frères,

Dans la lettre d'invitation à cette réunion de charité, vous avez lu ces lignes qui font connaître, en termes aussi modestes que lumineux, l'objet qui nous rassemble : « Cette œuvre, est-il écrit, peut être regardée, dans les quartiers populeux, comme le complément de celle de saint François Régis. Elle recherche les unions irrégulières et s'efforce d'arriver au mariage religieux, lorsque celui-ci est possible. Elle fournit aux futurs les secours matériels indispensables, et vient en aide à leur (îme par de bons conseils, des exhortations chrétiennes, et surtout par des retraites préparatoires à la réception du Sacrement. L'Œuvre suit encore ses protégés lorsqu'ils sont inariés, afin de les maintenir dans la bonne voie chrétienne. »

C'est, il y a deux ans seulement, en mars 1889, qu'un groupe de femmes de bien, effrayé des ravages de rimmoralité, trouva dans sa foi l'idée et dans son cœur l'audace de cet apostolat. Depuis ce peu de temps, l'OEuvre a opéré des prodiges; le bien qu'elle fait est immense; et, en venant vous la recommander aujourd'hui, je crois ne pouvoir rien vous présenter, mes frères, qui touche de plus près aux intérêts religieux et à l'honneur moral de votre ville de Lille.

De quoi s'agit-il donc? D'une question à la fois et bien simple et bien grave. — Il s'agit de savoir si Dieu, dans le cas présent, doit rentrer, doit régner au sein de la société domestique, et, avec lui, l'ordre, la foi, la dignité, la vertu, la bonne éducation des enfants, la stabilité des unions, et finalement le salut pour la vie éternelle. C'est la première chose. — Il s'agit ensuite de savoir où nous en sommes ici avec l'observation de cette loi fondamentale, au sein de ce paganisme des mœurs qui nous envahit de toutes parts. C'est la seconde chose. — Il s'agit de savoir enfin ce qui se fait autour de vous pour arrêter ce grand mal, et ce que vous devez faire vous-mêmes, chrétiens et chrétiennes, pour vous associer à cette œuvre de réparation. N'est-il pas vrai, mes Frères, que nous sommes là aux sources mêmes d'où doit découler, avec la vie de la grâce, la pureté et la force des générations de l'avenir?

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