LA FORMATION DU CATÉCHISTE
capitale!... » Après de telles paroles, quand je quittai TEveché, ainsi chargé de vos âmes, je marchais pensif, accablé. C'était tout le poids du ciel qu'on venait de mettre sur mes frêles épaules. Je venais d'apprendre, et d'apprendre à grande école, le prix divin des âmes.
Je me souviens aussi des conseils qu'il eut la bonté de me donner sur la prédication aux enfants, à propos de ma première instruction au catéchisme de la première communion, qu'il me fit lui montrer. C'était sur la Grâce, et je l'avais divisée ainsi, à la scolastique : V Définition de la grâce, 2° Efficacité de la grâce. Ces deux termes abstraits le firent rire : Définition, Efficacité : à des enfants de dix ans ! iMais c'est de l'hébreu. Est-ce qu'ils ont jamais entendu, prononcer ces grands mots? Demandez-leur donc simplement : 1° Qu'est-ce que la grâce ; 2° Qu'est-ce que la grâce fait en nous? » Après quoi, joignant l'exemple à la leçon, et tempérant la sévérité par la bonté, Monseigneur trouva plus simple de me prêter une instruction qu'il avait faite autrefois pour ses enfants de Paris, sur le même sujet, toute écrite de sa main. Elle était, en effet, fort simple, très claire, émaillée de comparaisons à la portée de cet âge. Grâce à lui, je fus compris, et presque éloquent ce jour-là. Je venais d'apprendre comment il faut parler aux petits bonnement, simplement et familièrement.
Je pourrais vous raconter aussi comment il arriva plusieurs fois que Monseigneur se fit apporter en hâte vos analyses, enrubannées, classées, tim-